S’il
me reste un rêve, c’est celui qui consiste à transmettre à mes élèves
la passion de la vie dans l’exercice libre et autonome de leur pensée.
Peut-être que certains penseront qu’il s’agit là encore d’un rêve bien
chimérique et me reprocheront de sacrifier le rêve à la réalité. Mais
sans doute ont-ils tort. Car si nous avons coutume de considérer le rêve
comme une illusion, voire une erreur ; il est aussi ce qui nous arrache
à la réalité telle qu’elle nous entoure. Le rêve est donc aussi ce qui,
dans un certain sens, nous permet de nous projeter en avant et par
suite, de ne pas être dans le présent le plus strict. Or le rêve pour
discrédité qu’il soit, n’en demeure pas moins aussi ce qui - loin de
nous éloigner du monde - nous dispose à l’accueillir ou à le rencontrer.
A l’occasion de la Journée Portes Ouvertes et de le Fête de
l’Internet, le Lycée Rosa Parks de la Ville de Montgeron propose aux
élèves, aux parents et à tous les personnels l’accès à un web mobile
intitulé « La philosophie du bonheur »
Durant cette matinée, nous aborderons le thème de la recherche du
bonheur à travers la Lettre à Ménécée d’Epicure, mais aussi l’éducation
des jeunes aux nouvelles technologies. Ce sera l’occasion pour nous
aussi de revenir sur certains préjugés.
Cette approche « originale » d’une notion grecque (le
« tetraphamarmakos »), qui n’a rien de simple ni d’évident au premier
abord, et la diffusion de son analyse dans le texte d’Epicure sous forme
de web mobile permettra de montrer à tous que cette initiative a permis
aux élèves de réfléchir au statut des connaissances qu’ils acquièrent
au lycée, mais aussi de s’interroger sur l’utilisation et les apports
des outils technologiques d’information, de communication et de
connaissance.
lénine, L'Etat et la Révolution, Gonthier, coll. Médiations. (Un classique du marxisme.)
Platon, République, Garnier-Flammarion. (Voir notamment dans le livre VIII, la succession des régimes politiques telle qu'elle est imaginée par le plus grand philosophe de l'Antiquité.)
J.-J. rousseau, Du Contrat social,
B. spinoza, Traité théologico-politique, Garnier-Flammarion.
A.de tocqueville. De la démocratie en Amérique, Gallimard.
On pourra consulter également :
H. arexdt. Le Système totalitaire, Éd. du Seuil.
B.barret-kriegel, LEtat et les esclaves, Calmann-Lévy.
J. freund, Qu'est-ce que la politique ? Éd. du Seuil.
D.guérin, L'Anarchisme, Gallimard, coll. Idées.
C.lefort, L Invention démocratique, Fayard.
M. weber, Le Savant et le Politique, Pion.
E.weil, Philosophie politique, Vrin.
Le droit
•Textes philosophiques :
F.G.W. hegel, Principes de la philosophie du droit, Vrin.
T. hobbes, Léviathan, Sirey.
J.-L rousseau, Du contrat social, Aubier.
•On lira également :
H. batifol, Problèmes de base de philosophie du droit, Librairie générale de droit et de jurisprudence.
M. foucault, Surveiller et Punir, Gallimard.
J. freund, le Droit aujourd'hui, P.U.F.
gandhi, Tous les hommes sont frères, Gallimard, coll. Idées.
R. girard, la Violence et le Sacré, Le Livre de poche, coll. Pluriel.
J. imbert, la Peine de mort, P.U.F., coll. SUP.
H. kielsen, Théorie pure du droit, Dalloz.
L. strauss, Droit naturel et Histoire, Flammarion.
La justice
•Textes philosophiques
aristote, Éthique à Nicomaque, GF-Flammarion.
H. bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion.
F. heidsieck, La Vertu de la justice, P.U.F., coll. Initiation philosophique.
V. jankélévitch, Traité des vertus, Bordas. (On consultera avec fruit le
2e tome, Les Vertus de l'amour, chap. xi, «De la justice à l'équité».
platon, la République, GF-Flammarion.
Gorgias, GF-Flammarion.
PJ. proudhon, in Textes choisis, «Justice et Liberté», P.U.F., coll. Les Grands Textes.
J.-J. rousseau, Du Contrat social, GF-Flammarion.
•Sur les problèmes de la violence :
H. arendt, Du mensonge à la violence, Calmann-Lévy.
N. machiavel, Le Prince, Nathan, coll. Les Intégrales de philo.
•Parmi les ouvrages récents :
R. aron, Histoire et dialectique de la violence, Gallimard.
R. girard, La Violence et le Sacré, Grasset.
R. mucchielli, La Subversion, Bordas. J. ravvls, Théorie de la justice, Éd. du Seuil, 1987.
•Sur les problèmes de la peine de mort :
J. imberet, La Peine de mort, Armand Colin, coll. U2.
•Sur les droits de l'homme :
L. ferr y et A. renaut, Des Droits de l'homme à l'idée républicaine, P. U.F., 1985.
M. gauchet, La Révolution des droits de l'homme, Gallimard, 1989.
C. lefort, L'Invention démocratique, Fayard, 1981.
M. villey, Le Droit et les Droits de l'homme, P.U.F., 1983.
E.weil, Philosophie politique, Vrin.
•Confrontez ces divers jugements sur l'État :
Georges Orwell 1984, Penguin Books et La ferme des animaux Gallimard
Etude du sujet : "Vous parait-il nécessaire d'imposer des limites à la
recherche sur le vivant ?"
Lundi 02 mai 2011
Gr maths
Etude du sujet : "Faut-il tenir les scientifiques pour responsables de
l'usage que l'on fait de leurs découvertes ?"
Mercredi 27 avril 2011
Gr physique
Etude du sujet : "Faut-il tenir les scientifiques pour responsables de l'usage que l'on fait de leurs découvertes ?"
Mardi 26 avril 2011
Correction des DST
Etude du sujet : "Les hommes peuvent-ils être responsables devant les générations futures ?"
DM à rendre pour le 23 mai 2011
Au choix : sujet de dissertation ou sujet texte:
Dissertation : "Toutes les inégalités sont-elles injustes ?"
Texte et dossier d'appui téléchargeable en cliquant ici : télécharger
le dossier
Mercredi 5 avril 2011
Gr
SVT
En quel sens peut-on dire qu'on expérimente avec sa raison ?
Document vidéo : L'exploration des atomes et de leur
structure au début du XXe siècle révéla des propriétés absolument
inédites de
leurs constituants (électrons, photons, noyaux). Les qualités usuelles
de la
matière (consistance, localité, impénétrabilité) ne valent pas au niveau
microscopique - ce qui rend paradoxale leur émergence au niveau
macroscopique.
En quel sens peut-on dire qu'on expérimente avec sa raison ?
Document vidéo : L'exploration des atomes et de leur
structure au début du XXe siècle révéla des propriétés absolument
inédites de
leurs constituants (électrons, photons, noyaux). Les qualités usuelles
de la
matière (consistance, localité, impénétrabilité) ne valent pas au niveau
microscopique - ce qui rend paradoxale leur émergence au niveau
macroscopique.
Etude
du sujet : " A quoi
reconnaît-on qu’une science est une science ?"
Document vidéo :L’atome, une idée : Aristote, Démocrite
et Avicenne
On a du mal à
imaginer aujourd’hui que
la matière n’a pas toujours été une quantité dont la masse (inertielle
ou
gravitationnelle) soit la mesure. « Des Grecs à nos jours », en
passant par l’âge d’or de la science arabe et le Moyen Age européen –
pour ne
parler que de cette tradition- là – deux conceptions se sont disputées
le
terrain, pour finalement arriver à ce que l’on n’ose appeler simplement
une
combinaison des deux, tant les deux conceptions ont été altérées lors de
ce
processus historique. Ces deux conceptions sont d’une part la conception
atomiste,
réductionniste, dan laquelle la matière a une structure discontinue et
n’est
autre que la réunion de ses constituants, libres et inaltérables, se
déplaçant
dans le vide (dont cette conception est inséparable) ; d’autre part, une
conception que l’on dit hylémorphique, fondée sur la notion de
substance, union inséparable de la matière et de la forme, excluant
l’idée de
vide, continue. Les noms de Démocrite et d’Aristote sont associés à ces
deux
conceptions initialement antithétiques. La science moderne s’est
constituée, au
17 ème siècle, en réaction à la conception aristotélicienne, déjà
considérablement altérée lors de sa transmission des Grecs aux Arabes
puis à
l’Europe, prédominante à l’époque parce que l’Eglise l’avait adoptée.
Ces deux
conceptions, ainsi que la vision du monde qu’elles supportent l’une et
l’autre,
seront examinées de façon volontairement anachronique, en soulignant les
points
sur lesquels l’évolution de la physique post-galiléenne butera lors de
son
développement.
Etude
du sujet : " A quoi
reconnaît-on qu’une science est une science ?"
Document vidéo :L’atome, une idée : Aristote, Démocrite
et Avicenne
On a du mal à
imaginer aujourd’hui que
la matière n’a pas toujours été une quantité dont la masse (inertielle
ou
gravitationnelle) soit la mesure. « Des Grecs à nos jours », en
passant par l’âge d’or de la science arabe et le Moyen Age européen –
pour ne
parler que de cette tradition- là – deux conceptions se sont disputées
le
terrain, pour finalement arriver à ce que l’on n’ose appeler simplement
une
combinaison des deux, tant les deux conceptions ont été altérées lors de
ce
processus historique. Ces deux conceptions sont d’une part la conception
atomiste,
réductionniste, dan laquelle la matière a une structure discontinue et
n’est
autre que la réunion de ses constituants, libres et inaltérables, se
déplaçant
dans le vide (dont cette conception est inséparable) ; d’autre part, une
conception que l’on dit hylémorphique, fondée sur la notion de
substance, union inséparable de la matière et de la forme, excluant
l’idée de
vide, continue. Les noms de Démocrite et d’Aristote sont associés à ces
deux
conceptions initialement antithétiques. La science moderne s’est
constituée, au
17 ème siècle, en réaction à la conception aristotélicienne, déjà
considérablement altérée lors de sa transmission des Grecs aux Arabes
puis à
l’Europe, prédominante à l’époque parce que l’Eglise l’avait adoptée.
Ces deux
conceptions, ainsi que la vision du monde qu’elles supportent l’une et
l’autre,
seront examinées de façon volontairement anachronique, en soulignant les
points
sur lesquels l’évolution de la physique post-galiléenne butera lors de
son
développement.
Quel enseignement peut-on tirer de
l'étude des représentations picturales des Dix Commandements au temps des
conflits Réforme/Contre-Réforme ? En réinterrogeant le statut de l'image,
Olivier Christin ouvre des perspectives sur l'éthique et le pouvoir dans le
monde contemporain.
Série d'émissions produites sous le
titre de Canal du Savoir. Les intervenants, professeurs d'universités ou
membres de grandes institutions (Collège de France, CNRS, EHESS…) ont accepté
d'adapter la transmission de leur savoir au support télévisuel.
dans la douleur.
Mardi 08 mars 2011
DST sur le travail et la technique
Lundi 07 mars 2011
Groupe
SVT
Etude
du sujet : « Si Dieu n’existait pas. Tout serait permis ».
Qu’en pensez-vous ? »
Monseigneur
Jacques Noyer débat des
aspects spirituels de la douleur. L'homme est un être de relations. Le
spirituel
est la vie en nous des êtres absents. Chacun a son propre panthéon, ce
ciel que
nous portons en nous. La douleur crée un sentiment d'abandon, de
solitude
absolue et d'incommunicablité totale. Elle est un naufrage dans la
cruauté
d'une conscience, l'environnement disparait, c'est l'enfer. Chacun
ressent face
à la souffrance de l'impuissance, sa relation à Dieu en est ébranlée. La
religion s'efforce de répondre au cri de la souffrance par des moyens
divers :
l'évitement, le stoicisme, efforts pour la justifier , sacrifices etc...
dieu
souffre aussi et la douleur fait partie du mystère de l'engendrement.
Toute
naissance se fait dans la douleur.
Mercredi 2 mars 2011
Groupe Maths
Etude du sujet : " Tout ce qui est techniquement possible est-il pour autant légitime ?
Document vidéo : Amy Dahan ; Directeur de recherche
au CNRS, Centre Alexandre Koyré :
« De nombreux auteurs soulignent le
caractère radicalement nouveau des modes de production et d’insertion des
savoirs scientifiques et techniques dans les sociétés contemporaines. Je
tenterai de mettre en perspective historique cette question.
Mon exposé s’articulera autour de trois parties, résumées chacune par une thèse
:
La science a toujours été «impure»
Depuis l’époque moderne, au moins, elle a entretenu des rapports complexes,
intimes et multiples tant au marché qu’au politique et les hommes de sciences
ont été insérés dans des réseaux sociaux larges touchant les mondes du pouvoir
et de l’économie.
La notion de science «pure» (versus science appliquée ou finalisée) est
d'ailleurs une notion qui n'apparaît qu'après la Révolution française et
se construit progressivement au cours du XIXe siècle, en partie comme une
auto-représentation de la communauté savante. En prenant quelques exemples
choisis à l'âge de Galilée, de la
Révolution française, de l'expansion coloniale ou de la
deuxième guerre et les années 1950, nous illustrerons comment ces ancrages de
la science dans leur contexte social, culturel, politique et économique
donnèrent à la science des méthodes, des procédures de preuve, des objets, des
concepts et des frontières très variables et historiquement situées.
La science est encore plus «impure», depuis deux
décennies.
Pour autant, d'importantes transformations des rapports entre science et
société ne se sont pas produites dans les dernières décennies. Quatre mutations
nous semblent marquantes dans la science contemporaine :
- du point de vue des objets
et des problèmes : globalité, complexité,
interdisciplinarité, régression du réductionnisme ; importance des outils
techniques
(ordinateur) et méthodes de simulations qui permettent de
les
appréhender.
- un pilotage plus direct
de la production des savoirs par le marché et
le
développement de marchés privés et de brevets sur des méthodes
de recherche et
des connaissances fondamentales.
- si la co-construction de domaines
scientifiques avec l’émergence
d’une demande
socio-politique d'expertise n’est pas nouvelle, on assiste
aujourd’hui de
plus en plus fréquemment au développement d’objets
ayant d’emblée un
caractère scientifico-politique et construits pour être mobilisés
dans des
négociations.
- la mise en débat des
savoirs, le désenclavement des institutions scientifiques
et
l’investissement des «profanes» dans des arènes de négociation de
l'innovation
autrefois réservées aux chercheurs, aux décideurs politiques
et aux
responsables économiques (cas des associations de malades
et de victimes, du
débat OGM, etc.)
pour le 10 mai sur la justice et le droit / la société et l'état
Lundi 28 février 2011
Groupe physique chimie
Etude du sujet : " Tout ce qui est techniquement possible est-il pour autant légitime ?
Document vidéo : Amy Dahan ; Directeur de recherche
au CNRS, Centre Alexandre Koyré :
« De nombreux auteurs soulignent le
caractère radicalement nouveau des modes de production et d’insertion des
savoirs scientifiques et techniques dans les sociétés contemporaines. Je
tenterai de mettre en perspective historique cette question.
Mon exposé s’articulera autour de trois parties, résumées chacune par une thèse
:
La science a toujours été «impure»
Depuis l’époque moderne, au moins, elle a entretenu des rapports complexes,
intimes et multiples tant au marché qu’au politique et les hommes de sciences
ont été insérés dans des réseaux sociaux larges touchant les mondes du pouvoir
et de l’économie.
La notion de science «pure» (versus science appliquée ou finalisée) est
d'ailleurs une notion qui n'apparaît qu'après la Révolution française et
se construit progressivement au cours du XIXe siècle, en partie comme une
auto-représentation de la communauté savante. En prenant quelques exemples
choisis à l'âge de Galilée, de la
Révolution française, de l'expansion coloniale ou de la
deuxième guerre et les années 1950, nous illustrerons comment ces ancrages de
la science dans leur contexte social, culturel, politique et économique
donnèrent à la science des méthodes, des procédures de preuve, des objets, des
concepts et des frontières très variables et historiquement situées.
La science est encore plus «impure», depuis deux
décennies.
Pour autant, d'importantes transformations des rapports entre science et
société ne se sont pas produites dans les dernières décennies. Quatre mutations
nous semblent marquantes dans la science contemporaine :
- du point de vue des objets
et des problèmes : globalité, complexité,
interdisciplinarité, régression du réductionnisme ; importance des outils
techniques
(ordinateur) et méthodes de simulations qui permettent de
les
appréhender.
- un pilotage plus direct
de la production des savoirs par le marché et
le
développement de marchés privés et de brevets sur des méthodes
de recherche et
des connaissances fondamentales.
- si la co-construction de domaines
scientifiques avec l’émergence
d’une demande
socio-politique d'expertise n’est pas nouvelle, on assiste
aujourd’hui de
plus en plus fréquemment au développement d’objets
ayant d’emblée un
caractère scientifico-politique et construits pour être mobilisés
dans des
négociations.
- la mise en débat des
savoirs, le désenclavement des institutions scientifiques
et
l’investissement des «profanes» dans des arènes de négociation de
l'innovation
autrefois réservées aux chercheurs, aux décideurs politiques
et aux
responsables économiques (cas des associations de malades
et de victimes, du
débat OGM, etc.)
Document vidéo : Passé et avenir du
travail par Alain Peyraube, directeur de recherche au Centre national de la
recherche scientifique (CNRS), directeur d'études à l'Ecole des hautes études
en sciences sociales (EHESS )
Les linguistes regroupent traditionnellement les 5000 à 6000 langues du monde
dans 400 à 500 familles, de taille très inégale. Certaines d'entre elles, comme
la famille austronésienne, comptent plus de 1200 langues, d'autres n'en
comptent qu'une seule : le basque, par exemple, exemple bien connu
d'isolat linguistique. On considérera dans un premier temps différentes
hypothèses sur le groupement des langues en familles et en macro-familles et
l'on discutera les critères qui sont utilisés dans ces classifications,
généalogique, aréale ou typologique.
La plupart de ces langues (entre 60 % et
80 % selon les estimations) auront disparu avant la fin du siècle. Ces langues
mortes, qui ne seront donc plus utilisées comme un moyen de communication
orale, ne seront pas non plus étudiées comme le sont aujourd'hui le grec
ancien, le latin ou le chinois classique. Elles auront tout simplement cessé
d'exister. Des programmes de « sauvegarde des langues en danger »
existent aujourd'hui, mais il est illusoire de penser qu'ils pourront maintenir
cette riche diversité linguistique. Ils cherchent d'ailleurs tout au plus à
décrire rapidement des langues menacées d'extinction de façon à ce que les
linguistes disposent de données qui leur permettront de faire progresser la
science linguistique. Les mécanismes et les motivations de la mort des langues
seront détaillés.
Document vidéo : Joëlle Proust, philosophe, directeur
de recherche au CNRS, Institut Jean Nicod
Beaucoup de travaux montrent que la capacité de former des représentations est
présente chez les animaux non humains. Comment peut-on établir l’existence de
ces représentations ? Peut-on (et dans quelles limites) déterminer leur contenu
? Comment sont-elles apprises et révisées ? Qu’est-ce que la pensée sans le
langage ? Des pistes de réponse seront proposées à ces diverses questions.
A partir de 1848 environ, Marx
réalise une analyse socio-économique centrée sur des notions
de classe (une classe désignant un groupe d’individus
caractérisés par une situation économique voisine au sein des rapports
de production, par une identité de revenus) et de lutte de
classes, conçue comme l’antagonisme opposant des groupes sociaux
dont les intérêts sont rigoureusement inconciliables.
Cette lutte de classes, moteur de
l’histoire et de l’évolution sociale, se comprend elle-même en fonction
de concepts de rapports de production et de forces de
production.
- Dans la production
sociale de leur existence, les
hommes entrent, en effet, dans des relations déterminées et nécessaires.
- L’existence d’une
classe sociale est donc directement conditionnée par ces rapports de
production s’établissant entre les hommes.
- Quant aux forces de
production, elles désignent l’ensemble des moyens et puissances
dont la société humaine dispose pour travailler, produire, pour
transformer le réel, le maîtriser et se l’approprier.
Le procès du travail,
à savoir l’ensemble formé par le travail, l’objet sur
lequel le travail agit et le moyen par lequel il agit, le développement
de l’activité transformatrice en vue de s’approprier la nature, se
présente de manière spécifique dans chaque mode de production,
défini comme l’ensemble constitué par les forces productives et les
rapports de production, comme le mode d’obtention des biens matériels.
Marx s’est
particulièrement au mode de production capitaliste, le capital
désignant, chez lui, la valeur permettant l’exploitation des
travailleurs salariés et l’obtention de la plus-value.
- Ce mot plus-value
signifie la valeur supplémentaire produite par le travail de l’ouvrier
salarié, valeur que le capitaliste s’approprie sans la payer, sans que
l’ouvrier retrouve donc une compensation financière.
- Si le prolétaire reçoit
une somme financière semblant payer son travail, en fait le salaire ne
rétribue pas le surtravail, c’est-à-dire un travail gratuit,
qui ne donne lieu à aucune rémunération et se résout en plus-value.
Au sein de cette interprétation
économique et historique, Marx accorde une importance
prépondérante à la structure économique constituée par les forces de
production et les rapports d’échange :
- Elle porte le nom d’infrastructure,
la
superstructure
désignant l’étage supérieur de l’édifice
(concepts, notions, idées,
représentations) s’élevant sur la base socio-économique.
- Cette distinction de
l’infrastructure et de la superstructure commande le matérialisme
historique, science des lois de
l’évolution sociale, conception selon laquelle la structure économique
de la société constitue le fondement réel et la base expliquant la
superstructure.
- Le point
d’aboutissement de cette interprétation est le suivant :
► les représentations et les idées des
hommes traduisent, en fait, la réalité économique et sociale.
► Ce sont des idéologies, qui
peuvent
se
prétendre neutres, mais qui expriment néanmoins des rapports
et des conflits de classe.
► L’individu, qui se croit libre
dans ses choix et ses comportements, est façonné, en fait, par
l’idéologie, ensemble des idées et croyances
propres à une société ou une classe.
► Ainsi, convient-il toujours
d’expliquer les façons de penser des hommes par les rapports sociaux et
économiques dans lesquels ils sont engagés.
Absence administrative Travail de recherche donné aux élèves sur l'art : 1914 Marcel Duchamp En quoi consiste les ready-made ? Qu'appelle-t-on happening ?
En quel sens peut-on parler de concept perturbateur de l'art ?
Montrez qu'un objet technique ne peut pas être définitivement un objet d'art.
Lundi 10 janvier
« L’art
ne reproduit pas le visible, il rend visible ». Que pensez-vous de cette
affirmation de P. Klee ?
«Chacun
appelle
barbarie,
ce qui n'est pas de son usage. Comme de vrai nous n'avons
autre mire de la vérité, et de la raison, que l'exemple et idée des
opinions et
usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la
parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses.
Ils sont sauvages de même, que nous appelons sauvages les fruits, que
nature de
soi et de son progrès ordinaire a produits : là où à la vérité ce sont
ceux que
nous avons altéré par notre artifice, et détourné de l'ordre commun, que
nous
devrions appeler plutôt sauvages. En ceux là sont vives et vigoureuses,
les
vraies, et plus utiles et naturelles, vertus et propriétés ; lesquelles
nous
avons abâtardies en ceux-ci, les accommodant au plaisir de notre goût
corrompu.
Et si pourtant la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût même
excellente à l'envie des nôtres, en divers fruits de ces contrées là,
sans
culture : ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur
notre
grande et puissante mère nature. Nous avons tant rechargé la beauté et
richesse
de ses ouvrages par nos inventions, que nous l'avons du tout étouffée.
Si
est-ce que par tout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse
honte à nos
vaines et frivoles entreprises.
Et veniunt hederæ sponte sua melius, Surgit et in solis formosior
arbutus
antris,Et volucres nulla dulcius arte canunt(1).
Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à représenter le nid du
moindre
oiselet, sa contexture, sa beauté, et l'utilité de son usage : non pas
la
tissure de la chétive araignée. Toutes choses, dit Platon, sont
produites ou
par la nature, ou par la fortune, ou par l'art. Les plus grandes et plus
belles
par l'une ou l'autre des deux premières : les moindres et imparfaites
par la
dernière.»
(1) Vois quelles couleurs la terre splendide fait jaillir ; Comme le
lierre
sauvage pousse seul avec plus de force ; Vois l’arbousier dans les
antres
solitaires plus beau se dresser ; et l’eau vive sans nul maître courir
son
chemin (Elégies)
Montaigne, Les Essais ,
Livre I Chapitre 31
Document
vidéo : Conflit, ritualisation, droit : la gestion de la diversité
Psychologiquement, la relation humaine à
la diversité est ambivalente : la diversité suscite la curiosité et
stimule ;
en même temps elle apparaît comme une menace et déclenche l'agressivité.
Les
sociétés humaines ont constamment affaire à la diversité. A commencer
par celle
qui est au coeur de la reproduction. La diversité est en fait dans les
individus sous tous les points de vue : physique, mental, passionnel,
générationnel. Cette diversité a des effets ambivalents. D'une part,
elle
permet le renouvellement, l'invention, l'innovation, la réponse aux
défis et
aux crises. D'un autre côté, elle perturbe les règles, routines,
procédures,
équilibres mis au point par les groupes pour survivre. Elle doit donc
être
traitée, gérée, régulée par les groupes . On peut distinguer deux modes
principaux de gestion de la diversité. Le premier mode est celui des
traitements violents : anéantissement, viol, confinement, conversion et
conquête, assimilation, mais aussi sacralisation, stigmatisation de ce
qui est
"autre". Une différence importante au sein de ce groupe tient à la
différence entre les stratégies de destruction et celles d'assimilation.
Le
second mode de gestion passe par la production de règles dans un
éventail de
qui va des routines aux interdits et des coutumes aux règles juridiques.
De ce
point de vue, les sociétés sont des systèmes de règles plus ou moins
cohérentes
pour traiter les différences. Une différence importante au sein de ce
groupe
est celle entre les règles d'assimilation et les règles de
différenciation. Le
droit traite à la fois tous les hommes de la même manière et en fonction
de
leurs différences. Qu'il s'agisse des modes de gestion violents de la
diversité
ou des modes de gestion par la régulation, ils répondent tous à des
finalités
sociales et sont soumis à des évaluations morales. Les finalités
sociales
peuvent entrer ou non en contradiction avec celles de la moralité, mais
subsiste la question de savoir à quelles finalités la moralité elle-même
répond. Yves Michaud
Etude du sujet : "qu'est-ce qui distingue une oeuvre d'art d'un objet
quelconque ?"
Texte d’Alain, Système des
Beaux-Arts
« Il reste à dire en quoi
l’artiste diffère de l’artisan. Toutes les fois que l’idée précède et
règle
l’exécution, c’est industrie. Et encore est-il vrai que l’œuvre souvent,
même
dans l’industrie, redresse l’idée en ce sens que l’artisan trouve mieux
qu’il
n’avait pensé dès qu’il essaye. En cela il est artiste, mais par
éclairs.
Toujours est-il que la représentation d’une idée bien définie comme le
dessin
d’une maison est une œuvre mécanique seulement, en ce sens qu’une
machine bien
réglée d’abord ferait l’œuvre à mille exemplaires. Pensons maintenant au
travail du peintre de portrait : il est clair qu’il ne peut avoir le
projet de toutes les couleurs qu’il emploiera à l’œuvre qu’il commence ;
l’idée lui vient à mesure qu’il fait ; il serait même plus rigoureux de
dire que l’idée lui vient ensuite,comme
au spectateur, et qu’il est spectateur aussi de son œuvre en train de
naître.
Et c’est là le propre de l’artiste. Il faut que le génie ait la grâce de
nature, et s’étonne lui-même. Un beau vers n’est pas d’abord en projet,
et
ensuite fait ; mais il se montre beau au poète ; et la belle statue
se montre belle au sculpteur, à mesure qu’il la fait ; et le portrait
naît
sous le pinceau. La musique est ici le meilleur témoin, parce qu’il n’y a
pas
alors de différence entre imaginer et faire ; si je pense, il faut que
je
chante. (…) Le génie ne se connaît que dans l’œuvre peinte, écrite ou
chantée.
Ainsi la règle du beau n’apparaît que dans l’œuvre, et y reste prise, en
sorte
qu’elle ne peut jamais, d’aucune manière, servir à faire une autre
œuvre. »
Alain,
Système
des beaux-arts
Document vidéo :
Interpréter l'art :
entre voir et savoirs par ARASSE Daniel
Pour
deux raisons au moins, la présence de l'histoire de l'art dans un cycle
consacré aux “ renouvellements de l'observation dans les sciences ” a de
quoi
surprendre. La première tient au statut scientifique de l'histoire de
l'art :
même si elle veut souvent se donner l'aspect d'une discipline
scientifique en
reprenant les protocoles d'énoncé des sciences dites exactes, l'histoire
de
l'art n'est pas la “ science de l'art ” (traduction imparfaite de
l'allemand
Kunstwissenschaft) et, si on doit la compter au nombre des “ sciences
humaines
” (ce que ne fait pas Lévi-Strauss), elle est la “ science des
comportements
artistiques humains ”, une science des “ pratiques artistiques ” dont
les
critères de scientificité sont loin d'être établis. Par ailleurs, le
terme d'“
observation ” n'est jamais employé par les historiens de l'art pour
qualifier leur
relation avec les oeuvres : ils parlent d'étude, d'analyse, ils “
regardent ”
les oeuvres plus qu'ils ne les “ observent ”, et la relation du
regardant à
l'oeuvre est traditionnellement considérée comme une relation de
contemplation
- et non d'observation. Parler d'observation de l'oeuvre d'art par son
historien revient donc à opérer un glissement sémantique significatif.
Malgré
les réserves qu'il ne manquerait pas de susciter chez les spécialises
attachés
à préserver l'aura de l'oeuvre d'art, ce glissement est légitime : il
enregistre et met en lumière une transformation effective de notre
relation de
regard avec les oeuvres d'art. L'historien se doit d'en être conscient
et le
spectateur non professionnel la subit à son insu. Cette transformation
est liée
au renouvellement des conditions de perception des oeuvres d'art : mise
au
point de techniques et de dispositifs spécifiques pour l'étude
scientifique des
oeuvres comme objets matériels ; conditions dans lesquelles les oeuvres
sont
présentées au regard - exposition muséale et reproduction technique sous
forme,
entre autres, photographique. Radiographie, photographie à l'infrarouge
ou
l'ultraviolet, microprélèvement de pigments, etc., ces dispositifs et
instruments techniques apportent à l'historien, depuis de nombreuses
décennies,
des informations parfois décisives sur l'histoire matérielle des
oeuvres, sur
leur authenticité ou leur genèse, dissimulée dans l'oeuvre finale. On
abordera
rapidement cet aspect du renouvellement de l'observation de l'art pour
s'attarder
davantage sur les transformations que connaît la perception “ normale ”
des
oeuvres du fait des conditions de présentation qui sont désormais les
leurs.
Après avoir évoqué le caractère anachronique de ces conditions de
présentation
par rapport aux modes initiaux, historiques, de réception des oeuvres,
après
avoir aussi rappelé comment l'historien se doit de percevoir cet
anachronisme
pour éviter les effets pervers, on insistera, à l'aide de plusieurs
exemples,
sur les nouvelles problématiques proprement historiques, que ce même
anachronisme suscite en confrontant le “ voir ” renouvelé de l'historien
à ses
“ savoirs ” établis. Conditions muséales d'exposition et reproduction
photographique permettent en particulier d'observer les oeuvres de la
distance
à laquelle elles ont été réalisées et de percevoir des éléments qui
n'ont pas
été peints pour être vus, peints pour ne pas être vus. Parmi les enjeux
scientifiques de ce renouvellement de l'observation, on insistera en
particulier sur la mise au point de nouveaux modèles théoriques
permettant de
constituer une “ microhistoire ” de l'art - dont un des principes
pourrait
être, précisément, la confrontation dialectique du voir et des savoirs.
Tout en
suggérant l'existence de modes de diffusion et de connaissance des
images dont
on ne peut trouver trace ailleurs, cette microhistoire ouvrirait, entre
autres,
la possibilité d'une histoire de la relation intime de l'artiste à son
travail
et de ses modes d'expression dans l'oeuvre, relation au travers de
laquelle se
préfigure et se configure le sujet classique.
«Chacun
appelle
barbarie, ce qui n'est pas de son usage. Comme de vrai nous n'avons
autre mire de la vérité, et de la raison, que l'exemple et idée des
opinions et
usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la
parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses.
Ils sont sauvages de même, que nous appelons sauvages les fruits, que
nature de
soi et de son progrès ordinaire a produits : là où à la vérité ce sont
ceux que
nous avons altéré par notre artifice, et détourné de l'ordre commun, que
nous
devrions appeler plutôt sauvages. En ceux là sont vives et vigoureuses,
les
vraies, et plus utiles et naturelles, vertus et propriétés ; lesquelles
nous
avons abâtardies en ceux-ci, les accommodant au plaisir de notre goût
corrompu.
Et si pourtant la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût même
excellente à l'envie des nôtres, en divers fruits de ces contrées là,
sans
culture : ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur
notre
grande et puissante mère nature. Nous avons tant rechargé la beauté et
richesse
de ses ouvrages par nos inventions, que nous l'avons du tout étouffée.
Si
est-ce que par tout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse
honte à nos
vaines et frivoles entreprises.
Et veniunt hederæ sponte sua melius, Surgit et in solis formosior
arbutus
antris,Et volucres nulla dulcius arte canunt(1).
Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à représenter le nid du
moindre
oiselet, sa contexture, sa beauté, et l'utilité de son usage : non pas
la
tissure de la chétive araignée. Toutes choses, dit Platon, sont
produites ou
par la nature, ou par la fortune, ou par l'art. Les plus grandes et plus
belles
par l'une ou l'autre des deux premières : les moindres et imparfaites
par la
dernière.»
(1) Vois quelles couleurs la terre splendide fait jaillir ; Comme le
lierre
sauvage pousse seul avec plus de force ; Vois l’arbousier dans les
antres
solitaires plus beau se dresser ; et l’eau vive sans nul maître courir
son
chemin (Elégies)
Montaigne, Les Essais ,
Livre I Chapitre 31
Document
vidéo : Conflit, ritualisation, droit : la gestion de la diversité
Psychologiquement, la relation humaine à
la diversité est ambivalente : la diversité suscite la curiosité et
stimule ;
en même temps elle apparaît comme une menace et déclenche l'agressivité.
Les
sociétés humaines ont constamment affaire à la diversité. A commencer
par celle
qui est au coeur de la reproduction. La diversité est en fait dans les
individus sous tous les points de vue : physique, mental, passionnel,
générationnel. Cette diversité a des effets ambivalents. D'une part,
elle
permet le renouvellement, l'invention, l'innovation, la réponse aux
défis et
aux crises. D'un autre côté, elle perturbe les règles, routines,
procédures,
équilibres mis au point par les groupes pour survivre. Elle doit donc
être
traitée, gérée, régulée par les groupes . On peut distinguer deux modes
principaux de gestion de la diversité. Le premier mode est celui des
traitements violents : anéantissement, viol, confinement, conversion et
conquête, assimilation, mais aussi sacralisation, stigmatisation de ce
qui est
"autre". Une différence importante au sein de ce groupe tient à la
différence entre les stratégies de destruction et celles d'assimilation.
Le
second mode de gestion passe par la production de règles dans un
éventail de
qui va des routines aux interdits et des coutumes aux règles juridiques.
De ce
point de vue, les sociétés sont des systèmes de règles plus ou moins
cohérentes
pour traiter les différences. Une différence importante au sein de ce
groupe
est celle entre les règles d'assimilation et les règles de
différenciation. Le
droit traite à la fois tous les hommes de la même manière et en fonction
de
leurs différences. Qu'il s'agisse des modes de gestion violents de la
diversité
ou des modes de gestion par la régulation, ils répondent tous à des
finalités
sociales et sont soumis à des évaluations morales. Les finalités
sociales
peuvent entrer ou non en contradiction avec celles de la moralité, mais
subsiste la question de savoir à quelles finalités la moralité elle-même
répond. Yves Michaud
Document audio : La
linguistique
descriptive au 20e siècle
Conférence du
13 février 2000 par Claire Blanche-Benveniste. La linguistique
"descriptive", discipline qui se donne pour tâche de décrire les
différentes langues parlées par les hommes dans le monde, s'est trouvée
au
cours du XXème siècle placée au coeur de grandes polémiques. Comme dans
d'autres disciplines, les spécialistes ont cherché des méthodes
permettant de
rendre compte à la fois de la très grande diversité des phénomènes
attestés par
les langues ("Les langues peuvent différer sans limite"",
affirmait M. Joos en 1966 à propos des langues indiennes d'Amériques) et
des
caractéristiques universelles qu'on pouvait y déceler (par exemple "les
propriétés formelles de toute langue humain possible", comme l'écrivait
Chomsky en 1957). Parvient-on à concilier la description sur le terrain
et la
recherche cognitive ? N'a-t-on pas déjà décrit toutes les langues ?
Reste-t-il
des zones vierges, comme les taches blanches dans les anciennes cartes
de
géographie ? Ou bien s'agit-il seulement de tout recommencer avec des
méthodes
nouvelles, y compris pour des langues déjà si souvent décrites au cours
des
siècles passés, comme le français ?"
Document audio : La linguistique
descriptive au 20e siècle
Conférence du
13 février 2000 par Claire Blanche-Benveniste. La linguistique
"descriptive", discipline qui se donne pour tâche de décrire les
différentes langues parlées par les hommes dans le monde, s'est trouvée au
cours du XXème siècle placée au coeur de grandes polémiques. Comme dans
d'autres disciplines, les spécialistes ont cherché des méthodes permettant de
rendre compte à la fois de la très grande diversité des phénomènes attestés par
les langues ("Les langues peuvent différer sans limite"",
affirmait M. Joos en 1966 à propos des langues indiennes d'Amériques) et des
caractéristiques universelles qu'on pouvait y déceler (par exemple "les
propriétés formelles de toute langue humain possible", comme l'écrivait
Chomsky en 1957). Parvient-on à concilier la description sur le terrain et la
recherche cognitive ? N'a-t-on pas déjà décrit toutes les langues ? Reste-t-il
des zones vierges, comme les taches blanches dans les anciennes cartes de
géographie ? Ou bien s'agit-il seulement de tout recommencer avec des méthodes
nouvelles, y compris pour des langues déjà si souvent décrites au cours des
siècles passés, comme le français ?"
Etude d’un texte de
Hegel, La philosophie de l’esprit d’Iéna
«C’est
dans le mot que nous pensons.
Le mot en tant que sonore disparaît dans le temps ; il se montre donc dans le
temps comme négativité abstraite, c'est-à-dire seulement anéantissante. Mais la
négativité vraie, concrète, du signe linguistique est l’intelligence, parce
que, moyennant celle-ci, le signe est, de quelque chose d’extérieur, changé en
quelque chose d’intérieur, et conservé dans cette forme modifiée. Ainsi les
mots deviennent un être-là vivifié par la pensée. Cet être-là est absolument
nécessaire à nos pensées.
Nous n’avons conscience de nos pensées, nous n’avons de pensées déterminées et
réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les
différencions de notre intériorité, et que par suite nous les marquons de la
forme externe, mais d’une forme qui contient aussi le caractère de l’activité
la plus haute. C’est le son articulé, le mot, qui seul nous offre une existence
où l’externe et l’interne sont intimement unis.
Par conséquent, vouloir penser sans les mots est une tentative insensée. Mesmer
en fit l’essai et, de son propre aveu, il en faillit perdre la raison. Et il
est également absurde de considérer comme un désavantage et comme un défaut de
la pensée cette nécessité qui lie celle-ci au mot.
On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu’il y a de plus haut, c’est
l’ineffable. Mais c’est là une opinion superficielle et sans fondement ; car,
en réalité, l’ineffable c’est la pensée obscure, la pensée à l’état de
fermentation, et qui ne devient claire que lorsqu’elle trouve le mot. Ainsi le
mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie.
Sans doute on peut se perdre dans un flux de mots sans saisir la chose. Mais la
faute en est à la pensée imparfaite, indéterminée et vide, elle n’en est pas au
mot. Si la vraie pensée est la chose même, le mot l’est aussi lorsqu’il est
employé par la vraie pensée. Par conséquent, l’intelligence, en se remplissant
de mots se remplit aussi de la nature des choses."
Mais cet accueil a en même temps ce sens que l’intelligence fait d’elle-même,
par là, un être tenant de la chose, de telle sorte que la subjectivité – en sa
différence d’avec la chose – devient quelque chose de tout-à-fait vide, un
réservoir, privé d’esprit, des mots, donc une mémoire mécanique (…) Plus je
deviens familier avec la signification du mot – plus celui-ci, donc, est réuni
à mon intériorité – plus l’objectivité et, par conséquent, la déterminité de sa
signification disparaissent – plus la mémoire elle-même et, avec elle, en même
temps le mot, deviennent quelque chose de délaissé par l’esprit.»
Hegel, Hegel, Encyclopédie III, Philosophie de
l’esprit, § 462
Document vidéo : L'intelligence de l'animal Le
cerveau, le langage, le sens - Galina Iakimova : Cliquez ici
Mardi 07 décembre 2010
Tous
DST à préparer pour le 04 janvier sur le
désir
DST à préparer pour le 25 janvier sur
l'art
DM facultatif à rendre au plus tard le
31 janvier
Sujet : Savons-nous ce que nous désirons
?
Etude du sujet : La
prise en compte des différences culturelles vous paraît-elle remettre en
question l’existence de valeurs universelles ?
Document vidéo : La
diversité humaine - Jean-Claude Weill
Partenariat avec France Inter
Dans le cadre de l’émission de Mathieu
Vidard - La tête au carré - donne l’occasion une fois par mois à des lycéens de
débattre avec un scientifique sur un sujet thématique.
La diversité humaine par Jean-Claude
Weill, lycée Simone de Beauvoir à Garges les Gonesses, le 24 novembre 2008 de
14h à 15h, en direct.
France Inter s’associe à l’Université de
tous les savoirs pour sensibiliser les jeunes à la science et éveiller des
vocations. Cliquez
ici
Etude d’un texte de
Hegel, La philosophie de l’esprit d’Iéna
«C’est
dans le mot que nous pensons.
Le mot en tant que sonore disparaît dans le temps ; il se montre donc dans le
temps comme négativité abstraite, c'est-à-dire seulement anéantissante. Mais la
négativité vraie, concrète, du signe linguistique est l’intelligence, parce
que, moyennant celle-ci, le signe est, de quelque chose d’extérieur, changé en
quelque chose d’intérieur, et conservé dans cette forme modifiée. Ainsi les
mots deviennent un être-là vivifié par la pensée. Cet être-là est absolument
nécessaire à nos pensées.
Nous n’avons conscience de nos pensées, nous n’avons de pensées déterminées et
réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les
différencions de notre intériorité, et que par suite nous les marquons de la
forme externe, mais d’une forme qui contient aussi le caractère de l’activité
la plus haute. C’est le son articulé, le mot, qui seul nous offre une existence
où l’externe et l’interne sont intimement unis.
Par conséquent, vouloir penser sans les mots est une tentative insensée. Mesmer
en fit l’essai et, de son propre aveu, il en faillit perdre la raison. Et il
est également absurde de considérer comme un désavantage et comme un défaut de
la pensée cette nécessité qui lie celle-ci au mot.
On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu’il y a de plus haut, c’est
l’ineffable. Mais c’est là une opinion superficielle et sans fondement ; car,
en réalité, l’ineffable c’est la pensée obscure, la pensée à l’état de
fermentation, et qui ne devient claire que lorsqu’elle trouve le mot. Ainsi le
mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie.
Sans doute on peut se perdre dans un flux de mots sans saisir la chose. Mais la
faute en est à la pensée imparfaite, indéterminée et vide, elle n’en est pas au
mot. Si la vraie pensée est la chose même, le mot l’est aussi lorsqu’il est
employé par la vraie pensée. Par conséquent, l’intelligence, en se remplissant
de mots se remplit aussi de la nature des choses."
Mais cet accueil a en même temps ce sens que l’intelligence fait d’elle-même,
par là, un être tenant de la chose, de telle sorte que la subjectivité – en sa
différence d’avec la chose – devient quelque chose de tout-à-fait vide, un
réservoir, privé d’esprit, des mots, donc une mémoire mécanique (…) Plus je
deviens familier avec la signification du mot – plus celui-ci, donc, est réuni
à mon intériorité – plus l’objectivité et, par conséquent, la déterminité de sa
signification disparaissent – plus la mémoire elle-même et, avec elle, en même
temps le mot, deviennent quelque chose de délaissé par l’esprit.»
Hegel, Hegel, Encyclopédie III, Philosophie de
l’esprit, § 462
Document vidéo : L'intelligence de l'animal Le
cerveau, le langage, le sens - Galina Iakimova : Cliquez ici
Lundi 06 décembre 2010
Gr. SVT
Cours
de méthodologie
1/ Pourquoi les connaissances sont nécessaires ?
2/« Le
fait de parler la même langue institue-t-il entre les hommes des liens
privilégiés ? »
Document
audio : Paul Ricœur un philosophe du dialogue Cliquez ici
Mercredi 1er décembre 2010
Gr. Maths
Etude de la
question : « Faut-il désirer l'impossible ? »
Cartographie
cérébrale
du
désir sexuel masculin : Conférence du 6 février 2000 par
Serge Storelu. Les régions cérébrales impliquées dans le comportement
sexuel
sont mal connues et une grande partie des connaissances est basée sur
des
recherches effectuées sur l'animal. Or, ces dernières recherches ne
peuvent
rendre compte des caractéristiques spécifiques du désir sexuel humain.
Avec les
progrès des techniques d'imagerie cérébrale fonctionnelle, il est devenu
possible d'identifier quelles sont les régions du cerveau humain qui
s'activent, ou se désactivent, lors de diverses tâches. Il a ainsi été
possible
de montrer quelles régions cérébrales répondaient à la présentation de
stimuli
sexuels visibles. Ces régions sont en particulier des régions limbiques
ou
paralimbiques (notamment le cortex cingulaire antérieur gauche et le
cortex
orbifrontal droit) et des structures sous-corticales (noyau caudé droit,
claustrum droit et gauche). Ces travaux devraient permettre, à terme, de
mieux
comprendre certains mécanismes des troubles du désir sexuel humain.
Mardi 30 novembre 2010
Cours
de méthodologie
1/
Etude d’un exemple
2/ Qu'est-ce qui caractérise au plus
au point l'homme : le désir ou la volonté ?
Cartographie
cérébrale
du désir sexuel masculin : Conférence du 6 février 2000 par
Serge Storelu. Les régions cérébrales impliquées dans le comportement
sexuel
sont mal connues et une grande partie des connaissances est basée sur
des
recherches effectuées sur l'animal. Or, ces dernières recherches ne
peuvent
rendre compte des caractéristiques spécifiques du désir sexuel humain.
Avec les
progrès des techniques d'imagerie cérébrale fonctionnelle, il est devenu
possible d'identifier quelles sont les régions du cerveau humain qui
s'activent, ou se désactivent, lors de diverses tâches. Il a ainsi été
possible
de montrer quelles régions cérébrales répondaient à la présentation de
stimuli
sexuels visibles. Ces régions sont en particulier des régions limbiques
ou
paralimbiques (notamment le cortex cingulaire antérieur gauche et le
cortex
orbifrontal droit) et des structures sous-corticales (noyau caudé droit,
claustrum droit et gauche). Ces travaux devraient permettre, à terme, de
mieux
comprendre certains mécanismes des troubles du désir sexuel humain.
24 novembre 2010
Gr. phys.
Comment interpréter un texte ?
et
Explication détaillée du texte de Descartes, Discours de la méthode
Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à
me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde ; et
généralement de m'accoutumer à croire qu'il n'y a rien qui soit
entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu'après que nous
avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures,
tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument
impossible.
Et ceci seul me semblait être suffisant pour
m'empêcher de rien désirer à l'avenir que je n'acquisse, et ainsi pour
me rendre content : car notre volonté ne se portant naturellement à
désirer que les choses que notre entendement lui représente en quelque
façon comme possibles, il est certain que si nous considérons tous les
biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir,
nous n'aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être
dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute,
que nous avons de ne posséder pas les royaumes de la Chine ou de Mexique
; et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons
pas davantage d'être sains étant malades, ou d'être libres étant en
prison, que nous faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière
aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme
les oiseaux.
Mais j'avoue qu'il est besoin d'un long exercice et
d'une méditation souvent réitérée pour s'accoutumer à regarder de ce
biais toutes les choses ; et je crois que c'est principalement en ceci
que consistait le secret de ces philosophes, qui ont pu autrefois se
soustraire à l'empire de la fortune, et, malgré les douleurs et la
pauvreté, disputer de la félicité avec leurs dieux. Car, s'occupant sans
cesse à considérer les bornes qui leur étaient prescrites par la
nature, ils se persuadaient si parfaitement que rien n'était en leur
pouvoir que leurs pensées, que cela seul était suffisant pour les
empêcher d'avoir aucune affection pour d'autres choses ; et ils
disposaient d'elles si absolument, qu'ils avaient en cela quelque raison
de s'estimer plus riches, et plus puissants, et plus libres, et plus
heureux qu'aucun des autres hommes, qui, n'ayant point cette
philosophie, tant favorisés de la nature et de la fortune qu'ils
puissent être, ne disposent jamais ainsi de tout ce qu'ils veulent.
Discours de la Méthode (1637), III,
Garnier T. I, p. 595 596.
Cartographie
cérébrale du désir sexuel masculin : Conférence du 6 février 2000 par
Serge Storelu. Les régions cérébrales impliquées dans le comportement sexuel
sont mal connues et une grande partie des connaissances est basée sur des
recherches effectuées sur l'animal. Or, ces dernières recherches ne peuvent
rendre compte des caractéristiques spécifiques du désir sexuel humain. Avec les
progrès des techniques d'imagerie cérébrale fonctionnelle, il est devenu
possible d'identifier quelles sont les régions du cerveau humain qui
s'activent, ou se désactivent, lors de diverses tâches. Il a ainsi été possible
de montrer quelles régions cérébrales répondaient à la présentation de stimuli
sexuels visibles. Ces régions sont en particulier des régions limbiques ou
paralimbiques (notamment le cortex cingulaire antérieur gauche et le cortex
orbifrontal droit) et des structures sous-corticales (noyau caudé droit,
claustrum droit et gauche). Ces travaux devraient permettre, à terme, de mieux
comprendre certains mécanismes des troubles du désir sexuel humain.
Le besoin désigne un état, ressenti ou non,
conscient ou non. Le désir de manger peut certes s'étayer sur la
sensation née du besoin de manger (= la faim). Mais le désir (de s'abreuver) ne doit pas être confondu avec la sensation (de soif), et encore moins avec le besoin (d'eau) du corps.
Il est vrai que le désir de boire quand on a soif semble légitimer l'association besoin / désir : je désire ce dont j'ai besoin (= de l'eau)... mais :
Jusqu'à un certain point seulement, car je peux aussi désirer ce dont je n'ai nul besoin réel : le besoin est en quelque sorte "réaliste", tandis que le désir implique une vie imaginaire.
Le désir, d'ailleurs, se renouvelle et prend des figures sans cesse
changeantes − tandis que le besoin tend à se répéter à l'identique :
contrairement au besoin, le désir semble en effet insatiable.
Les besoins nés de la vie sociale ne font pas exception à
la règle. Certes, il n'est pas "naturel" d'avoir besoin d'une voiture
pour se rendre sur son lieu de travail, mais un tel besoin, comme le
besoin de s'abreuver, reste la manifestation d'une nécessité. Tel n'est pas toujours, loin de là, le cas du désir.
Explication détaillée du texte de Descartes, Discours de la méthode
Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à
me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde ; et
généralement de m'accoutumer à croire qu'il n'y a rien qui soit
entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu'après que nous
avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures,
tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument
impossible.
Et ceci seul me semblait être suffisant pour
m'empêcher de rien désirer à l'avenir que je n'acquisse, et ainsi pour
me rendre content : car notre volonté ne se portant naturellement à
désirer que les choses que notre entendement lui représente en quelque
façon comme possibles, il est certain que si nous considérons tous les
biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir,
nous n'aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être
dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute,
que nous avons de ne posséder pas les royaumes de la Chine ou de Mexique
; et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons
pas davantage d'être sains étant malades, ou d'être libres étant en
prison, que nous faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière
aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme
les oiseaux.
Mais j'avoue qu'il est besoin d'un long exercice et
d'une méditation souvent réitérée pour s'accoutumer à regarder de ce
biais toutes les choses ; et je crois que c'est principalement en ceci
que consistait le secret de ces philosophes, qui ont pu autrefois se
soustraire à l'empire de la fortune, et, malgré les douleurs et la
pauvreté, disputer de la félicité avec leurs dieux. Car, s'occupant sans
cesse à considérer les bornes qui leur étaient prescrites par la
nature, ils se persuadaient si parfaitement que rien n'était en leur
pouvoir que leurs pensées, que cela seul était suffisant pour les
empêcher d'avoir aucune affection pour d'autres choses ; et ils
disposaient d'elles si absolument, qu'ils avaient en cela quelque raison
de s'estimer plus riches, et plus puissants, et plus libres, et plus
heureux qu'aucun des autres hommes, qui, n'ayant point cette
philosophie, tant favorisés de la nature et de la fortune qu'ils
puissent être, ne disposent jamais ainsi de tout ce qu'ils veulent.
Discours de la Méthode (1637), III,
Garnier T. I, p. 595 596.
Remise des listes de bac, avec les textes expliqués
Etude d'un texte d'Aristote sur le bonheur
Lundi 16 mai 2011
Sujet de réflexion
Voir
le meilleur est-ce nécessairement le suivre ?
Lundi 02 mai 2011
Sujet de réflexion sur le bonheur
Mardi 26 avril 2011
Correction de copies de DM
Etude du sujet : "Toutes les superstitions sont-elles absurdes ?"
DM à rendre pour le 24 mai 2011
Au choix : sujet de dissertation ou sujet texte:
Dissertation : "L'intérêt peut-il être une valeur morale ?"
Texte et dossier d'appui téléchargeable en cliquant ici : télécharger
le dossier
Mardi 22 mars 2011
Conférence à l'auditorium organisée par une collègue de STG et ses élèves
à la place du cours de philosophie
Mardi 08 mars 2011
Préparation du conseil de classe
DST dirigé sur le travail et les échanges
Mardi 1er mars 2011
Remise des copies de Bacs blancs Correction donnée sur le réseau, en vue d'une explication et reprise en séance suivante
Etude du sujet "Peut-on mettre sur le même plan le commerce des choses et le commerce des idées "?
Etude du sujet : Peut-il y avoir savoir-faire sans savoir ?
1/ Comment construire une idée directrice ?
« Les
objets technique nous imposent-ils
une manière de penser ou seulement une manière de vivre ? »
Document vidéo : Amy Dahan ; Directeur de recherche
au CNRS, Centre Alexandre Koyré :
« De
nombreux auteurs soulignent le
caractère radicalement nouveau des modes de production et d’insertion
des
savoirs scientifiques et techniques dans les sociétés contemporaines. Je
tenterai de mettre en perspective historique cette question.
Mon exposé s’articulera autour de trois parties, résumées chacune par
une thèse
:
La
science a toujours été «impure»
Depuis l’époque moderne, au moins, elle a entretenu des rapports
complexes,
intimes et multiples tant au marché qu’au politique et les hommes de
sciences
ont été insérés dans des réseaux sociaux larges touchant les mondes du
pouvoir
et de l’économie.
La notion de science «pure» (versus science appliquée ou finalisée) est
d'ailleurs une notion qui n'apparaît qu'après la Révolution
française et
se construit progressivement au cours du XIXe siècle, en partie comme
une
auto-représentation de la communauté savante. En prenant quelques
exemples
choisis à l'âge de Galilée, de la
Révolution française, de l'expansion coloniale ou de la
deuxième guerre et les années 1950, nous illustrerons comment ces
ancrages de
la science dans leur contexte social, culturel, politique et économique
donnèrent à la science des méthodes, des procédures de preuve, des
objets, des
concepts et des frontières très variables et historiquement situées.
La
science est encore plus «impure»,
depuis deux
décennies.
Pour autant, d'importantes transformations des rapports entre science et
société ne se sont pas produites dans les dernières décennies. Quatre
mutations
nous semblent marquantes dans la science contemporaine :
- du point de vue des objets
et des problèmes : globalité, complexité,
interdisciplinarité, régression du réductionnisme ; importance des
outils
techniques
(ordinateur) et méthodes de simulations qui permettent de
les
appréhender.
- un pilotage plus direct
de la production des savoirs par le marché et
le
développement de marchés privés et de brevets sur des méthodes
de recherche et
des connaissances fondamentales.
- si la co-construction de domaines
scientifiques avec l’émergence
d’une demande
socio-politique d'expertise n’est pas nouvelle, on assiste
aujourd’hui de
plus en plus fréquemment au développement d’objets
ayant d’emblée un
caractère scientifico-politique et construits pour être mobilisés
dans des
négociations.
- la mise en débat des
savoirs, le désenclavement des institutions scientifiques
et
l’investissement des «profanes» dans des arènes de négociation de
l'innovation
autrefois réservées aux chercheurs, aux décideurs politiques
et aux
responsables économiques (cas des associations de malades
et de victimes, du
débat OGM, etc.)
Cours sur l'art : qu'est-ce qui distingue une oeuvre d'art d'un objet quelconque ?
Texte d’Alain, Système des
Beaux-Arts
« Il reste à dire en quoi
l’artiste diffère de l’artisan. Toutes les fois que l’idée précède et
règle
l’exécution, c’est industrie. Et encore est-il vrai que l’œuvre souvent,
même
dans l’industrie, redresse l’idée en ce sens que l’artisan trouve mieux
qu’il
n’avait pensé dès qu’il essaye. En cela il est artiste, mais par
éclairs.
Toujours est-il que la représentation d’une idée bien définie comme le
dessin
d’une maison est une œuvre mécanique seulement, en ce sens qu’une
machine bien
réglée d’abord ferait l’œuvre à mille exemplaires. Pensons maintenant au
travail du peintre de portrait : il est clair qu’il ne peut avoir le
projet de toutes les couleurs qu’il emploiera à l’œuvre qu’il commence ;
l’idée lui vient à mesure qu’il fait ; il serait même plus rigoureux de
dire que l’idée lui vient ensuite,comme
au spectateur, et qu’il est spectateur aussi de son œuvre en train de
naître.
Et c’est là le propre de l’artiste. Il faut que le génie ait la grâce de
nature, et s’étonne lui-même. Un beau vers n’est pas d’abord en projet,
et
ensuite fait ; mais il se montre beau au poète ; et la belle statue
se montre belle au sculpteur, à mesure qu’il la fait ; et le portrait
naît
sous le pinceau. La musique est ici le meilleur témoin, parce qu’il n’y a
pas
alors de différence entre imaginer et faire ; si je pense, il faut que
je
chante. (…) Le génie ne se connaît que dans l’œuvre peinte, écrite ou
chantée.
Ainsi la règle du beau n’apparaît que dans l’œuvre, et y reste prise, en
sorte
qu’elle ne peut jamais, d’aucune manière, servir à faire une autre
œuvre. »
Alain,
Système
des beaux-arts
Document vidéo :
Interpréter l'art :
entre voir et savoirs par ARASSE Daniel
Pour
deux raisons au moins, la présence de l'histoire de l'art dans un cycle
consacré aux “ renouvellements de l'observation dans les sciences ” a de
quoi
surprendre. La première tient au statut scientifique de l'histoire de
l'art :
même si elle veut souvent se donner l'aspect d'une discipline
scientifique en
reprenant les protocoles d'énoncé des sciences dites exactes, l'histoire
de
l'art n'est pas la “ science de l'art ” (traduction imparfaite de
l'allemand
Kunstwissenschaft) et, si on doit la compter au nombre des “ sciences
humaines
” (ce que ne fait pas Lévi-Strauss), elle est la “ science des
comportements
artistiques humains ”, une science des “ pratiques artistiques ” dont
les
critères de scientificité sont loin d'être établis. Par ailleurs, le
terme d'“
observation ” n'est jamais employé par les historiens de l'art pour
qualifier leur
relation avec les oeuvres : ils parlent d'étude, d'analyse, ils “
regardent ”
les oeuvres plus qu'ils ne les “ observent ”, et la relation du
regardant à
l'oeuvre est traditionnellement considérée comme une relation de
contemplation
- et non d'observation. Parler d'observation de l'oeuvre d'art par son
historien revient donc à opérer un glissement sémantique significatif.
Malgré
les réserves qu'il ne manquerait pas de susciter chez les spécialises
attachés
à préserver l'aura de l'oeuvre d'art, ce glissement est légitime : il
enregistre et met en lumière une transformation effective de notre
relation de
regard avec les oeuvres d'art. L'historien se doit d'en être conscient
et le
spectateur non professionnel la subit à son insu. Cette transformation
est liée
au renouvellement des conditions de perception des oeuvres d'art : mise
au
point de techniques et de dispositifs spécifiques pour l'étude
scientifique des
oeuvres comme objets matériels ; conditions dans lesquelles les oeuvres
sont
présentées au regard - exposition muséale et reproduction technique sous
forme,
entre autres, photographique. Radiographie, photographie à l'infrarouge
ou
l'ultraviolet, microprélèvement de pigments, etc., ces dispositifs et
instruments techniques apportent à l'historien, depuis de nombreuses
décennies,
des informations parfois décisives sur l'histoire matérielle des
oeuvres, sur
leur authenticité ou leur genèse, dissimulée dans l'oeuvre finale. On
abordera
rapidement cet aspect du renouvellement de l'observation de l'art pour
s'attarder
davantage sur les transformations que connaît la perception “ normale ”
des
oeuvres du fait des conditions de présentation qui sont désormais les
leurs.
Après avoir évoqué le caractère anachronique de ces conditions de
présentation
par rapport aux modes initiaux, historiques, de réception des oeuvres,
après
avoir aussi rappelé comment l'historien se doit de percevoir cet
anachronisme
pour éviter les effets pervers, on insistera, à l'aide de plusieurs
exemples,
sur les nouvelles problématiques proprement historiques, que ce même
anachronisme suscite en confrontant le “ voir ” renouvelé de l'historien
à ses
“ savoirs ” établis. Conditions muséales d'exposition et reproduction
photographique permettent en particulier d'observer les oeuvres de la
distance
à laquelle elles ont été réalisées et de percevoir des éléments qui
n'ont pas
été peints pour être vus, peints pour ne pas être vus. Parmi les enjeux
scientifiques de ce renouvellement de l'observation, on insistera en
particulier sur la mise au point de nouveaux modèles théoriques
permettant de
constituer une “ microhistoire ” de l'art - dont un des principes
pourrait
être, précisément, la confrontation dialectique du voir et des savoirs.
Tout en
suggérant l'existence de modes de diffusion et de connaissance des
images dont
on ne peut trouver trace ailleurs, cette microhistoire ouvrirait, entre
autres,
la possibilité d'une histoire de la relation intime de l'artiste à son
travail
et de ses modes d'expression dans l'oeuvre, relation au travers de
laquelle se
préfigure et se configure le sujet classique.
DST sur la justice, le droit et la loi. Etude du texte de Pascal, Pensées
"Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire
que ce qui est le plus fort soit suivi.
La justice sans la force est impuissante ; la force sans la
justice est
tyrannique.
La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours
des méchants.
La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre
ensemble
la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste
soit fort
ou que ce qui est fort soit juste.
La justice est sujette à dispute. La force est très
reconnaissable
et sans dispute. Aussi on n'a pu donner la force à la justice,
parce que la force a contredit la justice et a dit qu'elle était
injuste, et a dit que c'était elle qui était juste.
Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a
fait
que ce qui est fort fût juste. "
Mardi 04 janvier 2011
Préparer le DST du 11 janvier sur la justice, le droit et la loi.
Préparer le DST du 25 janvier sur l'art.
Etude du sujet : "Qu'est-ce qui distingue une oeuvre d'art d'un objet
quelconque ?"
Texte d’Alain, Système des
Beaux-Arts
« Il reste à dire en quoi
l’artiste diffère de l’artisan. Toutes les fois que l’idée précède et
règle
l’exécution, c’est industrie. Et encore est-il vrai que l’œuvre souvent,
même
dans l’industrie, redresse l’idée en ce sens que l’artisan trouve mieux
qu’il
n’avait pensé dès qu’il essaye. En cela il est artiste, mais par
éclairs.
Toujours est-il que la représentation d’une idée bien définie comme le
dessin
d’une maison est une œuvre mécanique seulement, en ce sens qu’une
machine bien
réglée d’abord ferait l’œuvre à mille exemplaires. Pensons maintenant au
travail du peintre de portrait : il est clair qu’il ne peut avoir le
projet de toutes les couleurs qu’il emploiera à l’œuvre qu’il commence ;
l’idée lui vient à mesure qu’il fait ; il serait même plus rigoureux de
dire que l’idée lui vient ensuite,comme
au spectateur, et qu’il est spectateur aussi de son œuvre en train de
naître.
Et c’est là le propre de l’artiste. Il faut que le génie ait la grâce de
nature, et s’étonne lui-même. Un beau vers n’est pas d’abord en projet,
et
ensuite fait ; mais il se montre beau au poète ; et la belle statue
se montre belle au sculpteur, à mesure qu’il la fait ; et le portrait
naît
sous le pinceau. La musique est ici le meilleur témoin, parce qu’il n’y a
pas
alors de différence entre imaginer et faire ; si je pense, il faut que
je
chante. (…) Le génie ne se connaît que dans l’œuvre peinte, écrite ou
chantée.
Ainsi la règle du beau n’apparaît que dans l’œuvre, et y reste prise, en
sorte
qu’elle ne peut jamais, d’aucune manière, servir à faire une autre
œuvre. »
Alain,
Système
des beaux-arts
Document vidéo :
Interpréter l'art :
entre voir et savoirs par ARASSE Daniel
Pour
deux raisons au moins, la présence de l'histoire de l'art dans un cycle
consacré aux “ renouvellements de l'observation dans les sciences ” a de
quoi
surprendre. La première tient au statut scientifique de l'histoire de
l'art :
même si elle veut souvent se donner l'aspect d'une discipline
scientifique en
reprenant les protocoles d'énoncé des sciences dites exactes, l'histoire
de
l'art n'est pas la “ science de l'art ” (traduction imparfaite de
l'allemand
Kunstwissenschaft) et, si on doit la compter au nombre des “ sciences
humaines
” (ce que ne fait pas Lévi-Strauss), elle est la “ science des
comportements
artistiques humains ”, une science des “ pratiques artistiques ” dont
les
critères de scientificité sont loin d'être établis. Par ailleurs, le
terme d'“
observation ” n'est jamais employé par les historiens de l'art pour
qualifier leur
relation avec les oeuvres : ils parlent d'étude, d'analyse, ils “
regardent ”
les oeuvres plus qu'ils ne les “ observent ”, et la relation du
regardant à
l'oeuvre est traditionnellement considérée comme une relation de
contemplation
- et non d'observation. Parler d'observation de l'oeuvre d'art par son
historien revient donc à opérer un glissement sémantique significatif.
Malgré
les réserves qu'il ne manquerait pas de susciter chez les spécialises
attachés
à préserver l'aura de l'oeuvre d'art, ce glissement est légitime : il
enregistre et met en lumière une transformation effective de notre
relation de
regard avec les oeuvres d'art. L'historien se doit d'en être conscient
et le
spectateur non professionnel la subit à son insu. Cette transformation
est liée
au renouvellement des conditions de perception des oeuvres d'art : mise
au
point de techniques et de dispositifs spécifiques pour l'étude
scientifique des
oeuvres comme objets matériels ; conditions dans lesquelles les oeuvres
sont
présentées au regard - exposition muséale et reproduction technique sous
forme,
entre autres, photographique. Radiographie, photographie à l'infrarouge
ou
l'ultraviolet, microprélèvement de pigments, etc., ces dispositifs et
instruments techniques apportent à l'historien, depuis de nombreuses
décennies,
des informations parfois décisives sur l'histoire matérielle des
oeuvres, sur
leur authenticité ou leur genèse, dissimulée dans l'oeuvre finale. On
abordera
rapidement cet aspect du renouvellement de l'observation de l'art pour
s'attarder
davantage sur les transformations que connaît la perception “ normale ”
des
oeuvres du fait des conditions de présentation qui sont désormais les
leurs.
Après avoir évoqué le caractère anachronique de ces conditions de
présentation
par rapport aux modes initiaux, historiques, de réception des oeuvres,
après
avoir aussi rappelé comment l'historien se doit de percevoir cet
anachronisme
pour éviter les effets pervers, on insistera, à l'aide de plusieurs
exemples,
sur les nouvelles problématiques proprement historiques, que ce même
anachronisme suscite en confrontant le “ voir ” renouvelé de l'historien
à ses
“ savoirs ” établis. Conditions muséales d'exposition et reproduction
photographique permettent en particulier d'observer les oeuvres de la
distance
à laquelle elles ont été réalisées et de percevoir des éléments qui
n'ont pas
été peints pour être vus, peints pour ne pas être vus. Parmi les enjeux
scientifiques de ce renouvellement de l'observation, on insistera en
particulier sur la mise au point de nouveaux modèles théoriques
permettant de
constituer une “ microhistoire ” de l'art - dont un des principes
pourrait
être, précisément, la confrontation dialectique du voir et des savoirs.
Tout en
suggérant l'existence de modes de diffusion et de connaissance des
images dont
on ne peut trouver trace ailleurs, cette microhistoire ouvrirait, entre
autres,
la possibilité d'une histoire de la relation intime de l'artiste à son
travail
et de ses modes d'expression dans l'oeuvre, relation au travers de
laquelle se
préfigure et se configure le sujet classique.
Le droit objectif est l'ensemble des règles juridiques
obligatoires applicables dans un pays. Ces règles sont établies par
le pouvoir régulièrement en place dans le pays et sont destinées au
maintien de l'ordre et de la sécurité, à « préserver les
intérêts subjectifs légitimes et de réprimer les intérêts
subjectifs illégitimes (Huguette Jones, 2002-03) ».
Les droits subjectifs sont des prérogatives personnelles
reconnues par le droit objectif. Ils sont opposables aux tiers. Ce
sont par exemple, le droit de propriété, le
droit de créance...
Les sources du droit interne sont la loi au sens
large,
comprennant la constitution, la
loi au sens strict, les textes
subordonnés (règlements), comme
les
décrets, les
arrêtés, les
circulaires. La doctrine qui constitue l'ensemble
des écrits
venant de juristes reconnus et la coutume peuvent aussi être la source
de règles de
droit.
Etude de la question : Est-il légitime de revendiquer ses droits par la force ?
23 novembre 2010
Etude du texte de Rousseau sur le droit du plus fort.
« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre,
entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la
loi qui affranchit » (Henri Lacordaire,
45e conférence de Notre-Dame)
« La loi, comme l’enfer, est souvent pavée de bonnes intentions. »
Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître,
s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir. De là le
droit au plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et
réellement établi en principe. Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce
mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle
moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de
nécessité, non de volonté ; c'est tout au plus un acte de prudence. En
quel sens pourra-ce être un devoir ? Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu'il n'en résulte qu'un galimatias
*
inexplicable. Car sitôt que c'est la force qui fait le
droit, l'effet change avec la cause ; toute force qui surmonte la
première succède à son droit. Sitôt qu'on peut désobéir impunément on le
peut légitimement, et puisque le plus fort a toujours raison, il ne
s'agit que de faire en sorte qu'on soit le plus fort. Or qu'est-ce qu'un
droit qui périt quand la force cesse ? S'il faut obéir par force on n'a
pas besoin d'obéir par devoir, et si l'on est plus forcé d'obéir on n'y
est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n'ajoute rien à la
force ; il ne signifie ici rien du tout. Obéissez aux
puissances. Si cela veut dire, cédez à la force, le précepte est bon,
mais superflu, je réponds qu'il ne sera jamais violé. Toute puissance
vient de Dieu, je l'avoue ; mais toute maladie en vient aussi. Est-ce à
dire qu'il soit défendu d'appeler le médecin ? Qu'un brigand me
surprenne au coin d'un bois, non seulement il faut par force donner la
bourse, mais quand je pourrais la soustraire suis-je en conscience
obligé de la donner ? car enfin le pistolet qu'il tient est aussi une
puissance. Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu'on n'est
obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes. Ainsi ma question primitive
revient toujours.