Le cas Jekyll : qu'attendez-vous ?!
Par Catherine LE FAOU (lycée Léopold Sédar Senghor Magnanville (78)) le 20 janvier 2011, 22:27 - Sorties théâtre - Lien permanent
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Présentation'Le Cas Jekyll' met le fantastique en scène. Acteur, metteur en scène, Denis Podalydès ne pouvait que s'enticher du Dr Jekyll et de son double, Mr Hyde. Ecrit par Christine Montalbetti, auteur de 'Western', 'Le Cas Jekyll' librement inspiré du héros de Stevenson réunit également Emmanuel Bourdieu, à la co-mise en scène et Eric Ruf, scénographe. 'Nous
viserons moins le fantasme réalisé, la métamorphose accomplie que la
pulsion elle-même, la saillie du petit bonhomme sous le masque sobre de Jekyll' dit Podalydès. Une inquiétante étrangeté en somme.
De Christine Montalbetti
D'après Robert-Louis Stevenson
Mise en scène de Denis Podalydès
Co-mise en scène d'Emmanuel Bourdieu et Eric Ruf
Scénographie d'Eric Ruf
Costume de Christian Lacroix
Chorégraphie de Cécile Bon
Lumière de Stéphanie Daniel
Son de Bernard Valléry
Avec Denis Podalydès

par Aurélie MongourDenis Podalydès est partout. Metteur en scène un jour, acteur de cinéma le lendemain, comédien le soir, il pourrait donner l'impression de se disperser. Comment expliquer alors qu'il évite toujours cet écueil ? D'abord en choisissant des projets qui lui ressemblent, et en s'entourant de talentueux comparses. Les heureux élus de ce 'Cas Jekyll' ne dérogent pas à la règle. Diligemment assisté par Emmanuel Bourdieu et Eric Ruf à la mise en scène, Denis Podalydès a fait appel à Christine Montalbetti pour moderniser sans le trahir un texte à la gravité caustique et au comique inquiétant. Riche idée de l'auteur - à moins qu'elle ne soit du comédien qui dit avoir beaucoup recouru à l'improvisation -, quelques répliques débitées dans un anglais parfait et délicieusement compassé traversent les scènes. Parodie du jeu schizophrène que s'oblige à mener le personnage, elles sont aussi le moyen de constater la virtuosité avec laquelle Denis Podalydès stimule l'imagination du spectateur. Car l'homme, en costume de tweed griffé Lacroix, endosse les deux hauts-de-forme : celui du vertueux Jekyll poursuivi par ses démons et celui de Mister Hyde, giflant des passantes pour le plaisir. Deux rôles donc, mais une économie de moyens tapageurs palliée par une débauche de talent. Se transfigurant d'une inflexion de la voix, le comédien se passe du secours d'artifices. Quelques ruses de Russe blanc : un magnétophone, un gant lestement enfilé, et voilà que s’opère cette métamorphose qui fut le cauchemar d’une dizaine de réalisateurs. Minimaliste et poétique jusque dans l'expression de la dualité, drolatique dans l'exaltation de la cruauté, le touche-à-tout Podalydès esquisse encore quelques pas de danse. Toujours avec la même fragile élégance, sa marque de fabrique.
Commentaires
Si qqun avait, par hasard, une place ou deux en trop, je veux bien...
Peut-être y aura-t-il des absents de dernière minute !