Court compte-rendu d'une étude menée par G.-L. Baron et E. Bruillard, disponible en ligne, portant sur les pratiques numériques des jeunes (enfants et adolescents).
Situation de départ.
L'étude part d'une idée répandue: la présence du numérique dans l'univers quotidien de jeunes d'aujourd'hui, qui y sont nés et y ont grandi, aurait modifié leurs modes d'apprentissage. En effet, à la différence de leurs aînés, nos élèves seraient des « indigènes » du numérique (des « digital natives »): ils maîtriseraient, avant même d'entrer à l'école, des compétences étendues.
Les auteurs commencent par remettre en cause cette vision en ré-affirmant un principe simple: la perpétuelle évolution du monde numérique et de ses problématiques nécessite une adaptation continuelle qui ne s'acquiert que par l'éducation.
Des études déjà menées sur les pratiques numériques des jeunes mettent en valeur la faiblesse de leurs compétences: absence de regard critique, connaissance vague des limites à ne pas transgresser... Absence de compétences qui a créé une inquiétude certaine dans les pouvoirs publics et les associations, qui se sont alors tournés vers l'école en lui posant la question de son rôle dans l'apprentissage de celles-ci.
Car la maîtrise des nouvelles technologies, que l'on attribue volontiers aux jeunes, n'est en réalité que « familiarité avec certains logiciels », voire certaines fonctions de logiciels, mécaniquement répétées sans compréhension des processus mis en œuvre. Le matériel et le processus de traitement de l'information sont ignorés, et l'éventail des utilisations est très limité. Bref, au-delà de la traditionnelle « fracture numérique » (celle qui concerne le taux d'équipement et de connexion à internet), qui a tendance à se résorber, une « fracture numérique de second niveau » se maintient voire se renforce: celle qui concerne la maîtrise des outils. Les jeunes sont donc davantage des « digital naives » que des « digital natives »...
Et alors même que ces compétences sont un réel enjeu économique pour l'avenir, alors même que les écoles sont « relativement bien dotées », il y a peu d'usages en classe. La généralisation des bons usages n'est pas encouragée: il n'existe pas de rapport (en France), sur les effets positifs des TICE sur les résultats des élèves.
Que faire?
Selon les auteurs, il faudrait éduquer aux médias, former spécifiquement les élèves pour l'acquisition de cette culture numérique, et modifier le B2I afin de prendre en compte de nouveaux critères de manière plus approfondie (tels que le regard critique sur la sélection d'informations et le respect du droit d'auteur).
Hommage aux enseignants?
Une réponse cohérente à cette situation problématique ne peut provenir que d'une politique mise en œuvre au niveau national... Et en l'absence de celle-ci, l'on se rend compte que des solutions apparaissent pour l'instant... au niveau local: stratégies d'adaptations fines, communautés des utilisateurs du logiciel libre...
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