Parcours philosophique de la classe T20 STG

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BALLA Michel

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03 mars 2009

BALLA M. : La justice tend-elle à l’égalité ?

La justice est un concept et un principe philosophico-moral reposant sur le respect du Droit et de l’équité comme fondement de la vie sociale et de la civilisation. En morale, la justice désigne plus particulièrement l'observation du respect et de l’équité à l’égard d'autrui, supposées innées dans la conscience humaine : il y aurait en chaque être humain un « sens de la justice » qui le rendrait apte à évaluer et juger les décisions et les actions, pour lui-même et pour autrui.

 

L’égalité n’a rien à voir avec l’équité :

 

On a souvent tendance à confondre égalité et équité. Cela arrange pas mal d’élus ou de candidats. Cela ne complique pas trop le travail de réflexion des journalistes. Des économistes de supermarchés, Thomas Piketty par exemple, tentent de proposer au parti socialiste de construire l’ensemble de son projet électoral autour de "la lutte contre les inégalités". Pourtant, les inégalités ne sont pas automatiquement inéquitables. Et par conséquent toute inégalité n’est pas à combattre. Parfois même une inégalité sera parfaitement légitime.

 

Aristote et la justice :

Puisque l'injuste ne respecte pas l'égalité et que 1injuste se confond avec l'inégalité, il est évident qu'il y a une juste mesure relativement à l'inégalité. Cette juste moyenne, c'est l'égalité. Dans les actes qui comportent le plus et le moins, il y a place pour une juste moyenne.  Si donc l'injuste, c'est l'inégal, le juste est l'égal. Pas besoin de raisonnement pour que tous s'en aperçoivent.

Or, puisque l'égal consiste dans une juste moyenne, il pourra en être ainsi du juste.  L’égal suppose au moins deux termes. Il faut donc que le juste, qui est à la fois moyenne et égalité, ait rapport à la fois à un objet et à plusieurs personnes. Dans la mesure où il est juste moyenne, il suppose quelques termes : le plus et le moins, dans la mesure où il est égalité : deux personnes; dans la mesure où il est juste : des personnes d'un certain genre. Nécessairement, le juste implique au moins quatre éléments. Pour qu'il se réalise, il faut deux personnes et deux objets par rapport auxquels il existe. Il en sera de même de l'égalité, si l'on examine les personnes et les choses. Le rapport qui existe entre les objets se retrouvera entre les personnes. Si les personnes ne sont pas égales, elles n'obtiendront pas l'égalité dans la façon dont elles seront traitées.

De là viennent les disputes et les contestations, quand des personnes sur le pied d'égalité n'obtiennent pas des parts égales, ou quand des personnes, sur le pied d'inégalité, ont et obtiennent un traitement égal. Ajoutons que la chose est claire si l'on envisage l'ordre de mérite des parties prenantes. En ce qui concerne les partages, tout le monde est d'accord qu'ils doivent se faire selon le mérite de chacun; toutefois, on ne s'accorde pas communément sur la nature de ce mérite, les démocrates le plaçant dans la liberté, les oligarques dans la richesse ou la naissance, les aristocrates dans la vertu.

 

L’idée de justice, qu’il ne faut pas confondre avec l’institution du même nom, est la valeur fondamentale de la régulation des échanges et des rapports entre les citoyens dans la cité : la justice est la norme qui rend possible la mise en œuvre de règles qui garantissent l’ordre public dans le respect du bien commun et des droits de chacun. Mais du même coup sa définition est délicate, car ces trois objectifs ne sont pas nécessairement, ni facilement, compatibles : l’ordre public suppose une inégalité de pouvoir, l’inégalité entre les dirigeants et les dirigés, qui l’instaure et le garantisse en le faisant respecter au besoin par la force; le bien commun suppose que les intérêts de tous soient également respectés par des lois universelles de réciprocité et de solidarité selon la règle de l’égalité. On voit donc que l’idée de justice est tiraillée entre deux exigences qui peuvent apparaître contradictoires :
· Celle d’établir l’égalité des droits et des avantages, au nom de sa dimension universelle ; une justice discriminatoire serait contraire à sa visée : la mise en œuvre du bien commun ;
· Celle qui oblige à distinguer dans la distribution des biens et des honneurs entre ceux qui concourent plus ou moins à cette mise en œuvre (par exemple entre les dirigeants et les dirigés) et les mérites respectifs des uns et des autres au regard de l’intérêt général.

 

Aristote: une réflexion sur l'équité :

« Ce qui fait la difficulté, c’est que l’équitable, tout en étant juste, n’est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale. La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu’il y a des cas d’espèce pour lesquels il n’est pas possible de poser un énoncé général qui s’y applique avec exactitude. Dans les matières, donc, où on doit nécessairement se borner à des généralités et où il est impossible de le faire correctement, la loi ne prend en considération que les cas les plus fréquents, sans ignorer d’ailleurs les erreurs que cela peut entraîner. La loi n’en est pas moins sans reproche, car la faute n’est pas à la loi, ni au législateur, mais tient à la nature des choses, puisque par leur essence même la matière des choses de l’ordre pratique revêt ce caractère d’irrégularité. Quand, par suite, la loi pose une règle générale, et que là-dessus survient un cas en dehors de la règle générale, on est alors en droit, là où le législateur a omis de prévoir le cas et a péché par excès de simplification, de corriger l’omission et de se faire l’interprète de ce qu’eût dit le législateur lui-même s’il avait été présent à ce moment, et de ce qu’il aurait porté dans sa loi s’il avait connu le cas en question. De là vient que l’équitable est juste, et qu’il est supérieur à une certaine espèce de juste, non pas supérieur au juste absolu, mais seulement au juste où peut se rencontrer l’erreur due au caractère absolu de la règle. Telle est la nature de l’équitable : c’est d’être un correctif de la loi, là où la loi a manqué de statuer à cause de sa généralité. »

"L'équitable, tout en étant juste, n'est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale. La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu'il y a des cas d'espèce pour lesquels il est

Impossible de poser un énoncé général qui s'y applique avec rectitude.
Dans les matières, donc, où on doit nécessairement se borner à des généralités et où il est impossible de le faire correctement, la loi ne prend en considération que les cas les plus fréquents, sans ignorer d'ailleurs les erreurs que cela peut entraîner. La loi n'en est pas moins sans reproche, car la faute n'est pas à la loi, ni au législateur, mais tient à la nature des choses, puisque par leur essence même la matière des choses de l'ordre pratique revêt ce caractère d'irrégularité.
Quand, par suite, la loi pose une règle générale et que là-dessus survient un cas en-dehors de la règle générale, on est alors en droit, là où le législateur a omis de prévoir le cas et a péché par excès de simplification, de corriger l'omission et de se faire l'interprète de ce qu'eût dit le législateur lui-même s'il avait été présent à ce moment, et de ce qu'il aurait porté dans sa loi s'il avait connu le cas en question."

 

Aristote, Ethique à Nicomaque

 

La justice et l'équité

"Nous avons ensuite à traiter de l’équité et de l’équitable, et montrer leurs relations respectives avec la justice et avec le juste. En effet, à y regarder avec attention, il apparaît que la justice et l’équité ne sont ni absolument identiques ni génériquement différentes : tantôt nous louons ce qui est équitable et l’homme équitable lui-même, au point que, par manière d’approbation, nous transférons le terme équitable aux actions autres que les actions justes, et en faisons un équivalent de bon, en signifiant par plus équitable qu’une chose est simplement meilleure ; tantôt, par contre, en poursuivant le raisonnement, il nous paraît étrange que l’équitable, s’il est une chose qui s’écarte du juste, reçoive notre approbation. S’ils sont différents, en effet, ou bien le juste, ou bien l’équitable n’est pas bon ; ou si tous deux sont bons, c’est qu’ils sont identiques.
Le problème que soulève la notion d’équitable est plus ou moins le résultat de ces diverses affirmations, lesquelles sont cependant toutes correctes d’une certaine façon, et ne s’opposent pas les unes aux autres. En effet, l’équitable, tout en étant supérieur à une certaine justice, est lui-même juste, et ce n’est pas comme appartenant à un genre différent qu’il est supérieur au juste. Il y a donc bien identité du juste et de l’équitable, et tous deux sont bons, bien que l’équitable soit le meilleur des deux. Ce qui fait la difficulté, c’est que l’équitable, tout en étant juste, n’est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale. La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu’il y a des cas d’espèce pour lesquels il n’est pas possible de poser un énoncé général qui s’y applique avec rectitude. Dans les matières, donc, où l’on doit nécessairement se borner à des généralités et où il est impossible de le faire correctement, la loi ne prend en considération que les cas les plus fréquents, sans ignorer d’ailleurs les erreurs que cela peut entraîner. La loi n’en est pas moins sans reproche, car la faute n’est pas à la loi, ni au législateur, mais tient à la nature des choses, puisque par leur essence même la matière des choses de l’ordre pratique revêt ce caractère d’irrégularité. Quand, par suite, la loi pose une règle générale, et que là-dessus survient un cas en dehors de la règle générale, on est alors en droit, là où le législateur a omis de prévoir le cas et a péché par excès de simplification, de corriger l’omission et de se faire l’interprète de ce qu’eût dit le législateur lui-même s’il avait été présent à ce moment, et de ce qu’il aurait porté dans sa loi s’il avait connu le cas en question. De là vient que l’équitable est juste, et qu’il est supérieur à une certaine espèce de juste, non pas supérieur au juste absolu, mais seulement au juste où peut se rencontrer l’erreur due au caractère absolu de la règle. Telle est la nature de l’équitable : c’est d’être un correctif de la loi, là où la loi a manqué de statuer à cause de sa généralité. En fait, la raison pour laquelle tout n’est pas défini par la loi, c’est qu’il y a des cas d’espèce pour lesquels il est impossible de poser une loi, de telle sorte qu’un décret est indispensable. De ce qui est, en effet, indéterminé la règle aussi est indéterminée, à la façon de la règle de plomb utilisée dans les constructions de Lesbos : de même que la règle épouse les contours de la pierre et n’est pas rigide, ainsi le décret est adapté aux faits.
On voit ainsi clairement ce qu’est l’équitable, que l’équitable est juste et qu’il est supérieur à une certaine sorte de juste. De là résulte nettement aussi la nature de l’homme équitable : celui qui a tendance à choisir et à accomplir les actions équitables et ne s’en tient pas rigoureusement à ses droits dans le sens du pire, mais qui a tendance à prendre moins que son dû, bien qu’il ait la loi de son côté, celui-là est un homme équitable, et cette disposition est l’équité, qui est une forme spéciale de la justice et non pas une disposition entièrement distincte".

07 novembre 2008

« Des goûts et des couleurs, on ne discute pas ». Qu’en pensez-vous ? (BALLA M.)

Le jugement esthétique

Toutes les œuvres d'art sont jugées : il y a le jugement de goût et le jugement de connaissance.

Le jugement de goût : « C'est beau ! », « C'est laid ! », « Ça me plaît. », etc. Ce jugement n'exprime rien sur l'œuvre d'art mais exprime l'état de celui qui reçoit l'œuvre d'art (subjectivité). Le goût est-il réellement personnel ? Quand on dit « C'est beau ! », c'est pour faire partager son goût (le goût est communicable ; Cf. la mode). Les hommes discutent de leurs goûts, il n'existe pas de goût réellement personnel.

 

Le jugement de connaissance : c'est le jugement légitime, celui qui est objectif (par l'analyse). Par exemple, pour la musique : l'étude des thèmes, de la tonalité, de la construction harmonique, des mouvements, du contexte historique permet de juger objectivement l'œuvre d'art (malgré l'objection courante qui consiste à dire qu'analyser une œuvre, c'est détruire le plaisir). Bien souvent, l'intérêt pour une œuvre naît avec l'analyse. Cependant, l'art vise à communiquer en s'adressant à notre sensibilité (même si l'on y connaît rien en art).

 

 

Goût et esthétique

 

Le goût est la faculté innée[réf. nécessaire] ou acquise de percevoir et juger des choses esthétiques, notamment celles liées à l'art et au jugement du beau. Une personne possède ainsi du goût (bon goût), ou bien « n'a pas de goût » (mauvais goût).

 

Par extension, le goût est la caractéristique d'une chose jugée agréable ou belle. Une chose est de (bon) goût ou bien de mauvais goût, voire dégoûtante.

 

Dans le langage littéraire, le goût désigne également la passion.


Kant et le goût

Pour comprendre ce que l’art apporte à l’homme et s’il est une façon pour lui de réaliser son humanité, plutôt que de se placer du point de vue de l’œuvre, on peut se placer du point de vue du sujet qui perçoit l’œuvre d’art. Puisque d’ailleurs dans l’œuvre comme objet, nous n’avons pu identifier aucune caractéristique permettant de la définir comme œuvre d’art, le qualificatif d’artistique n’est pas une propriété des objets mais un jugement porté sur ces objets :

De la norme du goût, Hume : « La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple et chaque esprit perçoit une beauté différente. »

Les sensations sont plus vivaces que les idées pour Hume. Il affirme : « les perceptions qui pénètrent avec plus de force et de violence nous pouvons les nommer impressions… Par idées, j’entends les images effacées des impressions dans nos pensées et nos raisonnements. » => Le sensible n’est pas de l’intelligible dévalué. Au contraire, les idées ne sont que des perceptions affaiblies => La sensibilité est réévaluée, elle occupe une place centrale et incontournable.

 

Goût et art

« Des goûts et des couleurs, on ne discute pas ».

Qu’en pensez-vous ?

 

Les goûts et les couleurs ne se choisissent pas selon des critères rationnels. Il est donc inutile de convaincre son interlocuteur que les siens sont bons ou mauvais. Personne ne peut en effet avoir raison.


 

23 septembre 2008

Balla Ex1

 

Sujet : Peut-on dire d'une civilisation qu'elle est supérieure à une autre ?

Exercices

 En quoi consiste un problème philosophique ?

Réponse 1 : _____________________________________________________

_______________________________________________________________

Réponse 2 : _____________________________________________________

______________________________________________________________

«   Notre culture se caractérise par un haut degré de développement scientifique et technique. C'est un fait. Tout le problème est de savoir si ce fait nous "autorise" à affirmer que notre civilisation (notre culture) est supérieure aux autres c'est à dire si ce fait rend légitime cette affirmation. La question est celle du droit. Avons-nous le droit de considérer notre culture comme supérieure sous prétexte que son niveau scientifique et technique et élevé ? Si la réponse était négative il serait alors légitime de se demander quel autre critère de hiérarchisation entre les cultures utiliser si tant est que ce critère existe. C'est peut-être justement la notion même de critère de hiérarchisation qui est à interroger. L'intérêt de ce problème est double. D'abord il nous permettra de nous situer par rapport aux autres cultures qu'elles soient éloignées de nous dans le temps ou dans l'espace. Ensuite il nous éclairera sur la mondialisation de notre culture qui s'impose de plus en plus aux autres. Cette mondialisation est-elle légitime (elle viendrait de notre supériorité) ou au contraire est-elle une aberration de l'histoire conduisant à la destruction des autres cultures dont les valeurs seront alors perdues pour l'homme ? »

 

1/ D'après le paragraphe ci-dessus : quelle est le problème soulevé par le sujet proposé ?

Réponse :

 

 Que faut-il faire pour mener à bien le travail de problématisation du sujet proposé ?

Réponse 1 : _____________________________________________________

Réponse 2 :  _____________________________________________________  

Réponse 3 : _____________________________________________________

Réponse 4 : _____________________________________________________

Réponse 5 : _____________________________________________________

Réponse 6 : _____________________________________________________

Réponse 7 : _____________________________________________________

 Quelle question faut-il se poser pour éviter le hors sujet ?

 En quoi consiste un problème philosophique ?

Réponse 1 : _____________________________________________________

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Pour vous aider, vous pouvez consulter les liens suivants :

 

Cours de philosophie 2008-2009

http://evelyne-rogue.ac-versailles.fr/coursphilosophie/culture.html

 

Blog de la classe de T20 STG

http://blog.crdp-versailles.fr/parcoursphilosophiquedet20/index.php/

 

Dictionnaire Larousse

http://www.larousse.fr/LaroussePortail/encyclo/XHTML/EUL.Online/explorer.aspx


10 septembre 2008

Exercice N°1

En cours de réalisation