Parcours philosophique de la classe T20 STG

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Tag - philosophie

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14 décembre 2008

Les échanges linguistiques

L'humain est le « zoôn logôn », l'animal (« zoôn ») qui possède le « logos », terme grec ambigu qui désigne à la fois la pensée conceptuelle et le discours articulé. Ces facultés le distinguent catégoriquement de tous les autres animaux, lesquels ne diposent pas du discours articulé mais seulement de la voix (phonê).

On voit d’une manière évidente pourquoi l’homme est un animal sociable à un plus haut degré que les abeilles et tous les animaux qui vivent réunis. La nature, comme nous disons, ne fait rien en vain. Seul, entre les animaux, l’homme a l’usage du discours (logos) ; la voix (phonê) est le signe de la douleur et du plaisir, et c’est pour cela qu’elle a été donnée aussi aux autres animaux. Leur organisation va jusqu’à éprouver des sensations de douleur et de plaisir, et à se le faire comprendre les uns aux autres ; mais le discours a pour but de faire comprendre ce qui est utile ou nuisible, et par conséquent aussi, ce qui est juste ou injuste. Ce qui distingue l’homme d’une manière spéciale, c’est qu’il perçoit le bien et le mal, le juste et l’injuste, et tous les sentiments de même ordre dont la communication constitue précisément la famille et l’Etat.

Aristote, Politique, 1253a 6-19


Aristote opère une distinction conceptuelle entre l'humain et l'animal, qu'il double d'une autre distinction entre logos et phonê. Au-delà des seules sensations (de plaisir et de douleur), les humains peuvent communiquer sur l'utile et l'inutile : ils peuvent échanger des pensées. Ces échanges sur les sentiments moraux entraînent une organisation sociale (comme chez d'autres animaux vivant en troupeaux, en hordes ou en essaims) et politique : non seulement chacun se trouve assigné à une tâche et à une place, mais encore chaque individu peut délibérer avec d'autres du juste et de l'injuste - et, le cas échéant, proposer des changements dans l'organisation.

Examiner le langage revient à examiner la caractéristique majeure de l'humanité ; mais à ce stade, une question se présente. Puisque le langage exprime, au-delà des constats bruts (comme « Le ciel est bleu » ou « Le chien aboie »), la confrontation des opinions, cela implique qu'il peut véhiculer ces opinions - même approximatives ou fausses. D'où une grave conséquence : dans la mesure où il laisse passer le mensonge ou l'erreur, cet outil de la pensée n'est peut-être pas fiable.


13 décembre 2008

Les échanges

Le terme d'échange est utilisé métaphoriquement au sujet des biens communicables, et au sens propre au sujet des biens partageables : il s'agit alors d'une forme d'acquisition. Si l'on compare celle-ci aux autres formes que sont la réception d'un don, ou encore le vol, ou la rapine, on jugera  que sa différence spécifique paraît être l'égalité : celui qui échange est censé ne rien perdre dans l'échange, quoiqu'il se dessaisisse d'un bien, parce qu'il est censé y recevoir autant que ce qu'il cède. Cette égalité n'est pourtant pas facile à concevoir. Elle serait évidente si les choses échangées étaient identiques, mais alors l'échange serait dépourvu de sens. 11 n'en a un au contraire que si celui qui échange y trouve un avantage, et s'enrichit d'un bien qu'il ne possédait pas. Mais s'il y gagne quelque chose, comment est-ce possible sans que l'autre y perde — ce qui rendrait l'échange encore plus absurde pour ce dernier ? La réponse est donnée par la notion d'équivalence, c'est-à-dire d'égalité de valeur entre les termes de l'échange.

08 décembre 2008

Langage et communication

J’ai ici un flacon de benzine. A quoi cela me sert-il ? Eh bien, à nettoyer. Maintenant, il y a là, collée, une étiquette avec l’inscription « Benzine ». Eh bien, pourquoi cette inscription est-elle là ? Je nettoie bien avec la benzine, mais pas avec l’inscription. (Il est clair, naturellement, qu’à la place de cette inscription, on pourrait avoir n’importe quelle autre.) Eh bien, cette inscription est un point d’application pour un calcul, à savoir pour l’usage. Je peux vous dire en effet : « Allez chercher la benzine ! » Et, au moyen de cette étiquette, il y a une règle conformément à laquelle vous pouvez procéder. Quand vous allez chercher la benzine, c’est encore un pas dans ce même calcul qui est déterminé au moyen de ces règles. J’appelle le tout un calcul parce qu’il y a présentement deux possibilités : ou bien vous procédez conformément à la règle ou bien vous procédez non conformément à la règle ; en ce cas je suis en position de dire quelque chose comme : « Non, ce que vous êtes allé chercher n’était certainement pas de la benzine ! »
Les noms dont nous nous servons dans la vie quotidienne sont toujours de petits écriteaux de ce genre que nous accrochons sur les choses et dont nous nous servons comme points d’application d’un calcul.

Wittgenstein, « Intention, vouloir dire, signifier », dans Manifeste du cercle de Vienne et
 autres écrits
sous la direction d’A. Soulez, PUF, coll. Philosophie d’aujourd’hui


Wittgenstein souligne la dimension pragmatique du langage, d'abord destiné à la compréhension mutuelle des interlocuteurs, ce qui suppose un accord entre eux, au moins tacite, sur les règles de grammaire et sur la signification des mots - sans quoi non seulement ils ne pourraient pas se comprendre, mais ils ne pourraient même pas montrer à l'autre qu'ils veulent lui parler. Le nom commun possède une dimension arbitraire (au lieu de « benzine », on aurait pu décider que ce produit s'appelait « chaise » ou « klaschproutz »). Ce caractère arbitraire prouve la dimension purement utilitaire du langage : le décryptage et la compréhension d'une phrase s'analysent comme des séries d’actes mentaux réglés en vue de la communication. Cette série d'actes mentaux ne diffère donc en rien d'un calcul.  Il s'avère d'ailleurs possible, lorsque le décryptage ou la compréhension défaillent, de dénoncer une « faute ». Dans ce cas, même lorsqu'un énoncé « échoue » en raison d'une « faute » de « calcul », il valide quand même la règle, puisqu'on peut pointer l'erreur conformément à la règle. C'est d'ailleurs exactement ce qui se produit quand on reprend un enfant qui vient d'annoncer : « je vais au coiffeur » : on lui montre qu'il a commis une faute de français par rapport à une règle de grammaire qu'on réaffirme par la réprimande qu'on lui adresse. Mieux encore, on peut rectifier mentalement, c'est-à-dire comprendre ce qu'autrui veut nous dire même s'il a énoncé les mots dans le désordre. Par exemple, Spinoza évoque (Ethique, II, 47, scolie) la phrase "Ma maison s'est envolée sur la poule du voisin."


L'analyse de Wittgenstein présente un énorme avantage : le langage manipulatoire n’est possible que dans la mesure où le langage n’est pas assez précis, où il autorise le flou ; or, comme il a déjà été précisé, le langage est arbitraire. Dès lors, il ne tient qu'à nous de préciser les énoncés d'un interlocuteur cherchant à nous manipuler, jusqu'à ce que cette tentative de manipulation soit écartée par la précision même du langage. D’ailleurs, c’est la réaction normale quand on sent qu’on commence à être manipulé : on demande « qu’est-ce que tu entends exactement par là ? ».


3) Deux fonctions différentes assignées au langage.

Wittgenstein met l’accent sur la cohérence d’un système de signes commun destiné, justement, à la communication. Platon, lui, indique au contraire que les brèches dans ce système de signes, les flous et les imprécisions, permet de dominer, de commander. Leurs préoccupations divergent. L'un donne la priorité  à la communication, l'autre au pouvoir politique. Ces deux fonctions du langage paraissent très différentes, voire incompatibles. Peut-on vraiment dire du langage qu'il ne sert qu'à communiquer ?


Il semble évident avec Wittgenstein et dans l’utilisation courante que le langage ne sert qu'à communiquer ; du reste, la manipulation passe toujours par la communication d’idées, d’opinions etc.

Le lien unissant le signifiant au signifié est arbitraire, ou encore, puisque nous entendons par signe le total résultat de l’association d’un signifiant à un signifié, nous pouvons dire plus simplement : le signe linguistique est arbitraire.
Ainsi, l’idée de « sœur » n’est liée par aucun rapport intérieur avec la suite de sons s-ö-r qui lui sert de signifiant ; il pourrait être aussi bien représenté par n’importe quelle autre : à preuve les différences entre les langues et l’existence même de langues différentes : le signifié « bœuf » a pour signifiant b-ö-f d’un côté de la frontière et o-k-s (Ochs) de l’autre. […]
Le mot arbitraire appelle aussi une remarque. Il ne doit pas donner l’idée que le signifiant dépend du libre choix du sujet parlant (on verra plus bas qu’il n’est pas au pouvoir de l’individu de rien changer à un signe une fois établi dans un groupe linguistique) ; nous voulons dire qu’il est immotivé, c’est-à-dire arbitraire par rapport au signifié, avec lequel il n’a aucune attache naturelle dans la réalité.

Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale


Le signe linguistique, comme tous les signes, consiste en une opération mentale par laquelle un signifiant perçu (la série de sons entendus ou la série de lettres vues) convoque dans la pensée un signifié différent du signifiant (l'idée à laquelle le mot réfère) ; mais à la différence des indices (signes dans lesquels le signifié se trouve lié au signifiant par un rapport de causalité - ainsi des pas dans le sable, indices du passage d'un individu), les signes linguistiques sont des symboles : le lien entre signifiant et signifié s'avère « immotivé », écrit Saussure. Ce lien ne s'explique pas par un rapport de cause à effet.

S'il est effectivement « immotivé », « arbitraire », alors le signe linguistique ne dépend que de la volonté des individus communiquants. Si vous et moi décidons, arbitrairement, que, pour nous, « les navires du Débarquement ont quitté leurs ports d'attache » se dira « Les sanglots longs / Des violons / De l'automne... », rien ni personne ne peut nous en empêcher. Comme le dit Wittgenstein, « Il est clair, naturellement, qu'à la place de cette inscription, on pourrait avoir n'importe quelle autre. » Le langage présente une malléabilité totale pour ceux qui l'emploient. On peut inventer des mots, changer le sens des mots, imaginer (comme le fit Tolkien) des langues qui n'existent pas... ou plus simplement décider que « rivière » ne désignera que des cours d'eau de débit comparable à celui de la Tamise, alors que l'Amazone se qualifiera de « fleuve ». Pur outil entre nos mains, modifiable à merci, il ne sert effectivement qu'à communiquer.



30 novembre 2008

Appreciation esthétique (MOUSIIN A)

On entend par gout l’appréciation purement esthétique d’une chose , les objet sur lequel s’exerce le gout son les objet qui se laisse appréhender seulement par les sens ou la sensibilité dans le sujet on entend les couleur mais aussi les sons les odeur et aussi les sensation de toute sorte dans le sujet il faut donc considérer l’ensemble des jugement de gout ; la discutions désigne l’acte par lequel des individus échange des parole et d argument en mettant en jeux , en soumettant a autrui leur opinion ; leur idée et leur gout.

Mais peut on  se mettre d’accord ?

Les gouts sont ils en eux même indiscutable ?                                            
En va t’il deux même pour ce que l’ont jugeons beau comme de ce qui nous plait simplement ?


Le jugement concernant le gout n’est pas un jugement subjectif. Or, l’appréciation du beau dépend des goûts de chacun. Ces goûts ne sont pas discutables. Ils ne sont ni vrais, ni faux.
Ici, se pose alors un problème conceptuel : peut-on dire si des goûts se discutent?
Les goûts ne se choisissent pas selon des critères rationnels. Il est donc inutile d’essayer de convaincre son interlocuteur que les siens sont bons ou mauvais. Personne ne peut en effet avoir raison. L’usage de ce proverbe est souvent étendu aux opinions.

Faculté de porter un jugement approprié sur la beauté d'une œuvre d'art. Faculté de reconnaître et d'apprécier le beau. Kant définira les caractéristiques du jugement de goût: « Est beau l'objet d'une satisfaction désintéressée », « Est beau ce qui plaît universellement sans concept », « La beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle y est perçue sans la représentation d'une fin », « Est beau ce qui est reconnu sans concept comme l'objet d'une satisfaction nécessaire ».

 

Dans cette partie consacrée à Kant, je vais me pencher sur deux notions clé de l'esthétique kantienne : l'universalité et la nécessité du jugement de goût. La première section de la Critique Faculté de Juger esthétique expose quatre caractéristiques du jugement de goût. Je reprendrai ici trois d'entre elles, laissant de côté la notion de finalité sans fin : avant de parler d'universalité et de nécessité, il faut en effet évoquer le désintéressement.


La nature du beau. Tout le monde raisonne du beau : on l'admire dans les ouvrages de la nature; on l'exige dans les productions des arts; on accorde ou l'on refuse cette qualité à tout moment; cependant si l'on demande aux hommes du goût le plus sûr et le plus exquis, quelle est son origine, sa nature, sa notion précise, sa véritable idée, son exacte définition ; si c'est quelque chose d'absolu ou de relatif; s'il y a un beau éternel, immuable, règle et modèle du beau subalterne, ou s'il en est de la beauté comme des modes.

 

29 novembre 2008

« Des gout et des couleurs on ne discute pas » Qu’en pensez vous ? (DAHALANI S.)

“Des goûts et des couleurs on ne discute pas” entend-on souvent, ce qui voudrait dire que le jugement de goût est tout entier livré à l’arbitraire de chacun, et ce qui, au fond, reléguerait l’appréciation esthétique au même rang que le goût en matière de cuisine. Tout comme chacun est libre de préférer le couscous au cassoulet (et vice versa), il n’y aurait qu’une différence subjective entre Bach et le dernier des Boys Band.

           

N’y a-t-il donc rien de beau en soi, aucun critère universel du goût, aucune hiérarchie qui puisse nous permettre de faire la part entre les différentes évaluation subjectives?

   Dans les civilisations du passé, on croyait à des critères objectifs de beauté parce que l’art y avait pour fonction de refléter un ordre cosmique indépendant des hommes et parfait. Autrement dit quand l’art était sacré (“hiéros” en grec) il y avait une hiérarchie des valeurs esthétiques. L’art n’a plus cette fonction dans notre civilisation où la science a désenchanté le monde, et où nous accordons plus d’importance aux complexités de la vie psychologique des individus qu’aux rapports harmonieux dans le cosmos. Il n’y a pas de critères esthétiques objectifs et universels, c’est à dire relevant de l’univers lui-même: l’univers n’est ni beau ni laid, il est. Aucune connaissance scientifique ne pourra jamais porter sur ces qualités qui ne se rapportent pas aux choses, mais à celui qui en fait l’expérience. Privés de sacré et de sublime, sommes-nous irrémédiablement voués à la platitude, au nivellement par le bas de la culture de masse ?


           

Peut-être que s’il n’y a pas de critères objectifs et universels du goût, il n’en reste pas moins qu’il y a une différence subjective certes, mais universelle entre ceux qui ont du goût et acceptent d’en parler, et ceux qui n’en ont pas (et refusent d’en parler). Sur quoi repose cette différence? Peut-être que ce que l’on peut appeler avoir du goût est une disposition acquise, une capacité de contemplation désintéressée, une volonté attentive et patiente de s’ouvrir et de se rendre disponible au beau sous toutes ses formes. Alors que le mauvais goût serait la propension à céder aux attraits flatteurs et faciles de l’agréable et de s’en contenter.

   Ainsi, s’il peut paraître stérile de discuter de la supériorité d’un goût (ou même d’une culture) par rapport à un autre, il est bien légitime de nous demander avant toute chose si, oui ou non, le goût s’éduque.

 

Les gouts et les couleurs ne se choisissent pas selon des critères rationnels.

Il est donc inutile de convaincre son interlocuteur que les sien sont bon ou mauvais, personne ne peut en effet avoir raison. L’usa

28 novembre 2008

« Des gout et des couleurs on ne discute pas » Qu’en pensez vous ? (EDWARD U.)

“Des goûts et des couleurs on ne discute pas” entend-on souvent, ce qui voudrait dire que le jugement de goût est tout entier livré à l’arbitraire de chacun, et ce qui, au fond, reléguerait l’appréciation esthétique au même rang que le goût en matière de cuisine. Tout comme chacun est libre de préférer le couscous au cassoulet (et vice versa), il n’y aurait qu’une différence subjective entre Bach et le dernier des Boys Band.

           

N’y a-t-il donc rien de beau en soi, aucun critère universel du goût, aucune hiérarchie qui puisse nous permettre de faire la part entre les différentes évaluation subjectives?

   Dans les civilisations du passé, on croyait à des critères objectifs de beauté parce que l’art y avait pour fonction de refléter un ordre cosmique indépendant des hommes et parfait. Autrement dit quand l’art était sacré (“hiéros” en grec) il y avait une hiérarchie des valeurs esthétiques. L’art n’a plus cette fonction dans notre civilisation où la science a désenchanté le monde, et où nous accordons plus d’importance aux complexités de la vie psychologique des individus qu’aux rapports harmonieux dans le cosmos. Il n’y a pas de critères esthétiques objectifs et universels, c’est à dire relevant de l’univers lui-même: l’univers n’est ni beau ni laid, il est. Aucune connaissance scientifique ne pourra jamais porter sur ces qualités qui ne se rapportent pas aux choses, mais à celui qui en fait l’expérience. Privés de sacré et de sublime, sommes-nous irrémédiablement voués à la platitude, au nivellement par le bas de la culture de masse?

           

Peut-être que s’il n’y a pas de critères objectifs et universels du goût, il n’en reste pas moins qu’il y a une différence subjective certes, mais universelle entre ceux qui ont du goût et acceptent d’en parler, et ceux qui n’en ont pas (et refusent d’en parler). Sur quoi repose cette différence? Peut-être que ce que l’on peut appeler avoir du goût est une disposition acquise, une capacité de contemplation désintéressée, une volonté attentive et patiente de s’ouvrir et de se rendre disponible au beau sous toutes ses formes. Alors que le mauvais goût serait la propension à céder aux attraits flatteurs et faciles de l’agréable et de s’en contenter.

   Ainsi, s’il peut paraître stérile de discuter de la supériorité d’un goût (ou même d’une culture) par rapport à un autre, il est bien légitime de nous demander avant toute chose si, oui ou non, le goût s’éduque.

 

Les gouts et les couleurs ne se choisissent pas selon des critères rationnels.

Il est donc inutile de convaincre son interlocuteur que les sien sont bon ou mauvais, personne ne peut en effet avoir raison.

27 novembre 2008

DES GOUTS ET DES COULEURS ON NE DISCUTE PAS QU’EN PENSEZ VOUS ? (DAGUINOT S.)

Le jugement concernant le beau n’est pas un jugement subjectif. Il ne se fonde pas seulement sur une sensibilité personnelle. Or, l’appréciation du beau dépend des goûts de chacun. Ces goûts ne sont pas discutables. Ils ne sont ni vrais, ni faux.
Ici, se pose alors un problème conceptuel : peut on avoir tort ou raison lorsque l’on dit « c’est beau » ?
Afin de répondre à cette problématique, nous verrons dans une 1ère partie que l’esprit peut juger du beau et du laid. Puis dans un 2ème temps, nous montrerons que ce sont nos inclinations naturelles qui dictent nos goûts

 

“Des goûts et des couleurs on ne discute pas” entend-on souvent, ce qui voudrait dire que le jugement de goût est tout entier livré à l’arbitraire de chacun, et ce qui, au fond, reléguerait l’appréciation esthétique au même rang que le goût en matière de cuisine. Tout comme chacun est libre de préférer le couscous au cassoulet (et vice versa), il n’y aurait qu’une différence subjective entre Bach et le dernier des Boys Band.
   N’y a-t-il donc rien de beau en soi, aucun critère universel du goût, aucune hiérarchie qui puisse nous permettre de faire la part entre les différentes évaluation subjectives?
   Dans les civilisations du passé, on croyait à des critères objectifs de beauté parce que l’art y avait pour fonction de refléter un ordre cosmique indépendant des hommes et parfait. Autrement dit quand l’art était sacré (“hiéros” en grec) il y avait une hiérarchie des valeurs esthétiques. L’art n’a plus cette fonction dans notre civilisation où la science a désenchanté le monde, et où nous accordons plus d’importance aux complexités de la vie psychologique des individus qu’aux rapports harmonieux dans le cosmos. Il n’y a pas de critères esthétiques objectifs et universels, c’est à dire relevant de l’univers lui-même: l’univers n’est ni beau ni laid, il est. Aucune connaissance scientifique ne pourra jamais porter sur ces qualités qui ne se rapportent pas aux choses, mais à celui qui en fait l’expérience. Privés de sacré et de sublime, sommes-nous irrémédiablement voués à la platitude, au nivellement par le bas de la culture de masse?
   Peut-être que s’il n’y a pas de critères objectifs et universels du goût, il n’en reste pas moins qu’il y a une différence subjective certes, mais universelle entre ceux qui ont du goût et acceptent d’en parler, et ceux qui n’en ont pas (et refusent d’en parler). Sur quoi repose cette différence? Peut-être que ce que l’on peut appeler avoir du goût est une disposition acquise, une capacité de contemplation désintéressée, une volonté attentive et patiente de s’ouvrir et de se rendre disponible au beau sous toutes ses formes. Alors que le mauvais goût serait la propension à céder aux attraits flatteurs et faciles de l’agréable et de s’en contenter.
   Ainsi, s’il peut paraître stérile de discuter de la supériorité d’un goût (ou même d’une culture) par rapport à un autre, il est bien légitime de nous demander avant toute chose si, oui ou non, le goût s’éduque.

 

 

DISTINGUER

 

Zone de Texte: Sens 1 Différencier, rendre reconnaissable. Ex Sa démarche le distinguait de tous les autres hommes. Synonyme singulariser Anglais to distinguish from, to set apart from
Sens 2 Etablir une différence. Ex Distinguer les anciens jetons des nouveaux. Synonyme séparer Anglais to distinguish, to tell apart
Sens 3 Percevoir, discerner. Ex Distinguer un animal dans la pénombre. Synonyme percevoir Anglais to distinguish, (par la vue) to make out
Sens 4 Remarquer, relever. Synonyme remarquer

 

BEAU

Qui procure par la forme un plaisir esthétique. Qui inspire un sentiment d'admiration. Agréable. Pur, serein. Noble, élevé. Avantageux. Beau joueur: celui qui perd au jeu sans sourciller. L'échapper belle: échapper de justesse à un grand danger. Avoir beau: se donner du mal en vain. Tout beau: doucement. De plus belle: en augmentant.

 

AGREABLE

 

 

Qui procure un sentiment de légère gaieté, de bonheur ou encore de bien-être. Cet homme a des manières agréables. Une musique agréable.

 

26 novembre 2008

DES GOUTS ET DES COULEURS ON NE DISCUTE PAS QU’EN PENSEZ VOUS ? (CASTELLI R.)

Le jugement concernant le beau n’est pas un jugement subjectif. Il ne se fonde pas seulement sur une sensibilité personnelle. Or, l’appréciation du beau dépend des goûts de chacun. Ces goûts ne sont pas discutables. Ils ne sont ni vrais, ni faux.
Ici, se pose alors un problème conceptuel : peut on avoir tort ou raison lorsque l’on dit « c’est beau » ?
Afin de répondre à cette problématique, nous verrons dans une 1ère partie que l’esprit peut juger du beau et du laid. Puis dans un 2ème temps, nous montrerons que ce sont nos inclinations naturelles qui dictent nos goûts

“Des goûts et des couleurs on ne discute pas” entend-on souvent, ce qui voudrait dire que le jugement de goût est tout entier livré à l’arbitraire de chacun, et ce qui, au fond, reléguerait l’appréciation esthétique au même rang que le goût en matière de cuisine. Tout comme chacun est libre de préférer le couscous au cassoulet (et vice versa), il n’y aurait qu’une différence subjective entre Bach et le dernier des Boys Band.
   N’y a-t-il donc rien de beau en soi, aucun critère universel du goût, aucune hiérarchie qui puisse nous permettre de faire la part entre les différentes évaluation subjectives?
   Dans les civilisations du passé, on croyait à des critères objectifs de beauté parce que l’art y avait pour fonction de refléter un ordre cosmique indépendant des hommes et parfait. Autrement dit quand l’art était sacré (“hiéros” en grec) il y avait une hiérarchie des valeurs esthétiques. L’art n’a plus cette fonction dans notre civilisation où la science a désenchanté le monde, et où nous accordons plus d’importance aux complexités de la vie psychologique des individus qu’aux rapports harmonieux dans le cosmos. Il n’y a pas de critères esthétiques objectifs et universels, c’est à dire relevant de l’univers lui-même: l’univers n’est ni beau ni laid, il est. Aucune connaissance scientifique ne pourra jamais porter sur ces qualités qui ne se rapportent pas aux choses, mais à celui qui en fait l’expérience. Privés de sacré et de sublime, sommes-nous irrémédiablement voués à la platitude, au nivellement par le bas de la culture de masse?
   Peut-être que s’il n’y a pas de critères objectifs et universels du goût, il n’en reste pas moins qu’il y a une différence subjective certes, mais universelle entre ceux qui ont du goût et acceptent d’en parler, et ceux qui n’en ont pas (et refusent d’en parler). Sur quoi repose cette différence? Peut-être que ce que l’on peut appeler avoir du goût est une disposition acquise, une capacité de contemplation désintéressée, une volonté attentive et patiente de s’ouvrir et de se rendre disponible au beau sous toutes ses formes. Alors que le mauvais goût serait la propension à céder aux attraits flatteurs et faciles de l’agréable et de s’en contenter.
   Ainsi, s’il peut paraître stérile de discuter de la supériorité d’un goût (ou même d’une culture) par rapport à un autre, il est bien légitime de nous demander avant toute chose si, oui ou non, le goût s’éduque.

 

 

DISTINGUER

 

Zone de Texte: Sens 1 Différencier, rendre reconnaissable. Ex Sa démarche le distinguait de tous les autres hommes. Synonyme singulariser Anglais to distinguish from, to set apart from
Sens 2 Etablir une différence. Ex Distinguer les anciens jetons des nouveaux. Synonyme séparer Anglais to distinguish, to tell apart
Sens 3 Percevoir, discerner. Ex Distinguer un animal dans la pénombre. Synonyme percevoir Anglais to distinguish, (par la vue) to make out
Sens 4 Remarquer, relever. Synonyme remarquer

 

BEAU

Qui procure par la forme un plaisir esthétique. Qui inspire un sentiment d'admiration. Agréable. Pur, serein. Noble, élevé. Avantageux. Beau joueur: celui qui perd au jeu sans sourciller. L'échapper belle: échapper de justesse à un grand danger. Avoir beau: se donner du mal en vain. Tout beau: doucement. De plus belle: en augmentant.

 

AGREABLE

 

 

Qui procure un sentiment de légère gaieté, de bonheur ou encore de bien-être. Cet homme a des manières agréables. Une musique agréable.

 

L’œuvre d’art est-elle le reflet de la société ? (PEKER S.)

Il faut savoir tout d’abord ce qu’est une œuvre d’Art et ce que celle-ci représente dans la société.

Une œuvre d’Art est quelque chose qui a une valeur artistique, qui n’est pas déterminé vers un but extérieur et c’est en principe une création unique.

On distingue une œuvre d’Art par la marque de sa fabrication. C’est le produit d’un travail, d’un effort. On a considéré pendant longtemps que l’œuvre d’Art était unique jusqu’au point de rupture imaginé par le cinéma et la photographie dont les productions sont reproductible à l’infinie

L’œuvre d’Art, à l’époque de sa reproductibilité technique, a été remise au goût du jour notamment à travers la critique d'art contemporain, à la fin des années 1990, qui y voyait une prémonition du changement de statut de l'œuvre d'art. Dès le début du XXe siècle, avec le dadaïsme (mouvement artistique et littéraire européen de la fin de la Grande Guerre, qui est caractérisé par une contestation provocatrice et jubilatoire de toutes les valeurs établies) notamment, des œuvres éphémères et barbares ont modifié la perception et le statut de l'œuvre d'art, dépouillé des ornements classiques conférant aux œuvres d'art un statut sacré à travers leur beauté réaliste et leur énergie.

25 novembre 2008

L’œuvre d’art est-elle le reflet de la société ? (LEBLOND C.)

Il faut savoir tout d’abord ce qu’est une œuvre d’Art et ce que celle-ci représente dans la société.

Une œuvre d’Art est quelque chose qui a une valeur artistique, qui n’est pas déterminé vers un but extérieur et c’est en principe une création unique.

On distingue une œuvre d’Art par la marque de sa fabrication. C’est le produit d’un travail, d’un effort. On a considéré pendant longtemps que l’œuvre d’Art était unique jusqu’au point de rupture imaginé par le cinéma et la photographie dont les productions sont reproductible à l’infinie

L’œuvre d’Art, à l’époque de sa reproductibilité technique, a été remise au goût du jour notamment à travers la critique d'art contemporain, à la fin des années 1990, qui y voyait une prémonition du changement de statut de l'œuvre d'art. Dès le début du XXe siècle, avec le dadaïsme (mouvement artistique et littéraire européen de la fin de la Grande Guerre, qui est caractérisé par une contestation provocatrice et jubilatoire de toutes les valeurs établies) notamment, des œuvres éphémères et barbares ont modifié la perception et le statut de l'œuvre d'art, dépouillé des ornements classiques conférant aux œuvres d'art un statut sacré à travers leur beauté réaliste et leur énergie.


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