Par Agathe ARNOLD le 24 septembre 2009, 18:22 - Tale STG
Chers élèves de Tle STG,
Le devoir est maintenu le 2 octobre, et portera sur le chapitre que nous avons étudié ensemble (la justice, le droit). Par contre, ça ne sera pas un devoir "type bac" : nous n'avons pas encore vu la méthodologie de la dissertation, ni approfondi celle de l'explication de texte. Je préparerai donc quelques questions de cours suivies d'un très court extrait de texte philosophique accompagné de questions de compréhension.
> Je vous invite à poursuivre l'étude de la notion de travail. Vous > trouverez ci-dessous un texte de Nietzsche accompagné de questions à > traiter avant ce week-end (NB : évitez les pièces jointes (quand ce ne > sont pas des documents Word) dans vos messages, ça n'est pas toujours > évident de les ouvrir): > >
“Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours > sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que > dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à > savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent > aujourd’hui, à la vue du travail - on vise toujours sous ce nom le dur > labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des > polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment > le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. > Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la > soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à > l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin > et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où > l’on travaille dur en permanence aura davantage de > sécurité: et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité > suprême. Et puis! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu > dangereux! Le monde fourmille d’« individus dangereux»! Et derrière eux, > le danger des dangers - l’individuum!"
Friedrich Nietzsche, Aurore, (1880), livre III
> > 1)Déterminez quelle est la thèse du texte, c'est-à-dire quelle conception du > travail est ici exposée. > > 2)Quelle réponse précise ce texte apporte-t-il à la question "Le travail > n'est-il qu'une contrainte?"? > ` > 3)Proposez une transition entre le point de vue développé par Marx dans > le texte que vous avez étudié, et la thèse défendue dans cet extrait de > Nietzsche. > > 4)La thèse de Nietzsche vous semble-t-elle valable? Justifiez votre > réponse bien sûr ! > > Bon courage et à bientôt, > > A.Arnold >
> Chers élèves de T ES, Voici la suite de l'étude de la notion de technique
Il s'agit cette fois d'étudier un texte de Platon. C'est un mythe, un texte symbolique donc, qu'il faut essayer d'interpréter, autrement dit :i l s'agit de dévoiler sa signification rationnelle et conceptuelle. Les questions sont à la suite du texte. Bon courage, et à bientôt,
A.Arnold
«
C'était au temps où les Dieux existaient, mais où n'existaient pas les races
mortelles. Or, quand est arrivé pour celles-ci le temps où la destinée les
appelait aussi à l'existence, à ce moment les Dieux les modèlent en dedans de
la terre, en faisant un mélange de terre, de feu et de tout ce qui encore peut
se combiner avec le feu et la terre. Puis, quand ils voulurent les produire à
la lumière, ils prescrivirent à Prométhée et à Epiméthée de les doter de
qualités, en distribuant ces qualités à chacune de la façon convenable. Mais
Epiméthée demande alors à Prométhée de lui laisser faire tout seul cette
distribution : "Une fois la distribution faite par moi, dit-il, à toi de
contrôler !" Là -dessus, ayant convaincu l'autre, le distributeur se met à
l’œuvre.
En distribuant les qualités, il donnait à certaines races la
force sans la vélocité ; d'autres, étant plus faibles étaient par lui dotées de
vélocité ; il armait les unes, et, pour celles auxquelles il donnait une nature
désarmée, il imaginait en vue de leur sauvegarde quelque autre qualité : aux
races, en effet, qu'il habillait en petite taille, c'était une fuite ailée ou
un habitat souterrain qu'il distribuait ; celles dont il avait grandi la
taille, c'était par cela même aussi qu'il les sauvegardait. De même, en tout,
la distribution consistait de sa part à égaliser les chances, et, dans tout ce
qu'il imaginait, il prenait ses précautions pour éviter qu'aucune race ne
s'éteignit.
Mais, une fois qu'il leur eut donné le moyen d'échapper à de
mutuelles destructions, voilà qu'il imaginait pour elles une défense commode à
l'égard des variations de température qui viennent de Zeus : il les habillait
d'une épaisse fourrure aussi bien que de solides carapaces, propres à les
protéger contre le froid, mais capables d'en faire autant contre les brûlantes
chaleurs ; sans compter que, quand ils iraient se coucher, cela constituerait
aussi une couverture, qui pour chacun serait la sienne et qui ferait
naturellement partie de lui-même ; il chaussait telle race de sabots de corne,
telle autre de griffes solides et dépourvues de sang. En suite de quoi, ce sont
les aliments qu'il leur procurait, différents pour les différentes races pour
certaines l'herbe qui pousse de la terre, pour d'autres, les fruits des arbres,
pour d'autres, des racines ; il y en a auxquelles il a accordé que leur aliment
fût la chair des autres animaux, et il leur attribua une fécondité restreinte,
tandis qu'il attribuait une abondante fécondité ? celles qui se dépeuplaient
ainsi, et que, par là , il assurait une sauvegarde à leur espèce.
Mais, comme (chacun sait
cela) Epiméthée n'était pas extrêmement avisé, il ne se rendit pas compte que,
après avoir ainsi gaspillé le trésor des qualités au profit des êtres privés de
raison, il lui restait encore la race humaine qui n'était point dotée ; et il
était embarrassé de savoir qu'en faire. Or, tandis qu'il est dans cet embarras,
arrive Prométhée pour contrôler la distribution ; il voit les autres animaux
convenablement pourvus sous tous les rapports, tandis que l'homme est tout nu,
pas chaussé, dénué de couvertures, désarmé. Déjà , était même arrivé cependant
le jour où ce devait être le destin de l'homme, de sortir à son tour de la
terre pour s'élever à la lumière. Alors Prométhée, en proie à l'embarras de savoir
quel moyen il trouverait pour sauvegarder l'homme, dérobe à Héphaïstos et à
Athéna le génie créateur des arts, en dérobant le feu (car, sans le feu, il n'y
aurait moyen pour personne d'acquérir ce génie ou de l'utiliser) ; et c'est en
procédant ainsi qu'il fait à l'homme son cadeau. Voilà donc comment l'homme
acquit l'intelligence qui s'applique aux besoins de la vie. Mais l'art
d'administrer les Cités, il ne le posséda pas ! ».
Extrait du Protagoras, Platon
Questions :
1)Dans ce mythe, qui, des hommes ou des animaux, paraît le
mieux doté ?
2)Pourquoi Prométhée donne-t-il les techniques (=les arts)
et le feu aux hommes ? Que symbolise ce mythe ?
3)Que signifie la dernière phrase ? D’après vous,
pourquoi cette phrase a-t-elle bien sa place dans un texte sur l’intelligence
technique ?
Voici de quoi poursuivre votre analyse de la notion "la technique", en étudiant deux textes qui l'évoquent. Chacun des textes est accompagné de questions. Pouvez-vous m'envoyer vos réponses pour vendredi? Nous reviendrons bien sûr ensemble sur ces textes en classe.
Bon courage et à bientôt,
A.Arnold
«
C'était au temps où les Dieux existaient, mais où n'existaient pas les races
mortelles. Or, quand est arrivé pour celles-ci le temps où la destinée les
appelait aussi à l'existence, à ce moment les Dieux les modèlent en dedans de
la terre, en faisant un mélange de terre, de feu et de tout ce qui encore peut
se combiner avec le feu et la terre. Puis, quand ils voulurent les produire à
la lumière, ils prescrivirent à Prométhée et à Epiméthée de les doter de
qualités, en distribuant ces qualités à chacune de la façon convenable. Mais
Epiméthée demande alors à Prométhée de lui laisser faire tout seul cette
distribution : "Une fois la distribution faite par moi, dit-il, à toi de
contrôler !" Là -dessus, ayant convaincu l'autre, le distributeur se met à
l’œuvre.
En distribuant les qualités, il donnait à certaines races la
force sans la vélocité ; d'autres, étant plus faibles étaient par lui dotées de
vélocité ; il armait les unes, et, pour celles auxquelles il donnait une nature
désarmée, il imaginait en vue de leur sauvegarde quelque autre qualité : aux
races, en effet, qu'il habillait en petite taille, c'était une fuite ailée ou
un habitat souterrain qu'il distribuait ; celles dont il avait grandi la
taille, c'était par cela même aussi qu'il les sauvegardait. De même, en tout,
la distribution consistait de sa part à égaliser les chances, et, dans tout ce
qu'il imaginait, il prenait ses précautions pour éviter qu'aucune race ne
s'éteignit.
Mais, une fois qu'il leur eut donné le moyen d'échapper à de
mutuelles destructions, voilà qu'il imaginait pour elles une défense commode à
l'égard des variations de température qui viennent de Zeus : il les habillait
d'une épaisse fourrure aussi bien que de solides carapaces, propres à les
protéger contre le froid, mais capables d'en faire autant contre les brûlantes
chaleurs ; sans compter que, quand ils iraient se coucher, cela constituerait
aussi une couverture, qui pour chacun serait la sienne et qui ferait
naturellement partie de lui-même ; il chaussait telle race de sabots de corne,
telle autre de griffes solides et dépourvues de sang. En suite de quoi, ce sont
les aliments qu'il leur procurait, différents pour les différentes races pour
certaines l'herbe qui pousse de la terre, pour d'autres, les fruits des arbres,
pour d'autres, des racines ; il y en a auxquelles il a accordé que leur aliment
fût la chair des autres animaux, et il leur attribua une fécondité restreinte,
tandis qu'il attribuait une abondante fécondité ? celles qui se dépeuplaient
ainsi, et que, par là , il assurait une sauvegarde à leur espèce.
Mais, comme (chacun sait
cela) Epiméthée n'était pas extrêmement avisé, il ne se rendit pas compte que,
après avoir ainsi gaspillé le trésor des qualités au profit des êtres privés de
raison, il lui restait encore la race humaine qui n'était point dotée ; et il
était embarrassé de savoir qu'en faire. Or, tandis qu'il est dans cet embarras,
arrive Prométhée pour contrôler la distribution ; il voit les autres animaux
convenablement pourvus sous tous les rapports, tandis que l'homme est tout nu,
pas chaussé, dénué de couvertures, désarmé. Déjà , était même arrivé cependant
le jour où ce devait être le destin de l'homme, de sortir à son tour de la
terre pour s'élever à la lumière. Alors Prométhée, en proie à l'embarras de savoir
quel moyen il trouverait pour sauvegarder l'homme, dérobe à Héphaïstos et à
Athéna le génie créateur des arts, en dérobant le feu (car, sans le feu, il n'y
aurait moyen pour personne d'acquérir ce génie ou de l'utiliser) ; et c'est en
procédant ainsi qu'il fait à l'homme son cadeau. Voilà donc comment l'homme
acquit l'intelligence qui s'applique aux besoins de la vie. Mais l'art
d'administrer les Cités, il ne le posséda pas ! ».
Extrait du Protagoras, Platon
Questions :
1)Dans ce mythe, qui, des hommes ou des animaux, paraît le
mieux doté ?
2)Pourquoi Prométhée donne-t-il les techniques (=les arts)
et le feu aux hommes ? Que symbolise ce mythe ?
3)Que signifie la dernière phrase ? D’après vous,
pourquoi cette phrase a-t-elle bien sa place dans un texte sur l’intelligence
technique ?
“Sitôt que j’ai eu acquis quelques notions générales
touchant la physique, et que commençant à les éprouver en diverses difficultés
particulières, j’ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien
elles diffèrent des principes dont on s’est servi jusqu’à présent, j’ai cru que
je ne pouvais les tenir cachéessans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer, autant
qu’il est en nous, le bien général de tous les hommes. Car elles m’ont fait
voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles
à la vie, et qu’au lieu de cette philosophie spéculative, qu’on enseigne dans
les écoles, on peut en trouver une pratique, par laquelle connaissant la force
et les actions dufeu, de l’eau,
de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous
environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos
artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels
ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la
nature. Ce qui n’est pas seulement à désirer pour l’invention d’une
infinitéd’artifices, qui feraient
qu’on jouirait, sans aucune peine, des fruits de la terre et de toutes les
commodités qui s’y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de
la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les
autres biens de cette vie ; car même l’esprit dépend si fort du
tempérament, et de la disposition des organes du corps, que, s’il est possible
de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus
habiles qu’ils n’ont été jusques ici, je crois que c’est dans la médecine qu’on
doit le chercher.”
Descartes, Discours de la méthode (1637), 6e partie
Questions :`
1)Descartes conçoit-il la science comme devant seulement
répondre à un désir de comprendre ?
2)Que signifie le passage qui dit que nous pouvons connaître
les phénomènes naturels « aussi distinctement que les métiers de nos
artisans » ? Quelles conceptions de la nature sont par là mises à
mal ?
3)Que signifie, dans ce contexte, l’expression « nous
rendre comme maîtres et possesseurs de la nature »?
4)Quels espoirs Descartes place-t-il dans les progrès des
sciences et des techniques, d’après la fin du texte ? Discutez ce point de
vue.
Concernant le film Les Temps Modernes, nous avons vu l'essentiel des scènes à commenter. On reviendra sur ce film au cours du chapitre La Technique, que nous allons entamer prochainement. Dans cette perspective, je vous propose d'analyser le sujet suivant :
"La technique répond-elle toujours à nos besoins?", c'est-à-dire :
1)précisez
le sens des termes de l'énoncé (en cherchant des synonymes, des
antonymes..), et formulez le présupposé de la question.
2)trouvez des exemples de besoins satisfaits grâce à la technique.
3)pourquoi l'énoncé précise-t-il *"/nos/"* besoins? pourquoi ne peut-on pas parler de technique à propos de l'animal?
4)la technique ne fait-elle que */répondre/* à nos besoins?
5)le
développement technique ne pose-t-il que des problèmes d'ordre
matériel? expliquez la différence entre un problème *technique* et un
problème *éthique*, et celle entre *possible* et *légitime*.
6)examinez
le rapport entre technique et bonheur, et entre technique et liberté,
en essayant d'examiner différents points de vue, et leurs limites,
contradictions, insuffisances, etc... .
NB : Ce travail est à faire pour MARDI. Je vous donnerai alors trois textes à étudier, pour ébaucher progressivement une proposition de problématique. Vous pouvez
-soit me le faire parvenir par mail à l'adresse suivante : agathe.arnold@wanadoo.fr
-soit me l'envoyer via le blog, en "commentaires" à ce "billet".
En attendant, bon travail, bon week-end, et à très bientôt,
Pour ne pas perdre le fil de la problématique que nous avons entamée sur la notion de travail, je vous propose d'étudier le texte de Marx ci-joint POUR MERCREDI.
Voici quelques questions pour guider votre lecture :
1) quelle est la thèse (l'idée principale) du texte? 2) que signifie la comparaison entre l'activité animale et le travail humain (abeille/architecte, araignée/tisserand)? quelle différence fondamentale les sépare? 3) quelle réponse ce texte donne-t-il à la question "le travail n'est-il qu'une contrainte?"? 4) quel est l'enjeu du texte? quelles exigences y sont implicitement formulées concernant l'organisation sociale du travail? quelles formes d'organisation du travail ce texte permettra-t-il de condamner?
Vous pouvez m'envoyer votre exercice à l'adresse suivante : agathe.arnold@wanadoo.fr
Bon travail, et à bientôt,
A.Arnold
Marx (1818-1883) _Le Capital,_I Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l’homme et la nature. L’homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d’une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement, afin de s’assimiler des matières en leur donnant une forme utile à sa vie. En même temps qu’il agit par ce mouvement sur la nature extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et développe les facultés qui y sommeillent. Nous ne nous arrêterons pas à cet état primordial du travail où il n’a pas encore dépouillé son mode purement instinctif. Notre point de départ c’est le travail sous une forme qui appartient exclusivement à l’homme. Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l’abeille confond par la structure de ses cellules l’habileté de plus d’un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit, préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. Ce n’est pas qu’il opère seulement un changement de forme dans les matières naturelles ; il y réalise du même coup son propre but dont il a conscience, qui détermine comme loi son mode d’action, et auquel il doit subordonner sa volonté.
Pour cette semaine, je vous propose de réfléchir au sujet suivant : "peut-on dire que toutes les opinions se valent?".
Pour préparer votre discussion, voici quelques questions qui pourront vous aider dans votre réflexion (NB :pour chaque question, essayez de trouver des exemples) :
1) réfléchissez aux distinctions entre les termes suivants :
savoir, croire, connaître, penser.
avoir une opinion, être convaincu, être persuadé.
opinion, préjugé, savoir, science.
Lisez le texte que je vous ai distribué en photocopie, sur la
distinction entre le philosophe et le savant, et appuyez-vous sur ce
texte pour développer votre réponse à cette question.
2) En vous fondant sur la différence entre conviction, pensée d'une part, et opinion et préjugé d'autre part, examinez ce qui est commun à toutes les opinions, quel que soit leur objet( leur "contenu", leur point de vue), et qui justifierait qu'on considère qu'elles se valent toutes, au sens où aucune d'entre elles ne vaudrait grand'chose.
3) Essayez d'envisager s'il est possible de hiérarchiser les opinions, d'en rejeter certaines, d'en accepter d'autres... . Si oui, en fonction de quels éventuels critères, de quelle(s) valeur(s)?
4) Peut-on toujours se défaire d'une opinion pour se tourner vers le savoir? ou au contraire y a-t-il des domaines dans lesquels on ne peut qu'en rester au stade de l'opinion?
Bonjour à tous! Nous finirons le chapitre sur la notion de travail lorsque le lycée sera à nouveau ouvert. En attendant, voici de quoi rester philosophes (!) :
Analysez le sujet suivant : "La technique répond-elle toujours à nos besoins?", c'est-à-dire :
1)précisez le sens des termes de l'énoncé (en cherchant des synonymes, des antonymes..), et formulez le présupposé de la question.
2)trouvez des exemples de besoins satisfaits grâce à la technique.
3)pourquoi l'énoncé précise-t-il *"/nos/"* besoins? pourquoi ne peut-on pas parler de technique à propos de l'animal?
4)la technique ne fait-elle que */répondre/* à nos besoins?
5)le développement technique ne pose-t-il que des problèmes d'ordre matériel? expliquez la différence entre un problème *technique* et un problème *éthique*, et celle entre *possible* et *légitime*.
6)examinez le rapport entre technique et bonheur, et entre technique et liberté, en essayant d'examiner différents points de vue, et leurs limites, contradictions, insuffisances, etc... .
Je vous conseille de traiter ces questions pour _*mercredi*_, car je vous enverrai des textes à étudier (accompagnés de quelques questions qui guideront votre lecture) dans la semaine : donc, ne laissez pas le travail s'accumuler.
Comme nous n'avons pas pu nous voir en classe aujourd'hui, je vous fais ci-dessous:
1)l'intégralité du cours sur la justice (dont vous avez déjà une première partie en exemplaire papier)
2)une liste de termes qu'il faut maîtriser sur la notion de justice, pour pouvoir traiter avec précision les sujets éventuels qui porteraient sur ce thème.
Je vous rappelle également les consignes de travail données la semaine dernière : -les questions accompagnant le texte de Thomas d'Aquin sont à préparer par tout le monde, mais ceux d'entre vous qui souhaitent me remettre leur travail par écrit pour une première évaluation peuvent me l'envoyer à mon adresse mail AVANT MARDI 22 septembre. Pour le prochain cours : assimilez avec exactitude les définitions de la liste de vocabulaire que je vous envoie, revoyez le cours et la problématique qu'il propose.
Bon travail,
Bonne semaine à tous,
Au plaisir de vous revoir bientôt,
A.Arnold
La droit et la justice.
Sujet : Suffit-il, pour être juste, d'obéir aux lois de son pays?
LE DROIT, LA JUSTICE.
Intro. :Si la justice se définissait seulement comme
la conformité au droit, il paraît
évident alors que l’obéissance au droit, aux lois, suffirait à qualifier la
justice : il suffirait de respecter les lois de l’Etat auquel on
appartient, quelle que soit la raison qui nous y pousse.
Pourtant
on qualifie aussi de justes des personnes ou actions en dehors de toute sphère
juridique (par exemple dans la famille). Il semble donc que la justice désigne
non seulement une institution et la légalité des actions, mais également une valeur, une vertu : la bonté morale. C’est d’ailleurs au nom de la justice
comme valeur que l’on peut dire de certaines lois qu’elles sont injustes. La
seule légalité ne suffirait donc pas à satisfaire notre exigence de justice.
Autrement dit, légalité
et légitimité ne sont
pas synonymes.
D’où les problèmes suivants :
Suffit-il, pour être juste, de se soumettre à l’autorité
de la loi, ou au contraire, y a-t-il d’autres « autorités » qui nous
indiquent comment être justes, notamment la conscience morale, les mœurs,
coutumes et habitudes, ou encore les précepts religieux ? Comment trancher
l’éventuel conflit entre ces différentes autorités et la loi ? Faut-il
parfois aller jusqu’à désobéir à la loi pour être juste ?
Par ailleurs,
si être juste consistait simplement à obéir aux lois de son pays, cela
signifierait que la justice ne serait pas une valeur universelle, mais qu’elle
serait relative à un pays, à une époque. Faut-il effectivement renoncer à
l’idée d’un droit universellement valable, ou peut-on au contraire définir des
exigences d’un droit « naturel », qui serait valable pour tout
homme ?
I.L’existence
des lois est une condition nécessaire de la justice.-L’existence de la légalité
permet d’éviter l’injustice absolue
1)entre
les individus(la justice privée).
Contre
la vengeance privée, animée par la passion (haine, colère, orgueil…),qui entre dans la spirale de la force,
de la violence, la justice résoud les conflits de manière pacifique, raisonnée,
proportionnée. Dans une situation de justice, les deux parties en présence
confèrent par convention l’autorité à un tiers, arbitre impartial : le
juge.
2)dans
la sphère publique (l’Etat).
Si,
on le verra, la légalité n’est pas une condition suffisante à la justice, on
peut néanmoins répondre de façon radicale à la question du rapport entre
justice et légalité en disant que l’existence de lois organisant la vie
politique et l’exercice du pouvoir est une condition nécessaire à la justice.
En effet, en l’absence de lois le pouvoir politique soumet les hommes à un
régime despotique, que Montesquieu (1689-1755) qualifie d’ « esclavage
politique ». Le despote a un pouvoir absolu, illimité, sur ses sujets,
tout comme le maître sur ses esclaves. Les sujets sont privés de liberté politique
(ils ne participent pas à l’organisation de la vie en commun). Ils sont soumis
à la volonté changeante du prince : c’est son « bon plaisir »,
son « caprice » qui remplace la loi.Face à cet arbitraire du pouvoir,
c’est la crainte et la terreur qui fait fonctionner le régime. En effet, les
sujets ne savent jamais à quoi s’attendre (on ne sait pas ce qui est autorisé
et ce qui ne l’est pas). Par conséquent, chacun se replie sur la sphère privée,
déserte les affaires publiques, voire l’espace public. Comme l’animal, chacun
est amené à régler son comportement en fonction de la menace de la violence
physique exercée par le « bras armé » du pouvoir. Ainsi, il apparaît
que l’absence de lois réglementant l’exercice du pouvoir conduit à l’injustice
totale, car elle prive les hommes de toute liberté d’action et de décision. La
possibilité d’une vie vraiment humaine exige donc l’existence de lois qui
organisent la vie sociale. Ainsi, l’existence de lois permet d’avoir au moins
un critère formel pour identifier l’injustice : c’est en ce sens que
Goethe disait « Mieux vaut une injustice qu’un désordre ». Le
désordre ici c’est l’absence de tout repère, de toute norme réglementant les
comportements, mais surtout réglementant les agissements du pouvoir.
II.Pour
que l’on soit juste, il faut que l’on obéisse à un droit juste.
1)Légalité/légitimité ;
droit positif/droit naturel.
Pour
que l’exercice du pouvoir soit juste, il faut qu’il soit régi par des lois,
mais l’existence de lois ne suffit pas à définir le caractère juste d’un régime
politique. En effet, ces lois ne doivent pas être arbitraires : pour être
justes, on considère (à l’époque moderne) qu’elles doivent respecter, protéger
et garantir les droits subjectifs de l’individu (formulés dans la Déclaration
universelle des droits de l’homme et du citoyen).
Autrement
dit, si l’Etat est nécessaire (puisque, comme le montre Hobbes, à l’état de
nature ,càd sans pouvoir politique et sans lois positives, la liberté illimitée
de chacun l’amène à tout instant à risquer de s’affronter à autrui : c’est
la guerre de tous contre tous), comment penser le pouvoir pour que l’obéissance
à cette autorité ne soit pas simplement perçue comme une oppression ?
Il
faut que cette obéissance puisse en quelque sorte être conçue comme volontaire,
ou du moins il faut que l’on puisse se reconnaître dans les lois (comme si la
loi me dictait ce que je m’ordonnerais moi-même de faire en tant qu’être
raisonnable). C’est tout aussi bien dire que le pouvoir doit appartenir au
peuple, et que le pouvoir exécutif doit être séparé du législatif et lui être
soumis (le pouvoir politique doit réaliser la volonté souveraine).
NB :
Quand je légifère en tant que citoyen, je ne dois pas me déterminer en fonction
de mon intérêt seulement égoïste, mais en fonction de l’intérêt général.
2)Définitions :
LOI :
déclaration publique et solennelle de la volonté générale sur un objet
d’intérêt commun (Rousseau).
Le
droit positif ainsi défini est légitime parce que je n’aliène pas ma liberté
lorsque l’obéis aux lois. Le pouvoir politique, ainsi orienté par le droit, est
à la fois légitimé (parce qu’il protège ma liberté) et limité (parce que son
autorité se limite à la garantie de la liberté des citoyens). C’est cette idée
qu’exprime la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ; le droit
positif doit protéger et garantir mes droits naturels de l’hommes (càd les
droits subjectifs, que l’on considère comme appartenant par nature à
l’homme ; ces droits ne résultent pas d’une décision ou d’une convention).
Comme
le montre Rousseau, dans Du contrat social, il n’y a que la République
qui permet de protéger et de garantir ces droits naturels ? Pour que notre
liberté soit garantie, il faut qu’elle soit en même temps limitée, càd par
l’existence de la justice positive et d’une Constitution républicaine qui
confère la souveraineté au peuple « la liberté sans la justice est une
véritable contradiction ». « L’obéissance à la loi qu’on s’est
prescrite est liberté ».
III.
La justice n’est pas seulement la conformité de nos actes à la loi, mais elle
est aussi une vertu morale.
D’après
Kant, c’est la conscience morale, voix de la raison, qui nous dicte notre devoir.
Cette voix intérieure, nous ne pouvons pas faire comme si nous ne l’entendions
pas. Lorsque nous agissons de manière immorale, c’est que nous choisissons en
connaissance de cause de céder à un intérêt égoïste plutôt que d’obéir à la loi
morale en nous.
C’est
donc parce qu’il est toujours possible que notre libre-arbitre choisisse
l’immoralité et le manque de respect à autrui plutôt que la moralité que le
droit est nécessaire. En effet, l’existence de lois et la possibilité de la
punition nous contraint à agir au moins comme si nous étions des êtres moraux
respectueux de la liberté d’autrui. Autrement dit, même si les hommes sont
égoïstes, le droit (avec la possibilité de la contrainte qui l’accompagne) rend
possible la coexistence des libertés individuelles.
Rem. :
la distinction de la moralité et de la simple légalité permet de préserver la
possibilité d’une critique des lois en place, au nom de l’exigence d’une plus
grande justice. Cela permet de préserver la possibilité de faire évoluer les
lois et de les modifier.
Rem.2 :
La justice comprise comme vertu (ici l’équité) est nécessaire lorsqu’il s’agit
pour le juge ‘appliquer les lois, toujours générales, aux cas concrets,
toujours particuliers. La jurisprudence exige de la part du juge d’être équitable
lorsqu’il adapte la loi, ou lorsqu’il y a silence de la loi sur le cas sur
lequel il faut statuer (le juge doit tenter de respecter alors l’esprit de la
loi .cf.distinction entre la « lettre » et
l’ esprit »).
IV.
Comment concilier (accorder, rendre compatibles) ce qu’exigent les lois et la
conscience morale, et/ou la tradition, les mœurs, les exigences
religieuses ?
Il
peut arriver que certains de nos devoirs de citoyen (soumis aux lois) n’aillent
pas dans le même sens que certains de nos autres devoirs (par exemple,
participer à la Résistance, au nom de la conscience morale, c’était désobéir
aux lois de Vichy ; ou encore le port de signes d’appartenance religieuse
peut être considéré comme un devoir de témoignage de la foi, et pourtant c’est contraire
à l’exigence de laïcité dans différents lieux publics). Comment savoir alors ce
qui est « vraiment » juste ? A quelle autorité se
soumettre ? On peut considérer que chacun doit se décider « en son
âme et conscience », que chacun est libre de ses propres pratiques, de ses
propres croyances, de ses propres moeurs. Toutefois, peut-être que le droit tel
que l’a défini Kant, c’est-à-dire l’ensemble des conditions permettant la
coexistence de la liberté de chacun avec celle d’autrui, peut servir de limite :
je peux agir selon ce que j’estime être juste, à condition que les conséquences de mes actes laisse
cette même possibilité aux autres. Ainsi, je ne peux pas me permettre de
décider pour autrui de ce qui est bon pour lui, et je ne peux donc pas entraver
l’exercice de son libre-arbitre, de son pouvoir d’auto-détermination, pas même
au nom de son bonheur.
Vocabulaire à maîtriser à la fin du chapitre sur le droit
et la justice:
MORALE / DROIT :
La morale définit des devoirs, mais qui ne sont pas
considérés comme des obligations du point de vue de la société. Cela veut dire
que ces devoirs n’impliquent pas symétriquement des droits chez autrui. Par
exigence, ne pas mentir est un devoir moral, mais personne ne peut me
contraindre à dire la vérité. Ou encore : c’est un devoir d’aider les
autres, mais personne ne peut me contraindre à l’aider.
Agir moralement, c’est donc bien
sûr faire son devoir, faire ce que notre conscience morale nous dicte de faire,
mais aussi avec une intention réellement morale, c’est-à-dire désintéressée,
sans calcul, sans rechercher à satisfaire notre amour-propre, sans calcul. Par
exemple, aider quel’un simplement pour être remercié, ou même pour être fier se
soi, ça n’est déjà plus une bonne action.
Le droit, lui, définit des obligations. Autrui (un
particulier ou l’Etat) a le droit de m’imposer le respect de mes obligations
(sous peine de sanction). Mais ici, peu importe mes intentions : il faut
et il suffit de remplir nos obligations.
DROIT OBJECTIF/DROIT
SUBJECTIF :
Le droit objectif est l’ensemble des règles qui régissent es rapports
des hommes entre eux. Par exple, le Code pénal, le Code civil…
Le droit subjectif
est un pouvoir appartenant à l’individu, qu’il peut exiger, exercer et
revendiquer (exple : « j’ai droit à la parole).
DROIT POSITIF/DROIT NATUREL :
Le droit positif
est l’ensemble des lois en place dans un Etat à une période historique donnée
(exple : le droit positif français est différent du droit positif
américain).Le droit positif définit ce qui est légal. Autrement dit, la
légalité désigne toutes les actions conformes au droit poistif, aux lois
positives. (« positif », ici, = « dans les faits).
Le droit naturel
désigne ce qui est légitime, c’est-à-dire ce qui est juste au regard de notre
exigence de justice comprise comme une vertu, un idéal. C’est le droit naturel
de l’homme que formulent la Déclaration des droits de l’homme.
LEGALITÉ/LÉGITIMITÉ :
La légalité, c’est
simplement la conformité aux lois en vigueur dans un pays.
La légitimité,
c’est ce qui est conforme à un idéal intemporel de justice. Ce qui est légitime
c’est ce qui est conforme au droit naturel qui, par définition, est universel
et intemporel. Ainsi le droit positif est légitime quand il protège et garantit
le droit naturel. Concrètement, à l’époque moderne, on considère qu’une loi est
juste si elle est conforme à l’esprit de la Déclaration des droits de
l’homme qui formule les droits naturels et inaliénables (=qu’on ne
peut ni ôter, ni échanger ni vendre) de l’homme.