Parcours philosophique de la classe T20 STG

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BOUCHERON Emma

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03 février 2009

BOUCHERON E. : L’illusion est-elle une erreur ?

Illusion et Platon : Platon prend l'image d'un navire pour montrer la conséquence politique de l'ignorance ignorée. Chaque marin se croit apte à mener le navire et se moque de celui qui, conscient des difficultés du pilotage essaie d'en acquérir la science. La foule traite de " bailleur aux étoiles " celui qui réfléchit, théorise, cherche un appui scientifique à son action et donc doute et ne se précipite pas. Elle pense posséder spontanément le savoir suffisamment et n'a que faire des intellectuels.

 Platon voit comme destin aux démocraties, lorsqu'elle se moque, voir supprime les élites (Socrate), la tyrannie.

Erreur et Descartes :Les méditations métaphysiques de Descartes sont plus difficiles que le Discours, car plus profondes. Elles ne procèdent pas du même esprit démocratique. Écrites en latin (puis traduites en 1647), elles s'adressent d'abord aux savants. C'est l'oeuvre philosophique la plus importante de Descartes. Elle est à l'origine d'une bonne partie de la philosophie moderne. On retient des six Méditations l'hypothèse du malin génie, l'image du morceau de cire, la preuve de l'existence de Dieu, et l'explication de la différence entre le corps et l'âme.

Dans la première méditation, Descartes reprend le thème du doute méthodique et lui donne une forme générale : il se peut qu'un malin génie nous trompe systématiquement sur tout et nous rende incapable de comprendre vraiment quoique ce soit.

Dans la deuxième méditation, il montre que même dans ce cas de doute extrême, il est certain que "je suis, s'il me trompe". En examinant un morceau de cire, Descartes montre que son intelligence vient de l'esprit et non des sens. Je suis un esprit qui voit, touche, sens, le morceau de cire.

Dans la troisième, il avance qu'un être fini ne peut pas avoir de conception de l'infini. Or, puisque nous avons une conception de l'infini en nous, il faut qu'elle y ait été mise par un être infini. Seul Dieu possède les attributs d'un être infini. Son existence est donc certaine.

Mais alors d'où vient l'erreur ? C'est l'objet de la quatrième méditation. Descartes y conclut que c'est la volonté qui est à l'origine de l'erreur, lorsque la volonté excède les possibilités de l'entendement. C'est alors que l'on fait preuve de précipitation dans son jugement.

Dans la cinquième, Descartes revient sur le problème de l'existence de Dieu, qu'il fait découler des perfections que je me vois contraint de lui attribuer lorsque je pense à lui. Dieu est le garant de la conception des idées claires et distinctes et donc le garant de ma propre raison.

Dans la dernière méditation, l'être humain apparaît comme une combinaison de l'âme et du corps. Le corps est une machine qui appartient au monde matériel, le monde des choses étendues (mesurables). Mes sens m'informent de ce monde matériel. Alors que l'âme, qui est mon véritable moi appartient à la chose pensante (au monde de l'esprit). Il faut y distinguer l'imagination (qui a partie liée avec les sens) et l'entendement (qui est pur).

Vérité :La vérité (du latin veritas) est un terme de philosophie qui exprime la qualité de ce qui est vrai. C'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.

La diversité des interprétations du mot a constitué dans le passé et jusqu'à maintenant bien des controverses. Et les réflexions de penseurs et de philosophes au cours des siècles constituent autant d'écoles différentes.

Méthode et Descartes : Le "Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences" est la première grande œuvre philosophique et scientifique écrite en français, et non en latin. Son auteur, René Descartes, veut être accessible à tous. Il jette les bases d'une révolution intellectuelle : contre la pensée prélogique des hommes de la Renaissance, il prône le doute méthodique et le recours à la raison. Sa première certitude étant l'existence du sujet pensant : "cogito ergo sum" ("je pense donc je suis").

 

Illusion des sens : On peut distinguer deux types d’illusion : le premier est l’illusion des sens, comme l’illusion d’optique – trompe-l’œil par exemple –, le mirage ou “l’illusion des amputés” (lorsqu’ils ressentent une douleur qu’ils localisent à l’endroit qu’occupait le membre amputé). Ce premier type d’illusion pose le problème de la confiance que nous pouvons faire en nos sens. Dans les exemples évoqués ci-dessus, peut-on dire, selon l’expression commune, que « nos sens nous trompent » ? Ne serait-ce pas plutôt notre esprit qui se trompe sur ce qu’il peut attendre des sens, qui ne font que nous transmettre des informations par des processus qui nous échappent parfois ? Il ne s’agit peut-être pas tant d’une sensation fausse que d’une interprétation fausse – mais impossible à dissiper – d’une sensation. Cette illusion est-elle donc bien celle des sens ?

Le second type est l’illusion de l’esprit. C’est en ce deuxième sens qu’on dit de quelqu’un qu’il « se fait des illusions », c’est-à-dire qu’il « prend ses désirs pour des réalités. » Cette deuxième formule nous renseigne assez précisément sur ce qu’est l’illusion de l’esprit : une croyance issue d’un désir ; autrement dit, être le “jouet” d’une illusion, c’est croire que quelque chose est réel seulement parce qu’on désirerait que cela le soit. On pourrait alors expliquer en partie la force de l’illusion, c’est-à-dire sa résistance à une réfutation rationnelle, par la force du désir qui est à son origine : plus je désire une chose inexistante, voire chimérique, plus ma croyance illusoire en sa réalité pourra être forte.

A partir de ces remarques se pose une question philosophique : jusqu’à quel point l’homme peut-il être la “victime” de ses illusions ? On pourrait répondre : jusqu’à la folie, si l’on veut admettre que le fou se définit comme vivant justement dans un monde illusoire et non dans ce qu’on appelle la réalité. Mais une telle réponse ne résout pas la question de la fréquence ou de la rareté des personnes illusionnées ; en effet, si l’illusion se caractérise notamment par le fait qu’elle n’apparaît pas immédiatement comme telle à celui qui la subit, qu’elle peut même ne jamais se révéler en tant qu’illusion, personne ne peut, en toute rigueur, affirmer qu’il n’est victime d’aucune illusion. C’est bien sûr davantage à l’illusion de l’esprit que nous nous référons ici, car l’illusion des sens est souvent moins durable car plus facile à “démasquer”.

En fait, l’illusion la plus forte est celle dont il n’existe aucune désillusion possible. Pour certains par exemple, la foi religieuse serait l’illusion suprême : la croyance en Dieu et celles qui l’accompagnent généralement (un être tout-puissant et infiniment bon, l’immortalité de l’âme, le paradis et l’enfer pour ceux qui les méritent respectivement, …) se rapportent précisément à ce qu’il y a de plus désirable parmi tout ce que les hommes peuvent espérer, sans qu’aucune justification rationnelle n’en confirme l’existence. Il n’en reste pas moins qu’aucune véritable désillusion ne peut mettre fin à de telles croyances, puisqu’elles se situent précisément hors de toute expérience. C’est la raison pour laquelle nul ne peut affirmer qu’elles sont bien des illusions, ou plutôt qu’elles ne sont que des illusions, sans conformité à la réalité. En effet, croire ce qui m’arrange pour la seule raison que cela m’arrange, c’est bien être dans l’illusion, mais cela n’empêche pas que, par chance, la réalité soit conforme à mes désirs, sans que je le sache vraiment. C’est pourquoi on peut enfin se demander si l’illusion, qui réconforte, n’est pas parfois préférable à la réalité, qui peut être désespérante – pour peu que l’on soit à l’abri de la désillusion.

 

L’illusion est-elle une erreur ? Vous connaissez le proverbe « l’erreur est humaine ». « Que dit cette expression, que dit-elle de l’erreur, et que dit-elle de l’humain ? » En quoi l’erreur est-elle humaine ? Quelle est la positivité de l’erreur ? En quoi la non prise en compte de l’erreur et de sa positivité est-elle finalement inhumaine ? L’erreur n’est certes pas synonyme de faute, et pourtant on les assimile souvent. La faute n’est pas seulement une erreur que l’on condamne moralement : bien souvent l’erreur de l’Autre est constitutive de la faute. Il s’agirait donc au moins de déculpabiliser l’erreur, non pas afin de valoriser l’erreur au détriment de la vérité, mais il s’agirait d’aller au-dela de la faute, il s’agirait d’aller vers la civilisation en reconnaissant les vertus civilisatrices de l’erreur elle-même, en tant qu’elle fait partie intégrante de toute recherche.

Donc l’erreur est humaine, mais à quel « niveau » elle est humaine ? Quel genre d’erreur ? Toute sorte d’erreur ? On le voit bien, il nous faut commencer par définir l’erreur. Un brin d’étymologie. Erreur vient du latin « error », course à l’aventure, et de « errare », errer. En français l’erreur n’est pas un terme formidablement ambigu ou polysémique, tout simplement parce que cela semble le contraire de la vérité, dans ses deux dimensions principales, à savoir vérité logique et expérimentale. 2 plus 2 égale 5 est une erreur de calcul, un jugement contraire à la logique mathématique. Il neige aujourd’hui est une erreur, un jugement contraire à la réalité des faits. De ce double point de vue, l’erreur est une privation de connaissance, ce qui est un phénomène humain en effet. Mais de ce point de vue, nous n’aurons aucune difficulté à souligner la positivité de l’erreur : puisque ne se trompe que celui qui cherche la vérité, la vérité a besoin de l’erreur pour apparaître. L’erreur n’est qu’une vérité en gestation, à partir du moment où l’on admet (comme il convient) que l’éclosion de la vérité est un processus historique et laborieux, collectif, et pas forcément linéaire. Je m’appuierai sur deux domaines classiques pour réhabiliter l’erreur : celui de science et celui de la politique. Je montrerai, comme le rappelle Patrice Desmons avec Bachelard, que la science va d’erreur en erreur, je montrerai que la démocratie elle-même va d’erreur en erreur, et comment ceux qui n’acceptent pas l’erreur, qui n’acceptent ni la possibilité de l’erreur ni la possibilité de corriger l’erreur sont précisément anti-démocrates, parce qu’ils croient en une vérité absolue, dogmatique.

Mais voilà, je n’ai pas l’intention de m’en tenir à l’erreur, au sens classique que je viens de définir. D’abord parce que si l’erreur est le contraire de la vérité, il faut prendre la vérité dans son sens pleinement humain. Et la vérité n’est pas seulement logique ou expérimentale, elle est aussi profondément subjective. C’est en quoi elle est elle-même humaine et non surhumaine. Lorsque Descartes affirme que, pour tout être humain, « je pense donc je suis », « je suis un être pensant » est la première des vérités, justement ce n’est pas une vérité comme les autres, c’est une évidence qui a la structure d’une certitude : je sais que c’est vrai, et ce n’est pas une vérité seulement logique. Pour penser, il faut être – ça c’est logique -, mais pour marcher aussi, il faut être – c’est encore logique. Mais que le fait de penser seul me donne la certitude d’exister et d’être moi-même, il s‘agit là d’une conviction plus que logique, d’une certitude « subjective » en ce sens qu’elle est précisément fondatrice pour le sujet. Une certitude qui ne laisse place à aucune illusion. Or justement, l’illusion est peut-être la dimension subjective, la dimension humaine par excellence de l’erreur. Notez que l’illusion n’est pas le contraire exact de la certitude, le contraire de la certitude est le doute. L’illusion serait plutôt une manière de pallier le doute, et chacun sait bien qu’une certitude peut très bien être illusoire. Mais en quoi l’illusion est-elle particulièrement humaine, excusable, et même nécessaire ? L’illusion n’est pas le produit de l’intelligence, du jugement, comme c’est le cas de l’erreur (l’erreur est un mauvais jugement), elle est le produit de l’imagination. C’est en quoi elle est subjective, et plus humaine que l’erreur, laquelle est seulement « fonctionnelle » si l’on peut dire.

Mais j’ai annoncé également un troisième concept : celui d’hallucination. Justement, cela va me servir à recentrer le phénomène de l’illusion, en tant qu’imaginaire, dans sa positivité propre. Ce qui compte, c’est de structurer ensemble les phénomènes de l’erreur, de l’illusion, et de l’hallucination. Pour cela, je vais utiliser la structuration lacanienne bien connue, Réel-Imaginaire-Symbolique. Ce sont, selon Lacan, les trois dimensions constitutive du Sujet, et l’on peut penser que c'est l'imaginaire (donc l'illusion, comme on va le voir) qui assure la consistance de l'ensemble. Comme telle, l'erreur serait plutôt en rapport avec le symbolique, tandis que l'illusion serait le propre de l'imaginaire, pendant que l'hallucination, enfin, serait très exactement l'apparence du réel, ou plutôt une apparence se présentant comme Le réel pour le sujet concerné (souvent psychotique, en l’occurrence). Mon propos sera de démontrer que si "l'erreur est humaine", c'est principalement en tant qu'illusion, en tant qu'elle a un rapport avec l'imaginaire et aussi (comme on le verra avec Freud) avec le Désir. La vérité en effet (qui a priori est le contraire exact de l'erreur) n'a pas de consistance suffisante au plan existentiel, elle s'avère très vite impuissante, voire « inhumaine » en tant que telle. L'illusion, quoique négative et dangereuse sous bien des aspects, est positive dans un sens beaucoup plus profond que la simple erreur : je dirais tout simplement qu'elle humanise l'erreur - et peut-être même la vérité.

Je vais me concentrer dans un premier temps sur l'erreur proprement dite. Je vais rappeler la très classique analyse cartésienne de l’erreur ; ce sera une révision utile pour mieux cerner en même temps le concept de vérité. Je montrerai alors la positivité de l’erreur sur le plan épistémologique et sur le plan politique. Dans un second temps, je me pencherai sur l’illusion, en la comparant notamment avec l’apparence (concept nettement différent) : sa dimension humaine et subjective, sa positivité n’en ressortira que mieux. Enfin il sera question de l'hallucination en tant que structure particulière : ni erreur, ni illusion, mais apparence réelle pour le sujet. Ainsi l'illusion, entre l'erreur et l'hallucination, serait bien une marque de l'humanité...


25 janvier 2009

La vérité : BOUCHERON Emma

A la vérité qui dérange, faut-il préférer l’illusion qui réconforte ?                                                                      

Vérité : La vérité (du latin veritas) est un terme de philosophie qui exprime la qualité de ce qui est vrai. C'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.

On peut dire que la vérité est l'affirmation de ce qui existe ou la négation de ce qui n'existe pas; donc, finalement, l'accord de nos jugements avec la réalité. Cette définition paraît claire et satisfaisante, sans doute, au sens commun. Mais si l'on se place du point de vue soit du criticisme, soit de l'idéalisme, on pourra la trouver peu philosophique.

Illusion et Descartes :Lorsque j'étais enfant, j'aimais une fille de mon âge, qui était un peu louche  ; au moyen de quoi, l'impression qui se faisait par la vue en mon cerveau, quand je regardais ses yeux égarés, se joignait tellement à celle qui s'y faisait aussi pour émouvoir la passion de l'amour, que longtemps après, en voyant des personnes louches, je me sentais plus enclin à les aimer qu'à en aimer d'autres, pour cela seul qu'elles avaient ce défaut ; et je ne savais pas néanmoins que ce fût pour cela. Au contraire, depuis que j'y ai fait réflexion, et que j'ai reconnu que c'était un défaut, je n'en ai plus été ému. Ainsi, lorsque nous sommes portés à aimer quelqu'un, sans que nous en sachions la cause, nous pouvons croire que cela vient de ce qu'il y a quelque chose en lui de semblable à ce qui a été dans un autre objet que nous avons aimé auparavant, encore que nous ne sachions pas ce que c'est. Et bien que ce soit plus ordinairement une perfection  qu'un défaut, qui nous attire ainsi à l'amour, toutefois, à cause que ce peut être quelquefois un défaut, comme en l'exemple que j'en ai apporté, un homme sage ne se doit pas laisser entièrement aller à cette passion, avant que d'avoir considéré le mérite, de la personne pour laquelle nous nous sentons émus.

DESCARTES
Lettre à Chanut - 6 juin 1647

Illusion et Freud :LA RELIGION ET L'ILLUSION "La religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l'humanité ; comme celle de l'enfant, elle dérive du complexe d'Oedipe des rapports de l'enfant au père." Freud, L'Avenir d'une illusion, 1927.

 

Illusion et Spinoza : " La plupart semblent croire qu'ils sont libres dans la mesure ou il leur est permis d'obéir à leurs penchants et qu'ils abandonnent de leur indépendance dans la mesure où ils sont tenus de vivre selon la prescription de la loi divine. La moralité donc, et la religion, et, sans restriction, tout ce qui se rapporte à la force d'âme, ils les prennent pour des fardeaux qu'ils espèrent déposer après la mort, pour recevoir le prix de la servitude; à savoir de la moralité et de la religion : et ce n'est pas cet espoir seul, mais aussi et surtout la crainte d'être punis par d'horribles supplices après la mort, qui les poussent à vivre selon la prescription de la loi divine, autant que le permettent leur petitesse et leur âme impuissante. Et si les hommes n'avaient pas cet espoir et cette crainte, s'ils croyaient au contraire que les esprits périssent avec le corps, et qu'il ne reste aux malheureux épuisés par le fardeau de la moralité aucune survie, ils reviendraient à leurs nature. Ils, voudraient tout gouverner selon leurs penchants et obéir à la fortune plutôt qu'à eux-mêmes. Ce qui ne me paraît pas moins absurde que si un homme, parce qu'il ne croit pas pouvoir nourrir éternellement son corps de bons aliments, préférait se saturer de poisons mortels ; ou bien, parce qu'il voit que l'esprit n'est pas éternel ou immortel, préfère être dément et vivre sans la Raison : absurdité telle qu'elle mérite à peine d'être relevée. "

 

 

A la vérité qui dérange, faut-il préférer l’illusion qui réconforte ?

Notre question nous confronte à un dilemme grave qui n'a de sens que dans des situations d'expérience exceptionnellement dramatique. Un choix s'impose, ou un cas de conscience. Il faut, de gré ou de force, s'embarquer et préférer une situation à une autre, soit dire/entendre la vérité et en payer un prix qui peut être très lourd, soit se taire/ne pas écouter la vérité pour sauvegarder la vie, le bonheur d'une personne, même si c'est au prix de l'aliénation dans des illusions. On peut penser au médecin devant une maladie très grave, chez un patient qui n'en n'a plus que pour six mois à vivre et qui, pour l'instant ne se rend compte de rien. Faut-il lui gâcher son bonheur d'aujourd'hui en lui révélant la vérité ? En d'autres situations, peut-on se permettre de mettre devant ses responsabilités directes, quelqu'un qui est déjà très malheureux ? N'est-ce pas alors courir le risque, sous prétexte "qu'il faut dire la vérité", de précipiter un désastre, une dépression, voire un suicide ? Certains psychologues dépourvu de tact on fait l'amère expérience d'une violence de la vérité. On n'est pas toujours capable de regarder la vérité en face, si on n'a pas la force de caractère nécessaire.

Cependant, même si l'illusion peut offrir un semblant de réconfort, ce n'est que par une tromperie qui ne résiste pas indéfiniment. Il faut croire, croire encore dans les illusions, jusqu'au jour où on cesse de se laisser berner. Une vie dans l'illusion est indigne de la condition de l'homme. Tôt ou tard, de toute manière, il faudra bien accepter la vérité. Tout est peut être question de délicatesse dans la manière de le dire et aussi de capacité d'acceptation dans la manière de l'apprendre. Ce qui est certain, c'est que remettre une vie en conformité avec la vérité peut conduire à des révisions radicales, un retournement complet de ce qui était la vie auparavant. Spinoza, par exemple, ne nie pas la valeur de la religion fondée sur la crainte. Elle est très utile pour le peuple. Elle le rend discipliné, elle le pousse, par la crainte du châtiment, à faire le bien. L'Etat ne doit pas renier la religion. L'homme libre cependant, n'a pas besoin des illusions qu’engendrent la peur et son lot de compensations. Il fait le bien directement. Homme de la raison, il veut connaître Dieu en s'élevant aussi loin possible que la raison le lui permet, jusqu'à l'intuition de l'absolu. Chercher un réconfort dans la religion est chose totalement différente que de chercher la vérité sur la nature de l'absolu. Dans l'idée de réconfort, il y a l'idée que l'on va sauvegarder le confort actuel ou le rétablir. Le réconfort ne change rien. Il apporte un calmant à la douleur, il ne la soigne pas. La vérité au contraire guérit des illusions et de l'erreur, mais le traitement peut ne peut être agréable du tout, s'il faut passer par la perte des illusions que l'on entretenait jusque là. Quand la vérité est acceptée, une paix survient, mais la paix qui réunit avec la réalité, avec ce qui est, n'a rien à voir avec le seul réconfort psychologique de paroles gentilles, mais qui maintiennent dans l'illusion. Il faut bien voir donc que, d'un côté, chercher un réconfort et d'un autre côté vouloir connaître la vérité reposent sur deux motivations très différentes. Il faut du courage, de l'audace, un sens de la remise en question et du risque pour vouloir la vérité. Pour chercher un réconfort, il suffit de quémander un peu de gentillesse autour de soi. Mais en même temps la complaisance, la pitié sont ambigus cherché de cette façon. Nous aimons ceux qui nous prennent en pitié de cette façon car ils nous donnent raison et nous permettent de persister dans nos illusions. Une crise de larmes appelle naturellement la consolation. Mais que dire de celui qui ne se laisse pas prendre au jeu des compromissions larmoyantes et dit la vérité, que souvent le chagrin est hypocrite et que l'on se lamente sur soi-même ! Il ne réconforte certes pas, mais, si ses intentions sont pures, il peut dire la vérité et aider. Alors, quelle attitude choisir? Qui a le plus de cœur ?

Dans quelle situation vaut-il mieux faire silence sur la vérité ? Dans quelle situation vaut-il mieux dire la vérité ? Comment tracer la frontière ? Le problème est il identique du côté du dire (de moi vers l'autre) et du coté de l'entendre (de l'autre vers moi) ? N'y a-t-il pas une sorte d'éthique de la parole dans le premier pas qui vise au respect absolu de la personne ? N'y a-t-il pas dans le second cas une sorte de courage à faire face à une situation dans laquelle la vérité vous provoque ?

Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Ou bien faut-il plier la vérité à une utilité peut-être opportuniste ?

 

L’illusion peut être caractérisée comme une forme particulière d’erreur du jugement, qui se laisse piéger par les apparences d’une chose et ne peut atteindre sa réalité. Dès lors il semble naturel de s’efforcer de lutter contre l’illusion, qui n’est qu’une déformation de la réalité. Pourtant, l’illusion n’est-elle pas protectrice, en nous préservant parfois d’une vérité trop insupportable ?

Certaines personnes nous rappellent volontiers qu'il est des réalités si effrayantes, si décourageantes, si démoralisantes qu'il vaut mieux les ignorer. A mon avis, il est presque toujours préférable de regarder en face les réalités qui nous menacent plutôt que de rester dans l'ignorance. Fermer les yeux sur la réalité n'a jamais diminué les périls qu'elle représente ; et il ne fait aucun doute que nos chances de surmonter l'épreuve augmentent quand nous nous forçons à regarder les choses sans ciller.
Selon moi, ce principe s'applique autant à nos tendances individuelles et à notre forme de caractère qu'aux réalités du monde extérieur. Nous devons déterminer ce que nous voulons vraiment, ce qui nous procurera une satisfaction maximale, et quelles craintes nous empêchent d'agir comme nous le souhaiterions. Il est à coup sûr fort difficile de parvenir à une authentique connaissance de soi, et très pénible de découvrir certaines vérités personnelles. Mais quand on s'efforce de réussir sa vie, l'aptitude à affronter des faits dérangeants quant à sa propre personnalité peut être encore plus précieuse que la simple compréhension des obstacles du monde extérieur.
Sans la vérité, nous en sommes réduits soit à n'avoir aucune opinion sur les choses, soit à nourrir une opinion erronée. Dans un cas comme dans l'autre, nous ignorons dans quelle situation nous nous
trouvons. Nous n'avons aucune idée de ce qu'il se passe, ni dans le monde extérieur ni à l'intérieur de nous-mêmes. Si nous professons certaines croyances à propos de ces questions, elles sont erronées ; et une idée fausse n'a jamais aidé personne à se tirer d'affaire. Bien sûr, nous pouvons toujours prétendre que l'ignorance est la clef du bonheur et nous complaire dans l'erreur ; ainsi, malgré les dangers qui nous menacent, nous pouvons échapper provisoirement aux angoisses et aux doutes. Mais, au bout du compte, notre ignorance et nos idées fausses ne feront probablement qu'aggraver la situation".

 

23 septembre 2008

Boucheron Ex1

 

Sujet : Peut-on dire d'une civilisation qu'elle est supérieure à une autre ?

Exercices

 En quoi consiste un problème philosophique ?

Réponse 1 : Il n’existe pas de problème en soi, il n’y a de problème qu’à partir du moment où une formulation explicite des difficultés a été donnée.____________________________________________

_______________________________________________________________

Réponse 2 : Un problème philosophique consiste a repérer les configurations diverses pour répondre à la question posée           

______________________________________________________________

«   Notre culture se caractérise par un haut degré de développement scientifique et technique. C'est un fait. Tout le problème est de savoir si ce fait nous "autorise" à affirmer que notre civilisation (notre culture) est supérieure aux autres c'est à dire si ce fait rend légitime cette affirmation. La question est celle du droit. Avons-nous le droit de considérer notre culture comme supérieure sous prétexte que son niveau scientifique et technique et élevé ? Si la réponse était négative il serait alors légitime de se demander quel autre critère de hiérarchisation entre les cultures utiliser si tant est que ce critère existe. C'est peut-être justement la notion même de critère de hiérarchisation qui est à interroger. L'intérêt de ce problème est double. D'abord il nous permettra de nous situer par rapport aux autres cultures qu'elles soient éloignées de nous dans le temps ou dans l'espace. Ensuite il nous éclairera sur la mondialisation de notre culture qui s'impose de plus en plus aux autres. Cette mondialisation est-elle légitime (elle viendrait de notre supériorité) ou au contraire est-elle une aberration de l'histoire conduisant à la destruction des autres cultures dont les valeurs seront alors perdues pour l'homme ? »

 

1/ D'après le paragraphe ci-dessus : quelle est le problème soulevé par le sujet proposé ?

Réponse : Avons nous le droit d'affirmer que notre civilisation est supérieure aux autres, avons nous le droit de considérer notre culture comme supérieure sous prétexte que son niveau scientifique et technique est élevé?

 

 Que faut-il faire pour mener à bien le travail de problématisation du sujet proposé ?

Réponse 1 : Checher la définition des termes importants contenus dans le sujet_

Réponse 2 :  Etres attentifs a la question posée___________________________

Réponse 3 : Comprendre de manière précise le sujet______________________

Réponse 4 : Il faut se demander « a quoi veut-on me faire réfléchir »__________

Réponse 5 : Faire attention a la portée philosophique exprimer pas l'intermédiaire du sujet 

Réponse 6 : Faire attention au sens du sujet_____________________________

Réponse 7 : Faire attention au différent sens d'une notion__________________

 Quelle question faut-il se poser pour éviter le hors sujet ?

 En quoi consiste un problème philosophique ?

Réponse 1 : La question que l'on peut se poser pour éviter le hors sujet c'est: « est-ce que j'ai mener a bien le travail de problématisatoon du sujet posé? »____________________________________

_______________________________________________________________

 

Pour vous aider, vous pouvez consulter les liens suivants :

 

Cours de philosophie 2008-2009

http://evelyne-rogue.ac-versailles.fr/coursphilosophie/culture.html

 

Blog de la classe de T20 STG

http://blog.crdp-versailles.fr/parcoursphilosophiquedet20/index.php/

 

Dictionnaire Larousse

http://www.larousse.fr/LaroussePortail/encyclo/XHTML/EUL.Online/explorer.aspx

 

 

 

12 septembre 2008

Exercice 2

Sujet : Peut-on dire d'une civilisation qu'elle est supérieure à une autre ?

Exercices

 En quoi consiste un problème philosophique ?

Réponse 1 : Il n’existe pas de problème en soi, il n’y a de problème qu’à partir du moment où une formulation explicite des difficultés a été donnée. ___________________________________________

_______________________________________________________________

Réponse 2 : Problématiser c'est repérer les hypothèses et avis divers pour répondre à la question posée     

______________________________________________________________

«   Notre culture se caractérise par un haut degré de développement scientifique et technique. C'est un fait. Tout le problème est de savoir si ce fait nous "autorise" à affirmer que notre civilisation (notre culture) est supérieure aux autres c'est à dire si ce fait rend légitime cette affirmation. La question est celle du droit. Avons-nous le droit de considérer notre culture comme supérieure sous prétexte que son niveau scientifique et technique et élevé ? Si la réponse était négative il serait alors légitime de se demander quel autre critère de hiérarchisation entre les cultures utiliser si tant est que ce critère existe. C'est peut-être justement la notion même de critère de hiérarchisation qui est à interroger. L'intérêt de ce problème est double. D'abord il nous permettra de nous situer par rapport aux autres cultures qu'elles soient éloignées de nous dans le temps ou dans l'espace. Ensuite il nous éclairera sur la mondialisation de notre culture qui s'impose de plus en plus aux autres. Cette mondialisation est-elle légitime (elle viendrait de notre supériorité) ou au contraire est-elle une aberration de l'histoire conduisant à la destruction des autres cultures dont les valeurs seront alors perdues pour l'homme ? »

 

1/ D'après le paragraphe ci-dessus : quelle est le problème soulevé par le sujet proposé ?

Réponse :

 

 Que faut-il faire pour mener à bien le travail de problématisation du sujet proposé ?

Réponse 1 : _____________________________________________________

Réponse 2 :  _____________________________________________________  

Réponse 3 : _____________________________________________________

Réponse 4 : _____________________________________________________

Réponse 5 : _____________________________________________________

Réponse 6 : _____________________________________________________

Réponse 7 : _____________________________________________________

 Quelle question faut-il se poser pour éviter le hors sujet ?

 En quoi consiste un problème philosophique ?

Réponse 1 : _____________________________________________________
_______________________________________________________________

 

Pour vous aider, vous pouvez consulter les liens suivants :

 

Cours de philosophie 2008-2009

http://evelyne-rogue.ac-versailles.fr/coursphilosophie/culture.html

 

Blog de la classe de T20 STG

http://blog.crdp-versailles.fr/parcoursphilosophiquedet20/index.php/

 

Dictionnaire Larousse

http://www.larousse.fr/LaroussePortail/encyclo/XHTML/EUL.Online/explorer.aspx

 

10 septembre 2008

Exercice 1

En cours de réalisation