Vertu morale qui fait que l'on rend à chacun ce qui lui appartient, que
l'on respecte tous les droits d'autrui.
Il désigne aussi la
Rectitude que Dieu met dans l'âme par sa grâce. La justice
originelle. Persévérer dans la justice.
Il se prend aussi, dans le style de l'Écriture, pour l'Observation exacte des
devoirs de la religion. Souffrir persécution pour la justice. Marcher dans
les voies de la justice. Des oeuvres de justice et de charité.
Justice commutative. Voyez COMMUTATIF.
Justice distributive. Voyez DISTRIBUTIF.
JUSTICE signifie aussi Bon droit. Ne comptez pas sur la justice de votre
cause. J'ai la justice de mon coté. Il a reconnu la justice de mes prétentions.
On le nomma à un poste plus élevé, c'était justice, Il a bien servi, il faut le
récompenser, c'est justice. Votre réclamation est de toute justice. Et ce sera
justice, Formule qui termine certains actes de procédure.
Il se dit encore du Pouvoir de faire droit à chacun, de récompenser et de punir,
ou l'exercice de ce pouvoir. La justice divine. La justice humaine. Avoir
droit de justice. L'administration de la justice. Le garde des sceaux, ministre
de la Justice. Il
y a bonne justice en ce pays. La justice suivra son cours. Les magistrats
chargés de rendre la justice.
Avoir justice d'un juge, Obtenir qu'il s'occupe de l'affaire, qu'il la
juge.
Déni de justice. Voyez DÉNI.
Faire justice de quelqu'un, Punir, châtier, traiter quelqu'un comme il
le mérite. Il se dit au propre et au figuré. On a fait justice de ces
bandits. On dit de même Faire justice de quelque chose, surtout au
figuré. La comédie fait justice des ridicules et des travers de la société.
L'opinion publique a fait prompte justice de ces impostures. La critique a fait
bonne justice de ces doctrines absurdes.
JUSTICE signifie particulièrement Action de reconnaître le droit de quelqu'un à
quelque chose, d'accueillir sa plainte, etc.; et, dans une acception plus
étendue, Action d'accorder à une personne ce qu'elle demande et qu'il est juste
qu'elle obtienne. Faire justice à quelqu'un. Soyez certain que justice vous
sera faite. Demander, obtenir justice. Se faire rendre justice. Nous ne pouvons
obtenir justice. On dit à peu près dans le même sens : Il n'y a plus de
justice en ce pays. N'y a-t-il donc plus de justice?
Se faire justice à soi-même, Se venger soi- même, se payer par ses
mains, etc., sans avoir recours aux voies ordinaires de la justice. On ne
doit pas se faire justice à soi-même. Absolument, Se faire justice,
Se tuer pour se punir soi-même d'un crime, d'une mauvaise action dont on se
reconnaît coupable. Le meurtrier se fit justice.
Rendre justice à quelqu'un, lui rendre la justice qui lui est duc, etc.,
Apprécier ses bonnes qualités, sa conduite, etc. Je lui rends justice, il a
fait tout ce qu'il pouvait faire. Le public lui rendra tôt ou tard justice. Au
fond de son coeur, il me rend justice. Les historiens n'ont pas assez rendu
justice à ce prince. On doit lui rendre cette justice, ou, simplement, On
lui doit cette justice. C'est une justice que j'aime à lui rendre. On dit
aussi Rendre justice au mérite, au courage, aux bonnes intentions de
quelqu'un, etc.
JUSTICE désigne aussi les Tribunaux, les officiers et magistrats qui sont
chargés d'administrer la justice. Les gens de justice. Un homme de justice.
La justice en connaîtra. Déférer quelqu'un à la justice. Appeler en justice. La
justice est descendue en tel endroit. La justice est à sa recherche. Un homme
repris de justice ou, ordinairement et par ellipse, Un repris de
justice. Traduire en justice. Avoir affaire à la justice de son pays.
Bois de justice Voyez BOIS.
Fam., Se brouiller avec la justice, S'exposer par quelque méfait aux
poursuites de la Justice.
On dit, dans un sens analogue, Ce qu'il a fait pourrait bien
le brouiller avec la justice.
JUSTICE se prend aussi pour Juridiction. Justice civile. Justice criminelle.
Justice militaire. Justice de paix.
Justice seigneuriale se disait autrefois de la Justice qui s'exerçait au
nom des seigneurs, par opposition à la justice royale exercée au nom du
roi. On distinguait en outre trois degrés de justice appelés Haute, moyenne,
basse justice.
L'équité est un sentiment de justice
naturelle et spontanée, fondée sur la reconnaissance des droits de chacun, sans
qu'elle soit nécessairement inspirée par les lois en vigueur. Ce sentiment se
manifeste, par exemple, lorsqu'on doit apprécier un cas particulier ou concret
sans se laisser guider par les seules règles du droit. C'est une forme de
justice qui prend plutôt en considération l'esprit de la loi que la lettre,
pour en tempérer les effets ou la faire évoluer si, comme dit Aristote, "elle se montre insuffisante en raison de son caractère
générale".
L'équité est donc un état d'esprit qui veut aller au-delà de ce qui est juste
sur le plan légal et peut dont s'opposer à la loi lorsque celle-ci présente des
lacunes ou s'avère inadaptée, voire injuste. L'équité est sous-tendue par un
principe de justice non-écrit, antérieur aux lois et supérieur à celles-ci. Il
est donc très difficile de définir ce qui est équitable.
En matière politique ou économique, l'équité est le principe qui conduit à
corriger des inégalités
que subissent des personnes ou des groupes défavorisés (exemple : le commerce
équitable).
En matière sociale, une répartition équitable ne correspond pas à l'égalité au sens
strict. C'est une "juste mesure", un équilibre, qui permet de rendre
acceptable une forme d'inégalité lorsque l'égalité ne serait pas acceptable.
L'égalité est l'état, la qualité de deux choses égales ou
ayant une caractéristique identique (égalité d'âge de taille ...).
Pour l'être humain, l'égalité est le principe qui fait que les hommes doivent
être traités de la même manière, avec la même dignité, qu'ils disposent des
mêmes droits et sont soumis aux mêmes devoirs.
On peut distinguer diverses formes d'égalité :
- L'égalité morale portant sur la dignité, le respect, la liberté. Elle considérée comme étant au-dessus de toutes les autres formes d'égalité.
- L'égalité civique, c'est-à-dire devant la loi, par opposition aux régimes des privilèges.
- L'égalité sociale qui cherche à égaliser les moyens ou les conditions d'existence.
- L'égalité politique (par rapport au gouvernement de la cité).
- L'égalité des chances mise en avant par le libéralisme.
On peut définir l'égalité de plusieurs manières, notamment
pour la répartition des biens matériels ou des ressources financières.
- chacun a la même chose ("justice commutative") ;
- chacun selon ses besoins
(Aristote) ;
- chacun selon son mérite.
Il convient de ne pas confondre égalité et identité,
les hommes n'étant semblables que par leur nature (appartenance à la même
espèce) et leur dignité (égalité morale), mais peuvent être différents sur tous
les autres plans.
On distingue aussi égalité et justice. L'inégalité sociale
peut exister dans la mesure où elle est compatible avec la justice. Cette
conception se fonde plutôt sur l'équité que sur
l'égalité.

Aristote et la justice
Puisque l'injuste ne respecte pas l'égalité et que 1injuste se confond avec l'inégalité, il est évident qu'il y a une juste mesure relativement à l'inégalité. Cette juste moyenne, c'est l'égalité. Dans les actes qui comportent le plus et le moins, il y a place pour une juste moyenne. Si donc l'injuste, c'est l'inégal, le juste est l'égal. Pas besoin de raisonnement pour que tous s'en aperçoivent.
Or, puisque l'égal consiste dans une juste moyenne, il pourra en être ainsi du juste. L’égal suppose au moins deux termes. Il faut donc que le juste, qui est à la fois moyenne et égalité, ait rapport à la fois à un objet et à plusieurs personnes. Dans la mesure où il est juste moyenne, il suppose quelques termes : le plus et le moins, dans la mesure où il est égalité : deux personnes; dans la mesure où il est juste : des personnes d'un certain genre. Nécessairement, le juste implique au moins quatre éléments. Pour qu'il se réalise, il faut deux personnes et deux objets par rapport auxquels il existe. Il en sera de même de l'égalité, si l'on examine les personnes et les choses. Le rapport qui existe entre les objets se retrouvera entre les personnes. Si les personnes ne sont pas égales, elles n'obtiendront pas l'égalité dans la façon dont elles seront traitées.
De là viennent les disputes et les contestations, quand des personnes sur le pied d'égalité n'obtiennent pas des parts égales, ou quand des personnes, sur le pied d'inégalité, ont et obtiennent un traitement égal. Ajoutons que la chose est claire si l'on envisage l'ordre de mérite des parties prenantes. En ce qui concerne les partages, tout le monde est d'accord qu'ils doivent se faire selon le mérite de chacun; toutefois, on ne s'accorde pas communément sur la nature de ce mérite, les démocrates le plaçant dans la liberté, les oligarques dans la richesse ou la naissance, les aristocrates dans la vertu.
Aristote: une réflexion sur l'équité
« Ce qui fait la difficulté, c’est que l’équitable, tout en étant juste, n’est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale. La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu’il y a des cas d’espèce pour lesquels il n’est pas possible de poser un énoncé général qui s’y applique avec exactitude. Dans les matières, donc, où on doit nécessairement se borner à des généralités et où il est impossible de le faire correctement, la loi ne prend en considération que les cas les plus fréquents, sans ignorer d’ailleurs les erreurs que cela peut entraîner. La loi n’en est pas moins sans reproche, car la faute n’est pas à la loi, ni au législateur, mais tient à la nature des choses, puisque par leur essence même la matière des choses de l’ordre pratique revêt ce caractère d’irrégularité. Quand, par suite, la loi pose une règle générale, et que là-dessus survient un cas en dehors de la règle générale, on est alors en droit, là où le législateur a omis de prévoir le cas et a péché par excès de simplification, de corriger l’omission et de se faire l’interprète de ce qu’eût dit le législateur lui-même s’il avait été présent à ce moment, et de ce qu’il aurait porté dans sa loi s’il avait connu le cas en question. De là vient que l’équitable est juste, et qu’il est supérieur à une certaine espèce de juste, non pas supérieur au juste absolu, mais seulement au juste où peut se rencontrer l’erreur due au caractère absolu de la règle. Telle est la nature de l’équitable : c’est d’être un correctif de la loi, là où la loi a manqué de statuer à cause de sa généralité. »
D’un coté, il n’y a pas de justice sans lois pour tous et
donc sans égalité mais il n’y a pas de justice dans l’application mécanique de
la loi à tous, c’est le comble de l’injustice.
Pas de justice sans équité et pas d’équité sans charité

Vérité informatique = Logique mathématique
On entend par goût l’appréciation
purement esthétique d’une chose les objets sur lesquelles s’exercent le gout
est les objets qui se laissent appréhender seulement par les sens ou les
sensibilités dans le sujet. On comprend les couleurs mais aussi les odeurs, les
sons et les sensations de toutes sortes. Dans le sujet, il faut donc considérer
l’ensemble du jugement de gout. 


