Philosopher au lycée

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Tag - philosophie

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05 octobre 2012

Evelyne Rogue : Parlons Passion sur France 5

Voir la vidéo sur YouTube : cliquez ici

Un métier de rêve…

S’il me reste un rêve, c’est celui qui consiste à transmettre à mes élèves la passion de la vie dans l’exercice libre et autonome de leur pensée. Peut-être que certains penseront qu’il s’agit là encore d’un rêve bien chimérique et me reprocheront de sacrifier le rêve à la réalité. Mais sans doute ont-ils tort. Car si nous avons coutume de considérer le rêve comme une illusion, voire une erreur ; il est aussi ce qui nous arrache à la réalité telle qu’elle nous entoure. Le rêve est donc aussi ce qui, dans un certain sens, nous permet de nous projeter en avant et par suite, de ne pas être dans le présent le plus strict. Or le rêve pour discrédité qu’il soit, n’en demeure pas moins aussi ce qui - loin de nous éloigner du monde - nous dispose à l’accueillir ou à le rencontrer.

03 mars 2012

Fête de l’Internet : La philosophie du bonheur

Fête de l’Internet

Document -  voir en grand cette image

A l’occasion de la Journée Portes Ouvertes et de le Fête de l’Internet, le Lycée Rosa Parks de la Ville de Montgeron propose aux élèves, aux parents et à tous les personnels l’accès à un web mobile intitulé « La philosophie du bonheur »

Durant cette matinée, nous aborderons le thème de la recherche du bonheur à travers la Lettre à Ménécée d’Epicure, mais aussi l’éducation des jeunes aux nouvelles technologies. Ce sera l’occasion pour nous aussi de revenir sur certains préjugés.

Télécharger l’affiche

  • Le Samedi 17 mars 2012 de 08:30 à 12:30iCal
    Agenda : Fête de l’Internet
    Lieu : Lycée Rosa Parks de Montgeron
    Adresse : 2, place de l'Europe 91340 MONTGERON

Cette approche « originale » d’une notion grecque (le « tetraphamarmakos »), qui n’a rien de simple ni d’évident au premier abord, et la diffusion de son analyse dans le texte d’Epicure sous forme de web mobile permettra de montrer à tous que cette initiative a permis aux élèves de réfléchir au statut des connaissances qu’ils acquièrent au lycée, mais aussi de s’interroger sur l’utilisation et les apports des outils technologiques d’information, de communication et de connaissance.

Voir en ligne : Fête de l’internet

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24 janvier 2011

La morale et le bonheur

  Textes philosophiques :

alain, Propos sur le bonheur, Gallimard.

 

R. descartes, Discours de la méthode, IIIe partie, Nathan, coll. «Les intégrales de philo»

 

E.kant, Fondements de la métaphysique des mœurs,


platon, République, I et IL (Critique décisive de la morale de l'intérêt.

 

  Sur le problème du «surmoi» :

S. freud, Essais de psychanalyse, Payot.

 

  Sur la morale du sentiment :

H. bergson, les Deux Sources de la morale et de la religion, P.U.F.

A. schopenhauer, le Fondement de la morale, Aubier.

 

  Pour une critique radicale de la morale :

F.  nietzsche, la Généalogie de la morale

 

  Parmi les ouvrages récents, on consultera :

A. comte-sponville, Traité du désespoir et de la béatitude, vol. 2

Vivre, P.U.F. V. jankélévitch, Traité des vertus, Bordas. (Des analyses brillantes, toujours suggestives et très accessibles.)

 

G.lipovetski, l'Ère du vide, Gallimard.

 

R. polin, Le bonheur considéré comme l'un des beaux-arts, P.U.F.

 

  Sur le problème du remords :

V. jankélévitch, la Mauvaise Conscience, Aubier.

Primo Levi  Si c’est un homme  Pocket

Sophocle    Antigone      Flammarion

Georges Steiner Dans le château de barbe bleue Gallimard Poche

Sartre Les mains sales, Gallimard, et Les mouches  , Breal

Sartre L’existentialisme est un humanisme   Nagel Gallimard

Balzac La peau de chagrin Poche

Dostoïevski Crime et châtiment Poche   

 

La politique

L'état

  Les textes les plus classiques :

T. hobbes, Léviathan, Sirey.

 

lénine, L'Etat et la Révolution, Gonthier, coll. Médiations. (Un classique du marxisme.)

 

Platon, République, Garnier-Flammarion. (Voir notamment dans le livre VIII, la succession des régimes politiques telle qu'elle est imaginée par le plus grand philosophe de l'Antiquité.)

J.-J. rousseau, Du Contrat social,

B. spinoza, Traité théologico-politique, Garnier-Flammarion.

 

A.de tocqueville. De la démocratie en Amérique, Gallimard.

 

On pourra consulter également :

H. arexdt. Le Système totalitaire, Éd. du Seuil.

 

B.  barret-kriegel, LEtat et les esclaves, Calmann-Lévy.


J. freund, Qu'est-ce que la politique ? Éd. du Seuil.

 

D.     guérin, L'Anarchisme, Gallimard, coll. Idées.

 

C.  lefort, L Invention démocratique, Fayard.


M. weber, Le Savant et le Politique, Pion.

 

E.weil, Philosophie politique, Vrin.

 

Le droit

   Textes philosophiques :

 

F.G.W. hegel, Principes de la philosophie du droit, Vrin.

 

T. hobbes, Léviathan, Sirey.

 

J.-L rousseau, Du contrat social, Aubier.

 

   On lira également :

H. batifol, Problèmes de base de philosophie du droit, Librairie générale de droit et de jurisprudence.

 

M. foucault, Surveiller et Punir, Gallimard.

 

J. freund, le Droit aujourd'hui, P.U.F.

 

gandhi, Tous les hommes sont frères, Gallimard, coll. Idées.

 

R. girard, la Violence et le Sacré, Le Livre de poche, coll. Pluriel.

 

J. imbert, la Peine de mort, P.U.F., coll. SUP.

 

H. kielsen, Théorie pure du droit, Dalloz.

 

L. strauss, Droit naturel et Histoire, Flammarion.

 

La justice

   Textes philosophiques

 

aristote, Éthique à Nicomaque, GF-Flammarion.

 

H. bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion.

 

F. heidsieck, La Vertu de la justice, P.U.F., coll. Initiation philosophique.

 

V. jankélévitch, Traité des vertus, Bordas. (On consultera avec fruit le

2e tome, Les Vertus de l'amour, chap. xi, «De la justice à l'équité».

 

platon, la République, GF-Flammarion.

 

Gorgias, GF-Flammarion.

 

PJ. proudhon, in Textes choisis, «Justice et Liberté», P.U.F., coll. Les Grands Textes.

 

J.-J. rousseau, Du Contrat social, GF-Flammarion.

 

   Sur les problèmes de la violence :

 

H. arendt, Du mensonge à la violence, Calmann-Lévy.

 

N. machiavel, Le Prince, Nathan, coll. Les Intégrales de philo.

   Parmi les ouvrages récents :

 

R. aron, Histoire et dialectique de la violence, Gallimard.

 

R. girard, La Violence et le Sacré, Grasset.

 

R. mucchielli, La Subversion, Bordas. J. ravvls, Théorie de la justice, Éd. du Seuil, 1987.

 

   Sur les problèmes de la peine de mort :

 

J. imberet, La Peine de mort, Armand Colin, coll. U2.

 

   Sur les droits de l'homme :

 

L. ferr y et A. renaut, Des Droits de l'homme à l'idée républicaine, P. U.F., 1985.

 

M. gauchet, La Révolution des droits de l'homme, Gallimard, 1989.

 

C. lefort, L'Invention démocratique, Fayard, 1981.

 

M. villey, Le Droit et les Droits de l'homme, P.U.F., 1983.

 

E.weil, Philosophie politique, Vrin.

 

   Confrontez ces divers jugements sur l'État :

Georges Orwell  1984, Penguin Books  et La ferme des animaux Gallimard

Huxley Le meilleur des mondes Pocket

24 novembre 2010

T10 Cahier de texte

Mercredi 25 mai 2011

Gr Maths

Etude du sujet : "Voir le meilleur, est-ce nécessairement le suivre  ?"

Mardi 24 mai 2011

Etude du Contrat Social de Rousseau, I,3 et I, 4

J.-J. Rousseau, Du contrat social ou principes du droit politique, Edition de 1762, orthographe modernisée

Document audio : cliquez ici


Pour télécharger le texte : cliquez ici

http://un2sg4.unige.ch/athena/rousseau/jjr_cont.html

Etude de texte de lecture suivie : Rousseau, Du contrat social, Livre II, chap. 4 et 5.

Dossier sur Rousseau à consulter :http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Jean-Jacques_Rousseau--Le_contrat_social_selon_Rousseau_par_Harald_Hoffding


 Est-il légitime de revendiquer ses droits par la force ?

Lundi 23 mai 2011

Gr physique

Etude du sujet : "Voir le meilleur, est-ce nécessairement le suivre  ?"

Lundi 16 mai 2011

Gr physique

Etude du sujet : "Vous parait-il nécessaire d'imposer des limites à la recherche sur le vivant ?"

Tous

Etude du Contrat Social de Rousseau, I,1 et I,2

J.-J. Rousseau, Du contrat social ou principes du droit politique, Edition de 1762, orthographe modernisée

Document audio : cliquez ici


Pour télécharger le texte : cliquez ici

http://un2sg4.unige.ch/athena/rousseau/jjr_cont.html

Etude de texte de lecture suivie : Rousseau, Du contrat social, Livre II, chap. 1.

Dossier sur Rousseau à consulter :http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Jean-Jacques_Rousseau--Le_contrat_social_selon_Rousseau_par_Harald_Hoffding

Mercredi 18 mai 2011

Gr maths

Etude du sujet : "Vous parait-il nécessaire d'imposer des limites à la recherche sur le vivant ?"

Lundi 02 mai 2011

Gr maths

Etude du sujet : "Faut-il tenir les scientifiques pour responsables de l'usage que l'on fait de leurs découvertes ?"

Mercredi 27 avril 2011

Gr physique


Etude du sujet : "Faut-il tenir les scientifiques pour responsables de l'usage que l'on fait de leurs découvertes ?"

Mardi 26 avril 2011

Correction des DST

Etude du sujet : "Les hommes peuvent-ils être responsables devant les générations futures ?"

DM à rendre pour le 23 mai 2011
Au choix : sujet de dissertation ou sujet texte:
Dissertation : "Toutes les inégalités sont-elles injustes ?"
Texte et dossier d'appui téléchargeable en cliquant ici : télécharger le dossier

Mercredi 5 avril 2011

Gr SVT

En quel sens peut-on dire qu'on expérimente avec sa raison ?

Document vidéo : L'exploration des atomes et de leur structure au début du XXe siècle révéla des propriétés absolument inédites de leurs constituants (électrons, photons, noyaux). Les qualités usuelles de la matière (consistance, localité, impénétrabilité) ne valent pas au niveau microscopique - ce qui rend paradoxale leur émergence au niveau macroscopique.

Cliquer ici

Mardi 4 avril 2011

DST de deux heures

Lundi 4 avril 2011

Gr SVT

En quel sens peut-on dire qu'on expérimente avec sa raison ?

Document vidéo : L'exploration des atomes et de leur structure au début du XXe siècle révéla des propriétés absolument inédites de leurs constituants (électrons, photons, noyaux). Les qualités usuelles de la matière (consistance, localité, impénétrabilité) ne valent pas au niveau microscopique - ce qui rend paradoxale leur émergence au niveau macroscopique.

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Mercredi 23 mars 2011

Groupe Phys.chimie

Etude du sujet : " A quoi reconnaît-on qu’une science est une science ?"

Document vidéo :L’atome, une idée : Aristote, Démocrite et Avicenne  

On a du mal à imaginer aujourd’hui que la matière n’a pas toujours été une quantité dont la masse (inertielle ou gravitationnelle) soit la mesure. « Des Grecs à nos jours », en passant par l’âge d’or de la science arabe et le Moyen Age européen – pour ne parler que de cette tradition- là – deux conceptions se sont disputées le terrain, pour finalement arriver à ce que l’on n’ose appeler simplement une combinaison des deux, tant les deux conceptions ont été altérées lors de ce processus historique. Ces deux conceptions sont d’une part la conception atomiste, réductionniste, dan laquelle la matière a une structure discontinue et n’est autre que la réunion de ses constituants, libres et inaltérables, se déplaçant dans le vide (dont cette conception est inséparable) ; d’autre part, une conception que l’on dit hylémorphique, fondée sur la notion de substance, union inséparable de la matière et de la forme, excluant l’idée de vide, continue. Les noms de Démocrite et d’Aristote sont associés à ces deux conceptions initialement antithétiques. La science moderne s’est constituée, au 17 ème siècle, en réaction à la conception aristotélicienne, déjà considérablement altérée lors de sa transmission des Grecs aux Arabes puis à l’Europe, prédominante à l’époque parce que l’Eglise l’avait adoptée. Ces deux conceptions, ainsi que la vision du monde qu’elles supportent l’une et l’autre, seront examinées de façon volontairement anachronique, en soulignant les points sur lesquels l’évolution de la physique post-galiléenne butera lors de son développement.

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Mardi 22 mars 2011

Tous

Etude du texte de Platon, La République, livre VII "Allégorie de la caverne"

Lire le texte : http://plato-dialogues.org/fr/tetra_4/republic/caverne.htm
Représentation de la caverne : http://www.cvm.qc.ca/encephi/CONTENU/ARTICLES/graphall.htm

Lundi 21 mars 2011

Groupe SVT

Etude du sujet : " A quoi reconnaît-on qu’une science est une science ?"

Document vidéo :L’atome, une idée : Aristote, Démocrite et Avicenne  

On a du mal à imaginer aujourd’hui que la matière n’a pas toujours été une quantité dont la masse (inertielle ou gravitationnelle) soit la mesure. « Des Grecs à nos jours », en passant par l’âge d’or de la science arabe et le Moyen Age européen – pour ne parler que de cette tradition- là – deux conceptions se sont disputées le terrain, pour finalement arriver à ce que l’on n’ose appeler simplement une combinaison des deux, tant les deux conceptions ont été altérées lors de ce processus historique. Ces deux conceptions sont d’une part la conception atomiste, réductionniste, dan laquelle la matière a une structure discontinue et n’est autre que la réunion de ses constituants, libres et inaltérables, se déplaçant dans le vide (dont cette conception est inséparable) ; d’autre part, une conception que l’on dit hylémorphique, fondée sur la notion de substance, union inséparable de la matière et de la forme, excluant l’idée de vide, continue. Les noms de Démocrite et d’Aristote sont associés à ces deux conceptions initialement antithétiques. La science moderne s’est constituée, au 17 ème siècle, en réaction à la conception aristotélicienne, déjà considérablement altérée lors de sa transmission des Grecs aux Arabes puis à l’Europe, prédominante à l’époque parce que l’Eglise l’avait adoptée. Ces deux conceptions, ainsi que la vision du monde qu’elles supportent l’une et l’autre, seront examinées de façon volontairement anachronique, en soulignant les points sur lesquels l’évolution de la physique post-galiléenne butera lors de son développement.

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Mercredi 16 mars 2011

Groupe Physique chimie

A quoi reconnaître qu'une science est une science ?

Mercredi 09 mars 2011

Groupe Physique chimie

Entraînement à la dissertation : « L’homme est-il par nature un animal religieux

Document vidéo : cliquez ici

Image, pouvoir et religion, par CHRISTIN Olivier

Quel enseignement peut-on tirer de l'étude des représentations picturales des Dix Commandements au temps des conflits Réforme/Contre-Réforme ? En réinterrogeant le statut de l'image, Olivier Christin ouvre des perspectives sur l'éthique et le pouvoir dans le monde contemporain.

Série d'émissions produites sous le titre de Canal du Savoir. Les intervenants, professeurs d'universités ou membres de grandes institutions (Collège de France, CNRS, EHESS…) ont accepté d'adapter la transmission de leur savoir au support télévisuel.

dans la douleur.

Mardi 08 mars 2011

DST sur le travail et la technique

Lundi 07 mars 2011

Groupe SVT

Etude du sujet : « Si Dieu n’existait pas. Tout serait permis ». Qu’en pensez-vous ? »

Document vidéo : cliquez ici

Aspects spirituels et religieux, par NOYER Jacques

Monseigneur Jacques Noyer débat des aspects spirituels de la douleur. L'homme est un être de relations. Le spirituel est la vie en nous des êtres absents. Chacun a son propre panthéon, ce ciel que nous portons en nous. La douleur crée un sentiment d'abandon, de solitude absolue et d'incommunicablité totale. Elle est un naufrage dans la cruauté d'une conscience, l'environnement disparait, c'est l'enfer. Chacun ressent face à la souffrance de l'impuissance, sa relation à Dieu en est ébranlée. La religion s'efforce de répondre au cri de la souffrance par des moyens divers : l'évitement, le stoicisme, efforts pour la justifier , sacrifices etc... dieu souffre aussi et la douleur fait partie du mystère de l'engendrement. Toute naissance se fait dans la douleur.

Mercredi 2 mars 2011

Groupe Maths

Etude du sujet : " Tout ce qui est techniquement possible est-il pour autant légitime ?

Document vidéo : Amy Dahan ; Directeur de recherche au CNRS, Centre Alexandre Koyré :

« De nombreux auteurs soulignent le caractère radicalement nouveau des modes de production et d’insertion des savoirs scientifiques et techniques dans les sociétés contemporaines. Je tenterai de mettre en perspective historique cette question.
Mon exposé s’articulera autour de trois parties, résumées chacune par une thèse :

La science a toujours été «impure»
Depuis l’époque moderne, au moins, elle a entretenu des rapports complexes, intimes et multiples tant au marché qu’au politique et les hommes de sciences ont été insérés dans des réseaux sociaux larges touchant les mondes du pouvoir et de l’économie.
La notion de science «pure» (versus science appliquée ou finalisée) est d'ailleurs une notion qui n'apparaît qu'après la Révolution française et se construit progressivement au cours du XIXe siècle, en partie comme une auto-représentation de la communauté savante. En prenant quelques exemples choisis à l'âge de Galilée, de la Révolution française, de l'expansion coloniale ou de la deuxième guerre et les années 1950, nous illustrerons comment ces ancrages de la science dans leur contexte social, culturel, politique et économique donnèrent à la science des méthodes, des procédures de preuve, des objets, des concepts et des frontières très variables et historiquement situées.

La science est encore plus «impure», depuis deux décennies.
Pour autant, d'importantes transformations des rapports entre science et société ne se sont pas produites dans les dernières décennies. Quatre mutations nous semblent marquantes dans la science contemporaine :
         - du point de vue des objets et des problèmes : globalité, complexité,
            interdisciplinarité, régression du réductionnisme ; importance des outils
            techniques (ordinateur) et méthodes de simulations qui permettent de
            les appréhender.
         - un pilotage plus direct de la production des savoirs par le marché et
            le développement de marchés privés et de brevets sur des méthodes
           de recherche et des connaissances fondamentales.
        - si la co-construction de domaines scientifiques avec l’émergence
           d’une demande socio-politique d'expertise n’est pas nouvelle, on assiste
           aujourd’hui de plus en plus fréquemment au développement d’objets
           ayant d’emblée un caractère scientifico-politique et construits pour être mobilisés
           dans des négociations.
         - la mise en débat des savoirs, le désenclavement des institutions scientifiques
           et l’investissement des «profanes» dans des arènes de négociation de
           l'innovation autrefois réservées aux chercheurs, aux décideurs politiques
           et aux responsables économiques (cas des associations de malades
           et de victimes, du débat OGM, etc.)

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Mardi 1er mars 2011

Remise des copies de BB et étude des corrigés

« Y a-t-il incompatibilité entre sciences et religion ? »

Document vidéo : cliquez ici

Les religions, avec Odon Vallet


DST à préparer :

pour le 08 mars sur le travail et la technique

pour le 29 mars sur la religion et la vérité

pour le 10 mai sur la justice et le droit / la société et l'état

Lundi 28 février 2011

Groupe physique chimie

Etude du sujet : " Tout ce qui est techniquement possible est-il pour autant légitime ?

Document vidéo : Amy Dahan ; Directeur de recherche au CNRS, Centre Alexandre Koyré :

« De nombreux auteurs soulignent le caractère radicalement nouveau des modes de production et d’insertion des savoirs scientifiques et techniques dans les sociétés contemporaines. Je tenterai de mettre en perspective historique cette question.
Mon exposé s’articulera autour de trois parties, résumées chacune par une thèse :

La science a toujours été «impure»
Depuis l’époque moderne, au moins, elle a entretenu des rapports complexes, intimes et multiples tant au marché qu’au politique et les hommes de sciences ont été insérés dans des réseaux sociaux larges touchant les mondes du pouvoir et de l’économie.
La notion de science «pure» (versus science appliquée ou finalisée) est d'ailleurs une notion qui n'apparaît qu'après la Révolution française et se construit progressivement au cours du XIXe siècle, en partie comme une auto-représentation de la communauté savante. En prenant quelques exemples choisis à l'âge de Galilée, de la Révolution française, de l'expansion coloniale ou de la deuxième guerre et les années 1950, nous illustrerons comment ces ancrages de la science dans leur contexte social, culturel, politique et économique donnèrent à la science des méthodes, des procédures de preuve, des objets, des concepts et des frontières très variables et historiquement situées.

La science est encore plus «impure», depuis deux décennies.
Pour autant, d'importantes transformations des rapports entre science et société ne se sont pas produites dans les dernières décennies. Quatre mutations nous semblent marquantes dans la science contemporaine :
         - du point de vue des objets et des problèmes : globalité, complexité,
            interdisciplinarité, régression du réductionnisme ; importance des outils
            techniques (ordinateur) et méthodes de simulations qui permettent de
            les appréhender.
         - un pilotage plus direct de la production des savoirs par le marché et
            le développement de marchés privés et de brevets sur des méthodes
           de recherche et des connaissances fondamentales.
        - si la co-construction de domaines scientifiques avec l’émergence
           d’une demande socio-politique d'expertise n’est pas nouvelle, on assiste
           aujourd’hui de plus en plus fréquemment au développement d’objets
           ayant d’emblée un caractère scientifico-politique et construits pour être mobilisés
           dans des négociations.
         - la mise en débat des savoirs, le désenclavement des institutions scientifiques
           et l’investissement des «profanes» dans des arènes de négociation de
           l'innovation autrefois réservées aux chercheurs, aux décideurs politiques
           et aux responsables économiques (cas des associations de malades
           et de victimes, du débat OGM, etc.)

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Lundi 07 février 2011

Etude du texte de Platon, Protagoras

Le mythe de Prométhée et "De quoi la technique nous libère-t-elle ?"
Pour en savoir plus : cliquez ici

Mercredi 02 février 2011

Groupe physique

Etude du sujet : « Peut-on affranchir le travailleur de toute servitude ? »

Pour en savoir plus

Mondialisation et délocalisations
interview réalisé lors de la projection-débat du mardi 16 novembre 2004

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Mardi 01 février 2011

Tous

1/ Remise des copies et correction du DST

2/ Entrainement à la dissertation, travail de révision, sur le sujet :

"Le travail est-il nécessairement aliénant pour l'homme ?"

Lundi 31 janvier 2011

Groupe SVT

Etude du sujet : « Peut-on affranchir le travailleur de toute servitude ? »

Pour en savoir plus

Mondialisation et délocalisations
interview réalisé lors de la projection-débat du mardi 16 novembre 2004

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Mercredi 26 janvier 2011

Groupe Physique

1/ Discuter d’un paradoxe

 « Peut-on affranchir le travailleur de toute servitude ? »

Pour en savoir plus


Document vidéo : Passé et avenir du travail par Alain Peyraube, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS )

Les linguistes regroupent traditionnellement les 5000 à 6000 langues du monde dans 400 à 500 familles, de taille très inégale. Certaines d'entre elles, comme la famille austronésienne, comptent plus de 1200 langues, d'autres n'en comptent qu'une seule : le basque, par exemple, exemple bien connu d'isolat linguistique. On considérera dans un premier temps différentes hypothèses sur le groupement des langues en familles et en macro-familles et l'on discutera les critères qui sont utilisés dans ces classifications, généalogique, aréale ou typologique.

La plupart de ces langues (entre 60 % et 80 % selon les estimations) auront disparu avant la fin du siècle. Ces langues mortes, qui ne seront donc plus utilisées comme un moyen de communication orale, ne seront pas non plus étudiées comme le sont aujourd'hui le grec ancien, le latin ou le chinois classique. Elles auront tout simplement cessé d'exister. Des programmes de « sauvegarde des langues en danger » existent aujourd'hui, mais il est illusoire de penser qu'ils pourront maintenir cette riche diversité linguistique. Ils cherchent d'ailleurs tout au plus à décrire rapidement des langues menacées d'extinction de façon à ce que les linguistes disposent de données qui leur permettront de faire progresser la science linguistique. Les mécanismes et les motivations de la mort des langues seront détaillés.

Cliquer ici

Document vidéo : Joëlle Proust, philosophe, directeur de recherche au CNRS, Institut Jean Nicod

Beaucoup de travaux montrent que la capacité de former des représentations est présente chez les animaux non humains. Comment peut-on établir l’existence de ces représentations ? Peut-on (et dans quelles limites) déterminer leur contenu ? Comment sont-elles apprises et révisées ? Qu’est-ce que la pensée sans le langage ? Des pistes de réponse seront proposées à ces diverses questions.

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Mardi 25 janvier 2011

Tous

DST sur l'art

Lundi 24 janvier 2011

Groupe SVT

A partir de 1848 environ, Marx réalise une analyse socio-économique centrée sur des notions de classe (une classe désignant un groupe d’individus caractérisés par une situation économique voisine au sein des rapports de production, par une identité de revenus) et de lutte de classes, conçue comme l’antagonisme opposant des groupes sociaux dont les intérêts sont rigoureusement inconciliables.

Cette lutte de classes, moteur de l’histoire et de l’évolution sociale, se comprend elle-même en fonction de concepts de rapports de production et de forces de production.

-          Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent, en effet, dans des relations déterminées et nécessaires.

-          L’existence d’une classe sociale est donc directement conditionnée par ces rapports de production s’établissant entre les hommes.

-          Quant aux forces de production, elles désignent l’ensemble des moyens et puissances dont la société humaine dispose pour travailler, produire, pour transformer le réel, le maîtriser et se l’approprier.

Le procès du travail, à savoir l’ensemble formé par le travail, l’objet sur lequel le travail agit et le moyen par lequel il agit, le développement de l’activité transformatrice en vue de s’approprier la nature, se présente de manière spécifique dans chaque mode de production, défini comme l’ensemble constitué par les forces productives et les rapports de production, comme le mode d’obtention des biens matériels.

Marx s’est particulièrement au mode de production capitaliste, le capital désignant, chez lui, la valeur permettant l’exploitation des travailleurs salariés et l’obtention de la plus-value.

-          Ce mot plus-value signifie la valeur supplémentaire produite par le travail de l’ouvrier salarié, valeur que le capitaliste s’approprie sans la payer, sans que l’ouvrier retrouve donc une compensation financière.

-          Si le prolétaire reçoit une somme financière semblant payer son travail, en fait le salaire ne rétribue pas le surtravail, c’est-à-dire un travail gratuit, qui ne donne lieu à aucune rémunération et se résout en plus-value.

Au sein de cette interprétation économique et historique, Marx accorde une importance prépondérante à la structure économique constituée par les forces de production et les rapports d’échange :

-          Elle porte le nom d’infrastructure, la superstructure désignant l’étage supérieur de l’édifice (concepts, notions, idées, représentations) s’élevant sur la base socio-économique.

-          Cette distinction de l’infrastructure et de la superstructure commande le matérialisme historique, science des lois de l’évolution sociale, conception selon laquelle la structure économique de la société constitue le fondement réel et la base expliquant la superstructure.

-          Le point d’aboutissement de cette interprétation est le suivant :

►  les représentations et les idées des hommes traduisent, en fait, la réalité économique et sociale.

►  Ce sont des idéologies, qui peuvent se prétendre neutres, mais qui expriment néanmoins des rapports et des conflits de classe.

►  L’individu, qui se croit libre dans ses choix et ses comportements, est façonné, en fait, par l’idéologie, ensemble des idées et croyances propres à une société ou une classe.

►  Ainsi, convient-il toujours d’expliquer les façons de penser des hommes par les rapports sociaux et économiques dans lesquels ils sont engagés.

Pour lire la suite : cliquez ici

Pour en savoir plus : cliquez ici

Mercredi 19 janvier 2011

Groupe Maths

Etude du sujet "Le travail n'est-il qu'un moyen de subvenir à ses besoins ?"

Pour en savoir plus : cliquez ici

Cours de philosophie à lire :

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Dossier sur le travail à consulter : cliquez ici

Mardi 18 janvier 2011

Cours de méthodologie 

1/ Annoncer le sujet ?

 « L’art est-il une imitation de la nature ? »

Pour en savoir plus : cliquez ici

Document vidéo   par F. Dagognet

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1/ Etude du sujet : "Peut-on convaincre quelqu'un de la beauté d'une oeuvre d'art ?"

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Cours sur l'art à lire : cliquez ici



Lundi 17 janvier 2011

Groupe SVT

Etude du sujet "Le travail n'est-il qu'un moyen de subvenir à ses besoins ?"

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Cours de philosophie à lire :

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Mercredi 12 janvier 2011

 « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». Que pensez-vous de cette affirmation de P. Klee ?

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Document audio :L’art nous détourne-t-il du réel ?

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Mardi 11 janvier 2011

Absence administrative
Travail de recherche donné aux élèves sur l'art :
1914 Marcel Duchamp
En quoi consiste les ready-made ?
Qu'appelle-t-on happening ?

En quel sens peut-on parler de concept perturbateur de l'art ?

Montrez qu'un objet technique ne peut pas être définitivement un objet d'art.

Lundi 10 janvier

 « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». Que pensez-vous de cette affirmation de P. Klee ?

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Document audio :L’art nous détourne-t-il du réel ?

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Mercredi 05 janvier


Etude d’un texte de M. de Montaigne, Essais, I

«Chacun appelle barbarie, ce qui n'est pas de son usage. Comme de vrai nous n'avons autre mire de la vérité, et de la raison, que l'exemple et idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses.

Ils sont sauvages de même, que nous appelons sauvages les fruits, que nature de soi et de son progrès ordinaire a produits : là où à la vérité ce sont ceux que nous avons altéré par notre artifice, et détourné de l'ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. En ceux là sont vives et vigoureuses, les vraies, et plus utiles et naturelles, vertus et propriétés ; lesquelles nous avons abâtardies en ceux-ci, les accommodant au plaisir de notre goût corrompu.

Et si pourtant la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût même excellente à l'envie des nôtres, en divers fruits de ces contrées là, sans culture : ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur notre grande et puissante mère nature. Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l'avons du tout étouffée. Si est-ce que par tout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprises.

Et veniunt hederæ sponte sua melius, Surgit et in solis formosior arbutus antris,Et volucres nulla dulcius arte canunt(1).

Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à représenter le nid du moindre oiselet, sa contexture, sa beauté, et l'utilité de son usage : non pas la tissure de la chétive araignée. Toutes choses, dit Platon, sont produites ou par la nature, ou par la fortune, ou par l'art. Les plus grandes et plus belles par l'une ou l'autre des deux premières : les moindres et imparfaites par la dernière.»

(1) Vois quelles couleurs la terre splendide fait jaillir ; Comme le lierre sauvage pousse seul avec plus de force ; Vois l’arbousier dans les antres solitaires plus beau se dresser ; et l’eau vive sans nul maître courir son chemin (Elégies)

Montaigne, Les Essais , Livre I Chapitre 31


Document vidéo : Conflit, ritualisation, droit : la gestion de la diversité

Psychologiquement, la relation humaine à la diversité est ambivalente : la diversité suscite la curiosité et stimule ; en même temps elle apparaît comme une menace et déclenche l'agressivité. Les sociétés humaines ont constamment affaire à la diversité. A commencer par celle qui est au coeur de la reproduction. La diversité est en fait dans les individus sous tous les points de vue : physique, mental, passionnel, générationnel. Cette diversité a des effets ambivalents. D'une part, elle permet le renouvellement, l'invention, l'innovation, la réponse aux défis et aux crises. D'un autre côté, elle perturbe les règles, routines, procédures, équilibres mis au point par les groupes pour survivre. Elle doit donc être traitée, gérée, régulée par les groupes . On peut distinguer deux modes principaux de gestion de la diversité. Le premier mode est celui des traitements violents : anéantissement, viol, confinement, conversion et conquête, assimilation, mais aussi sacralisation, stigmatisation de ce qui est "autre". Une différence importante au sein de ce groupe tient à la différence entre les stratégies de destruction et celles d'assimilation. Le second mode de gestion passe par la production de règles dans un éventail de qui va des routines aux interdits et des coutumes aux règles juridiques. De ce point de vue, les sociétés sont des systèmes de règles plus ou moins cohérentes pour traiter les différences. Une différence importante au sein de ce groupe est celle entre les règles d'assimilation et les règles de différenciation. Le droit traite à la fois tous les hommes de la même manière et en fonction de leurs différences. Qu'il s'agisse des modes de gestion violents de la diversité ou des modes de gestion par la régulation, ils répondent tous à des finalités sociales et sont soumis à des évaluations morales. Les finalités sociales peuvent entrer ou non en contradiction avec celles de la moralité, mais subsiste la question de savoir à quelles finalités la moralité elle-même répond. Yves Michaud

Ecouter et voir la conférence : cliquez ici

Mardi 04 janvier

Etude du sujet : "qu'est-ce qui distingue une oeuvre d'art d'un objet quelconque ?"

Texte d’Alain, Système des Beaux-Arts

« Il reste à dire en quoi l’artiste diffère de l’artisan. Toutes les fois que l’idée précède et règle l’exécution, c’est industrie. Et encore est-il vrai que l’œuvre souvent, même dans l’industrie, redresse l’idée en ce sens que l’artisan trouve mieux qu’il n’avait pensé dès qu’il essaye. En cela il est artiste, mais par éclairs. Toujours est-il que la représentation d’une idée bien définie comme le dessin d’une maison est une œuvre mécanique seulement, en ce sens qu’une machine bien réglée d’abord ferait l’œuvre à mille exemplaires. Pensons maintenant au travail du peintre de portrait : il est clair qu’il ne peut avoir le projet de toutes les couleurs qu’il emploiera à l’œuvre qu’il commence ; l’idée lui vient à mesure qu’il fait ; il serait même plus rigoureux de dire que l’idée lui vient ensuite,  comme au spectateur, et qu’il est spectateur aussi de son œuvre en train de naître. Et c’est là le propre de l’artiste. Il faut que le génie ait la grâce de nature, et s’étonne lui-même. Un beau vers n’est pas d’abord en projet, et ensuite fait ; mais il se montre beau au poète ; et la belle statue se montre belle au sculpteur, à mesure qu’il la fait ; et le portrait naît sous le pinceau. La musique est ici le meilleur témoin, parce qu’il n’y a pas alors de différence entre imaginer et faire ; si je pense, il faut que je chante. (…) Le génie ne se connaît que dans l’œuvre peinte, écrite ou chantée. Ainsi la règle du beau n’apparaît que dans l’œuvre, et y reste prise, en sorte qu’elle ne peut jamais, d’aucune manière, servir à faire une autre œuvre. »

Alain, Système des beaux-arts

Document vidéo : Interpréter l'art : entre voir et savoirs par ARASSE Daniel

Pour deux raisons au moins, la présence de l'histoire de l'art dans un cycle consacré aux “ renouvellements de l'observation dans les sciences ” a de quoi surprendre. La première tient au statut scientifique de l'histoire de l'art : même si elle veut souvent se donner l'aspect d'une discipline scientifique en reprenant les protocoles d'énoncé des sciences dites exactes, l'histoire de l'art n'est pas la “ science de l'art ” (traduction imparfaite de l'allemand Kunstwissenschaft) et, si on doit la compter au nombre des “ sciences humaines ” (ce que ne fait pas Lévi-Strauss), elle est la “ science des comportements artistiques humains ”, une science des “ pratiques artistiques ” dont les critères de scientificité sont loin d'être établis. Par ailleurs, le terme d'“ observation ” n'est jamais employé par les historiens de l'art pour qualifier leur relation avec les oeuvres : ils parlent d'étude, d'analyse, ils “ regardent ” les oeuvres plus qu'ils ne les “ observent ”, et la relation du regardant à l'oeuvre est traditionnellement considérée comme une relation de contemplation - et non d'observation. Parler d'observation de l'oeuvre d'art par son historien revient donc à opérer un glissement sémantique significatif. Malgré les réserves qu'il ne manquerait pas de susciter chez les spécialises attachés à préserver l'aura de l'oeuvre d'art, ce glissement est légitime : il enregistre et met en lumière une transformation effective de notre relation de regard avec les oeuvres d'art. L'historien se doit d'en être conscient et le spectateur non professionnel la subit à son insu. Cette transformation est liée au renouvellement des conditions de perception des oeuvres d'art : mise au point de techniques et de dispositifs spécifiques pour l'étude scientifique des oeuvres comme objets matériels ; conditions dans lesquelles les oeuvres sont présentées au regard - exposition muséale et reproduction technique sous forme, entre autres, photographique. Radiographie, photographie à l'infrarouge ou l'ultraviolet, microprélèvement de pigments, etc., ces dispositifs et instruments techniques apportent à l'historien, depuis de nombreuses décennies, des informations parfois décisives sur l'histoire matérielle des oeuvres, sur leur authenticité ou leur genèse, dissimulée dans l'oeuvre finale. On abordera rapidement cet aspect du renouvellement de l'observation de l'art pour s'attarder davantage sur les transformations que connaît la perception “ normale ” des oeuvres du fait des conditions de présentation qui sont désormais les leurs. Après avoir évoqué le caractère anachronique de ces conditions de présentation par rapport aux modes initiaux, historiques, de réception des oeuvres, après avoir aussi rappelé comment l'historien se doit de percevoir cet anachronisme pour éviter les effets pervers, on insistera, à l'aide de plusieurs exemples, sur les nouvelles problématiques proprement historiques, que ce même anachronisme suscite en confrontant le “ voir ” renouvelé de l'historien à ses “ savoirs ” établis. Conditions muséales d'exposition et reproduction photographique permettent en particulier d'observer les oeuvres de la distance à laquelle elles ont été réalisées et de percevoir des éléments qui n'ont pas été peints pour être vus, peints pour ne pas être vus. Parmi les enjeux scientifiques de ce renouvellement de l'observation, on insistera en particulier sur la mise au point de nouveaux modèles théoriques permettant de constituer une “ microhistoire ” de l'art - dont un des principes pourrait être, précisément, la confrontation dialectique du voir et des savoirs. Tout en suggérant l'existence de modes de diffusion et de connaissance des images dont on ne peut trouver trace ailleurs, cette microhistoire ouvrirait, entre autres, la possibilité d'une histoire de la relation intime de l'artiste à son travail et de ses modes d'expression dans l'oeuvre, relation au travers de laquelle se préfigure et se configure le sujet classique.

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Lundi 03 janvier 2011

Gr. SVT

Etude d’un texte de M. de Montaigne, Essais, I

«Chacun appelle barbarie, ce qui n'est pas de son usage. Comme de vrai nous n'avons autre mire de la vérité, et de la raison, que l'exemple et idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses.

Ils sont sauvages de même, que nous appelons sauvages les fruits, que nature de soi et de son progrès ordinaire a produits : là où à la vérité ce sont ceux que nous avons altéré par notre artifice, et détourné de l'ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. En ceux là sont vives et vigoureuses, les vraies, et plus utiles et naturelles, vertus et propriétés ; lesquelles nous avons abâtardies en ceux-ci, les accommodant au plaisir de notre goût corrompu.

Et si pourtant la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût même excellente à l'envie des nôtres, en divers fruits de ces contrées là, sans culture : ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur notre grande et puissante mère nature. Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l'avons du tout étouffée. Si est-ce que par tout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprises.

Et veniunt hederæ sponte sua melius, Surgit et in solis formosior arbutus antris,Et volucres nulla dulcius arte canunt(1).

Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à représenter le nid du moindre oiselet, sa contexture, sa beauté, et l'utilité de son usage : non pas la tissure de la chétive araignée. Toutes choses, dit Platon, sont produites ou par la nature, ou par la fortune, ou par l'art. Les plus grandes et plus belles par l'une ou l'autre des deux premières : les moindres et imparfaites par la dernière.»

(1) Vois quelles couleurs la terre splendide fait jaillir ; Comme le lierre sauvage pousse seul avec plus de force ; Vois l’arbousier dans les antres solitaires plus beau se dresser ; et l’eau vive sans nul maître courir son chemin (Elégies)

Montaigne, Les Essais , Livre I Chapitre 31


Document vidéo : Conflit, ritualisation, droit : la gestion de la diversité

Psychologiquement, la relation humaine à la diversité est ambivalente : la diversité suscite la curiosité et stimule ; en même temps elle apparaît comme une menace et déclenche l'agressivité. Les sociétés humaines ont constamment affaire à la diversité. A commencer par celle qui est au coeur de la reproduction. La diversité est en fait dans les individus sous tous les points de vue : physique, mental, passionnel, générationnel. Cette diversité a des effets ambivalents. D'une part, elle permet le renouvellement, l'invention, l'innovation, la réponse aux défis et aux crises. D'un autre côté, elle perturbe les règles, routines, procédures, équilibres mis au point par les groupes pour survivre. Elle doit donc être traitée, gérée, régulée par les groupes . On peut distinguer deux modes principaux de gestion de la diversité. Le premier mode est celui des traitements violents : anéantissement, viol, confinement, conversion et conquête, assimilation, mais aussi sacralisation, stigmatisation de ce qui est "autre". Une différence importante au sein de ce groupe tient à la différence entre les stratégies de destruction et celles d'assimilation. Le second mode de gestion passe par la production de règles dans un éventail de qui va des routines aux interdits et des coutumes aux règles juridiques. De ce point de vue, les sociétés sont des systèmes de règles plus ou moins cohérentes pour traiter les différences. Une différence importante au sein de ce groupe est celle entre les règles d'assimilation et les règles de différenciation. Le droit traite à la fois tous les hommes de la même manière et en fonction de leurs différences. Qu'il s'agisse des modes de gestion violents de la diversité ou des modes de gestion par la régulation, ils répondent tous à des finalités sociales et sont soumis à des évaluations morales. Les finalités sociales peuvent entrer ou non en contradiction avec celles de la moralité, mais subsiste la question de savoir à quelles finalités la moralité elle-même répond. Yves Michaud

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Mercredi 15 décembre 2010

Gr. Maths

« Peut-on penser sans l’aide du langage ? »

Document audio : La linguistique descriptive au 20e siècle

Conférence du 13 février 2000 par Claire Blanche-Benveniste. La linguistique "descriptive", discipline qui se donne pour tâche de décrire les différentes langues parlées par les hommes dans le monde, s'est trouvée au cours du XXème siècle placée au coeur de grandes polémiques. Comme dans d'autres disciplines, les spécialistes ont cherché des méthodes permettant de rendre compte à la fois de la très grande diversité des phénomènes attestés par les langues ("Les langues peuvent différer sans limite"", affirmait M. Joos en 1966 à propos des langues indiennes d'Amériques) et des caractéristiques universelles qu'on pouvait y déceler (par exemple "les propriétés formelles de toute langue humain possible", comme l'écrivait Chomsky en 1957). Parvient-on à concilier la description sur le terrain et la recherche cognitive ? N'a-t-on pas déjà décrit toutes les langues ? Reste-t-il des zones vierges, comme les taches blanches dans les anciennes cartes de géographie ? Ou bien s'agit-il seulement de tout recommencer avec des méthodes nouvelles, y compris pour des langues déjà si souvent décrites au cours des siècles passés, comme le français ?"

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Mardi 14 décembre 2010

Tous

DST sur le désir

Sujet de DM facultatif pour le 25 janvier : "Savons-nous ce que nous désirons ?"
Préparer le DST sur l'art pour le 25 janvier


"C'est un grand bien à notre avis que de se suffire à soi-mêmeÉpicure prône l’indépendance (autarkeïa) pour le sage ; pour se suffire à soi-même pour être indépendant, il faut savoir se contenter de peu. L’indépendance est la condition du bonheur., non qu'il faille toujours vivre de peuLa morale épicurienne n’est en aucune manière un ascétisme. S’il faut «vivre de peu», c’est afin de ne pas souffrir d’un manque en cas de revers de fortune., mais afin que si l'abondance nous manque, nous sachions nous contenter du peu que nous auronsVoir Lucrèce, De la nature, ch. V, vers 1118-1119: «la plus grande richesse pour l’homme est de vivre le coeur content de peu»., bien persuadés que ceux-là jouissent le plus vivement de l'opulence qui ont le moins besoin d'elle, et que tout ce qui est naturel est aisé à se procurer, tandis que ce qui ne répond pas à un désir naturel est malaisé à se procurer. En effet, des mets simples donnent un plaisir égal à celui d'un régime somptueux si toute la douleur causée par le besoin est supprimée, et, d'autre part, du pain d'orge et de l'eau procurent le plus vif plaisir à celui qui les porte à sa bouche après en avoir senti la privation. L'habitude d'une nourriture simple et non pas celle d'une nourriture luxueuse, convient donc pour donner la pleine santé, pour laisser à l'homme toute liberté de se consacrer aux devoirs nécessaires de la vie, pour nous disposer à mieux goûter les repas luxueux, lorsque nous les faisons après des intervalles de vie frugaleCette privation n’a pas d’autre but que la santé du corps par l’intermédiaire de la diététique mais aussi l’hygiène mentale. Encore une fois, il n’y a rien là, d’ascétique., enfin pour nous mettre en état de ne pas craindre la mauvaise fortune. Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs voluptueux et inquietsPar exemple l’amour. Voir à ce propos sentence vaticane 51., ni de ceux qui consistent dans les jouissances déréglées, ainsi que l'écrivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens. Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l'âme, à être sans trouble. Car ce n'est pas une suite ininterrompue de jours passés à boire et à manger, ce n'est pas la jouissance des jeunes garçons et des femmes, ce n'est pas la saveur des poissons et des autres mets que porte une table somptueuse, ce n'est pas tout cela qui engendre la vie heureuse, mais c'est le raisonnement vigilantC’est donc la raison qui conduit au plaisir., capable de trouver en toute circonstance les motifs de ce qu'il faut choisir et de ce qu'il faut éviter, et de rejeter les vaines opinions d'où provient le plus grand trouble des âmes." (Epicure, Lettre à Ménécée)

Lundi 13 décembre 2010

Gr. SVT

« Peut-on penser sans l’aide du langage ? »

Document audio : La linguistique descriptive au 20e siècle

Conférence du 13 février 2000 par Claire Blanche-Benveniste. La linguistique "descriptive", discipline qui se donne pour tâche de décrire les différentes langues parlées par les hommes dans le monde, s'est trouvée au cours du XXème siècle placée au coeur de grandes polémiques. Comme dans d'autres disciplines, les spécialistes ont cherché des méthodes permettant de rendre compte à la fois de la très grande diversité des phénomènes attestés par les langues ("Les langues peuvent différer sans limite"", affirmait M. Joos en 1966 à propos des langues indiennes d'Amériques) et des caractéristiques universelles qu'on pouvait y déceler (par exemple "les propriétés formelles de toute langue humain possible", comme l'écrivait Chomsky en 1957). Parvient-on à concilier la description sur le terrain et la recherche cognitive ? N'a-t-on pas déjà décrit toutes les langues ? Reste-t-il des zones vierges, comme les taches blanches dans les anciennes cartes de géographie ? Ou bien s'agit-il seulement de tout recommencer avec des méthodes nouvelles, y compris pour des langues déjà si souvent décrites au cours des siècles passés, comme le français ?"

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Mercredi 08 décembre 2010

Gr. physique

Etude d’un texte de Hegel, La philosophie de l’esprit d’Iéna

«C’est dans le mot que nous pensons.

Le mot en tant que sonore disparaît dans le temps ; il se montre donc dans le temps comme négativité abstraite, c'est-à-dire seulement anéantissante. Mais la négativité vraie, concrète, du signe linguistique est l’intelligence, parce que, moyennant celle-ci, le signe est, de quelque chose d’extérieur, changé en quelque chose d’intérieur, et conservé dans cette forme modifiée. Ainsi les mots deviennent un être-là vivifié par la pensée. Cet être-là est absolument nécessaire à nos pensées.

Nous n’avons conscience de nos pensées, nous n’avons de pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les différencions de notre intériorité, et que par suite nous les marquons de la forme externe, mais d’une forme qui contient aussi le caractère de l’activité la plus haute. C’est le son articulé, le mot, qui seul nous offre une existence où l’externe et l’interne sont intimement unis.
Par conséquent, vouloir penser sans les mots est une tentative insensée. Mesmer en fit l’essai et, de son propre aveu, il en faillit perdre la raison. Et il est également absurde de considérer comme un désavantage et comme un défaut de la pensée cette nécessité qui lie celle-ci au mot.
On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu’il y a de plus haut, c’est l’ineffable. Mais c’est là une opinion superficielle et sans fondement ; car, en réalité, l’ineffable c’est la pensée obscure, la pensée à l’état de fermentation, et qui ne devient claire que lorsqu’elle trouve le mot. Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie.
Sans doute on peut se perdre dans un flux de mots sans saisir la chose. Mais la faute en est à la pensée imparfaite, indéterminée et vide, elle n’en est pas au mot. Si la vraie pensée est la chose même, le mot l’est aussi lorsqu’il est employé par la vraie pensée. Par conséquent, l’intelligence, en se remplissant de mots se remplit aussi de la nature des choses."

Mais cet accueil a en même temps ce sens que l’intelligence fait d’elle-même, par là, un être tenant de la chose, de telle sorte que la subjectivité – en sa différence d’avec la chose – devient quelque chose de tout-à-fait vide, un réservoir, privé d’esprit, des mots, donc une mémoire mécanique (…) Plus je deviens familier avec la signification du mot – plus celui-ci, donc, est réuni à mon intériorité – plus l’objectivité et, par conséquent, la déterminité de sa signification disparaissent – plus la mémoire elle-même et, avec elle, en même temps le mot, deviennent quelque chose de délaissé par l’esprit.»

Hegel, Hegel, Encyclopédie III, Philosophie de l’esprit, § 462

Document vidéo : L'intelligence de l'animal Le cerveau, le langage, le sens - Galina Iakimova :  Cliquez ici

Mardi 07 décembre 2010

Tous

DST à préparer pour le 04 janvier sur le désir

DST à préparer pour le 25 janvier sur l'art

DM facultatif à rendre au plus tard le 31 janvier

Sujet : Savons-nous ce que nous désirons ?

Etude du sujet : La prise en compte des différences culturelles vous paraît-elle remettre en question l’existence de valeurs universelles ?

Document vidéo : La diversité humaine - Jean-Claude Weill

Partenariat avec France Inter

Dans le cadre de l’émission de Mathieu Vidard - La tête au carré - donne l’occasion une fois par mois à des lycéens de débattre avec un scientifique sur un sujet thématique.

La diversité humaine par Jean-Claude Weill, lycée Simone de Beauvoir à Garges les Gonesses, le 24 novembre 2008 de 14h à 15h, en direct.

France Inter s’associe à l’Université de tous les savoirs pour sensibiliser les jeunes à la science et éveiller des vocations. Cliquez ici

Etude d’un texte de Hegel, La philosophie de l’esprit d’Iéna

«C’est dans le mot que nous pensons.

Le mot en tant que sonore disparaît dans le temps ; il se montre donc dans le temps comme négativité abstraite, c'est-à-dire seulement anéantissante. Mais la négativité vraie, concrète, du signe linguistique est l’intelligence, parce que, moyennant celle-ci, le signe est, de quelque chose d’extérieur, changé en quelque chose d’intérieur, et conservé dans cette forme modifiée. Ainsi les mots deviennent un être-là vivifié par la pensée. Cet être-là est absolument nécessaire à nos pensées.

Nous n’avons conscience de nos pensées, nous n’avons de pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les différencions de notre intériorité, et que par suite nous les marquons de la forme externe, mais d’une forme qui contient aussi le caractère de l’activité la plus haute. C’est le son articulé, le mot, qui seul nous offre une existence où l’externe et l’interne sont intimement unis.
Par conséquent, vouloir penser sans les mots est une tentative insensée. Mesmer en fit l’essai et, de son propre aveu, il en faillit perdre la raison. Et il est également absurde de considérer comme un désavantage et comme un défaut de la pensée cette nécessité qui lie celle-ci au mot.
On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu’il y a de plus haut, c’est l’ineffable. Mais c’est là une opinion superficielle et sans fondement ; car, en réalité, l’ineffable c’est la pensée obscure, la pensée à l’état de fermentation, et qui ne devient claire que lorsqu’elle trouve le mot. Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie.
Sans doute on peut se perdre dans un flux de mots sans saisir la chose. Mais la faute en est à la pensée imparfaite, indéterminée et vide, elle n’en est pas au mot. Si la vraie pensée est la chose même, le mot l’est aussi lorsqu’il est employé par la vraie pensée. Par conséquent, l’intelligence, en se remplissant de mots se remplit aussi de la nature des choses."

Mais cet accueil a en même temps ce sens que l’intelligence fait d’elle-même, par là, un être tenant de la chose, de telle sorte que la subjectivité – en sa différence d’avec la chose – devient quelque chose de tout-à-fait vide, un réservoir, privé d’esprit, des mots, donc une mémoire mécanique (…) Plus je deviens familier avec la signification du mot – plus celui-ci, donc, est réuni à mon intériorité – plus l’objectivité et, par conséquent, la déterminité de sa signification disparaissent – plus la mémoire elle-même et, avec elle, en même temps le mot, deviennent quelque chose de délaissé par l’esprit.»

Hegel, Hegel, Encyclopédie III, Philosophie de l’esprit, § 462

Document vidéo : L'intelligence de l'animal Le cerveau, le langage, le sens - Galina Iakimova :  Cliquez ici

Lundi 06 décembre 2010

Gr. SVT

 Cours de méthodologie 

1/ Pourquoi les connaissances sont nécessaires ?

 2/« Le fait de parler la même langue institue-t-il entre les hommes des liens privilégiés ? »

Document audio : Paul Ricœur un philosophe du dialogue Cliquez ici

Mercredi 1er décembre 2010

Gr. Maths

Etude de la question : « Faut-il désirer l'impossible  ? »

Document audio (Le plaisir épicurien) : cliquez ici

Document vidéo : cliquez ici

Cartographie cérébrale du désir sexuel masculin : Conférence du 6 février 2000 par Serge Storelu. Les régions cérébrales impliquées dans le comportement sexuel sont mal connues et une grande partie des connaissances est basée sur des recherches effectuées sur l'animal. Or, ces dernières recherches ne peuvent rendre compte des caractéristiques spécifiques du désir sexuel humain. Avec les progrès des techniques d'imagerie cérébrale fonctionnelle, il est devenu possible d'identifier quelles sont les régions du cerveau humain qui s'activent, ou se désactivent, lors de diverses tâches. Il a ainsi été possible de montrer quelles régions cérébrales répondaient à la présentation de stimuli sexuels visibles. Ces régions sont en particulier des régions limbiques ou paralimbiques (notamment le cortex cingulaire antérieur gauche et le cortex orbifrontal droit) et des structures sous-corticales (noyau caudé droit, claustrum droit et gauche). Ces travaux devraient permettre, à terme, de mieux comprendre certains mécanismes des troubles du désir sexuel humain.

Mardi 30 novembre 2010

  Cours de méthodologie

1/ Etude d’un exemple

2/ Qu'est-ce qui caractérise au plus au point l'homme : le désir ou la volonté ?

Document audio : cliquez ici

Document audio (suite) : cliquez ici

Lundi 29 novembre 2010

Gr. SVT

Etude de la question : « Faut-il désirer l'impossible  ? »

Document audio (Le plaisir épicurien) : cliquez ici

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Cartographie cérébrale du désir sexuel masculin : Conférence du 6 février 2000 par Serge Storelu. Les régions cérébrales impliquées dans le comportement sexuel sont mal connues et une grande partie des connaissances est basée sur des recherches effectuées sur l'animal. Or, ces dernières recherches ne peuvent rendre compte des caractéristiques spécifiques du désir sexuel humain. Avec les progrès des techniques d'imagerie cérébrale fonctionnelle, il est devenu possible d'identifier quelles sont les régions du cerveau humain qui s'activent, ou se désactivent, lors de diverses tâches. Il a ainsi été possible de montrer quelles régions cérébrales répondaient à la présentation de stimuli sexuels visibles. Ces régions sont en particulier des régions limbiques ou paralimbiques (notamment le cortex cingulaire antérieur gauche et le cortex orbifrontal droit) et des structures sous-corticales (noyau caudé droit, claustrum droit et gauche). Ces travaux devraient permettre, à terme, de mieux comprendre certains mécanismes des troubles du désir sexuel humain.

24 novembre 2010

Gr. phys.

Comment interpréter un texte ?

et

Explication détaillée du texte de Descartes, Discours de la méthode

Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde ; et généralement de m'accoutumer à croire qu'il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu'après que nous avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument impossible.

Et ceci seul me semblait être suffisant pour m'empêcher de rien désirer à l'avenir que je n'acquisse, et ainsi pour me rendre content : car notre volonté ne se portant naturellement à désirer que les choses que notre entendement lui représente en quelque façon comme possibles, il est certain que si nous considérons tous les biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir, nous n'aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute, que nous avons de ne posséder pas les royaumes de la Chine ou de Mexique ; et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons pas davantage d'être sains étant malades, ou d'être libres étant en prison, que nous faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux.

Mais j'avoue qu'il est besoin d'un long exercice et d'une méditation souvent réitérée pour s'accoutumer à regarder de ce biais toutes les choses ; et je crois que c'est principalement en ceci que consistait le secret de ces philosophes, qui ont pu autrefois se soustraire à l'empire de la fortune, et, malgré les douleurs et la pauvreté, disputer de la félicité avec leurs dieux. Car, s'occupant sans cesse à considérer les bornes qui leur étaient prescrites par la nature, ils se persuadaient si parfaitement que rien n'était en leur pouvoir que leurs pensées, que cela seul était suffisant pour les empêcher d'avoir aucune affection pour d'autres choses ; et ils disposaient d'elles si absolument, qu'ils avaient en cela quelque raison de s'estimer plus riches, et plus puissants, et plus libres, et plus heureux qu'aucun des autres hommes, qui, n'ayant point cette philosophie, tant favorisés de la nature et de la fortune qu'ils puissent être, ne disposent jamais ainsi de tout ce qu'ils veulent.


Discours de la Méthode (1637), III, Garnier T. I, p. 595 596.

Pour en savoir plus : voir : Débats sur les textes

23 novembre 2010

Tous

Etude du sujet sous forme d'exercice de réflexion en groupe :

Faut-il désirer l'impossible ?


Pour en savoir plus : lire le sujet traité

Pour en savoir plus : cliquez ici

Document audio (Le plaisir épicurien) : cliquez ici

Document vidéo : cliquez ici

Cartographie cérébrale du désir sexuel masculin : Conférence du 6 février 2000 par Serge Storelu. Les régions cérébrales impliquées dans le comportement sexuel sont mal connues et une grande partie des connaissances est basée sur des recherches effectuées sur l'animal. Or, ces dernières recherches ne peuvent rendre compte des caractéristiques spécifiques du désir sexuel humain. Avec les progrès des techniques d'imagerie cérébrale fonctionnelle, il est devenu possible d'identifier quelles sont les régions du cerveau humain qui s'activent, ou se désactivent, lors de diverses tâches. Il a ainsi été possible de montrer quelles régions cérébrales répondaient à la présentation de stimuli sexuels visibles. Ces régions sont en particulier des régions limbiques ou paralimbiques (notamment le cortex cingulaire antérieur gauche et le cortex orbifrontal droit) et des structures sous-corticales (noyau caudé droit, claustrum droit et gauche). Ces travaux devraient permettre, à terme, de mieux comprendre certains mécanismes des troubles du désir sexuel humain.


  1. Le besoin désigne un état, ressenti ou non, conscient ou non. Le désir de manger peut certes s'étayer sur la sensation née du besoin de manger (= la faim). Mais le désir (de s'abreuver) ne doit pas être confondu avec la sensation (de soif), et encore moins avec le besoin (d'eau) du corps.
  2. Il est vrai que le désir de boire quand on a soif semble légitimer l'association besoin / désir : je désire ce dont j'ai besoin (= de l'eau)... mais :
    1. Jusqu'à un certain point seulement, car je peux aussi désirer ce dont je n'ai nul besoin réel : le besoin est en quelque sorte "réaliste", tandis que le désir implique une vie imaginaire. Le désir, d'ailleurs, se renouvelle et prend des figures sans cesse changeantes − tandis que le besoin tend à se répéter à l'identique : contrairement au besoin, le désir semble en effet insatiable.
    2. Les besoins nés de la vie sociale ne font pas exception à la règle. Certes, il n'est pas "naturel" d'avoir besoin d'une voiture pour se rendre sur son lieu de travail, mais un tel besoin, comme le besoin de s'abreuver, reste la manifestation d'une nécessité. Tel n'est pas toujours, loin de là, le cas du désir.


Audio exposé
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Le plaisir épicurien  audio : clic sur le bouton vert . . . 3'41"
en compagnie de Jacques RICOT
Source : Site Philosophie de l'Académie de Nantes
URL : http://www.ac-nantes.fr/peda/disc/philo 

Video conférence
Université de tous les savoirs / Canal U, 2000 - format

Pour en savoir plus : cliquez ici

22 novembre 2010

Gr SVT

Comment interpréter un texte ?

et

Explication détaillée du texte de Descartes, Discours de la méthode

Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde ; et généralement de m'accoutumer à croire qu'il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu'après que nous avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument impossible.

Et ceci seul me semblait être suffisant pour m'empêcher de rien désirer à l'avenir que je n'acquisse, et ainsi pour me rendre content : car notre volonté ne se portant naturellement à désirer que les choses que notre entendement lui représente en quelque façon comme possibles, il est certain que si nous considérons tous les biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir, nous n'aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute, que nous avons de ne posséder pas les royaumes de la Chine ou de Mexique ; et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons pas davantage d'être sains étant malades, ou d'être libres étant en prison, que nous faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux.

Mais j'avoue qu'il est besoin d'un long exercice et d'une méditation souvent réitérée pour s'accoutumer à regarder de ce biais toutes les choses ; et je crois que c'est principalement en ceci que consistait le secret de ces philosophes, qui ont pu autrefois se soustraire à l'empire de la fortune, et, malgré les douleurs et la pauvreté, disputer de la félicité avec leurs dieux. Car, s'occupant sans cesse à considérer les bornes qui leur étaient prescrites par la nature, ils se persuadaient si parfaitement que rien n'était en leur pouvoir que leurs pensées, que cela seul était suffisant pour les empêcher d'avoir aucune affection pour d'autres choses ; et ils disposaient d'elles si absolument, qu'ils avaient en cela quelque raison de s'estimer plus riches, et plus puissants, et plus libres, et plus heureux qu'aucun des autres hommes, qui, n'ayant point cette philosophie, tant favorisés de la nature et de la fortune qu'ils puissent être, ne disposent jamais ainsi de tout ce qu'ils veulent.


Discours de la Méthode (1637), III, Garnier T. I, p. 595 596.

Pour en savoir plus : voir : Débats sur les textes

20 octobre 2010

T21 Cahier de texte

Lundi 23 mai 2011

Remise des listes de bac, avec les textes expliqués

Etude d'un texte d'Aristote sur le bonheur

Lundi 16 mai 2011

Sujet de réflexion

 Voir le meilleur est-ce nécessairement le suivre ?

Lundi 02 mai 2011

Sujet de réflexion sur le bonheur

Mardi 26 avril 2011

 
Correction de copies de DM

Etude du sujet : "Toutes les superstitions sont-elles absurdes ?"

DM à rendre pour le 24 mai 2011
Au choix : sujet de dissertation ou sujet texte:
Dissertation : "L'intérêt peut-il être une valeur morale ?"
Texte et dossier d'appui téléchargeable en cliquant ici : télécharger le dossier

Mardi 22 mars 2011

Conférence à l'auditorium organisée par une collègue de STG et ses élèves

à la place du cours de philosophie

Mardi 08 mars 2011

Préparation du conseil de classe

DST dirigé sur le travail et les échanges

Mardi 1er mars 2011

Remise des copies de Bacs blancs
Correction donnée sur le réseau, en vue d'une explication et reprise en séance suivante

Etude du sujet "Peut-on mettre sur le même plan le commerce des choses et le commerce des idées "?

Pour en savoir plus : cliquez ici

DST à préparer :

pour le 08 mars sur le travail et les échanges

pour le 29 mars sur l'expérience et la vérité

pour le 11 mai sur la croyance et le bonheur


Mardi 01 février 2011

Correction du DST et remise des copies

Etude du sujet : Peut-il y avoir savoir-faire sans savoir ?

1/ Comment construire une idée directrice ?

 « Les objets technique nous imposent-ils une manière de penser ou seulement une manière de vivre ? »

Document vidéo : Amy Dahan ; Directeur de recherche au CNRS, Centre Alexandre Koyré :

« De nombreux auteurs soulignent le caractère radicalement nouveau des modes de production et d’insertion des savoirs scientifiques et techniques dans les sociétés contemporaines. Je tenterai de mettre en perspective historique cette question.
Mon exposé s’articulera autour de trois parties, résumées chacune par une thèse :

La science a toujours été «impure»
Depuis l’époque moderne, au moins, elle a entretenu des rapports complexes, intimes et multiples tant au marché qu’au politique et les hommes de sciences ont été insérés dans des réseaux sociaux larges touchant les mondes du pouvoir et de l’économie.
La notion de science «pure» (versus science appliquée ou finalisée) est d'ailleurs une notion qui n'apparaît qu'après la Révolution française et se construit progressivement au cours du XIXe siècle, en partie comme une auto-représentation de la communauté savante. En prenant quelques exemples choisis à l'âge de Galilée, de la Révolution française, de l'expansion coloniale ou de la deuxième guerre et les années 1950, nous illustrerons comment ces ancrages de la science dans leur contexte social, culturel, politique et économique donnèrent à la science des méthodes, des procédures de preuve, des objets, des concepts et des frontières très variables et historiquement situées.

La science est encore plus «impure», depuis deux décennies.
Pour autant, d'importantes transformations des rapports entre science et société ne se sont pas produites dans les dernières décennies. Quatre mutations nous semblent marquantes dans la science contemporaine :
         - du point de vue des objets et des problèmes : globalité, complexité,
            interdisciplinarité, régression du réductionnisme ; importance des outils
            techniques (ordinateur) et méthodes de simulations qui permettent de
            les appréhender.
         - un pilotage plus direct de la production des savoirs par le marché et
            le développement de marchés privés et de brevets sur des méthodes
           de recherche et des connaissances fondamentales.
        - si la co-construction de domaines scientifiques avec l’émergence
           d’une demande socio-politique d'expertise n’est pas nouvelle, on assiste
           aujourd’hui de plus en plus fréquemment au développement d’objets
           ayant d’emblée un caractère scientifico-politique et construits pour être mobilisés
           dans des négociations.
         - la mise en débat des savoirs, le désenclavement des institutions scientifiques
           et l’investissement des «profanes» dans des arènes de négociation de
           l'innovation autrefois réservées aux chercheurs, aux décideurs politiques
           et aux responsables économiques (cas des associations de malades
           et de victimes, du débat OGM, etc.)

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Mardi 25 janvier 2011

DST sur l'art

Mardi 18 janvier 2011

Cours sur l'art : qu'est-ce qui distingue une oeuvre d'art d'un objet quelconque ?

Texte d’Alain, Système des Beaux-Arts

« Il reste à dire en quoi l’artiste diffère de l’artisan. Toutes les fois que l’idée précède et règle l’exécution, c’est industrie. Et encore est-il vrai que l’œuvre souvent, même dans l’industrie, redresse l’idée en ce sens que l’artisan trouve mieux qu’il n’avait pensé dès qu’il essaye. En cela il est artiste, mais par éclairs. Toujours est-il que la représentation d’une idée bien définie comme le dessin d’une maison est une œuvre mécanique seulement, en ce sens qu’une machine bien réglée d’abord ferait l’œuvre à mille exemplaires. Pensons maintenant au travail du peintre de portrait : il est clair qu’il ne peut avoir le projet de toutes les couleurs qu’il emploiera à l’œuvre qu’il commence ; l’idée lui vient à mesure qu’il fait ; il serait même plus rigoureux de dire que l’idée lui vient ensuite,  comme au spectateur, et qu’il est spectateur aussi de son œuvre en train de naître. Et c’est là le propre de l’artiste. Il faut que le génie ait la grâce de nature, et s’étonne lui-même. Un beau vers n’est pas d’abord en projet, et ensuite fait ; mais il se montre beau au poète ; et la belle statue se montre belle au sculpteur, à mesure qu’il la fait ; et le portrait naît sous le pinceau. La musique est ici le meilleur témoin, parce qu’il n’y a pas alors de différence entre imaginer et faire ; si je pense, il faut que je chante. (…) Le génie ne se connaît que dans l’œuvre peinte, écrite ou chantée. Ainsi la règle du beau n’apparaît que dans l’œuvre, et y reste prise, en sorte qu’elle ne peut jamais, d’aucune manière, servir à faire une autre œuvre. »

Alain, Système des beaux-arts

Document vidéo : Interpréter l'art : entre voir et savoirs par ARASSE Daniel

Pour deux raisons au moins, la présence de l'histoire de l'art dans un cycle consacré aux “ renouvellements de l'observation dans les sciences ” a de quoi surprendre. La première tient au statut scientifique de l'histoire de l'art : même si elle veut souvent se donner l'aspect d'une discipline scientifique en reprenant les protocoles d'énoncé des sciences dites exactes, l'histoire de l'art n'est pas la “ science de l'art ” (traduction imparfaite de l'allemand Kunstwissenschaft) et, si on doit la compter au nombre des “ sciences humaines ” (ce que ne fait pas Lévi-Strauss), elle est la “ science des comportements artistiques humains ”, une science des “ pratiques artistiques ” dont les critères de scientificité sont loin d'être établis. Par ailleurs, le terme d'“ observation ” n'est jamais employé par les historiens de l'art pour qualifier leur relation avec les oeuvres : ils parlent d'étude, d'analyse, ils “ regardent ” les oeuvres plus qu'ils ne les “ observent ”, et la relation du regardant à l'oeuvre est traditionnellement considérée comme une relation de contemplation - et non d'observation. Parler d'observation de l'oeuvre d'art par son historien revient donc à opérer un glissement sémantique significatif. Malgré les réserves qu'il ne manquerait pas de susciter chez les spécialises attachés à préserver l'aura de l'oeuvre d'art, ce glissement est légitime : il enregistre et met en lumière une transformation effective de notre relation de regard avec les oeuvres d'art. L'historien se doit d'en être conscient et le spectateur non professionnel la subit à son insu. Cette transformation est liée au renouvellement des conditions de perception des oeuvres d'art : mise au point de techniques et de dispositifs spécifiques pour l'étude scientifique des oeuvres comme objets matériels ; conditions dans lesquelles les oeuvres sont présentées au regard - exposition muséale et reproduction technique sous forme, entre autres, photographique. Radiographie, photographie à l'infrarouge ou l'ultraviolet, microprélèvement de pigments, etc., ces dispositifs et instruments techniques apportent à l'historien, depuis de nombreuses décennies, des informations parfois décisives sur l'histoire matérielle des oeuvres, sur leur authenticité ou leur genèse, dissimulée dans l'oeuvre finale. On abordera rapidement cet aspect du renouvellement de l'observation de l'art pour s'attarder davantage sur les transformations que connaît la perception “ normale ” des oeuvres du fait des conditions de présentation qui sont désormais les leurs. Après avoir évoqué le caractère anachronique de ces conditions de présentation par rapport aux modes initiaux, historiques, de réception des oeuvres, après avoir aussi rappelé comment l'historien se doit de percevoir cet anachronisme pour éviter les effets pervers, on insistera, à l'aide de plusieurs exemples, sur les nouvelles problématiques proprement historiques, que ce même anachronisme suscite en confrontant le “ voir ” renouvelé de l'historien à ses “ savoirs ” établis. Conditions muséales d'exposition et reproduction photographique permettent en particulier d'observer les oeuvres de la distance à laquelle elles ont été réalisées et de percevoir des éléments qui n'ont pas été peints pour être vus, peints pour ne pas être vus. Parmi les enjeux scientifiques de ce renouvellement de l'observation, on insistera en particulier sur la mise au point de nouveaux modèles théoriques permettant de constituer une “ microhistoire ” de l'art - dont un des principes pourrait être, précisément, la confrontation dialectique du voir et des savoirs. Tout en suggérant l'existence de modes de diffusion et de connaissance des images dont on ne peut trouver trace ailleurs, cette microhistoire ouvrirait, entre autres, la possibilité d'une histoire de la relation intime de l'artiste à son travail et de ses modes d'expression dans l'oeuvre, relation au travers de laquelle se préfigure et se configure le sujet classique.

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Mardi 11 janvier 2011

DST sur la justice, le droit et la loi. Etude du texte de Pascal, Pensées

"Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.

La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique.

La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.

La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n'a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu'elle était injuste, et a dit que c'était elle qui était juste.

Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. "

Mardi 04 janvier 2011

Préparer le DST du 11 janvier sur la justice, le droit et la loi.

Préparer le DST du 25 janvier sur l'art.

Etude du sujet : "Qu'est-ce qui distingue une oeuvre d'art d'un objet quelconque ?"

Texte d’Alain, Système des Beaux-Arts

« Il reste à dire en quoi l’artiste diffère de l’artisan. Toutes les fois que l’idée précède et règle l’exécution, c’est industrie. Et encore est-il vrai que l’œuvre souvent, même dans l’industrie, redresse l’idée en ce sens que l’artisan trouve mieux qu’il n’avait pensé dès qu’il essaye. En cela il est artiste, mais par éclairs. Toujours est-il que la représentation d’une idée bien définie comme le dessin d’une maison est une œuvre mécanique seulement, en ce sens qu’une machine bien réglée d’abord ferait l’œuvre à mille exemplaires. Pensons maintenant au travail du peintre de portrait : il est clair qu’il ne peut avoir le projet de toutes les couleurs qu’il emploiera à l’œuvre qu’il commence ; l’idée lui vient à mesure qu’il fait ; il serait même plus rigoureux de dire que l’idée lui vient ensuite,  comme au spectateur, et qu’il est spectateur aussi de son œuvre en train de naître. Et c’est là le propre de l’artiste. Il faut que le génie ait la grâce de nature, et s’étonne lui-même. Un beau vers n’est pas d’abord en projet, et ensuite fait ; mais il se montre beau au poète ; et la belle statue se montre belle au sculpteur, à mesure qu’il la fait ; et le portrait naît sous le pinceau. La musique est ici le meilleur témoin, parce qu’il n’y a pas alors de différence entre imaginer et faire ; si je pense, il faut que je chante. (…) Le génie ne se connaît que dans l’œuvre peinte, écrite ou chantée. Ainsi la règle du beau n’apparaît que dans l’œuvre, et y reste prise, en sorte qu’elle ne peut jamais, d’aucune manière, servir à faire une autre œuvre. »

Alain, Système des beaux-arts

Document vidéo : Interpréter l'art : entre voir et savoirs par ARASSE Daniel

Pour deux raisons au moins, la présence de l'histoire de l'art dans un cycle consacré aux “ renouvellements de l'observation dans les sciences ” a de quoi surprendre. La première tient au statut scientifique de l'histoire de l'art : même si elle veut souvent se donner l'aspect d'une discipline scientifique en reprenant les protocoles d'énoncé des sciences dites exactes, l'histoire de l'art n'est pas la “ science de l'art ” (traduction imparfaite de l'allemand Kunstwissenschaft) et, si on doit la compter au nombre des “ sciences humaines ” (ce que ne fait pas Lévi-Strauss), elle est la “ science des comportements artistiques humains ”, une science des “ pratiques artistiques ” dont les critères de scientificité sont loin d'être établis. Par ailleurs, le terme d'“ observation ” n'est jamais employé par les historiens de l'art pour qualifier leur relation avec les oeuvres : ils parlent d'étude, d'analyse, ils “ regardent ” les oeuvres plus qu'ils ne les “ observent ”, et la relation du regardant à l'oeuvre est traditionnellement considérée comme une relation de contemplation - et non d'observation. Parler d'observation de l'oeuvre d'art par son historien revient donc à opérer un glissement sémantique significatif. Malgré les réserves qu'il ne manquerait pas de susciter chez les spécialises attachés à préserver l'aura de l'oeuvre d'art, ce glissement est légitime : il enregistre et met en lumière une transformation effective de notre relation de regard avec les oeuvres d'art. L'historien se doit d'en être conscient et le spectateur non professionnel la subit à son insu. Cette transformation est liée au renouvellement des conditions de perception des oeuvres d'art : mise au point de techniques et de dispositifs spécifiques pour l'étude scientifique des oeuvres comme objets matériels ; conditions dans lesquelles les oeuvres sont présentées au regard - exposition muséale et reproduction technique sous forme, entre autres, photographique. Radiographie, photographie à l'infrarouge ou l'ultraviolet, microprélèvement de pigments, etc., ces dispositifs et instruments techniques apportent à l'historien, depuis de nombreuses décennies, des informations parfois décisives sur l'histoire matérielle des oeuvres, sur leur authenticité ou leur genèse, dissimulée dans l'oeuvre finale. On abordera rapidement cet aspect du renouvellement de l'observation de l'art pour s'attarder davantage sur les transformations que connaît la perception “ normale ” des oeuvres du fait des conditions de présentation qui sont désormais les leurs. Après avoir évoqué le caractère anachronique de ces conditions de présentation par rapport aux modes initiaux, historiques, de réception des oeuvres, après avoir aussi rappelé comment l'historien se doit de percevoir cet anachronisme pour éviter les effets pervers, on insistera, à l'aide de plusieurs exemples, sur les nouvelles problématiques proprement historiques, que ce même anachronisme suscite en confrontant le “ voir ” renouvelé de l'historien à ses “ savoirs ” établis. Conditions muséales d'exposition et reproduction photographique permettent en particulier d'observer les oeuvres de la distance à laquelle elles ont été réalisées et de percevoir des éléments qui n'ont pas été peints pour être vus, peints pour ne pas être vus. Parmi les enjeux scientifiques de ce renouvellement de l'observation, on insistera en particulier sur la mise au point de nouveaux modèles théoriques permettant de constituer une “ microhistoire ” de l'art - dont un des principes pourrait être, précisément, la confrontation dialectique du voir et des savoirs. Tout en suggérant l'existence de modes de diffusion et de connaissance des images dont on ne peut trouver trace ailleurs, cette microhistoire ouvrirait, entre autres, la possibilité d'une histoire de la relation intime de l'artiste à son travail et de ses modes d'expression dans l'oeuvre, relation au travers de laquelle se préfigure et se configure le sujet classique.

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Mardi 14 décembre

Comment utiliser ses connaissances ?

Qu'est-ce qu'être citoyen ?
Pour en savoir plus : cliquez ici

Dossier sur Rousseau à consulter :http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Jean-Jacques_Rousseau--Le_contrat_social_selon_Rousseau_par_Harald_Hoffding



Dossier sur Rousseau à consulter :http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Jean-Jacques_Rousseau--Le_contrat_social_selon_Rousseau_par_Harald_Hoffding

 Qu’est-ce que qu’être citoyen ?


Mardi 07 décembre

Intervention de la COP pendant une heure

Compte rendu du conseil de classe et recadrage

Etude de la notion de citoyen

Mardi 30 novembre 2010

Le droit objectif

Le droit objectif est l'ensemble des règles juridiques obligatoires applicables dans un pays. Ces règles sont établies par le pouvoir régulièrement en place dans le pays et sont destinées au maintien de l'ordre et de la sécurité, à « préserver les intérêts subjectifs légitimes et de réprimer les intérêts subjectifs illégitimes (Huguette Jones, 2002-03) ».

Dans le droit français, comme dans beaucoup de droits romano-germaniques, on distingue le droit public et le droit privé. Cette distinction est moins présente au sein des systèmes juridiques anglo-saxons également nommés systèmes de common law.

Les droits subjectifs

Les droits subjectifs sont des prérogatives personnelles reconnues par le droit objectif. Ils sont opposables aux tiers. Ce sont par exemple, le droit de propriété, le droit de créance...

Les sources du droit

Les sources du droit international sont les conventions internationales, la coutume internationale, la jurisprudence internationale et les principes généraux du droit reconnus par la plupart des pays.

Les sources du droit interne sont la loi au sens large, comprennant la constitution, la loi au sens strict, les textes subordonnés (règlements), comme les décrets, les arrêtés, les circulaires. La doctrine qui constitue l'ensemble des écrits venant de juristes reconnus et la coutume peuvent aussi être la source de règles de droit.

Dans les pays de tradition romano-germanique, ces sources du droit sont structurées en hiérarchie des normes. La cohérence de cette « pyramide juridique » est souvent contrôlée par un Conseil constitutionnel ou une Cour suprême.

Pour en savoir plus : cliquez ici

Etude de la question : Est-il légitime de revendiquer ses droits par la force ?

23 novembre 2010

Etude du texte de Rousseau sur le droit du plus fort.

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » (Henri Lacordaire, 45e conférence de Notre-Dame)
« La loi, comme l’enfer, est souvent pavée de bonnes intentions. »
Pour en savoir plus : cliquez ici

Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir. De là le droit au plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe. Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c'est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ?
     Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu'il n'en résulte qu'un galimatias * inexplicable. Car sitôt que c'est la force qui fait le droit, l'effet change avec la cause ; toute force qui surmonte la première succède à son droit. Sitôt qu'on peut désobéir impunément on le peut légitimement, et puisque le plus fort a toujours raison, il ne s'agit que de faire en sorte qu'on soit le plus fort. Or qu'est-ce qu'un droit qui périt quand la force cesse ? S'il faut obéir par force on n'a pas besoin d'obéir par devoir, et si l'on est plus forcé d'obéir on n'y est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n'ajoute rien à la force ; il ne signifie ici rien du tout.
     Obéissez aux puissances. Si cela veut dire, cédez à la force, le précepte est bon, mais superflu, je réponds qu'il ne sera jamais violé. Toute puissance vient de Dieu, je l'avoue ; mais toute maladie en vient aussi. Est-ce à dire qu'il soit défendu d'appeler le médecin ? Qu'un brigand me surprenne au coin d'un bois, non seulement il faut par force donner la bourse, mais quand je pourrais la soustraire suis-je en conscience obligé de la donner ? car enfin le pistolet qu'il tient est aussi une puissance. Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu'on n'est obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes. Ainsi ma question primitive revient toujours.

ROUSSEAU
Du Contrat Social, Livre I, chap. III