Une œuvre d'art est
un produit purement humain, d'êtres capables de sensibilité, et qui tentent de représenter
dans des formes et des structurations d'éléments interagissant une perception
construite, réelle ou transcendante. Elle demeure toujours une tentative
d’ordonnance matérielle d'éléments a priori distincts. Matière et forme, conscience et inconscience
vont toucher des affects particuliers. Certains aspects esthétiques du
phénomène, de l’apparent, sont donc plutôt confiés à notre sentiment qu’à la
raison.Mais un objet commun ne devient œuvre d’art que dans la mesure où le
regard humain le voit comme tel
Un objet estune entité (une chose) définie dans un espace à trois dimensions, soit
naturelle, soit fabriquée par l'homme(un artéfact), qui a une fonction
précise, désignable par une étiquette verbale (un nom). En ce sens,
l'objet est sensible, c'est à dire qu'il est ou doit pouvoir être perceptible
par au moins un des cinq sens ou par un dispositif ad hoc (instrument de laboratoire en physique, par
exemple). Il est défini par les relations externes qu'il entretient avec son environnement,
par son état et les mouvements ou modifications qu'il subit ou qu'il cause. De
ce fait, puisque rien n'est permanent, il évolue dans le temps. Les objets des
sciences, ou des
disciplines académiques sont, selon l'opinion commune, des objets naturels. Les
philosophes constructivistes allèguent que ces objets deviennent, par le fait même
d'être objets d'études et d'être mis en équation et formulations spécifiques à
l'observation ou l'usage qu'on en fait, des créations humaines, des inventions
ou des artéfacts. Toujours est-il que chaque discipline a son objet (ou ses
objets), et que le sens de ce mot, au sein d'une discipline, est relatif à
celle-ci.
Par ailleurs, certains objets sont incorporels (c’est à
dire qu'ils ne sont pas 'objet' des sens): créations de l'esprit, idéalités, concepts, fantaisies, fictions, constructions mathématiques, classes ou catégories, définitions
universelles, but poursuivi, etcetera. Ces objets manquent de concrétude, mais sont, pourtant, les uns réels, les autres irréels... sans exclure une troisième
catégorie d'objets: ceux qui, n'étant pas réels aujourd'hui, peuvent le devenir
demain (une œuvre d'art, un immeuble, la concrétisation d'une démarche ou d'une
procédure, par exemple).
Ce qui nous amène aux objets des langages de
programmation. La corporéité des objets en informatique n'est ni bien établie
ni bien comprise. Ce sont bien des objets concrets, manipulables et exécutables
par une machine. Ils ont des effets dans le monde réel. Le virtuel ne doit donc
être compris ni comme non concret, ni comme non réel. Les objets, en informatique ont un statut d'existence
similaire aux objets qui impliquent une action déterminée non seulement quant
au but, mais aussi quant aux procédures, méthodes et modes d'action: un plan d'action, par exemple ou une stratégie, etc...
Ainsi, une rencontre sur l'Internet, pour être virtuelle, n'est pour
autant démunie ni d'objectivité ni de réalité.
Une œuvre d'art est
un produit purement humain, d'êtres capables de sensibilité, et qui tentent de représenter
dans des formes et des structurations d'éléments interagissant une perception
construite, réelle ou transcendante. Elle demeure toujours une tentative
d’ordonnance matérielle d'éléments a priori distincts. Matière et forme, conscience et inconscience
vont toucher des affects particuliers. Certains aspects esthétiques du
phénomène, de l’apparent, sont donc plutôt confiés à notre sentiment qu’à la
raison.Mais un objet commun ne devient œuvre d’art que dans la mesure où le
regard humain le voit comme tel
Un objet estune entité (une chose) définie dans un espace à trois dimensions, soit
naturelle, soit fabriquée par l'homme(un artéfact), qui a une fonction
précise, désignable par une étiquette verbale (un nom). En ce sens,
l'objet est sensible, c'est à dire qu'il est ou doit pouvoir être perceptible
par au moins un des cinq sens ou par un dispositif ad hoc (instrument de laboratoire en physique, par
exemple). Il est défini par les relations externes qu'il entretient avec son environnement,
par son état et les mouvements ou modifications qu'il subit ou qu'il cause. De
ce fait, puisque rien n'est permanent, il évolue dans le temps. Les objets des
sciences, ou des
disciplines académiques sont, selon l'opinion commune, des objets naturels. Les
philosophes constructivistes allèguent que ces objets deviennent, par le fait même
d'être objets d'études et d'être mis en équation et formulations spécifiques à
l'observation ou l'usage qu'on en fait, des créations humaines, des inventions
ou des artéfacts. Toujours est-il que chaque discipline a son objet (ou ses
objets), et que le sens de ce mot, au sein d'une discipline, est relatif à
celle-ci.
Par ailleurs, certains objets sont incorporels (c’est à
dire qu'ils ne sont pas 'objet' des sens): créations de l'esprit, idéalités, concepts, fantaisies, fictions, constructions mathématiques, classes ou catégories, définitions
universelles, but poursuivi, etcetera. Ces objets manquent de concrétude, mais sont, pourtant, les uns réels, les autres irréels... sans exclure une troisième
catégorie d'objets: ceux qui, n'étant pas réels aujourd'hui, peuvent le devenir
demain (une œuvre d'art, un immeuble, la concrétisation d'une démarche ou d'une
procédure, par exemple).
Ce qui nous amène aux objets des langages de
programmation. La corporéité des objets en informatique n'est ni bien établie
ni bien comprise. Ce sont bien des objets concrets, manipulables et exécutables
par une machine. Ils ont des effets dans le monde réel. Le virtuel ne doit donc
être compris ni comme non concret, ni comme non réel. Les objets, en informatique ont un statut d'existence
similaire aux objets qui impliquent une action déterminée non seulement quant
au but, mais aussi quant aux procédures, méthodes et modes d'action: un plan d'action, par exemple ou une stratégie, etc...
Ainsi, une rencontre sur l'Internet, pour être virtuelle, n'est pour
autant démunie ni d'objectivité ni de réalité.
Une œuvre d'art est un produit purement humain, d'êtres capables de
sensibilité, et qui tentent de représenter dans des formes et des
structurations d'éléments interagissant une perception construite, réelle ou
transcendante
Nous
commencerons par dégager les traits caractéristiques d’une oeuvre d’art
qui la rende différente à un simple objet quelconque. En même temps,
« penser ainsi l’art » par différence implique nécessairement que
l’on reconnaisse aussi des similitudes. Il peut y avoir des raisons de penser
que l’art n’est pas différent des autres objets quelconques. Le problème
sera donc de déterminer dans quelle mesure de fait l’art est bien oui ou non
distingué d’un simple objet quelconque et de cerner pour quelles raisons il
doit l’être, ou bien ne pas être distingué des autres objets. Faut-il faire de
l’art une exception particulière, ou bien faut-il le considérer comme une
simple variété des productions techniques ou culturelles en général ?
Une
œuvre d’art est une réalité, matérielle ou non, artificielle,
c’est-à-dire qui résulte d’une production humaine. A la différence de la réalisation
technique en général, elle est le plus souvent unique et dépourvue d’utilité
purement pratique. Cette originalité et ce désintéressement lui donnent un
prestige supérieur à celui de l’objet technique « banal », prestige
qui s’étend à son créateur, l’artiste.
Considérons par exemple le point de vue économique lié à la
production technique. Nous ne pouvons pas nier qu’il y ait un
« marché » de l’art, que l’art soit l’objet d’investissements
coûteux, de transactions. Prenons l’exemple d’un masque africain qui rempli une
fonction politique et religieuse en Afrique et c’est l’Occident qui fait le
commerce de ces objets. Beaucoup de personnes dépensent des sommes
astronomiques pour une simple toile qui parfois, selon d’autres, ne
ressemble pas à grand-chose. L’oeuvre d’art se vend donc au même titre
que n’importe quel objet technique, comme on achète un ordinateur ou une
télévision. L’art entre donc dans le champ de la consommation ouvert par la
production industrielle. Il est vrai que l’art contemporain a insisté pour
supprimer toute frontière entre les objets techniques et les oeuvres d’art.
Une poubelle dans la rue n’est pas de l’art, mais dans un musée elle le
devient. Comme l’esthétique contemporaine est devenue elle-même insaisissable,
on finit alors par se demander si ce n’est finalement pas la mode qui fait
l’art, tel artiste étant à la mode, tel autre non. Dans ces conditions, l’art
serait dans la catégorie des objets techniques, disons un objet de
« luxe » dans le domaine des objets utilitaires et des
« gadgets », mais de toute façon un objet parmi d’autres. En effet,
la technique et ses productions ne renoncent pas à toute valeur esthétique. L’objet
en lui-même est certes conçu pour sa valeur utilitaire, mais en même temps, il
existe une « esthétique industrielle », une esthétique devenue la
norme des jugements de goût les plus courants. On assiste alors à un complet
renversement : l’art n’est pas vraiment créateur comme on le croit,
il est le reflet des modes d’une époque, mode qui alimente la consommation, si
bien qu’au fond l’évolution de la technique fait souvent la promotion de l’art.
Sommes-nous capables aujourd’hui de différencier clairement une œuvre d’art et
un simple objet ? Pour la plupart des gens, les genres se confondent allègrement.
On nous a appris à considérer n’importe quoi comme de l’art au nom de
« l’art global », l’idée de vouloir distinguer l’art à de simples
objets quelconques peut sembler tout à fait saugrenue au jugement de la
modernité de l’art. Une voiture sera peut-être jugée très « chic »,
très « mode », « laide » ou « géniale », et c’est
exactement dans les mêmes termes que l’on jugera un objet d’art. L’art fait
partie des « divertissements de la consommation », un divertissement
réservé surtout aux riches, mais que l’on voudrait démocratiser pour en faire
un luxe pour tous. Une simple personne vivant dans la classe sociale moyenne
peut elle se permettre d’avoir un «César » chez elle ? Eh bien non !
L’art est devenu un objet de consommation ! A ce titre, on ne parlera même
plus « d’oeuvre d’art », mais« d’objets
d’art ». Un objet, c’est une chose dont on se sert, c’est une chose
qui a été produite selon un concept utilitaire, qui se définit par son
« prix », qui joue un rôle essentiel dans le domaine de la
consommation. On se demande parfois d’ailleurs si le prix des tableaux n’est
pas l’ingrédient le plus essentiel de leur appréciation. (si cela vaut si cher,
c’est que cela doit être très bien). C’est la preuve que notre regard
mercantile n’épargne rien, que les considérations économiques pourrissent tout,
et finissent par dénaturer tous nos jugements !
Une ambiguïté semblable se rencontre dans le point de vue
culturel. On a fini par désigner par « culture » tout et
n’importe quoi, en prétextant la diversité des cultures (culture
« rock », ou culture « classique »). Du coup l’art
lui-même est considéré comme une forme de culture. Cela ne veut alors plus dire
grand chose que de voir dans l’art une forme de « production
culturelle ». Un « graffiti » sur un mur de métro, c’est aussi de la
culture dans le même sens. L’artiste peut « s’exprimer » dit-on, ce
qui revient à dire qu’il peut se défouler, et dire tout ce qu’il a sur le
coeur, car l’art est pour lui un moyen de communication de son
« message ». L’art, c’est pour l’artiste comme le micro pour un
chanteur et tout cela c’est la « culture ». Au fond, la différence
entre l’artiste et le commun des hommes revient à ce qu’il puisse
« s’exprimer ».
La sensibilité est d’abord une caractéristique liée à notre
organisme par les cinq sens externes qui permettent de percevoir le monde
extérieur, ou le sens intérieur de nos états et de nos humeurs, comme la
douleur ou la joie. C’est le rapport entre les deux sensibilités qui mérite
réflexion ici.
Reste l’art en lui-même, reste l’amour de la beauté
d’un simple objet ou d’une simple toile. Si nous avons encore un certain degré
de sensibilité, une sensibilité qui n’a pas été dénaturée par la mode, ou par
l’influence des médias (la télévision, les pubs), nous avons peut-être encore la
capacité de distinguer facilement et librement une œuvre d’art d’un simple
objet quelconque. Nous avons encore la possibilité de
« contempler ».
Il faut assez de coeur pour sentir et d’esprit pour
comprendre ce que veut dire « créer ». Nous sommes sensibles à la
beauté parce que nous sommes humain ; nous sommes humain parce nous sommes
(en particulier) sensible a la beauté. Le plaisir de l’esthétique et la
sensibilité à la beauté (mais aussi malheureusement l’argent) nous feront dire
que tel ou tel autre objet est une œuvre d’art.
On pourrait donc conclure que la beauté d'un objet ne suffit pas à en
faire une oeuvre d'art, en insistant sur l'importance de la création
humaine.D'autre part nous pouvons examiner le critère du côté du spectateur;
c'est lui qui capte la beauté d'une oeuvre, elle est tournée vers lui. Il
reçoit et éprouve cette beauté sur le mode du plaisir des sens. Son expérience
sensible est liée à l'émotion. Mais le sensible immédiat n'est pas la seule
composante de notre expérience : celle-ci est indéniablement constituée de
notre jugement. Nous n'apprécions pas seulement une oeuvre à la surface de nos
sens : nous la comprenons, nous la réfléchissons.Il faut donc dépasser le
critère du beau et examiner ce lien qui apparaît entre le créateur et le
spectateur la main et l'oeil, en matière de peinture par exemple.Il s'agirait
donc d'un critère de communication. L'oeuvre d'art n'est pas seulement une
émotion, pas seulement l'expression du désir. Son indispensable matérialité, la
cohérence du matériau et de la technique en font une réelle expression.
Une œuvre d'art est un produit purement humain, d'êtres capables de
sensibilité, et qui tentent de représenter dans des formes et des
structurations d'éléments interagissant une perception construite, réelle ou
transcendante
Nous
commencerons par dégager les traits caractéristiques d’une oeuvre d’art
qui la rende différente à un simple objet quelconque. En même temps,
« penser ainsi l’art » par différence implique nécessairement que
l’on reconnaisse aussi des similitudes. Il peut y avoir des raisons de penser
que l’art n’est pas différent des autres objets quelconques. Le problème
sera donc de déterminer dans quelle mesure de fait l’art est bien oui ou non
distingué d’un simple objet quelconque et de cerner pour quelles raisons il
doit l’être, ou bien ne pas être distingué des autres objets. Faut-il faire de
l’art une exception particulière, ou bien faut-il le considérer comme une
simple variété des productions techniques ou culturelles en général ?
Une
œuvre d’art est une réalité, matérielle ou non, artificielle,
c’est-à-dire qui résulte d’une production humaine. A la différence de la réalisation
technique en général, elle est le plus souvent unique et dépourvue d’utilité
purement pratique. Cette originalité et ce désintéressement lui donnent un
prestige supérieur à celui de l’objet technique « banal », prestige
qui s’étend à son créateur, l’artiste.
Considérons par exemple le point de vue économique lié à la
production technique. Nous ne pouvons pas nier qu’il y ait un
« marché » de l’art, que l’art soit l’objet d’investissements
coûteux, de transactions. Prenons l’exemple d’un masque africain qui rempli une
fonction politique et religieuse en Afrique et c’est l’Occident qui fait le
commerce de ces objets. Beaucoup de personnes dépensent des sommes
astronomiques pour une simple toile qui parfois, selon d’autres, ne
ressemble pas à grand-chose. L’oeuvre d’art se vend donc au même titre
que n’importe quel objet technique, comme on achète un ordinateur ou une
télévision. L’art entre donc dans le champ de la consommation ouvert par la
production industrielle. Il est vrai que l’art contemporain a insisté pour
supprimer toute frontière entre les objets techniques et les oeuvres d’art.
Une poubelle dans la rue n’est pas de l’art, mais dans un musée elle le
devient. Comme l’esthétique contemporaine est devenue elle-même insaisissable,
on finit alors par se demander si ce n’est finalement pas la mode qui fait
l’art, tel artiste étant à la mode, tel autre non. Dans ces conditions, l’art
serait dans la catégorie des objets techniques, disons un objet de
« luxe » dans le domaine des objets utilitaires et des
« gadgets », mais de toute façon un objet parmi d’autres. En effet,
la technique et ses productions ne renoncent pas à toute valeur esthétique. L’objet
en lui-même est certes conçu pour sa valeur utilitaire, mais en même temps, il
existe une « esthétique industrielle », une esthétique devenue la
norme des jugements de goût les plus courants. On assiste alors à un complet
renversement : l’art n’est pas vraiment créateur comme on le croit,
il est le reflet des modes d’une époque, mode qui alimente la consommation, si
bien qu’au fond l’évolution de la technique fait souvent la promotion de l’art.
Sommes-nous capables aujourd’hui de différencier clairement une œuvre d’art et
un simple objet ? Pour la plupart des gens, les genres se confondent allègrement.
On nous a appris à considérer n’importe quoi comme de l’art au nom de
« l’art global », l’idée de vouloir distinguer l’art à de simples
objets quelconques peut sembler tout à fait saugrenue au jugement de la
modernité de l’art. Une voiture sera peut-être jugée très « chic »,
très « mode », « laide » ou « géniale », et c’est
exactement dans les mêmes termes que l’on jugera un objet d’art. L’art fait
partie des « divertissements de la consommation », un divertissement
réservé surtout aux riches, mais que l’on voudrait démocratiser pour en faire
un luxe pour tous. Une simple personne vivant dans la classe sociale moyenne
peut elle se permettre d’avoir un «César » chez elle ? Eh bien non !
L’art est devenu un objet de consommation ! A ce titre, on ne parlera même
plus « d’oeuvre d’art », mais« d’objets
d’art ». Un objet, c’est une chose dont on se sert, c’est une chose
qui a été produite selon un concept utilitaire, qui se définit par son
« prix », qui joue un rôle essentiel dans le domaine de la
consommation. On se demande parfois d’ailleurs si le prix des tableaux n’est
pas l’ingrédient le plus essentiel de leur appréciation. (si cela vaut si cher,
c’est que cela doit être très bien). C’est la preuve que notre regard
mercantile n’épargne rien, que les considérations économiques pourrissent tout,
et finissent par dénaturer tous nos jugements !
Une ambiguïté semblable se rencontre dans le point de vue
culturel. On a fini par désigner par « culture » tout et
n’importe quoi, en prétextant la diversité des cultures (culture
« rock », ou culture « classique »). Du coup l’art
lui-même est considéré comme une forme de culture. Cela ne veut alors plus dire
grand chose que de voir dans l’art une forme de « production
culturelle ». Un « graffiti » sur un mur de métro, c’est aussi de la
culture dans le même sens. L’artiste peut « s’exprimer » dit-on, ce
qui revient à dire qu’il peut se défouler, et dire tout ce qu’il a sur le
coeur, car l’art est pour lui un moyen de communication de son
« message ». L’art, c’est pour l’artiste comme le micro pour un
chanteur et tout cela c’est la « culture ». Au fond, la différence
entre l’artiste et le commun des hommes revient à ce qu’il puisse
« s’exprimer ».
La sensibilité est d’abord une caractéristique liée à notre
organisme par les cinq sens externes qui permettent de percevoir le monde
extérieur, ou le sens intérieur de nos états et de nos humeurs, comme la
douleur ou la joie. C’est le rapport entre les deux sensibilités qui mérite
réflexion ici.
Reste l’art en lui-même, reste l’amour de la beauté
d’un simple objet ou d’une simple toile. Si nous avons encore un certain degré
de sensibilité, une sensibilité qui n’a pas été dénaturée par la mode, ou par
l’influence des médias (la télévision, les pubs), nous avons peut-être encore la
capacité de distinguer facilement et librement une œuvre d’art d’un simple
objet quelconque. Nous avons encore la possibilité de
« contempler ».
Il faut assez de coeur pour sentir et d’esprit pour
comprendre ce que veut dire « créer ». Nous sommes sensibles à la
beauté parce que nous sommes humain ; nous sommes humain parce nous sommes
(en particulier) sensible a la beauté. Le plaisir de l’esthétique et la
sensibilité à la beauté (mais aussi malheureusement l’argent) nous feront dire
que tel ou tel autre objet est une œuvre d’art.
On pourrait donc conclure que la beauté d'un objet ne suffit pas à en
faire une oeuvre d'art, en insistant sur l'importance de la création
humaine.D'autre part nous pouvons examiner le critère du côté du spectateur;
c'est lui qui capte la beauté d'une oeuvre, elle est tournée vers lui. Il
reçoit et éprouve cette beauté sur le mode du plaisir des sens. Son expérience
sensible est liée à l'émotion. Mais le sensible immédiat n'est pas la seule
composante de notre expérience : celle-ci est indéniablement constituée de
notre jugement. Nous n'apprécions pas seulement une oeuvre à la surface de nos
sens : nous la comprenons, nous la réfléchissons.Il faut donc dépasser le
critère du beau et examiner ce lien qui apparaît entre le créateur et le
spectateur la main et l'oeil, en matière de peinture par exemple.Il s'agirait
donc d'un critère de communication. L'oeuvre d'art n'est pas seulement une
émotion, pas seulement l'expression du désir. Son indispensable matérialité, la
cohérence du matériau et de la technique en font une réelle expression.