Parcours philosophique de la classe T20 STG

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DAGUINOT Samy

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17 février 2009

DAGUINOT S. : Peut-on dire « A chacun sa vérité » ?


Affirmer cela, c’est faire de la vérité une question purement subjective et relative, et renoncer du coup à l’idée d’une vérité absolue. Le sujet pose alors la question de l’opinion.
L’opinion, c’est la doxa des anciens, le pseudo savoir qui empêche le développement d’une science authentique. C’est ici d’ailleurs la forme la plus faible de l’opinion qu’on nous propose d’examiner puisqu’il s’agit de l’opinion de chacun, du jugement subjectif. La phrase, qui sonne comme une démission face à l’impossibilité de construire une vérité signifie : puisqu’une vérité universelle est impossible, nous renvoyons chacun à lui-même et aux croyances qu’il peut engendrer de lui-même. C’est ce relativisme absolu de l’opinion, l’idée aussi que toutes ces opinions se valent, un point de vue pessimiste sur la question de la vérité qu’on nous demande d’examiner ici. Cependant, il y aura lieu d’examiner aussi la proposition des épicuriens, qui renoncent à l’idée d’une vérité transcendante (accessible aux hommes) et lui substituent un concept pratique de la vérité (celle qui vous convient)

 « A chacun sa vérité », ou encore  « à chacun son opinion », ce sont là des phrases qui relèvent assurément de l’opinion commune, qui entend suggérer par là une exigence de tolérance s’opposant à l’attitude qui consisterait à rejeter toute idée qui diffèrerait des siennes propres.

Mais ces énoncés posent problème : ils impliquent que la vérité peut être considérée comme subjective, comme essentiellement relative – chacun pouvant disposer d’une vérité qui ne serait que la sienne. Mais une vérité qui n’est vraie que pour moi est-elle encore une vérité ? Cette difficulté a été mise en évidence par Platon qui, dans le Théétète, reprend les thèses du sophiste Protagoras : celui-ci affirmait en effet que « l’homme est mesure de toutes choses », autrement dit, que la ou plutôt les vérités dépendent des perceptions, sentiments ou opinions de chacun. Or il est vrai, par exemple, que le même vent, qui semble à l’un glacial, peut apparaître tiède à un autre, de sorte qu’il serait à la fois vrai de dire que ce même vent est glacial et, tout à la fois, qu’il est tiède. Si la connaissance se réduit à la perception ou à l’opinion, il semble donc légitime de dire « à chacun sa vérité », puisqu’il est vrai que perception et opinion sont, par définition, subjectives et relatives. Mais le problème est précisément de savoir si une telle conception de la connaissance ou de la science peut être admise. Dire : « à chacun sa vérité », cela implique que l’on se contente de s’en tenir à des opinions incertaines ou à des sensations subjectives – que l’on se contente, donc, de s’en tenir à un relativisme du vrai, suivant lequel ce qui est vrai pour moi ne l’est pas nécessairement pour les autres. Mais ce relativisme a nécessairement pour corrélat ...

  • Vérité. Accord avec ce qui est véritablement. Correspondance avec un donné.
  • Soutenir. Défendre, affirmer.
  • La vérité, comme correspondance avec un donné, demeure-t-elle au simple niveau subjectif ou peut-on revendiquer un élément d'objectivité, donc de permanence, dans le vrai ?
    Le simple examen de la sphère de la sensation nous invite à affirmer la primauté d'une vérité subjective. La vérité étant définie comme la somme des sensations personnelles, alors nous dirons : « à chacun sa vérité » (c'est la thèse des sophistes dans l'Antiquité : Protagoras, Gorgias).Tout le mouvement de la pensée et du savoir nous conduit à revendiquer et à affirmer une dimension d'objectivité, c'est-à-dire extérieure à l'homme et d'universalité en ce qui concerne le vrai (cf. la constitution de la vérité scientifique : le fait scientifique se construit contre l'expérience première et subjective).

La vérité mathématique peut-elle servir de modèle à toute vérité ? On peut comprendre ce sujet en plusieurs sens. Tout d’abord on relèvera la notion de modèle d’analyse, et là, nous devrons convenir que la modélisation des phénomènes naturels passe par une mathématisation des lois physiques, seule capable de donner son extension et sa validité formelle (cohérence) à ces relations entre causes et effets. Mais on peut aussi considérer qu’il puisse y avoir d’autres sources de vérité que la cohérence formelle, et que, une approche sensible ou imaginative peut aussi permettre un accès à la vérité. On pourra cependant remarquer que même dans les productions de l’imagination, en art en particulier, les mathématiques ne sont jamais absentes et peuvent fournir des modèles à des constructions esthétiques.

Tel nombre est premier », « tels graphes sont isomorphes », « telle classification est complète », etc. Traditionnellement, en mathématiques, la certitude concernant de telles affirmations formelles ne peut résulter que d'une démonstration. La pratique, cependant, semble remettre en question certaines des idées communément admises en la matière. L'informatique n'introduit-elle pas une nouvelle conception de la vérité mathématique, conception incompatible avec celle, défendue depuis plus de deux millénaires, qui se fonde sur la seule intelligence humaine ?Pour aborder ces questions, détaillons deux situations où clairement l'ordinateur joue un rôle central dans l'étude d'énoncés mathématiques. Dans chaque cas, nous verrons que l'idée de la démonstration hilbertienne - des axiomes et des règles de raisonnement, codifiés une fois pour toutes, fixant ce que l'on considère comme vrai - est remise en cause comme seul moyen d'atteindre la certitude mathématique.1. Preuves probabilistes de primalité La cryptographie a fréquemment besoin de grands nombres premiers (de cent chiffres décimaux et plus) et aucune méthode sûre ne permet aujourd'hui d'en produire dans un délai raisonnable.(...)

Les mathématiques ont pour caractère particulier de produire des vérités qui sont à la fois nécessaires et certains. Personne ne peut contester les énoncés « deux plus deux est égal à quatre » et « la somme des angles d'un triangle est égale à deux droits ». On comprend donc que les vérités mathématiques servent de modèle à toute recherche de la vérité. Pourtant, n'est-ce pas perdre de vue la diversité des types de vérité ?

Il existe de nombreux et excellents comic strips, dont plein chez lapin, mais la plupart, il faut bien l'avouer, sont beaucoup moins forts que le fromage. Ben, Plus Fort que le Fromage est, lui, plus fort que le fromage. Coulant, un peu fait, avec cette odeur inimitable du Munster croisé avec un bon bleu, Plus Fort que le Fromage est aussi un comic strip saignant, irrespectueux, vif et incisif. Desmond Seah n'épargne personne, pour notre plus grand plaisir...Vous recherchez le livre LES APPROXIMATIONS DE LA VERITE. ETUDE DE PHILOSOPHIE POSITIVE OU EXPERIMENTALE écrit par BLONDEL HERVENous n'avons de résumé pour LES APPROXIMATIONS DE LA VERITE. ETUDE DE PHILOSOPHIE POSITIVE OU EXPERIMENTALE, mais dès qu'il sera disponible, nous vous le mettrons à disposition. Chapitre, votre spécialiste livre, vous propose d'affiner votre recherche concernant "LES APPROXIMATIONS DE LA VERITE. ETUDE DE PHILOSOPHIE POSITIVE OU EXPERIMENTALE" dans la partie de droite afin de mieux  satisfaire votre requête Vérité expérimentale, hypothétique, ...temporaire ou révélée ? Que choisir ? La Génèse de Moïse ou L'Evolution des espèces de Darwin ? 6000 ans ou 4 550 000 000 ans c'est pas pareil ! Un métissage d'hominidés ne ressemble pas objectivement à de la poussière terrestre et du souffle de Dieu. Qui ment ? Qui dit la vérité ? Qui croire : "LA BIBLE" ou "LA SCIENCE" ? Et d'abord quelle "Bible" et quelle "science" ? Parceque la "BIBLE" c'est aussi de la science ! Vous avez vu des atomes apparaitre lors du big bang et des espèces évoluer sous vos yeux ? Moi pas. Ces choses on vous les a enseignées et vous y croyez, n'est-ce pas ? Devant les sottises de certains créationnistes et de certains évolutionistes il y a de quoi rester perplexe. A qui donc se fier pour mener sa vie et tenir un discours honnête sur nos origines ? On en est là. La question de nos origines n'est pas sans rapport avec le sens de notre existence, puisqu'elle la précède. Elle est suivie du passé historique qui continue avec le présent dont nous faisons partie. A mesure que le temps passe l'Histoire, la mémoire augmente de volume (on parle d'inflation mémorielle). Les expériences, les savoirs, les connaissances augmentent d'une manière exponnentielle (multipliées par 2 tous les 15 ans). On ne peut pas tout connaitre, ce qu'on sait n'est pas forcément compris, ni complet, ni exact. Surtout en "science" telle qu'on l'entend, la science objective matérialiste qui laisse Dieu et le miracle à la porte du laboratoire et le chasse aussitôt qu'il s'y invite.Il y a en fait une définition restrictive de la science qui étudie les faits matériels, expérimentaux, quantifiable et repérable dans l'espace et dans le temps. C'est la science qui ne s'intéresse qu'à l'objet le plus têtu au monde : le fait matériellement exact, distinct de son interprétation, la vérité scientifique.

 

Exemple 1 : La matière est contituée d'atomes que l'on peut classer dans le tableau périodique des éléments. Les molécules qui nous contituent sont des assemblages d'atomes. Une molécule d'ADN est constituée d'atomes de carbone, d'azote, d'oxygène, d'hydrogène et de phosphore qui sont assemblés d'une manière extrèmement rigoureuse et précise. Cette molécule est à la base de la génétique. Il y a aussi une définition plus large de la science. La science c'est tout ce que l'on sait pour l'avoir appris. Ce que l'on peut connaitre. Ce que l'on tient pour vrai. Cette définition inclut à la fois la "foi" et la "science". L'une ne va pas sans l'autre : Si l'élève ne croit absolument rien de ce que dit le professeur de sciences, les deux perdent leur temps. Il est cependant permis et même conseillé à l'élève de douter de certaines affirmations. Parceque tenir pour exacte une erreur peut être aussi grave que de tenir pour erronnée une chose exacte. Exemple 2 : Jésus-Christ est mort pour nos péchés conformément aux écritures, puis il a été enseveli et il est ressucité le troisième jour conformément aux écritures. Nous attestons ces choses, notre temoignage est vrai. Si vous le croyez vous êtes sauvés. Mais si vous ne le croyez pas vous êtes encore condamnés. C'est l'Evangile, la puissance de Dieu pour le Salut de quiconque croit. Je ne doute aucunement de ces deux affirmations. Elles ne sont pas de la même nature et n'ont pas non plus la même portée mais ce sont deux sciences différentes : L'une est le résultat de recherches scientifiques de l'homme qui étudie la matière qui l'environne et le constitue. Ces connaissances sont enseignées au collège et au lycée par des professeurs certifiés ou agrégés. Le but est la connaissance de l'univers visible, percetible par nos sens pour se comporter en adulte responsable. Portée pour l'individu : quelques décénies. L'autre est le résultat de la recherche de l'homme perdu, par Dieu qui désire que tous les hommes soient sauvés... Ces connaissances sont transmises par les disciples du Christ chargés de le enseigner à toutes les nations. Le but est la réconciliation de l'homme avec son créateur par la foi, l'espérance et l'amour. Portée pour l'individu : quelques décénies + l'éternité. Je ne vois pas quel homme, tant soit peu intelligent qui prend 5 minutes pour réfléchir à la question, puisse baser sa vie exclusivement sur une connaissance partielle, incertaine, suceptible d'être remise en question à tout moment... Et passer à côté de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, transmise aux apôtres et aux disciples une fois pour toute qui leur garantit la vie éternelle, ce dont ils peuvent avoir un avant goût par l'effet des promesses immuables de Dieu : réponse aux prières, guérison, délivrance, transformation, bouversement de la vie en bien...etc. Dans la génèse Dieu ne nous fait pas un récit chronologique matérielement exact mais il explique les principes, l'esprit et l'ordre qui est à la base de toute son oeuvre créatrice d'une manière poétique, succinte et accessible à tous. Quand Jésus disait "...si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang vous n'aurez jamais la vie éternelle en vous même" il ne prescrivait pas aux disciples étonnés le canibalisme à son égard mais la pratique de ses enseignements et le suivi de son exemple divin. Aussi a-t-il répondu à ses disciples qui trouvaient incompréhensible ses paroles "La chair (réalité naturelle) ne sert de rien, c'est l'esprit qui vivifie !" Pour la Génèse c'est pareil : la chair ne sert de rien, c'est l'esprit qui vivifie ! Ce qui est essentiel et intéressant c'est de savoir que Dieu a fait toutes choses, les unes après les autres, à partir d'un chaos initial : la lumière est éparée des ténèbres, les eaux en haut (nuages) séparées de eaux d'en bas (la mer sort du brouillard), ...etc. Qu'est-ce qu'on en a à faire de la durée des jours de la création, de savoir si c'était 24 heures ou plus ou moins ? Quand on a compris l'essentiel ! Nous sommes les créatures et lui le créateur et nous dépendons naturellement de lui et ... non l'inverse ! Il y a des paradoxes résolus en un tour de main par le Christ. Des principes de base que nous somme lents à comprendre et combien plus indisposés à trouver par soi-même comme nous devrions le faire. Exemple : "Quiconque s'abaisse sera élevé et quiconque s'élève sera abaissé." Il est d'ailleurs étonnant que dans le pays de la raison et du droit par excellence, on voit se lever une génération avec une proportion sans précédent de jeunes rebelles, sans repères et aux conduites adictives ! Ainsi il arrive aux français ce que l'apôtre Paul disait des Grecs : {{"Se vantant d'être sage (élévation) ils sont devenu fous (abaissement)...}"} Il faut donc devenir fou (abaissement = reconnaitre sa folie sans Dieu) afin de devenir sage (sage selon Dieu = élévation). La vérité dépend parfois du point de vue et de l'époque à laquelle on se place. "Jésus-Christ est né" est vrai depuis le jour de sa naissance. Avant c'était faux. Dire que Jésus-Christ était un homme ce n'est vrai que depuis sa naissance également. Dire qu'il est esprit est vrai depuis toujours. Dire qu'il est mort est valable entre l'insant de sa mort et celui de sa résurection. Dire que Jésus est Dieu (écueil majeur pour les musulmans) dépend de la définition de Dieu que l'on a : Si on le considère comme Dieu des Dieux et Seigneur des Seigneurs il en découle qu'il vaut mieux être soi-même un Dieu si on veut qu'il soit notre Dieu (Dieu est alors pris au sens large) et si Dieu dit de Jésus-Christ "Celui-Ci est Mon Fils Bien-Aimé en qui je trouve tout mon plaisir écoutez-le" Jésus-Christ est à considérer comme Fils Unique de DIEU, Seigneur et DIEU par filiation déclarée par DIEU Lui-même ! Et ce que dit Dieu fait autorité pour les croyants. "DIEU" se dit "ELOHIM" en hébreux ce titre honorifique était réservé à IHWH le seul Dieu. Le DIEU des DIEUX. Mais il était aussi employé pour désigner ceux qui connaissaient les Ecritures, la Parole de DIEU : les prophètes, les scribes et les docteurs de la Loi, versés dans les écritures. En gros les notables dignes de confiance. Ceux-là même à qui DIEU a dit : J'avais dit "Vous êtes des DIEUX, mais vous périrez tous comme les autres hommes". Ce, en raison de leur infidélité. "Dieu" en grec ancien s'écrit "O THEOS" c'est à dire "Celui qui est Dieu", cette langue insiste sur l'unicité de Dieu plus que l'hébreux qui utilise curieusement un pluriel pour désigner l'Etre suprème. L'hébreux et le grec étant à l'origine écrits en majuscules j'écris DIEU EN MAJUSCULES pour couper court au débat ridicule qui consiste à discuter sur l'emploi du "D" majuscule ou du "d" minucule qu'il faudrait employer suivant les cas. Si je considère que la schizophrénie est une pathologie et la Vérité absolue et non pas relative ; il y a lieu, non pas de choisir entre toute la Bible et toute la science des hommes mais là où elles se contredisent il faut choisir celle qui a les implications les plus sérieuses. La question du Salut étant évidement la plus essentielle, je préfèrerai les affirmations du Christ qui affirme que pas un iota ni un seul trait de lettre de la loi ne sera ôté avant que toute l'Ecriture soit accomplie. Plutôt que les affirmations qui font de moi une réaction chimique qui pourira en moins d'un siècle ! La vérité scientifique telle qu'on l'entend se limite donc au matériel temporel accessible aux 5 sens. La vérité selon DIEU inclut la précédente mais considère aussi les êtres dans leur dimension invisible et éternelle accessible à la sensation subjective, à l'émotion et à la compréhension intelligente.

Par Christofor. les Philosophes ont employé le mot [de vérité] pour désigner l’accord ou le non-accord d’une idée avec son objet ; ainsi, l’on appelle idée vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-même ; fausse celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité » disait Spinoza. Autrement dit, l’expression « vérité subjective » ne signifie rien, puisqu’elle suppose l’accord avec l’objet alors qu’ici elle serait déterminée par le sujet.Vous me suivez ? Je pense que Mme rogue note les eleves a la tete ! …On va prendre des exemples, c’est plus cool.Vous vous levez de mauvaise humeur - c’est une hypothèse fictive, je vous l’accorde - il pleut et les températures sont en chute libre. Les infos vous annoncent que l’indice des prix du pétrole est encore entrain de flamber. Vous voilà entrain de maudire les émirs du Golf, alors même qu’ils ne sont sans doute pour rien dans cette situation. Voilà quelque chose dont la vérité n’est pas objective en ce sens que votre énoncé n’est pas du tout pertinent concernant les cours du pétrole, mais en revanche, ça nous dit quelque chose de votre état d’esprit. Votre opinion subjective, devient une vérité objective - à condition il est vrai d’être interprétée, et ramenée donc à un autre objet.Maintenant, la question qui reste est : « A quelle condition pouvons accéder à une vérité objective ? ». Ici Docteur-Philo tremble du haut de sa chaire. Car à moins de convoquer Kant - et c’est sûr qu’il viendra avec sa Critique de la raison pure (1) sous le bras, on ne voit pas comment s’en tirer. Deux petites idées, et puis si d’autres Docteur-Philo traînent dans les parages, qu’ils prennent la parole. D’abord, la vérité objective supposerait qu’existe le « point de vue de Sirius » : Sirius étant une étoile fort éloignée, pour être objectif il faudrait qu’on trouve une perchoir éloigné comme cette étoile pour examiner les choses en extériorité. Donc, vu que ça n’existe pas, on est plus ou moins amené à donner une vision particulière, espérant que l’addition des plusieurs de ces points de vue finiront par restituer la réalité vue de partout - donc « objective ».Ensuite, peut-être que le contenu subjectif de la vérité peut être dépisté et neutralisé. Voyez la révolution copernicienne (encore Kant) : pour expliquer les mouvements apparents du soleil et des étoiles, Copernic supposa que ces apparences s’expliquaient par le mouvement de l’observateur et non par celui de l’objet observé. De la même façon, pour aller de l’apparence -subjective à la réalité -objective, il faut procéder au décentrement du sujet, ou au moins à l’analyse de ses effets.Plus facile à dire qu’à faire à moins de déclarer que faute d’accéder à la vérité, la position du sujet nous ouvre la dimension du sens - de la signification. C’est déjà quelque chose. Non il ne s’agit pas de la trique de la maison dure… Vos potes au collège, ils vous ont blagué.

Puisqu'il est raisonnable de penser que la vie existe dans l'univers ailleurs que sur notre terre, peut-on imaginer qu'une forme de vie "intelligente" s'interrogeant sur l'univers qui l'entoure et cherchant à le comprendre aboutirait-elle à quelque chose de semblable à notre explication de l'univers avec sa particularité propre. Je m'exprime mal..... Disons si les lois qui régissent le cosmos sont universelles est-il raisonnable de penser qu'une autre forme de vie dite "intelligente" pourrait elle aussi les découvrir ??... euh ma question est peut-être un peu stupide mais bon qu'en pensez-vous ? Mme Rogue lit-elle les copies ??

Le devenir subjectif comme accès à l'Absolu (Kierkeegard).   Le sujet cartésien, kantien ou hégélien (comme accès au général) se dilue dans une universalité abstraite qui au lieu de la vie ne propose qu'une fantasmagorie incapable de répondre aux attentes du sujet. Aussi, le « devenir subjectif » kierkegaardien pourrait paraître être la profession de foi d'un retour à la vie esthétique. Il n'en est rien ‑quoique l'esthéticien soit moins éloigné que l'éthicien du religieux. Pour comprendre cette conversion, ce saut qualitatif dans la foi, il faut relire l'histoire biblique d'Abraham: Dieu demande au "chevalier de la foi" de sacrifier son fils Isaac. Exigence absurde dérogeant à toute justification, paradoxe supra‑rationnel. Pourtant, Abraham obéira à Dieu. Telle est bien la foi, une obéissance sans condition à Dieu. Cette obéissance aveugle n'est pas sans "crainte et tremblement", mais seul Dieu est porteur de l'espoir de voir Isaac rendu à son père, comme Regina à Soren... Il existe bien un dépassement de l'éthique où l'homme s'isole des devoirs généraux pour se retrouver dans un face‑à‑face avec Dieu, dans un rapport subjectif à Dieu que le christianisme commande
Être dogmatiste ce n'est pas seulement affirmer que nous pouvons atteindre le fond des choses; c'est encore croire que la vérité peut être démontrée, dérivée de certains principes immuables, de telle façon qu'elle s'impose invinciblement à tout esprit et ne laisse aucune place au doute. Enfin le dogmatisme implique que la totalité des choses qui existent peut être connue et expliquée. C'est ne pas s'entendre soi-même que de parler de dogmatisme partiel le dogmatisme n'est partiel que par accident. Sans doute, nul humain n'a jamais prétendu posséder actuellement; toute la vérité : c'est que notre intelligence limitée ne peut suivre jusqu'au bout la série infinie des applications de ses principes. Mais si le dogmatisme était vrai, toute chose serait explicable, sinon expliquée; rien n'échapperait à la loi d'universelle intelligibilité.

Ce triple caractère se retrouve dans tous les systèmes dogmatiques dont l'histoire de la philosophie fait mention. On a même prétendu que le dogmatisme est l'essence même de la philosophie, dont le Scepticisme n'aurtait été alors que la négation, et aussi les sciences, qui sous ce rapport ne diffèrent pas de la philosophie.

Le dogmatisme, en tant que système de croyances arrétées se concilie d'ailleurs parfaitement avec la liberté d'examen, qui est aussi l'une des conditions de la véritable Philosophie; car, bien compris, il est tout entier dans les résultats et non dans la méthode. Nous voulons dire par là que le philosophe, ne s'astreignant à jurer sur la parole d'aucun maître, cherche la vérité dans toute l'indépendance de sa pensée, mais s'y attache après l'avoir trouvée, et ne consent pas à la considérer comme une chose flottante et relative. Quoi de plus libre que la méthode cartésienne, et quoi de plus dogmatique que le Cartésianisme? C'est que Descartes ne commence par pratiquer et par recommander le doute que pour arriver à trouver par lui-même certaines vérités évidentes, sur lesquelles il puisse réédifier, comme sur une base solide, toute une nouvelle philosophie. Difficile sur les conditions de la certitude, nulle part il ne témoigne qu'il suppose l'intelligence humaine radicalement incapable de trouver. la vérité. La philosophie de Kant est marquée d'un caractère tout opposé. En refusant de se prononcer sur la valeur objective des principes fondamentaux de la connaissance, Kant s'est condamné à laisser planer un doute suprême sur tout ce que nous avons besoin de considérer comme des vérité. (B-e).

En verité je pense que la prof de philosophie ne lit pas les copies mais qu’elle note sur le nombre de page peut importe le contenu du texte.

A partir de Socrate, la science est définie comme ayant pour objet l'universel; elle est immuable, indéfectible, nécessaire comme l'Être lui-même. Les successeurs de Socrate appliquent cette idée de la science à l'univers entier; et tous les philosophes grecs, à l'exception des écoles sceptiques, demeurèrent fidèles à cette conception. Sans doute, il y a, selon eux, bien des manières d'enchaîner entre elles les vérités qui constituent la science : tantôt c'est le lien de principe à conséquence comme dans les démonstrations mathématiques, tantôt c'est le rapport des genres et des espèces ,comme dans les démonstrations proprement syllogistiques; tantôt c'est le rapport de causalité, d'où est venue la maxime si souvent répétée, Vere scire per causas scire.

Mais quelle que soit la diversité des systèmes, chez les Epicuriens et chez les Stoïciens aussi bien que chez Aristote, l'esprit est toujours considéré comme capable de connaître la vérité absolue : la science s'étend à tout, et elle s'appuie sur des principes, des dogmes, posés comme des vérités inébranlables : les vérités particulières qui en dérivent participent des mêmes caractères, et doivent s'imposer à l'esprit. Le dogmatisme arrive à sa forme la plus parfaite et la mieux définie avec saint Thomas : on osait comment la Somme du grand philosophé du Moyen âge, appliquant les principes d'Aristote, explique toute chose dans l'ordre naturel, par voie démonstrative, et a réponse à toutes les questions, même les plus extraordinaires.

Chez les modernes, le dogmatisme, en ce qu'il a d'essentiel, ne change pas. Descartes veut remplacer la philosophie d'Aristote et de l'École, mais c'est en lui substituant un corps de doctrine qui, pour reposer sur des principes différents, n'en est pas moins démontrable, et dans la pensée du philosophe, définitif et inébranlable : c'est pourquoi il a attaché à la question de la certitude une si grande importance qu'on peut bien dire que toute sa métaphysique est une théorie de la certitude. Cette certitude s'impose; l'esprit humain est infaillibIe, quand il ne se laisse pas égarer par la volonté, et si Descartes avait vécu assez longtemps, il aurait essayé de constituer la science totale.

Malebranche, Spinoza, Leibniz, sont d'accord avec lui sur la conception générale de la science. Il faut arriver jusqu'à Kant pour rencontrer une doctrine différente. Encore devons-nous ajouter que si Kant limite le champ de l'esprit humain, s'il en exclut les questions métaphysiques, s'il définit la science autrement que ne l'avaient fait ses prédécesseurs, la science positive, telle qu'il la conçoit, limitée à des phénomènes et des lois, présente encore les mêmes caractères qu'autrefois. Elle est nécessaire, et, en un sens, absolue. Sa nécessité ne provient plus d'une prétendue intuition de l'être en soi : elle dépend des lois essentielles de l'esprit humain; mais elle n'en est pas moins inébranlable. Et les successeurs directs de Kant, en essayant de reconstituer la métaphysique, se sont placés de nouveau à un point de vue très voisin de celui de l'ancien dogmatisme.

Cependant, cette conception de la science, admise par tant et de si grands philosophes, présente de graves difficultés. D'abord la diversité irréductible des systèmes qui tous prétendent atteindre la vérité absolue, suffit à prouver que cette prétention n'est pas toujours justifiée. De plus, dès l'Antiquité, la critique avait attaqué les notions essentielles sur lesquelles repose le dogmatisme; elle avait ébranlé les fondements d'une science que le dogmatisme déclarait inébranlable. Les subtiles et profondes analyses d'Énésidème avaient signalé les contradictions que renferment l'idée de cause, l'idée de nécessité, l'idée même de la vérité : enfin la possibilité d'une démonstration quelconque était révoquée en doute par l'école sceptique. De même chez les modernes, et par des arguments analogues, Berkeley, Hume, Kant, assignaient à l'esprit humain les limites qu'il ne peut franchir, rabattaient ses prétentions et le réveillaient de son sommeil dogmatique. A la suite de ces philosophes, quoique les partisans de l'ancien dogmatisme soient loin d'avoir disparu, beaucoup de nos contemporains, appartenant d'ailleurs aux écoles les plus diverses, au positivisme, au criticisme néo-kantien, à l'évolutionisme, ont adopté le principe de la relativité de la connaissance : ce qui est la négation expresse du dogmatisme tel que l'avait jusqu'ici connu la philosophie.

Cependant la science existe. Il n'y a pas un esprit sérieux qui conteste que depuis deux siècles la méthode expérimentale ait mis l'humanité en possession d'un grand nombre de vérités certaines. Bien plus : cet accord de tous les esprits que l'ancien dogmatisme avait vraiment poursuivi, la science moderne l'a réalisé sans difficulté. On peut bien dire que c'est là un dogmatisme, puisqu'on affirme la vérité, qu'on la prouve, qu'on l'impose aux esprits les plus divers en la leur proposant; c'est même en un sens le vrai et le seul dogmatisme. Peut-être cependant vaudrait-il mieux abandonner ce vieux mot, qui éveille des idées surannées et fausses. Si on le-conserve il faut se souvenir que le dogmatisme moderne est animé d'un tout autre esprit, et a une tout autre signification que l'ancien.

D'abord il a cessé de prétendre à connaître l'être en soi, l'absolu : les phénomènes et leurs lois sont le seul objet de la science positive. En outre, ces lois mêmes qui gouvernent les phénomènes, on a cessé de les considérer comme apodictiquement démontrées.

Les scientifiques sont toujours persuadés que la nature obéit à des lois et que ces lois ne changent pas. Mais la connaissance que nous avons de ces lois peut changer : le savant ne se fait pas scrupule d'admettre que telle loi aujourd'hui reconnue par tout le monde peut demain cesser d'être tenue pour vraie si un fait nouveau vient la contredire. Cependant notre confiance dans la vérité de la science n'en est nullement ébranlée. Pratiquement, nous affirmons les lois de la physique avec une fermeté au moins égale à celle des scolastiques quand ils-croyaient aux qualités occultes. Mais théoriquement la différence est très grande. Nous n'avons plus la prétention de démontrer la vérité à priori, de la déduire de principes absolus : nous avons renoncé à voir les choses, comme on disait, sous forme d'éternité, ainsi que peut les voir Dieu lui-même.

Notre conception de la puissance de l'esprit humain est plus modeste. Si la vérité est immuable, la connaissance que nous en avons change, parce qu'elle ne lui est pas toujours adéquate : nous avons le sentiment que notre science a toujours quelque chose d'imparfait: elle est dans le devenir; elle se fait et se perfectionne au jour le jour : il y a en elle quelque chose de provisoire, et, si l'on veut, un élément d'incertitude; la vérité n'est jamais pour nous qu'une hypothèse vérifiée. En un mot, nous avons changé l'idée même de la certitude. La certitude telle que la définissait l'ancien dogmatisme est comme un idéal dont nous pouvons essayer de nous rapprocher celle dont nous nous contentons est moins ambitieuse. Le sens commun lui donne le nom de certitude, et c'est son droit, puisqu'elle est une adhésion pleine et entière à des idées tenues pour vraies. Cependant il ne faut pas se dissimuler qu'elle est ce que les anciens philosophes appelaient croyance et que le dogmatisme de la science moderne est précisément ce qu'ils désignaient, non sans dédain, par le nom de probabilisme. Mais les mots importent peu. Il se trouve qu'en diminuant ses prétentions, l'esprit humain a obtenu un meilleur succès : en limitant ses ambitions il les a mieux satisfaites, et on accordera peut-être qu'un probabilisme bien justifié vaut mieux qu'un orgueilleux et vain dogmatisme.

L'objection qu'on a cent fois opposée à cette théorie, c'est qu'en renonçant à justifier les principes de la science, elle laisse la science elle-même dans l'incertitude; qu'elle se limite à un monde d'apparences et n'atteint pas l'être véritable, qu'elle est une abdication de l'esprit humain. Mais si nos prétentions à atteindre l'absolu sont vaines, il vaut mieux renoncer à connaître l'inconnaissable que nous faire illusion et nous payer de mots. Pour justifier les principes de la science, il faudrait trouver des vérités plus incontestablement certaines que la science elle-même : et jusqu'ici il ne paraît pas qu'on y soit parvenu. Mais peutêtre n'est-il pas nécessaire de renoncer à ces hautes ambitions. Il est probable que rien n'empêchera jamais l'esprit humain de poser les grands problèmes de la métaphysique. Mais il peut essayer de les résoudre en appliquant la même méthode qui lui a si bien réussi dans les sciences : je veux dire en faisant des hypothèses dont la règle suprême est de concorder avec les faits. La métaphysique ainsi envisagée ne prétend plus tenir les autres sciences sous sa dépendance; sans les régenter, elle les complète et les achève. Elle ne se fait pas d'illusions sur la nature des connaissances qu'elle atteint; c'est de propos délibéré qu'elle substitue la croyance à la certitude et le probabilisme au dogmatisme. Enfin, si on songe que les sciences inductives tendent de plus en plus à devenir déductives, que la physique se rapproche chaque jour davantage de la mathématique, rien n'interdit d'espérer qu'un jour viendra où l'esprit humain, par le progrès des sciences positives, sera capable de dégager les vérités primordiales d'où tout dérive. Le rêve de l'ancien dogmatisme serait alors réalisé ; la science, par une marche inverse de celle qu'elle a si longtemps-suivie, deviendrait ce qu'elle a cru qu'elle était. Mais si ce retour est possible, c'est à la condition que la science ait parcouru jusqu'au bout la vois dans laquelle elle est entrée. En attendant, le probabilisme restera pour l'esprit humain la plus grande approximation de la vérité: et le plus sûr sera longtemps encore de s'en contenter. (Victor Brochard).

 

26 janvier 2009

La vérité : DAGUINOT Samy

Vérité : La vérité (du latin veritas) est un terme de philosophie qui exprime la qualité de ce qui est vrai. C'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.

On peut dire que la vérité est l'affirmation de ce qui existe ou la négation de ce qui n'existe pas; donc, finalement, l'accord de nos jugements avec la réalité. Cette définition paraît claire et satisfaisante, sans doute, au sens commun. Mais si l'on se place du point de vue soit du criticisme, soit de l'idéalisme, on pourra la trouver peu philosophique.

Archimède, pour tirer le globe terrestre de sa place et le transporter en un autre lieu, ne demandait rien qu'un point qui fût fixe et assuré. Ainsi j'aurai droit de concevoir de hautes espérances, si je suis assez heureux pour trouver seulement une chose qui soit certaine et indubitable * .
     Je suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses ; je me persuade que rien n'a jamais été de tout ce que ma mémoire remplie de mensonges me représente ; je pense n'avoir aucun sens ; je crois que le corps, la figure, l'étendue, le mouvement et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit. Qu'est-ce donc qui pourra être estimé véritable ? Peut-être rien autre chose, sinon qu'il n'y a rien au monde de certain.
     Mais que sais-je s'il n'y a point quelque autre chose différente de celles que je viens de juger incertaines, de laquelle on ne puisse avoir le moindre doute ? N'y a-t-il point quelque Dieu ou quelque autre puissance qui me met en l'esprit ces pensées ? Cela n'est pas nécessaire ; car peut-être que je suis capable de les produire de moi-même. Moi donc à tout le moins ne suis-je point quelque chose ? Mais j'ai déjà nié que j'eusse aucun sens ni aucun corps ; j'hésite néanmoins, car que s'ensuit-il de là ? Suis-je réellement dépendant du corps et des sens que je ne puisse être sans eux ? Mais j'ai déjà nié qu'il n'y avait rien du tout dans le monde ; qu'il n'y avait aucun ciel, aucune terre, aucuns esprits ni aucuns corps ; ne me suis-je donc pas aussi persuadé que je n'étais point ? Tant s'en faut ; j'étais sans doute, si je me suis persuadé ou seulement si j'ai pensé quelque chose. Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé qui emploie toute son industrie à me tromper toujours.
      Il n'y a donc point de doute que je suis, s'il me trompe ; et qu'il me trompe tant qu'il voudra, il ne saura jamais faire que je ne sois rien tant que je penserai être quelque chose. De sorte qu'après y avoir bien pensé et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j'existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit.

 

Illusion et Descartes :Lorsque j'étais enfant, j'aimais une fille de mon âge, qui était un peu louche  ; au moyen de quoi, l'impression qui se faisait par la vue en mon cerveau, quand je regardais ses yeux égarés, se joignait tellement à celle qui s'y faisait aussi pour émouvoir la passion de l'amour, que longtemps après, en voyant des personnes louches, je me sentais plus enclin à les aimer qu'à en aimer d'autres, pour cela seul qu'elles avaient ce défaut ; et je ne savais pas néanmoins que ce fût pour cela. Au contraire, depuis que j'y ai fait réflexion, et que j'ai reconnu que c'était un défaut, je n'en ai plus été ému. Ainsi, lorsque nous sommes portés à aimer quelqu'un, sans que nous en sachions la cause, nous pouvons croire que cela vient de ce qu'il y a quelque chose en lui de semblable à ce qui a été dans un autre objet que nous avons aimé auparavant, encore que nous ne sachions pas ce que c'est. Et bien que ce soit plus ordinairement une perfection  qu'un défaut, qui nous attire ainsi à l'amour, toutefois, à cause que ce peut être quelquefois un défaut, comme en l'exemple que j'en ai apporté, un homme sage ne se doit pas laisser entièrement aller à cette passion, avant que d'avoir considéré le mérite, de la personne pour laquelle nous nous sentons émus.

DESCARTES
Lettre à Chanut - 6 juin 1647

 

Illusion et Freud :LA RELIGION ET L'ILLUSION "La religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l'humanité ; comme celle de l'enfant, elle dérive du complexe d'Oedipe des rapports de l'enfant au père." Freud, L'Avenir d'une illusion, 1927.

 

Illusion et Spinoza : " La plupart semblent croire qu'ils sont libres dans la mesure ou il leur est permis d'obéir à leurs penchants et qu'ils abandonnent de leur indépendance dans la mesure où ils sont tenus de vivre selon la prescription de la loi divine. La moralité donc, et la religion, et, sans restriction, tout ce qui se rapporte à la force d'âme, ils les prennent pour des fardeaux qu'ils espèrent déposer après la mort, pour recevoir le prix de la servitude; à savoir de la moralité et de la religion : et ce n'est pas cet espoir seul, mais aussi et surtout la crainte d'être punis par d'horribles supplices après la mort, qui les poussent à vivre selon la prescription de la loi divine, autant que le permettent leur petitesse et leur âme impuissante. Et si les hommes n'avaient pas cet espoir et cette crainte, s'ils croyaient au contraire que les esprits périssent avec le corps, et qu'il ne reste aux malheureux épuisés par le fardeau de la moralité aucune survie, ils reviendraient à leurs nature. Ils, voudraient tout gouverner selon leurs penchants et obéir à la fortune plutôt qu'à eux-mêmes. Ce qui ne me paraît pas moins absurde que si un homme, parce qu'il ne croit pas pouvoir nourrir éternellement son corps de bons aliments, préférait se saturer de poisons mortels ; ou bien, parce qu'il voit que l'esprit n'est pas éternel ou immortel, préfère être dément et vivre sans la Raison : absurdité telle qu'elle mérite à peine d'être relevée. "

 

 

A la vérité qui dérange, faut-il préférer l’illusion qui réconforte ?

Notre question nous confronte à un dilemme grave qui n'a de sens que dans des situations d'expérience exceptionnellement dramatique. Un choix s'impose, ou un cas de conscience. Il faut, de gré ou de force, s'embarquer et préférer une situation à une autre, soit dire/entendre la vérité et en payer un prix qui peut être très lourd, soit se taire/ne pas écouter la vérité pour sauvegarder la vie, le bonheur d'une personne, même si c'est au prix de l'aliénation dans des illusions. On peut penser au médecin devant une maladie très grave, chez un patient qui n'en n'a plus que pour six mois à vivre et qui, pour l'instant ne se rend compte de rien. Faut-il lui gâcher son bonheur d'aujourd'hui en lui révélant la vérité ? En d'autres situations, peut-on se permettre de mettre devant ses responsabilités directes, quelqu'un qui est déjà très malheureux ? N'est-ce pas alors courir le risque, sous prétexte "qu'il faut dire la vérité", de précipiter un désastre, une dépression, voire un suicide ? Certains psychologues dépourvu de tact on fait l'amère expérience d'une violence de la vérité. On n'est pas toujours capable de regarder la vérité en face, si on n'a pas la force de caractère nécessaire.

Cependant, même si l'illusion peut offrir un semblant de réconfort, ce n'est que par une tromperie qui ne résiste pas indéfiniment. Il faut croire, croire encore dans les illusions, jusqu'au jour où on cesse de se laisser berner. Une vie dans l'illusion est indigne de la condition de l'homme. Tôt ou tard, de toute manière, il faudra bien accepter la vérité. Tout est peut être question de délicatesse dans la manière de le dire et aussi de capacité d'acceptation dans la manière de l'apprendre. Ce qui est certain, c'est que remettre une vie en conformité avec la vérité peut conduire à des révisions radicales, un retournement complet de ce qui était la vie auparavant. Spinoza, par exemple, ne nie pas la valeur de la religion fondée sur la crainte. Elle est très utile pour le peuple. Elle le rend discipliné, elle le pousse, par la crainte du châtiment, à faire le bien. L'Etat ne doit pas renier la religion. L'homme libre cependant, n'a pas besoin des illusions qu’engendrent la peur et son lot de compensations. Il fait le bien directement. Homme de la raison, il veut connaître Dieu en s'élevant aussi loin possible que la raison le lui permet, jusqu'à l'intuition de l'absolu. Chercher un réconfort dans la religion est chose totalement différente que de chercher la vérité sur la nature de l'absolu. Dans l'idée de réconfort, il y a l'idée que l'on va sauvegarder le confort actuel ou le rétablir. Le réconfort ne change rien. Il apporte un calmant à la douleur, il ne la soigne pas. La vérité au contraire guérit des illusions et de l'erreur, mais le traitement peut ne peut être agréable du tout, s'il faut passer par la perte des illusions que l'on entretenait jusque là. Quand la vérité est acceptée, une paix survient, mais la paix qui réunit avec la réalité, avec ce qui est, n'a rien à voir avec le seul réconfort psychologique de paroles gentilles, mais qui maintiennent dans l'illusion. Il faut bien voir donc que, d'un côté, chercher un réconfort et d'un autre côté vouloir connaître la vérité reposent sur deux motivations très différentes. Il faut du courage, de l'audace, un sens de la remise en question et du risque pour vouloir la vérité. Pour chercher un réconfort, il suffit de quémander un peu de gentillesse autour de soi. Mais en même temps la complaisance, la pitié sont ambigus cherché de cette façon. Nous aimons ceux qui nous prennent en pitié de cette façon car ils nous donnent raison et nous permettent de persister dans nos illusions. Une crise de larmes appelle naturellement la consolation. Mais que dire de celui qui ne se laisse pas prendre au jeu des compromissions larmoyantes et dit la vérité, que souvent le chagrin est hypocrite et que l'on se lamente sur soi-même ! Il ne réconforte certes pas, mais, si ses intentions sont pures, il peut dire la vérité et aider. Alors, quelle attitude choisir? Qui a le plus de cœur ?

Dans quelle situation vaut-il mieux faire silence sur la vérité ? Dans quelle situation vaut-il mieux dire la vérité ? Comment tracer la frontière ? Le problème est il identique du côté du dire (de moi vers l'autre) et du coté de l'entendre (de l'autre vers moi) ? N'y a-t-il pas une sorte d'éthique de la parole dans le premier pas qui vise au respect absolu de la personne ? N'y a-t-il pas dans le second cas une sorte de courage à faire face à une situation dans laquelle la vérité vous provoque ?


27 novembre 2008

DES GOUTS ET DES COULEURS ON NE DISCUTE PAS QU’EN PENSEZ VOUS ? (DAGUINOT S.)

Le jugement concernant le beau n’est pas un jugement subjectif. Il ne se fonde pas seulement sur une sensibilité personnelle. Or, l’appréciation du beau dépend des goûts de chacun. Ces goûts ne sont pas discutables. Ils ne sont ni vrais, ni faux.
Ici, se pose alors un problème conceptuel : peut on avoir tort ou raison lorsque l’on dit « c’est beau » ?
Afin de répondre à cette problématique, nous verrons dans une 1ère partie que l’esprit peut juger du beau et du laid. Puis dans un 2ème temps, nous montrerons que ce sont nos inclinations naturelles qui dictent nos goûts

 

“Des goûts et des couleurs on ne discute pas” entend-on souvent, ce qui voudrait dire que le jugement de goût est tout entier livré à l’arbitraire de chacun, et ce qui, au fond, reléguerait l’appréciation esthétique au même rang que le goût en matière de cuisine. Tout comme chacun est libre de préférer le couscous au cassoulet (et vice versa), il n’y aurait qu’une différence subjective entre Bach et le dernier des Boys Band.
   N’y a-t-il donc rien de beau en soi, aucun critère universel du goût, aucune hiérarchie qui puisse nous permettre de faire la part entre les différentes évaluation subjectives?
   Dans les civilisations du passé, on croyait à des critères objectifs de beauté parce que l’art y avait pour fonction de refléter un ordre cosmique indépendant des hommes et parfait. Autrement dit quand l’art était sacré (“hiéros” en grec) il y avait une hiérarchie des valeurs esthétiques. L’art n’a plus cette fonction dans notre civilisation où la science a désenchanté le monde, et où nous accordons plus d’importance aux complexités de la vie psychologique des individus qu’aux rapports harmonieux dans le cosmos. Il n’y a pas de critères esthétiques objectifs et universels, c’est à dire relevant de l’univers lui-même: l’univers n’est ni beau ni laid, il est. Aucune connaissance scientifique ne pourra jamais porter sur ces qualités qui ne se rapportent pas aux choses, mais à celui qui en fait l’expérience. Privés de sacré et de sublime, sommes-nous irrémédiablement voués à la platitude, au nivellement par le bas de la culture de masse?
   Peut-être que s’il n’y a pas de critères objectifs et universels du goût, il n’en reste pas moins qu’il y a une différence subjective certes, mais universelle entre ceux qui ont du goût et acceptent d’en parler, et ceux qui n’en ont pas (et refusent d’en parler). Sur quoi repose cette différence? Peut-être que ce que l’on peut appeler avoir du goût est une disposition acquise, une capacité de contemplation désintéressée, une volonté attentive et patiente de s’ouvrir et de se rendre disponible au beau sous toutes ses formes. Alors que le mauvais goût serait la propension à céder aux attraits flatteurs et faciles de l’agréable et de s’en contenter.
   Ainsi, s’il peut paraître stérile de discuter de la supériorité d’un goût (ou même d’une culture) par rapport à un autre, il est bien légitime de nous demander avant toute chose si, oui ou non, le goût s’éduque.

 

 

DISTINGUER

 

Zone de Texte: Sens 1 Différencier, rendre reconnaissable. Ex Sa démarche le distinguait de tous les autres hommes. Synonyme singulariser Anglais to distinguish from, to set apart from
Sens 2 Etablir une différence. Ex Distinguer les anciens jetons des nouveaux. Synonyme séparer Anglais to distinguish, to tell apart
Sens 3 Percevoir, discerner. Ex Distinguer un animal dans la pénombre. Synonyme percevoir Anglais to distinguish, (par la vue) to make out
Sens 4 Remarquer, relever. Synonyme remarquer

 

BEAU

Qui procure par la forme un plaisir esthétique. Qui inspire un sentiment d'admiration. Agréable. Pur, serein. Noble, élevé. Avantageux. Beau joueur: celui qui perd au jeu sans sourciller. L'échapper belle: échapper de justesse à un grand danger. Avoir beau: se donner du mal en vain. Tout beau: doucement. De plus belle: en augmentant.

 

AGREABLE

 

 

Qui procure un sentiment de légère gaieté, de bonheur ou encore de bien-être. Cet homme a des manières agréables. Une musique agréable.