blog des lettres de catherine de vivonne

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Un recueil de lettres de Poilus

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06 février 2011

Recueil de lettres : les Poilus et leur famille

Venez découvrir le recueil de lettres de Poilus et de leur famille.


02 février 2011

Rédaction

 

                                                                              Le 21 janvier 1915

       Chère Maman, cher Papa,

   Je profite d'un instant de pause pour vous écrire. Voilà trois mois que je suis parti et je suis toujours en vie. La mort est partout, nous guettant, mais elle ne me fait plus peur à présent.

   Ce matin, les Allemands, sans pitié, nous ont envoyés des gaz. Ils se sont insinués et propagés partout, dans les moindres tranchées, dans les moindres abris, dans les moindres recoins. Beaucoup d'hommes sont morts. Par chance on avait besoin d'aide dans l'artillerie, j'étais trop en arrière pour être touché. Je suis donc toujours en parfaite santé! Une bonne étoile me porte chance, rassurez-vous! Hélas, Alfred est mort, asphyxié, comme tant d'autres. Annoncez-le à sa famille s'il-vous-plaît, et dites leur d'être fière de lui, car il s'est toujours battu avec force et courage.

   La semaine dernière, le 13 janvier, à l'aube, nous avons été envoyés en première ligne pour nous battre. Autour de moi, tous sont morts, décimés, presque jusqu'au dernier. Mais je suis toujours là, vivant et en bonne santé. Maman, Papa, après avoir été en première ligne, plus rien ne me fait peur désormais. Qu'importe les totos et les gaspards, le froid et la boue, les obus et les balles, car être en première ligne, c'est comme un rendez-vous avec la mort. Peu y réchappe, mais moi, moi, je suis toujours en vie. Tu peux être fier de moi Papa, car ton fils se bat toujours avec courage et détermination, il a soif de paix, soif de liberté, soif de victoire! Je me battrai jusqu'au bout, pour vous, pour mes amis, pour la France! En dépit des gaz, des obus, des balles, nous les décimerons, jusqu'au dernier, car nous gagnerons, c'est certain. Ce n'est plus qu'une affaire de temps.

   Je puise la force de me battre dans votre amour ma chère Maman, mon cher Papa. La chance a toujours été avec moi, n'ayez crainte. Je vous embrasse très fort,

       Votre fils qui vous aime.

                                   Joanna.V

31 janvier 2011

lettre d'une jeune fille qui écrit a son fiancé

 9 novembre 1917

 

 Cher Julien,

    Je vous écris en cette fraîche soirée, car j’ai fort pensé à vous ces derniers jours. N’ayant pas eu de nouvelles de vous depuis plus de semaines, j’ai commencé à m’inquiéter. Est-ce que vous allez bien? La situation se serait elle dégradée? Est-ce que vous avez progressé depuis votre dernière lettre? J’ai beaucoup eu à faire ces derniers jours, et vous? Où en êtes-vous de cette guerre? Se terminera-t-elle bientôt? J’espère qu’il ne vous est pas arrivé un malheur, je ne pourrais pas m’en remettre. J’espère que mon amour vous est utile, et qu’il vous mènera à la victoire, car le vôtre m’est précieux et me donne courage et force pour continuer. Car du courage il nous en a fallu ces derniers jours, parce que le travail s’est intensifié, et nous avons dû travailler plus encore. Notre patron a fait venir de très jeunes filles, et les voir travailler à leur âge me peine. Je vous en prie, terminez au plus vite cette guerre, pour nous tous, pour moi, pour notre amour. Ne vous inquiétez pas pour moi, ici tout va bien.   

   Je reste confiante, je suis sûre que vous gagnerez cette guerre. Les Allemands ne pourront rien face à vous. Votre âme et votre cœur sont trop purs pour leurs balles vous atteignent. Soyez confiant vous aussi, car vous gagnerez, c’est certain. A l’occasion, pourrie-vous me donner des nouvelles des amis du village? Certaines familles n’ont pas reçu de lettre depuis un moment déjà. Gardez espoir, et courage. A bientôt, je vous aime, et je mets mon amour pour vous dans cette lettre, pour qu’il vous porte vers la victoire.

                                   Juliette

 

 Alexandre Resnier 3è7

rédaction

Mes chers parents,

 

Je vous écris du front où le froid est au rendez-vous. Tout à l’heure, j’ai enfin pu manger un repas chaud et dormir  quelques heures. En effet, pendant trois jours nous avons, les autres soldats et moi, effectué une mission « de haute importance ».

Le premier jour, nous sommes restés de neuf heure jusqu’à la nuit dans un trou d’obus afin de repérer les mitrailleuses ennemies et si nous nous faisions prendre, je ne sais pas si nous serions ressortis vivants !  Une fois ce travail effectué, nous sommes rentrés dans la tranchée. Mais, pour moi, la  journée n’était pas terminée : j’ai été désigné pour surveiller la tranchée adverse toute la nuit, dans l’attente d’une éventuelle attaque. Dès l’aube, j’ai été relevé et je croyais bien pouvoir me reposer, mais un bombardement a éclaté. Il suffisait alors de se mettre à l’abri et d’attendre… Je voyais, comme à chaque fois, nos abris composés de matériaux récupérés à droite et à gauche se détruire. Ce bombardement a duré jusqu’au soir et j’ai vraiment cru que j’allais y rester ! Une fois cette attaque passée, nous avons contemplé les dégâts, la tranchée qui ressemblait à une déchetterie, à des égouts dans lesquels errent rats et poux, ce capharnaüm dans lequel nous vivons… Nous avons passés toute la nuit et une partie du jour à reconstruire tant bien que mal nos abris. Même si je sentais la fatigue me gagner et la faim me ronger, j’étais fier d’aider mes camarades. A la tombée de la nuit, j’ai rencontré un soldat qui me semblait familier… Il s’agissait en effet de mon ami d’enfance, Jean.B, qui  à été transféré dans la même tranchée que moi. Nous avons discutés une bonne partie de la nuit. Quant au fils de madame D, il se porte très bien et il parait même qu’il s’est montré très courageux lors de la dernière offensive…

Je vous écris aussi pour vous dire qu’une très bonne ambiance règne ici ! Nous sommes tous solidaires les uns aux autres, la semaine dernière j’ai vu un soldat se sacrifier pour un jeune qu’il ne connaissait à peine !

Voilà mes chers parents, une lettre pour vous dire de ne pas vous inquiéter. J’espère que toute la famille va bien à Paris, qui me semble si loin d’ici… Pouvez-vous embrasser la sœur pour moi, elle me manque tellement ?

Je vous dis à très bientôt, mes chers parents, et je vous embrasse très fort.

 

Votre fils,

                                               Pierre.

Camille.S

 

Lettre de Marc CHEVALLIER 3ème 7

20 Janvier 1916

Chère Mère,

Je vous donne de mes nouvelles après trois jours d’absence. Nous étions en pleine attaque sur les tranchées allemandes. Je me porte bien je n’ai que quelques égratignures dû aux barbelés que nous avons passés lors de l’attaque. Mais nos rangs ont bien diminué, nous ne comptons plus les pertes.

D’ailleurs, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer, mon ami Paul Petipas que vous aimiez tant a succombé à ses blessures. Je vous avais parlé de ce garçon lors de ma dernière lettre? Hélas, ce n’est pas le seul, mon nouvel ami qui était de mon régiment est parti rejoindre Père. Cela me fait souffrir intérieurement mais malheureusement, je ne peux penser à eux trop souvent, sinon je me ferai abattre et à mon avis, ce ne seront pas les derniers que je perdrai à cause de cette guerre.

Je ne me plains peu de mon état physique car ma souffrance morale est bien plus grande. Les amis que je perds ne sont pas les seuls à me faire souffrir Nos conditions de vie ne sont pas excellente. Nous dormons dans la boue, quelques fois recouverte d’un peu de paille parmi les poux et les rats. Nous venons de manger un peu de soupe après trois jours de malaise dû à la faim. Le lieutenant nous a promis d’essayer d’avoir un peu de viande dans le prochain ravitaillement. Je pense que cette nuit, je vais peut-être enfin pouvoir me reposer un peu après ces trois derniers jours.

Mais je ne  pourrai pas dormir l’esprit tranquille, les visages des victimes que j’ai envoyé dans l’au-delà pour survivre me hantent.

J’aimerais vous écrire une lettre rassurante, mais cela met impossible. Je ne pense pouvoir survivre encore très longtemps. Une contre-attaque ennemie est prévue sous peu. C’est pour cela que je vous fais mes adieux en espérant pouvoir vous écrire une autre lettre d’ici là, mais seul l’avenir nous le dira.

Je vous aime fort, soyez courageuse et vivez, et continuez de bien veiller sur ma petite sœur.

Votre cher fils, Marc   

30 janvier 2011

Une jeune fille écrit à son fiancé qui est sur le front

De Julie LE GALL 3°7

A Aix-en-Provence le Mardi 24 Août 1915

Mon très cher et tendre amour,

Cela fait plusieurs jours que je me retrouve sans nouvelles de vous. Je ne me fais guère de soucis. Je sais à quel point vous êtes courageux et fier de servir notre chère patrie qu'est la France. Je suis persuadée qu'à l'instant même où je vous écris, vous vous battez avec sagesse. Si vous saviez à quel point tout le monde vous encourage et vous aime ici.

Hier après-midi, je me suis promenée avec votre mère près du château de Pertuis. Nous y avons rencontré votre vieil ami Pierre rentré, unijambiste, de guerre un ou deux mois auparavant. Il m'a semblé heureux d'apprendre des nouvelles de vous et triste de ne pouvoir vous serrer dans ses bras. Il m'a chargée de vous passer le bonjour et de vous dire qu'il croit en cette guerre et en notre victoire. Pour être honnête, il m'a confié qu'il comptait bien retourner sur le front avec ou sans l'accord de ses supérieurs. Après notre retour, je me suis rendue chez nos voisins. Les pauvres, ils ont perdu toutes leurs récoltes à cause des taupes. Je ne peux vous cacher que nous avons tous bien ri en apprenant la nouvelle. Qui aurait pu croire que les Martin pleureraient à cause de taupes en ces temps de guerre. Bien après dans la soirée, votre petite nièce, Lucie, a fait ses premiers pas et votre sœur en a pleuré toute la nuit. Malheureusement, pas uniquement de joie. Il faut dire qu'elle avait tant espéré que vous et votre beau-frère seriez rentrés pour partager ce beau moment avec nous. Mais je savais que derrière son chagrin, se cachait une grande fierté. Chaque jour, elle raconte à Lucie son enfance passée à vos côtés.

A part cela, tout va pour le mieux. Le boulanger d'en face à rouvert hier. La toux de votre père, qui comme vous le savez durait depuis plus d'un mois, s'est miraculeusement arrêtée très tôt dans la matinée lors de sa promenade quotidienne avec le chien de chasse dans les bois. Le médecin n'a cessé de répéter pendant le déjeuner que la médecine n'a fait qu'évoluer depuis le début de la guerre et que bientôt toutes les maladies n'auront plus aucun secret pour lui et ses confrères. Votre tante, Justine, toujours aussi pessimiste a rétorqué qu'elle n'y croyait pas et que tous ceux qui auraient survécu à cette guerre mourront d'une prochaine pandémie. Encore merci à votre mère de l'avoir fait taire. Votre mère est une grande dame. Je n'aurais pu tolérer une autre parole de cette femme.

Je dois, à mon plus grand regret, vous dire au revoir et achever cette lettre mon doux Jean. Votre père, qui ne tousse plus et s'en vante, m'a obligée et, je n'ai point refusé, de partir avec lui en montagne faire une randonnée et dormir à la belle étoile. J'espère pouvoir trouver très vite du temps pour vous écrire. Ici, nous pensons tous à vous et vous souhaitons bien du courage. Je sais que vous n'en manquez pas. Je souhaite avoir très vite de vos nouvelles et vous avoir bientôt à mes côtés. Je vous embrasse bien fort.

Votre bien aimée,

Marie

PS: Je n'ai pas oublié votre promesse de mariage. Ne l'oubliez pas non plus. Cet événement hante mon esprit nuit et jour et renforce mon amour pour vous. Je vous aime et vous aimerai toujours.

Lettre a un poilu

                                                                                                                     Janvier 1915

 

      Cher Adrien,

     Tu me manques infiniment, pas un jour ne passe sans penser à toi, et je prie pour que tu demeures vivant. J'ai peur mon amour, peur pour toi, peur que tu ne reviennes pas. Ta famille est également très inquiète pour toi, alors donne-nous des nouvelles je t'en prie. Mon chéri, j'èspère de tout mon coeur que tu te portes bien. Quelques mois de cela, j'ai refusé ton départ mais tu as été décidé à partir pour défendre la patrie. Alors tu y as été la fleur au fusil. Sois fort mon coeur, ne perds jamais espoir et bats-toi. Je t'aime mon chéri, et je t'aime pour toujours. Et j'espère que lors des moments les plus durs tu penseras à moi, à ta famille, à ceux qui attendent ton retour... Je ne sais pas quoi te dire, ni quoi faire pour te rassurer, mais reste fort, courageux, et ne baisse jamais les bras. Sache que nous t'attendons avec impatience, et surtout n'oublie jamais que je t'aime mon amour...

                                       A très vite je l'espère, je t'aime.

                                                      Alexandra

 

Lettre à son fiancé

Émilie Jacquin,

21 Janvier 1915

      Mon Chéri,

      Je t'écris pour prendre de tes nouvelles, en espérant que cette lettre arrive jusqu'à toi.

      Tu es parti depuis presque un mois maintenant et je n'ai toujours pas de tes nouvelles, je suis morte d'inquiétude.

      J'espère que tu vas bien et que les conditions de vie ne sont pas trop pénible. Il m'est difficile d'avoir de tes nouvelles du front.  J'ai appris grâce à Clémence, notre voisine, les horreurs de la

guerre, la peur des soldats et les mauvaises conditions de vie.

      Ici les villes sont silencieuses, et la peur règne dans les rues. Tout est un peu remué vers Paris, des femmes remplacent dans les usines leur mari.

Moi, je garde le moral car je sais que tu te bats pour notre pays et que tu es fort. Ma confiance en toi est là pour te donner du courage.

J'aimerais tant que cette lettre parvienne jusqu'à toi. Sois courageux et sache que je ne t'oublie pas et que je pense très fort à toi .

Je t'aime.

Ta petite Chérie.

29 janvier 2011

Lettre d'un Poilu

                                             21 janvier 1915                              

 

                              Chère Mère et cher Père,

 

 

 

            Je suis fier d’être parti défendre mon pays. Mais en voyant mes amis se faire tuer par des éclats d’obus, des balles de mitrailleuses, j’ai commencé à perdre espoir.

 

            Charles de Montégu a été blessé par un éclat d’obus au torse et les médecins ont dit qu’il allait s’en sortir vivant mais il ne pourra pas continuer la guerre. N’oubliez pas de prévenir ses parents.

 

            Hier, j’ai reçu une lettre de Margaux pour me dire que l’accouchement s’était bien passé. Elle a appelé notre fille Emma. Et grâce à cette nouvelle, j’ai repris confiance en moi. Je suis prêt à faire n’importe quoi pour elles.

 

            Dans les tranchées, nous n’avons pas beaucoup d’espace (pas plus un mètre cinquante de large), les maladies ne ravagent que les plus faibles et ce n’est pas mon cas, les rats et les poux sont nombreux mais nous faisons comme si de rien n’était. Nous n’avons pas beaucoup de temps libre ; on nous oblige à creuser plusieurs mètres de boyaux.

 

            Mais rien ne m’arrêtera de penser à vous, à Margaux et à la petite. C’est grâce à vous que je survis à cette vie dans les tranchées parce que les lettres que vous m’envoyez me remontent le moral.

 

            Je pense fort à vous et dites à Margaux que je l’aime de tout mon cœur.

                                                      Grégoire.