LE LOUP-GAROU

      Un dimanche soir de pleine lune, je me trouvais avec un groupe de scouts dans la forêt de Rambouillet. Ce groupe de jeunes ados était plutôt agréable et dynamique. Nous étions neuf garçons, dont Paul et Alex mes amis d'enfance. Je marchais avec le groupe quand  le chef ordonna d'installer le camp dans ce coin de forêt sombre et inquiétant. Le chef nous envoya chercher du bois pour faire un feu.
En sortant du plus profond de la forêt, nous revînmes avec du petit bois mais il n'y en avait pas assez, nous retournâmes donc faire une deuxième expédition dans la forêt.
         Cela faisait environ dix minutes que nous en ramassions, qu'un épais brouillard s'installa ainsi qu'un vent glacial et menaçant.
Je regardais ma montre qui indiquait alors 21 heures 37.
        Tout à coup, j'entendis des craquements de branches suivis d'un souffle qui n'avait rien d'humain s'avançant peu à peu vers nous. Bien qu'initié à la vie de forêt, le vent froid fit régner une certaine terreur, des bruits de pas lourds avançaient à grande allure dans ma direction...
Je crus un instant que c'était Guillaume notre chef qui venait mais cela faisait plus penser à un animal sauvage.
        Un hurlement déchira la nuit, je m'écartai  du groupe, tremblant de frayeur.
A ce moment précis la chose en question était juste derrière moi,  et me retournant, je sentis son haleine repoussante, ses ongles crochus, ses dents acérées comme des rasoirs..
Je vis enfin des yeux rouges au milieu d'une forme terrifiante.
Le brouillard était si dense que l'on voyait a peine la forme de cet être.
         Je jetai dans sa direction des morceaux de bois, ce qui, avec surprise, fit fuir la chose. Moi j'étais encore blême , j'avais un regard pétrifié avec un teint livide. Je décidai de me battre contre la créature , armé de mes morceaux de bois et de ma torche afin de traquer l'animal.
         Tôt le lendemain matin, je fus découvert par le groupe parmi des branches, gisant inconscient, les vêtements déchirés, avec une large blessure au niveau du cou.
Impossible pour moi de raconter ce qui m' était arrivé, car je n'avais aucun souvenir.
Étant rentré à mon domicile,les jours suivants furent pour moi, très fatigants, voire même angoissants.
    Ensuite survint une longue période de nervosité, les jours passaient et toujours je ressentais cette force en moi.
Dévorant plus que d'habitude les repas quotidiens , je vis l'inquiétude de mes parents qui
décidèrent de consulter un médecin lequel ne trouva rien de surprenant sinon cette trace sur mon cou, qu'il mit sur le compte de la chute que j'avais faite en forêt .
        Puis vinrent ensuite les cauchemars  à répétition qui n'avaient que pour histoire cette  fameuse nuit de Juin dans la forêt.
        Commençant à mon tour sérieusement à m'inquiéter, je pris l'initiative de me documenter sur le sujet des phénomènes inexpliqués et les légendes.
Ce fut comme un énorme choc quand je découvris un sujet sur les loups-garous,
leurs portraits, leurs transformations ....
      D'un seul coup des souvenirs revinrent de cette maudite nuit : la peur, la vision flou d'une bête, notre défense, la fuite de cette chose, la traque munis de nos morceaux de bois, ainsi que la séparation du groupe afin de la mieux rechercher.
C'est alors que d'autres souvenirs apparurent, jusque-à l'inconnu :
la traque seul, l'angoisse, un bruit de branches cassées, l'apparition devant moi de cette chose, la fuite avec une chute et cette bête au dessus de moi essayant de me mordre avec pour toute protection mon unique bout de bois. Puis plus rien, sinon à l'aube ma découverte par le groupe.
     Je compris enfin que j'étais devenu moi aussi un loup-garou. Et,  ne sachant comment faire pour éviter une éventuelle métamorphose qui devait arriver à la prochaine pleine lune, je me renfermais sur moi même. Je pris conscience du danger et décidai de fuir loin de chez moi.
M'étant ainsi réfugié dans la forêt où tout avait commencé, j'envisageais d'attendre avec peur et inquiétude le dernier jour qu'il me restait avant le changement de lune.
Ma peur grandit, à la tombée de la nuit, quand j'aperçus des randonneurs préparant un camp.
Je n'osais imaginer lors de ma transformation ce qu'allait devenir ces randonneurs ...
   Malgré mon angoisse et ma lutte intérieure, je me transformai en cette bête étrange que l'on appelait "loup-garou". Dès la transformation, ma vitesse, ma force ainsi que mes instincts se décuplèrent, mais en échange de cela mon âme s'abandonna à cette créature nocturne.
    La transformation fut maintenant totale et je courus à toute vitesse vers ces randonneurs pour en faire mes premières victimes; ils ne se doutaient même pas qu'une étrange bête pourrait leur bondir dessus d'un instant à l'autre... ils étaient quatre, faisant leur diner .Comme la dernière fois dans la forêt, un épais brouillard et un vent glacial s'installa près des quatre hommes.  J'en profitai pour m'y glisser et me rapprocher de l'homme situé le plus loin du groupe... et le tuer! Je me déchainais atrocement sur les trois autres à une vitesse fulgurante furent horriblement tués, à coup de griffes ou de morsure mutilant leurs pauvres chairs .

    Le lendemain matin je me trouvais à moitié nu au milieu des restes des cadavres rouges de sang. Je compris rapidement que c'était mon œuvre de loup-garou qui avait créé ce bain de sang .
    Je rentrai chez moi comme si tout était normal malgré cette scène de crimes horribles.  Je fus pris de panique à l'idée de penser que je pourrais refaire la même chose à chaque pleine lune, risquer d'assassiner mes propres parents et déclencher de vastes tueries. D'ici là, je m'arrangerais pour que mon changement d'attitude reste secret.
    Pendant le mois qui suivit cette nuit atroce, je me faisais le plus petit possible pour éviter les soupçons éventuels de mes camarades. Le mois écoulé, je ne pensai plus du tout à ma transformation mensuelle en loup-garou.
    C'est ainsi qu'un soir de pleine lune vers minuit, je me trouvais chez mes parents en compagnie de mes amis Alex et Paul à fêter l'anniversaire de Jean-Baptiste ...
               Au lever du soleil, le réveil indiquait 10 heures 20 et je crus qu'il était cassé car il n'y avait plus aucun bruit dans la maison. A cette heure un mardi matin de vacances, la demeure devait être animée. Et là, pas un bruit, pas un signe de vie. Je descendis alors au rez-de-chaussée et vis mes trois camarades et mes parents gisants formant un tas de corps ensanglantés, des visages déchiquetés .
Je me réveillai d'un atroce cauchemar, j'étais en sueur dans mon lit, chez moi.  Je ne savais plus ce qui était rêve ou réalité. Laissant tout derrière moi, je me rendormis et ne pensai plus à cette histoire . 

                                                                                

                                                                                          THÉO.L 4ème3