positi-dys, le blog de l'upi tsl d'Eaubonne

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du changement...

4juillet

amis dys et amis des dys...

je quitte l'upi à la rentrée...

positi dys continuera donc à exister, mais autrement...

Je remercie tous les gens qui ont apporté leur soutien à notre projet, et félicite mes chers chers élèves pour leurs progrès accomplis.

Maintenant que vous avez les ailes réparées, ouvrez-les, croyez en vous !

amitiés et à bientôt sur le net !

sophie (la prof rééduc) et son inséparable sophie (l'avs en or)...

se refaire une beauté cet été

4juillet

Le blog se refait une beauté... entre le moment où nous l'avons ouvert et l'analyse de la demande, il semble qu'une refonte soit nécessaire...

Je change les catégories et le travail d'inventaire des documents à vous offrir est presque terminé : je m'occupe de publier cet été !

Désolée pour les désagréments et à bientôt, en plus pratique !

Dessine-moi la dyslexie

12mai

Aujourd'hui, je voudrais rendre hommage à mes chers chers élèves porteurs d'une dyslexie sévère, en vous montrant la dyslexie sous un angle différent : celui du dessin orienté.

Lorsque le trouble du langage à l'écrit est trop fort, les mots ne viennent pas.

Alors, dans l'upi, nous laissons les élèves dessiner, et parfois même, nous les y incitons.

Ils rechignent toujours un peu au départ, mais les résultats sont toujours "parlants", souvent touchants.

Pour qui connaît le fonctionnement mental de ces personnes, les exemples qui suivent  permettront de retrouver les similitudes parmi l'extrême diversité de ce que recouvre le mot "dyslexie".

Pour ceux qui ne connaissent pas, pas bien, croient connaître ou reconnaissent qu'ils ont des préjugés à ce sujet, ces exemples éclaireront un peu, j'espère, leur lanterne.

Mon intention n'est pas de "défendre ces élèves/personnes à tout prix", mais seulement de vous faire partager, avec leur accord, un peu de leur mystère, et le fond de leurs émotions.

Pour les trois dessins qui suivent, j'ai donc demandé à des élèves arrivant en 6ème upi, de me dessiner comment ils se représentent la dyslexie. Et voici le premier dessin :

la dyslexie, c'est mon cerveau en + et en -...

"traduction du texte en vert :" --> parce que mon cerveau est "-" et "+" et une partie de mon cerveau (est) lente et l'autre rapide. En Français, mon cerveau (est) lent, et (en) Maths il est rapide. Au début, j'avais HONTE  de lire.

ajout sur la gauche : "et ma soeur se moque de moi".

D'un point de vue technique, on peut remarquer que cet élève oublie des voyelles (srvau); d'ailleurs, il ne les connaît pas. Il ajoute des lettres (parati), il confond des sons ("ratide" pour "rapide" "mon" pour "moi"), il ne coupe pas les mots comme il faut (lautre).Il n'a pas de lexique orthographique (les mots du dictionnaire, même courants : "moque", "début", "honte"). Il ne connaît pas certaines règles de dérivation ( lettres muettes trouvées en pensant à un mot de la même famille --> début/débuter). il confond les homophones (et/est).

Enfin, et c'est très révélateur de son estime de soi très abîmée, il DOUTE dès qu'il doit choisir ( c? qu? ou k? pour "moquer"? "o"? ou "au"? etc.). On imagine alors toute la gymnastique et le stress que l'écriture d'un seul pauvre mot peut représenter.

Cet élève, vous le devinez peut-être, était "en trouble du comportement" en arrivant chez nous : jeter son cahier, s'énerver, se fâcher contre les autres, bouder, refuser d'essayer étaient monnaie courante.

Aujourd'hui, après presque une année de travail, on voit un jeune qui lit de mieux en mieux, qui est capable de recommencer un travail un nombre incalculable de fois, de passer plus de six heures à faire une rédaction, et qui a "pris sur lui" pour être "supportable" en cours et ne pas faire subir aux autres ses crises d'énervement.

On voit combien un lent travail de mise en mots, de lien entre les différentes personnes qui ont le jeune en charge (parents, enseignants, vie scolaire, psychologue, orthophoniste), dans un climat de bienveillance ET avec une extrême patience, car les progrès ne sont pas linéaires, on arrive à débloquer autrement un trouble sévère du langage.

Qu'on ne vienne pas me dire que c'est purement organique, neurologique, fonctionnel : un humain ne peut pas être réduit à un système technique en fonctionnement (ou pas)...

 

Le deuxième dessin est tout aussi parlant. On a devant nous un gaillard très attendrissant, très grand pour son âge, ce qui lui a créé un complexe au départ (il a l'air d'un redoublant, dit-il, alors qu'il est le plus jeune "de la bande") : un "grand-petit", comme j'aime à les appeler...Il est arrivé en 6ème, se dénigrant tout le temps, limitant ses capacités au maximum par peur d'être en échec.

On est surpris par le contraste entre ce personnage qui sourit plus ou moins, ces yeux écarquillés, qui donnent une impression d'ouverture mais en retenue, et la violence du crâne perforé, dont les cheveux ont l'air de prendre feu, non?

Troublés, ces jeunes? en souffrance? en plein conflit à l'intérieur d'eux-mêmes? ("comment ça, je suis intelligent et nul à l'école EN MEME TEMPS ?"...)non, vous croyez?

Enfin, le troisième dessin n'est pas des moins surprenants : C'est quoi la dyslexie, pour ce jeune arrivé diagnostiqué dysphasique réceptif ( quand on lui parle, on a l'impression d'être devant une personne sourde : nos mots ne semblent pas atterrir dans la zone de compréhension du langage, on ne peut passer que par l'écrit et sans le regarder directement), et qui a une grande peur de l'adulte, fût-il une "prof-poule" dans mon genre.

traduction du texte de l'élève : "C'est un dragon qui est en train d'aller voir pour manger Sylvester. Le dragon s'appelle Gaëtan ( l'élève est très attaché à l'idée de tout nommer dans ses textes). Et regarde le dragon, on voit son trou sur la tête.

Au bout de la queue, c'est écrit "poison". Et la flèche sur le ventre indique que la dyslexie, "ça rend maigre", et le dragon, comme il est "maigri", il dévore l'enfant.

Ouais, c'est tout-à-fait neurologique, cette affaire.

Je ne cherche pas de polémique, je sais bien qu'heureusement que la science avance... je suis juste fatiguée de ces batailles d'écoles, "la dyslexie, c'est ci, la dyslexie, c'est ça..."

Je ne sais pas ce que c'est, et ce n'est pas ma place d'enseignante de le trouver, de le prouver, que sais-je....

Je vois. Tous les jours, des petits mômes qui ne vont pas très bien, qui ont besoin d'être soutenus, cadrés, encouragés, recollés quelquefois.

A ceux qui pensent que le "tout neurologique", le "tout fonctionnel", "le tout pédagogique", ça représente LA  solution, j'ai envie de demander : êtes-vous vraiment sûrs qu'il n'y a pas un petit besoin d'aide pyschologique, dès la primaire, avec une guidance parentale pour aider les parents en souffrance car les difficultés de leur enfants rééactivent souvent leur propre histoire à l'école ou à l'apprentissage dans leur famille, jamais facile?

Pour moi il n'y a pas de guerre d'écoles à avoir, il y a des humains à aider à mieux vivre le rapport à l'école.

Et au risque de me répéter, c'est Béatrice Sauvageot, toute neurologue et farfelue d'orthophoniste qu'elle est, qui m'a appris tout ça.

 

Hommage à mes petits monstres, donc, qui nous pompent l'énergie mais qui nous montrent chaque jour toutes les richesses de l'aventure humaine.

citation d'un grand dyslexique,notre mascotte : Albert Einstein

12mai

"L'Ecole devrait toujours avoir pour but de donner à ses élèves une personnalité harmonieuse, et non de les former en spécialistes."