MON EXPERIENCE DU MILIEU HOSPITALIER IRLANDAIS
Par Marie-Ena Periac le 30 janvier 2010, 19:55 - ma vie à l'étranger - Lien permanent
CE QUE J’AI VECU
Le 06 janvier dernier, je suis transportée en urgence à un CHU de Dublin, suite à un malaise à mon domicile, survenu entre 6 heures et 7 heures du matin. Le 999 a bien fonctionné et les ambulances arrivent dans un délai raisonnable.
Arrivée à Saint Vincent’s Hospital, je suis très rapidement prise en charge. Plusieurs médecins se succèdent à mon chevet : ils se présentent et à chaque fois, j’ai droit au même ( ?) questionnement, à savoir relater les circonstances du malaise et parler de ses antécédents médicaux.
Quelques examens plus tard (examens sanguins, radio de la poitrine, échographie cardiaque), le diagnostic tombe : présence d’une tumeur bénigne mais de taille assez importante à l’intérieur du cœur ! Il s’agit là d’une urgence et il faut opérer !!
Le médecin qui me l’annonce est très calme. Selon lui, il n’y a pas d’autre alternative et l’intervention peut avoir lieu quelques jours plus tard. Dans un premier temps, j’accueille la nouvelle avec beaucoup de calme. Mais après de longues minutes, je revois le médecin : un lit est disponible à Saint James Hospital et une équipe médicale m’attend pour une intervention dans la soirée !!!
C’est à ce moment que tout se précipite dans la tête et que les questions fusent. Que vont devenir mes enfants ? Mon époux pourra t-il être à mes côtés ? Après l’intervention, comment va s’organiser la vie quotidienne ? Et le travail à l’école ? Combien de temps vais-je être absente ? Il faut prévenir
Mon transfert s’organise. Et l’attente commence… J’en profite pour prévenir mon époux de ce qui se prépare (il va tout faire pour être là) ; je préviens aussi l’amie qui s’est chargée de mes enfants ainsi qu’une collègue … J’ai un entretien avec l’assistante sociale, qui se propose de prévenir ma Principale. J’ai un ami à mes côtés (il profite d’une pause entre deux réunions de travail pour me rendre visite !). Nous évoquons ma situation et ses implications… Il me parle aussi des difficultés de circulation dues au mauvais temps. Et là, je réalise que je suis sur ce lit d’hôpital depuis plus d’une demi-journée, à jeun (visiblement aucune consigne n’a été donnée me concernant mais j’ai toutes les chances de le rester en vue de ma prochaine opération !), esseulée… et que dehors, il neige. La neige a fait son apparition et s’est rapidement installée dans tout le pays, créant panique et pagaille.
Mon ambulance arrive enfin, et une fois que je suis à bord, met plus d’une heure et demie pour rallier les deux hôpitaux, la chaussée étant très glissante ! Saint James Hospital est doté d’un grand service de cardiologie, mais mon arrivée tardive va repousser l’intervention au lendemain, à savoir le jeudi 07 janvier. Celle-ci va très bien se passer, sans complication. Et ma sortie, initialement envisagée le mardi suivant, soit 5 jours seulement après une lourde opération à cœur ouvert, se fera finalement le jeudi 14 janvier.
La convalescence commence à la maison, avec comme consignes à respecter pendant au moins 3 mois et entre autres : éviter de conduire ; éviter de soulever, pousser ou tirer quelque chose de lourd ; éviter toute activité qui pourrait affecter la blessure… Maître mot : repos. Je n’aurai pas droit à l’aide à domicile pour quelques jours que je demande (mon assureur m’explique qu’ »il ne peut rien pour moi » et qu’ »il n’intervient qu’en France métropolitaine ! ». Tant pis pour moi donc ! Dieu merci, ici, amis et collègues se proposent de m’assister au quotidien.
J’ai vécu une expérience un peu particulière : hospitalisée d’urgence dans un pays étranger pour une intervention lourde. Il est vrai que découvrir un pays peut se faire de plusieurs façons ; l’hospitalisation en est une, même si ce n’est pas la plus habituelle. Et puis, n’est-ce pas aussi en cela que le programme Jules Verne est intéressant : l’immersion peut passer par l’aspect sanitaire ! Mon témoignage n’en donne qu’une vision très partielle, j’en conviens, mais je voulais le partager.
CE QUE J’AI APPRIS
- Tout au long de mon hospitalisation, j’ai eu affaire à un personnel très dévoué, accessible et compétent. Je leur doit d’être encore en vie !
- J’ai découvert les ward, salles en open space qui permettent de loger plusieurs patients et qui donnent la possibilité de créer des espaces individuels, grâce à des rideaux, pour les soins ou activités délicates (kiné, par exemple).
L’inconvénient principal est la présence dans un même espace de patients ayant un niveau de prise en charge médicale différent : en attente d’intervention, intervention imminente, de retour d’intervention, sortie imminente… De plus, la tournée des différents personnels (équipe de médecins, infirmières, aides-soignantes, chargées des repas et du repas…), le relais entre les équipes de jour et de nuit avec transmission de consignes… tout cela fait qu’il y a toujours du mouvement ou du bruit, sauf de 13 à 14 heures, où la sieste est « prescrite » pour tous !
La discrétion lors des visites n’est pas non plus toujours possible.
L’avantage du ward, c’est la possibilité de discuter, dans la mesure du possible, avec les autres patients, et /ou d’entendre de nombreux accents !
- La carte européenne d’assurance maladie a été acceptée pour couvrir les frais d’hospitalisation. A ce propos, il est important d’être enregistré auprès d’un médecin généraliste, le GP (General Practitioner), démarche à effectuer de préférence dès son arrivée dans le pays (et que je n’avais pas faite !). Ainsi le titulaire de la carte peut ensuite bénéficier de la gratuité des consultations et prescriptions du GP (une consultation coûte tout de même 50 € !).
Par ailleurs, il faut savoir qu’une ordonnance délivrée par un hôpital n’est pas prise en charge par la carte européenne d’assurance maladie. Il faut soit la payer intégralement (et se faire rembourser par la suite), soit la faire « réécrire » par son GP. Pour ma part, j’ai dû régler cette première prescription (130 € pour deux semaines de médicaments !). En effet, je n’avais que la prescription de l’hôpital en main car je venais de quitter Saint James Hospital et je n’avais pas encore mon propre GP !
- Je dois aussi dire que ce n’est que plusieurs jours après mon admission à Saint James Hospital, et en tout cas, bien après l’intervention elle-même (aussi lourde ait-elle été) que l’on m’a demandé mon numéro de carte européenne d’assurance maladie. J’en déduis donc que la préoccupation première était d’apporter les soins nécessaires, les formalités administratives intervenant après.
Marie-Ena PERIAC
Commentaires
Comment vas-tu maintenant? J'espère que tu peux te reposer comme on te l'a recommandé. Effectivement c'est une "expérience"! L'essentiel est que tout se soit bien passé pour toi.
Bon rétablissement en tout cas et tiens-nous au courant!
bonjour
tout d'abord j'espère que vous allez mieux, que vous pouvez vous reposez et que ce n'est pas trop dur, seule, dans un pays qu'on ne connait pas et où on ne connait personne. si je m'adresse à vous c'est parce que je viens de postuler pour le programme jules verne, que je risque donc d'aller en Angleterre ou en Irlande, et que j'irai dans ce cas avec ma fille. j'ai lu que vous aviez des enfants avec vous en Iralnde. pourrais-je vous poser qq questions seule à seule, sans que la terre entière soit au courant ? avez-vous une adresse mail ? pourriez-vous me recontacter à la mienne ? merci infiniment et bon rétablissement.
lucie