Corrigé de la version n°1
Par Marie-Anne Bernolle (Lycée Saint-Exupéry, Mantes la Jolie (78)) le 04 octobre 2010, 14:24 - La Foire aux Questions - Lien permanent
Celui qui doute en effet que les hommes ont reçu le langage de la nature elle-même dès leur naissance -- C'en est pour le moins le principe ! - l'usage qu'il pouvait en faire l’aurait-il poussé à l’apprentissage du langage et à son perfectionnement, la réflexion et l’exercice l’auraient-ils amené à la perfection ?
Et je ne vois pas pourquoi certains pensent que l'intérêt pour le discours est né de ce que ceux qui faisaient l'objet d'une accusation établirent l'habitude de parler avec grand soin pour leur défense.
En effet, pour être très noble cette cause n’est en tout cas pas la première puisqu'en tout premier lieu l’accusation précède la défense, à moins qu'on ne prétende aussi que le glaive a été forgé par celui qui préparait le fer pour sa protection, avant celui qui l’a fourbi pour la perte d’autrui.
C'est donc la nature qui a donné naissance au langage, et l'observation naissance à l'art.
En effet, comme, en médecine, les hommes élaborèrent leur art d'après leurs observations quand ils constatèrent que certaines choses étaient favorables à la santé, d’autres non, de même quand ils conçurent que pour parler certaines choses sont utiles, d’autres inutiles, les hommes notèrent ce qui était à imiter et à éviter et ils ajoutèrent également en personne certains éléments en se fondant sur la raison : ces choix furent confirmés par l’usage.
Assurément, Cicéron a attribué l'origine de l'éloquence aux fondateurs des villes et aux législateurs, chez qui l'efficacité de la parole était indispensable.
Pourquoi cependant Cicéron pense que c’est là l’origine de l’éloquence, je ne le comprends pas, puisqu'existent jusqu’à aujourd’hui des peuples qui n'ont ni habitat, ni ville, ni lois, et puisque, malgré tout, certains de ces indigènes s’acquittent d’ambassades, se font accusateurs et défendeurs et enfin sont convaincus que certains parlent mieux que d'autres.