Émilie Jacquin,

21 Janvier 1915

      Mon Chéri,

      Je t'écris pour prendre de tes nouvelles, en espérant que cette lettre arrive jusqu'à toi.

      Tu es parti depuis presque un mois maintenant et je n'ai toujours pas de tes nouvelles, je suis morte d'inquiétude.

      J'espère que tu vas bien et que les conditions de vie ne sont pas trop pénible. Il m'est difficile d'avoir de tes nouvelles du front.  J'ai appris grâce à Clémence, notre voisine, les horreurs de la

guerre, la peur des soldats et les mauvaises conditions de vie.

      Ici les villes sont silencieuses, et la peur règne dans les rues. Tout est un peu remué vers Paris, des femmes remplacent dans les usines leur mari.

Moi, je garde le moral car je sais que tu te bats pour notre pays et que tu es fort. Ma confiance en toi est là pour te donner du courage.

J'aimerais tant que cette lettre parvienne jusqu'à toi. Sois courageux et sache que je ne t'oublie pas et que je pense très fort à toi .

Je t'aime.

Ta petite Chérie.