DES GOUTS ET DES COULEURS ON NE DISCUTE PAS QU’EN PENSEZ VOUS ? (CASTELLI R.)
Par CASTELLI le 26 novembre 2008, 15:37 - CASTELLI Remy - Lien permanent
Le jugement
concernant le beau n’est
pas un jugement subjectif. Il ne se fonde pas seulement sur une sensibilité
personnelle. Or, l’appréciation du beau dépend des goûts de
chacun. Ces goûts ne sont pas discutables. Ils ne sont ni vrais, ni faux.
Ici, se pose alors un problème conceptuel : peut on avoir tort ou raison lorsque l’on dit «
c’est beau » ?
Afin de répondre à cette problématique, nous verrons dans une 1ère partie que
l’esprit peut juger du beau
et du laid. Puis dans un 2ème temps, nous montrerons que ce sont nos
inclinations naturelles qui dictent nos goûts
“Des goûts et des couleurs on ne
discute pas” entend-on souvent, ce qui voudrait dire que le jugement de goût
est tout entier livré à l’arbitraire de chacun, et ce qui, au fond, reléguerait
l’appréciation esthétique au même rang que le goût en matière de cuisine. Tout
comme chacun est libre de préférer le couscous au cassoulet (et vice versa), il
n’y aurait qu’une différence subjective entre Bach et le dernier des Boys Band.
N’y a-t-il donc rien de beau en soi, aucun critère universel du
goût, aucune hiérarchie qui puisse nous permettre de faire la part entre les
différentes évaluation subjectives?
Dans les civilisations du passé, on croyait à des critères
objectifs de beauté parce que l’art y avait pour fonction de refléter un ordre
cosmique indépendant des hommes et parfait. Autrement dit quand l’art était
sacré (“hiéros” en grec) il y avait une hiérarchie des valeurs esthétiques.
L’art n’a plus cette fonction dans notre civilisation où la science a
désenchanté le monde, et où nous accordons plus d’importance aux complexités de
la vie psychologique des individus qu’aux rapports harmonieux dans le cosmos.
Il n’y a pas de critères esthétiques objectifs et universels, c’est à dire
relevant de l’univers lui-même: l’univers n’est ni beau ni laid, il est. Aucune
connaissance scientifique ne pourra jamais porter sur ces qualités qui ne se
rapportent pas aux choses, mais à celui qui en fait l’expérience. Privés de
sacré et de sublime, sommes-nous irrémédiablement voués à la platitude, au
nivellement par le bas de la culture de masse?
Peut-être que s’il n’y a pas de critères objectifs et universels
du goût, il n’en reste pas moins qu’il y a une différence subjective certes,
mais universelle entre ceux qui ont du goût et acceptent d’en parler, et ceux
qui n’en ont pas (et refusent d’en parler). Sur quoi repose cette différence?
Peut-être que ce que l’on peut appeler avoir du goût est une disposition
acquise, une capacité de contemplation désintéressée, une volonté attentive et
patiente de s’ouvrir et de se rendre disponible au beau sous toutes ses formes.
Alors que le mauvais goût serait la propension à céder aux attraits flatteurs
et faciles de l’agréable et de s’en contenter.
Ainsi, s’il peut paraître stérile de discuter de la supériorité
d’un goût (ou même d’une culture) par rapport à un autre, il est bien légitime
de nous demander avant toute chose si, oui ou non, le goût s’éduque.
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DISTINGUER
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BEAU
Qui procure par la forme un plaisir esthétique.•
Qui inspire un sentiment
d'admiration.•
Agréable.•
Pur, serein.•
Noble, élevé.•
Avantageux.•
Beau joueur: celui qui perd au jeu sans sourciller.•
L'échapper
belle: échapper
de justesse
à un grand danger.•
Avoir beau: se donner du mal en vain.•
Tout beau: doucement.•
De plus belle: en augmentant.
AGREABLE
Qui procure un sentiment de légère gaieté, de bonheur ou encore de bien-être. Cet homme a des manières agréables. Une musique agréable.

