Par Catherine LE FAOU (lycée Léopold Sédar Senghor Magnanville (78)) le 15 mars 2011, 21:04
Osei-bonsu
Michael-Jordan
TL
A propos de quel président de la République française le mémorialiste tient-il ce jugement:
"Au fond, comme chef de l'Etat, deux choses lui avaient manqué:qu'il fût un chef; qu'il y eût un Etat"?
Charles de Gaulle est un général et un homme d'Etat français né le 22
novembre 1890 à Lille et mort le 9 novembre 1970 à
Colombey-les-Deux-Eglises. Dans ses Mémoires de Guerre Charles de Gaulle
expose l'épopée de la France Libre des années 1940 à 1946.Ces Mémoires
sont divisés en Trois tomes:L'Appel(1940-1942),L'
Unité(1942-1944)
et Le Salut(1944-1946).Dans ce dernier tome, il rencontre un président
de la république française et tient à son propos le jugement suivant "Au
fond, comme chef de l'Etat, deux choses lui avaient manqué:qu'il fût un
chef, qu'il y eût un Etat"p.32 . Qui est cet homme et quel jugement
porte véritablement le mémorialiste?
Lors de la libération de la France, Charles de Gaulle traverse chacune
des régions les une après les autres afin d’asseoir son autorité et
réunir tous les résistants sous sa bannière. Après que le peuple lui
ait reconnu une légitimité sans failles, ce sont les institutions
administratives qui se soumettent naturellement à son autorité « Il n’y
avait, dans l’administration, la magistrature, l’enseignement, non plus
que dans les armées, aucune réticence à l’égard de mon autorité.
»p.31.Le général reçoit de nombreux soutiens d’alliés, du clergé et même
de l’Académie française. Après que chaque grande autorité lui ai «
prêté allégeance », c’est finalement Albert Lebrun, ancien président de
la IIIème République qui se présente à lui. Charles de Gaulle donne son
point de vue sur cet entretien dès le début « Enfin M. Albert Lebrun
vint joindre à l’approbation générale celle du fantôme mélancolique de
la IIIe Républi
que. »L’utilisation du terme « fantôme mélancolique » montre qu’à ses
yeux, le président Lebrun équivaut à la représentation d’un souvenir
lointain et l’importance de son approbation est minimisée. Le personnage
inspire de la pitié, notamment avec l’utilisation du champ lexical de
la tristesse quant aux évènements évoqués « Albert Lebrun revint avec
chagrin sur cette journée du 16 juin » « Ah ! Quel malheur » p.32 que
Charles De Gaulle accompagne avec la description d’une gestuelle
pathétique « Les larmes aux yeux, levant les bras du ciel »p.32.
En décrivant un personnage pathétique, De gaulle montre clairement que
Lebrun n’a pas eu, selon lui, la carrure d’un homme d’Etat. Pourtant
derrière cette description, le mémorialiste met aussi en avant la
faiblesse d’un Etat « qu’il y eût un Etat »p.32. Lebrun prétend qu’il
se serait allié à De Gaulle s’il avait eu le choix « Pourtant, je
croyais, comme Reynaud, Jenneney, Herriot, Mandel, vous-même, qu’il
fallait aller en Afrique »p.32. Pourtant lui et le conseil ont fait une
erreur, céder à un seul homme « il confessait son erreur. « ce qui
m’a, dit-il, décidé dans le mauvais sens, comme la plupart des
ministres, ce fut l’attitude de Weygand. Il était si catégorique en
exigeant l’armistice ! ». Cette confession est la preuve d’un manque de
volonté, non pas seulement de l’ancien président mais également de la
plupart des ministres. Selon Lebrun « Le Conseil a cédé aux arguments
véhéments du Commandant en chef ». Cha
rles de Gaulle signe ici la description des actes d’un président et
d’un gouvernement qui ne correspondent pas à l’idée qu’il se fait d’une
certaine France.
Dans la phrase qu’il tient à propos du président Albert Lebrun, Charles
De Gaulle juge un homme lâche qui n’a pas la force d’assumer ses erreurs
mais à travers cet homme, c’est également tout un gouvernement qu’il
peint sous un mauvais jour. Le mémorialiste retransmet tout l’entretien
le plus objectivement possible sur plus d’une dizaine de lignes avant
d’émettre un jugement sur une seule phrase. Bien qu’il écrit lui avoir
serré la main avec « compassion et cordialité », les sentiments de De
Gaulle sont clairement critique à l’égard de son prédécésseur.
Contrairement aux portraits qu’il dresse d’ autres chefs d’Etat, qu’ils
soient positifs ou négatifs, Lebrun n’apparaît pas en tant que tel mais
plutôt comme quelqu'un qui a à se justifier. Quelqun qui à échouer à
représenter les valeurs de la France.