Freud pousse plus loin l'analyse
et soutient que l'illusion est positive, elle n'est pas un vain jeu de
tromperie réciproque, par exemple l'illusion religieuse permet de reconduire de
manière dérivée le désir enfantin de protection (voir L'avenir d'une illusion).
L'erreur ne
semble avoir aucune fonction sociale, et comme l'écrit Deleuze dans Différence
et répétition elle est toujours liée à une norme du vrai et du faux, inscrite
dans une relation binaire. Mais l'illusion, à l'inverse ne témoigne en faveur
d'aucune norme, elle devient elle-même norme (la religion par exemple).
L'erreur paraît avoir bien plus de parenté avec la faute (cf les problèmes
juridiques et éthiques : une erreur médicale est-elle une faute
professionnelle ? Ou à l'inverse, la maladie qu'on prenait avant pour une
malédiction et qui est devenue une simple « erreur de recopiage »
dans la chaîne Adn, voir Canguilhem « Un nouveau concept en
pathologie : l'erreur »). III-La résistance de l'illusion.
Au
début de « la dialectique transcendantale », dans
Une illusion n'est pas la même chose qu'une erreur, elle n'est pas non plus nécessairement une erreur. L'opinion d'Aristote selon laquelle la vermine se développerait à partir des déchets - opinion à laquelle le peuple dans son ignorance reste aujourd'hui encore attaché - était une erreur, tout comme celle d'une génération antérieure de médecins qui voulait que le tabes dorsalis (affection neurologique due à la syphilis de la moelle épinière) soit la conséquence d'une débauche sexuelle. Il serait abusif d'appeler ces erreurs illusions. En revanche, ce fut une illusion de Christophe Colomb d'avoir cru découvrir une nouvelle voie maritime vers les Indes. La part que prend son souhait à cette erreur est très nette. On peut qualifier d'illusion l'affirmation de certains nationalistes selon laquelle les Indo-Germains seraient la seule race humaine capable de culture, ou bien la croyance selon laquelle l'enfant serait un être sans sexualité, croyance qui n'a finalement été détruite que par la psychanalyse. Il reste caractéristique de l'illusion qu'elle dérive de souhaits humains ; elle se rapproche à cet égard de l'idée délirante en psychiatrie, mais elle s'en distingue par ailleurs, indépendamment de la construction plus compliquée de l'idée délirante. Dans l'idée délirante, nous soulignons comme essentielle la contradiction avec la réalité effective ; l'illusion, elle, n'est pas nécessairement fausse, c'est-à-dire irréalisable ou en contradiction avec la réalité. Une jeune fille de la bourgeoisie peut, par exemple, se créer l'illusion qu'un prince viendra la chercher. C'est possible, quelques cas de ce genre se sont produits.
Qu'un jour le Messie vienne et fonde un âge d'or, c'est bien moins vraisemblable ; selon sa position personnelle, celui qui jugera de cette croyance la classera comme illusion ou comme l'analogue d'une idée délirante. Il n'est d'ailleurs pas facile de trouver des exemples d'illusions qui se soient révélées vraies. Telle pourrait bien être néanmoins l'illusion des alchimistes de pouvoir transformer tous les métaux en or. Le souhait d'avoir énormément d'or, d'avoir tout l'or possible, est très émoussé par la compréhension que nous avons aujourd'hui des conditions de la richesse, et cependant la chimie ne tient plus la transmutation des métaux en or pour impossible. Nous appelons donc une croyance illusion lorsque, dans sa motivation, l'accomplissement de souhait vient au premier plan, et nous faisons là abstraction de son rapport à la réalité effective, tout comme l'illusion elle-même renonce à être accréditée.
Illusion vue par Platon
Les idées avaient été « ces mots qui façonnent
le monde, ainsi que des modèles ou des prototypes ; mais comme le rocher qui
n’est ni un rectangle ni un ovale, se révèle toujours autre… », il fallait
saisir la réalité : ce fut la tâche de la dialectique, dans le Parménide dont
on trouve ici une analyse serrée (spécialement de 135b-137c) avec son histoire,
pour laquelle on s’accordera à voir le tournant de la pensée platonicienne : «
Zénon, Gorgias, Parménide lui-même étaient solidaires de l’histoire de la
philosophie, de cette dialectiquenaissante et de son geste ». Encore fallait-il
situer l’instance illusoire de sa conclusion (166c).À ne pas voir les illusions
de la dialectique encourt-on une dialectique de l’illusion ? Plotin reprend le
problème sur des bases différentes, mais la suite montre que c’était, pour lui,
l’enjeu de la dialectique. Le traité I, 3 indique qu’il cherchait, à partir des
figures du musicien, de l’amoureux et du philosophe à conférer à la dialectique
un tour plus concret, plus vivant, avant de la définir comme ce « pouvoir de
distinguer les êtres », et d’accéder à

A la vérité qui dérange, faut-il
préférer l’illusion qui réconforte ?
On entend par goût l’appréciation
purement esthétique d’une chose les objets sur lesquelles s’exercent le gout
est les objets qui se laissent appréhender seulement par les sens ou les
sensibilités dans le sujet. On comprend les couleurs mais aussi les odeurs, les
sons et les sensations de toutes sortes. Dans le sujet, il faut donc considérer
l’ensemble du jugement de gout. 
Il faut distinguer objet d’art et objet technique. Un objet
technique est un instrument, un outil. Une chose fabriquée en vue d’une
certaine utilité (ex : L’avion, voiture, …). Il a donc une finalité
pratique. Il est un moyen déterminé vers un but et il est fabriqué en série.