Le doute est une incertitude sur l'existence ou la vérité d'une chose, sur
la vérité ou la fausseté d'une idée.
Le doute et
Descartes :
L’une des phrases les plus célèbres en
philosophie est bien celle de Descartes : « Je pense donc je
suis ». Extraite de son fameux ouvrage, Discours de la méthode,
elle demeure l’une des références fondamentales pour la pensée moderne.
Le jugement
concernant le beau n’est
pas un jugement subjectif. Il ne se fonde pas seulement sur une sensibilité
personnelle. Or, l’appréciation du beau dépend des goûts de
chacun. Ces goûts ne sont pas discutables. Ils ne sont ni vrais, ni faux.
Ici, se pose alors un problème conceptuel : peut on avoir tort ou raison lorsque l’on dit «
c’est beau » ?
Afin de répondre à cette problématique, nous verrons dans une 1ère partie que
l’esprit peut juger du beau
et du laid. Puis dans un 2ème temps, nous montrerons que ce sont nos
inclinations naturelles qui dictent nos goûts
“Des goûts et des couleurs on ne
discute pas” entend-on souvent, ce qui voudrait dire que le jugement de goût
est tout entier livré à l’arbitraire de chacun, et ce qui, au fond, reléguerait
l’appréciation esthétique au même rang que le goût en matière de cuisine. Tout
comme chacun est libre de préférer le couscous au cassoulet (et vice versa), il
n’y aurait qu’une différence subjective entre Bach et le dernier des Boys Band.
N’y a-t-il donc rien de beau en soi, aucun critère universel du
goût, aucune hiérarchie qui puisse nous permettre de faire la part entre les
différentes évaluation subjectives?
Dans les civilisations du passé, on croyait à des critères
objectifs de beauté parce que l’art y avait pour fonction de refléter un ordre
cosmique indépendant des hommes et parfait. Autrement dit quand l’art était
sacré (“hiéros” en grec) il y avait une hiérarchie des valeurs esthétiques.
L’art n’a plus cette fonction dans notre civilisation où la science a
désenchanté le monde, et où nous accordons plus d’importance aux complexités de
la vie psychologique des individus qu’aux rapports harmonieux dans le cosmos.
Il n’y a pas de critères esthétiques objectifs et universels, c’est à dire
relevant de l’univers lui-même: l’univers n’est ni beau ni laid, il est. Aucune
connaissance scientifique ne pourra jamais porter sur ces qualités qui ne se
rapportent pas aux choses, mais à celui qui en fait l’expérience. Privés de
sacré et de sublime, sommes-nous irrémédiablement voués à la platitude, au
nivellement par le bas de la culture de masse?
Peut-être que s’il n’y a pas de critères objectifs et universels
du goût, il n’en reste pas moins qu’il y a une différence subjective certes,
mais universelle entre ceux qui ont du goût et acceptent d’en parler, et ceux
qui n’en ont pas (et refusent d’en parler). Sur quoi repose cette différence?
Peut-être que ce que l’on peut appeler avoir du goût est une disposition
acquise, une capacité de contemplation désintéressée, une volonté attentive et
patiente de s’ouvrir et de se rendre disponible au beau sous toutes ses formes.
Alors que le mauvais goût serait la propension à céder aux attraits flatteurs
et faciles de l’agréable et de s’en contenter.
Ainsi, s’il peut paraître stérile de discuter de la supériorité
d’un goût (ou même d’une culture) par rapport à un autre, il est bien légitime
de nous demander avant toute chose si, oui ou non, le goût s’éduque.
Lorsqu'il
s'agit de ce qui est agréable, chacun consent à ce que son jugement, qu'il
fonde sur un sentiment personnel et en fonction duquel il affirme qu'un objet
lui plaît, soit restreint à sa seule personne. Aussi bien disant : "Le vin
des Canaries est agréable", il admettra volontiers qu'un autre corrige
l'expression et lui rappelle qu'il doit dire : cela m'est agréable. Il en est
ainsi non seulement pour le goût de la langue, du palais et du gosier, mais
aussi pour tout ce qui peut être agréable aux yeux et aux oreilles de chacun.
La couleur violette sera douce et aimable pour celui-ci, morte et éteinte pour
celui-là. Celui-ci aime le son des instruments à vent, celui-là aime les
instruments à cordeC'est pourquoi il dit : la chose est belle et dans son
jugement exprimant sa satisfaction, il exige l'adhésion des autres, loin de
compter sur leur adhésion, parce qu'il a constaté maintes fois que leur
jugement s'accordait avec le sien. Il les blâme s'ils jugent autrement et leur
dénie un goût, qu'ils devraient cependant posséder d'après ses exigences; et
ainsi on ne peut dire : "À chacun son goût". Cela reviendrait à dire
: le goût n'existe pas, il n'existe pas de jugement esthétique qui pourrait
légitimement prétendre à l'assentiment de tous" Analytique du beau.
“Des goûts et des couleurs on ne discute
pas”
“Des goûts et
des couleurs on ne discute pas” entend-on souvent, ce qui voudrait dire que le
jugement de goût est tout entier livré à l’arbitraire de chacun, et ce qui, au
fond, reléguerait l’appréciation esthétique au même rang que le goût en matière
de cuisine. Tout comme chacun est libre de préférer le couscous au cassoulet
(et vice versa), il n’y aurait qu’une différence subjective entre Bach et le
dernier des Boys Band.
N’y a-t-il donc rien de beau en soi, aucun critère universel du
goût, aucune hiérarchie qui puisse nous permettre de faire la part entre les
différentes évaluation subjectives?
Dans les civilisations du passé, on croyait à des critères
objectifs de beauté parce que l’art y avait pour fonction de refléter un ordre
cosmique indépendant des hommes et parfait. Autrement dit quand l’art était
sacré (“hiéros” en grec) il y avait une hiérarchie des valeurs esthétiques.
L’art n’a plus cette fonction dans notre civilisation où la science a
désenchanté le monde, et où nous accordons plus d’importance aux complexités de
la vie psychologique des individus qu’aux rapports harmonieux dans le cosmos.
Il n’y a pas de critères esthétiques objectifs et universels, c’est à dire
relevant de l’univers lui-même: l’univers n’est ni beau ni laid, il est. Aucune
connaissance scientifique ne pourra jamais porter sur ces qualités qui ne se
rapportent pas aux choses, mais à celui qui en fait l’expérience. Privés de
sacré et de sublime, sommes-nous irrémédiablement voués à la platitude, au
nivellement par le bas de la culture de masse?
CASTELLI ,SAUVAGE
Peut-être que s’il n’y a
pas de critères objectifs et universels du goût, il n’en reste pas moins qu’il
y a une différence subjective certes, mais universelle entre ceux qui ont du
goût et acceptent d’en parler, et ceux qui n’en ont pas (et refusent d’en
parler). Sur quoi repose cette différence? Peut-être que ce que l’on peut
appeler avoir du goût est une disposition acquise, une capacité de
contemplation désintéressée, une volonté attentive et patiente de s’ouvrir et
de se rendre disponible au beau sous toutes ses formes. Alors que le mauvais
goût serait la propension à céder aux attraits flatteurs et faciles de
l’agréable et de s’en contenter.
Ainsi, s’il peut paraître stérile de discuter de la supériorité
d’un goût (ou même d’une culture) par rapport à un autre, il est bien légitime
de nous demander avant toute chose si, oui ou non, le goût s’éduque.
Qu’en
pensez-vous ?
Lorsque
quelqu'un ne trouve pas beau un édifice, un paysage ou un poème, cent avis qui
au contraire les apprécient ne lui imposeront pas intérieurement un
assentiment. Bien entendu, il peut faire' comme si la chose lui plaisait afin
de ne pas passer pour manquer de goût ; il peut même commencer à douter d'avoir
assez formé son goût par la connaissance d'un nombre suffisant d'objets d'un
certain type (comme quelqu'un qui, de loin, s'imaginant reconnaître une forêt,
tandis que d'autres v voient une ville, doutera du jugement de sa propre vue).
Il lui apparaîtra néanmoins très clairement que l'assentiment d'autrui ne
fournit pas le moindre argument probant lorsqu'il s'agit de juger de la beauté
; que d'autres peuvent bien voir et observer pour lui, et que ce que beaucoup
ont vu de la même manière peut constituer pour lui, qui croit avoir vu les
choses autrement, un argument probant suffisant pour former un jugement
théorique et donc logique ; jamais pourtant ce qui a plu à d'autres ne peut
servir de fondement à jugement esthétique. Le jugement d'autrui qui désapprouve
le nôtre peut certes à bon droit nous faire douter, mais jamais nous persuader
que nous avions tort. Il n'existe donc aucun argument probant d'ordre empirique
qui puisse imposer un jugement de goût à quelqu'un.