H1 : Qu’est-ce que tu as, dis moi…
F1 : Rien, pourquoi cette question?
H1 : Tu es froide en ce moment… Tu ne m’adresses presque plus la parole…Tu ne réponds même plus à mes messages…
F1 : Je n’ai rien, je t’assure.
H1 : Je te connais par cœur… Toi et moi on est comme les doigts de la main… Regarde moi.
F1 : C’est juste que… Je ne sais pas… Tu vas te moquer de moi, c’est… accessoire. Oui, c’est accessoire.
H1 : Tu sais comment je suis… Je me rends malade pour un rien. Aussi absurde que ce soit, je préfère tes sermons à ton silence…
F1 : Et bien… si tu insistes alors… Hier je t’ai vu regarder F2... et… je n’ai pas apprécié.
H1 : Tu dis que je l’ai regardée? Mais comment, de quelle manière? Ce n’était sûrement pas intentionnel…
F1 : Je ne sais pas… Nous étions en train de parler dans les couloirs et elle est passée, rapidement. Et là, tu l’as suivie du regard et tu n’as pas réussi à finir ta phrase, tu étais…troublé.
H1 : Voyons, c’est ridicule, tu sais qu’on ne s’adresse plus la parole, tout ça est fini.
F1 : Je savais que j’aurais dû me taire… Tu ne me prend jamais au sérieux. Pourtant je… j’ai vu ton regard et… j’ai eu mal, tu sais.
H1 : Je ne m’en souviens pas, ça ne doit pas avoir beaucoup d’importance à mes yeux.
F1 : J’ai vu, tout ça… Ton regard pour elle, ton trouble… J’ai vécu un retour en arrière, moi qui croyais avoir réussi à ne plus la haïr…
H1 : Tu accordes trop d’importance à des détails insignifiants… C’est la seule raison pour laquelle tu m’évites?
F1 : Ca fait quelques temps que tu es irréprochable, qu’aurais-je d’autre à te reprocher?
H1 : Ca me fait plaisir que tu remarques les efforts que je fais pour toi…
F1 : Pourtant, ce simple acte m’a remémoré beaucoup de souvenirs… Des mauvais souvenirs…
H1 : Non, on avait dit qu’on n’en reparleraitplus.
F1 : Je pense que nous n’avons pas assez… approfondi… tout ça. Sinon nous n’aurions pas encore ce genre de confrontations. Il faut y retourner, replonger, une bonne fois pour toutes.
H1 : Pourquoi me reparles-tu de « tout ça »? Il n’y a aucun problème, mis à part celui que tu es en train de créer…
F1 : Si, justement. C’est comme cette fois, il y a quelques mois, tu portais le bracelet d’une autre fille…Alors je me suis énervée et je l’ai jeté par la fenêtre. Tu t’en souviens?
H1 : Evidemment, alors que c’était juste une amie, ta réaction était exagérée. Tu m’avais frappé juste après.
F1 : En effet, je te détestais tellement… Et bien ce jour là, je t’ai dit de partir de chez moi… Au début, tu as refusé, tu es resté peut-être… deux heures. Ensuite je t’ai redemandé de partir, car… tu m’avais fait du mal. Je t’ai refrappé, violemment, et je t’ai demandé de partir. Et tu es parti. Je pleurais mais tu es parti, tu m’as abandonnée…
H1 : Quoi ! Mais que me reproches-tu au juste? De t’avoir écouté, d’avoir cédé à ta volonté?
F1 : Tu ne comprends rien. J’avais vraiment envie que tu partes…
H1 : Et c’est-ce que j’ai fait !
F1 : Oui mais…Sans toi je me suis sentie tellement… dépitée et vide… que tu aurais du rester… Juste essayer de comprendre à quel point je te haïssais… Ou plutôt à quel point je t’aimais…
H1 : Comment étais-je censé deviner ce que tu voulais réellement…? Tu te souviens des paroles blessantes que tu me disais, tu te souviens le nombre de fois en une heure où tu as déclaré ne plus m’aimer? Pourtant, je suis resté là, comme inerte, car mon coeur était bel et bien mort... à supporter la violence de tes coups et de tes insultes. Et ce n’était pas la première fois… Et encore, tu avais déjà rompu.
F1 : Par ta faute !
H1 : Non, pour des raisons fictives…
F1 : J’en avais assez de tes mensonges. Sur tout, sur toi, sur les autres. Tu te rappelles lorsque tu as prétendue avoir fait certaines choses avec d'autres filles… Juste pour me faire souffrir.
H1 : C’était par pure vengeance. Toi tu avais du concret pour me faire du mal, moi j’ai dû inventer.
F1 : C’est pire… Moi je ne voulais pas te blesser, au contraire. Juste... une légère douleur, une piqure, un affect... qui montrerait que tu tiens à moi. Ou peut-être était-ce le fruit de mon inconscient, qui cherchait une vengeance de... je ne sais quoi. Toutes mes erreurs … je ne pensais pas que ça t’affecterait autant.
H1 : Tu te cherches des excuses. Je m’en souviens comme si c’était hier, du jour où tu m’a annoncé le nombre de fois où tu m’a trompé. L’humiliation, la haine, le désespoirque j’ai ressenti… Et je suis, une fois de plus, resté, en espérant que tu changerais. Pourtant tu as recommencé. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois… Je n’arrive même plus à compter.
F1 : Je sais… Mais… c’est dans ma nature, ou plutôt… oui, l’alcool, c’est l’alcool, et…ça ne m’a jamais empêché de t’aimer. En effet, je m’en souviens de ce jour là. Tu as prétendu t’être ouvert les veines et être allé à l’hôpital…
H1 : Je voulais voir ta réaction, si tu tenais à moi.
F1 : Et tu as été déçu puisque j’ai plus été flattée qu’autre chose. Je t’en voulais encore, tu venais de m’annoncer ce que tu ressentais pour… F2... celle que j’aimais plus que tout, peut-être même plus que toi à cette époque… Tu avais tout gâché, notre si belle amitié, qui ne s’est d’ailleurs jamais réellement rétablie…
H1 : Tu sais à quel point je m’en veux…
F1 : Tais toi. C’est trop récent pour que j’ai envie d’en parler.
(silence)
H1 : Parle-moi, dis moi que tu m’aimes…
F1 : Je n’en vois pas l’utilité.
H1 : Si, c’est tellement rare que tu me le dises, pourtant ça me rend si heureux…
F1 : C’est mieux que de le dire à longueur de journée sans le penser…
H1 : De qui parles-tu?
F1 : De toi, car je résume bien la situation, n’est-ce pas?
H1 : Non…Comment peux-tu m’accuser de ne pas t’aimer… Avec tout ce que je fais pour te le prouver…
F1 : Il m’arrive d’y croire. Puis tu fais un geste, ou tu prononces ne serait-ce qu’un mot… qui me prouve le contraire, comme ce que je te reprochais tout à l’heure…
H1 : Tu es paranoïaque, tu vois le mal partout…
F1 : C’est par ta faute, c'est à cause de tout ce que tu m’a fait subir que je le suis devenue.
H1 : J’ai arrêté, j’ai changé et tu le sais. Il n’y a plus que toi, et il y aura toujours que toi…
F1 : Non, ton amour est éphémère. Tu m’a aimé presque le premier jour où tu m’a aperçue, et moi…je m’en étais rendue compte, tu n’essayais pas vraiment de me le cacher. Et je te détestais de m’aimer, sans te connaître, je détestais ce que tu étais. Moi…j’ai appris à te connaître, à te comprendre, à t’aimer et maintenant je t’aime pour ce que tu es. Alors que toi... tu m’aimes en dépit de ce que je suis… Tu m'aimes malgré mes crises, mes exigences et mon caractère indéchiffrable, pas pour mes qualités...
H1 : J’ai eu un coup de foudre pour toi mais mon amour n’en est pas pour autant diminué… J’ai tout fait pour t’avoir, tu te souviens de la veille où on s’est mis ensemble pour la première fois?
F1 : Oui, comment l’oublier…Le lendemain d’une soirée trop arrosée, tu étais venu en bas de chez moi. C’était un premier février, il faisait très froid. Tu es resté… plusieurs heures, en bas de chez moi, tel Roméo, à crier que tu voulais me parler, que tu m’aimais. Toute ma famille te disait de partir, tu nous embêtais à hurler et à sonner à la porte… Et moi je t’insultais, je te disais de partir car je ne voulais pas de toi et puis j’étais bien devant ma télé…
H1 : Tu avais été méchante… Et pourtant j’ai continuer d’insister, et j’ai bien fait puisque je t’ai eue.
F1 : Tu as presque toujours été parfait avec moi… Tu t’es toujours battu pour me garder, tu me faisais des compliments et des cadeaux, tu es resté près de moi lorsque tu n’étais pas le seul dans mon cœur, c’est toujours toi qui reviens, même lorsque je suis en tort. Pourtant, j’aurais aimé que tu te battes encore plus. Car tu sais que quand tu veux quelque chose, tu finis toujours par l’obtenir. Les deux premières fois où j’ai rompu, je me suis rendue compte à quel point tu ne tenais pas à moi. Tu n’as rien tenté pour me récupérer. Et tu n’as pas semblé plus triste que d’ordinaire…
H1 : Tu me connais tellement mal… J’essayais de sauver les apparences tant bien que mal, je ne compte même plus le nombre de nuits que j’ai passé à pleurer, cherchant en vain du réconfort… C’est sûrementpas toi et ta fierté qui vont me dire que c’est mal de cacher ce qu’on ressent.
F1 : Ma fierté? Quelle fierté?
H1 : Tu sais bien… Jamais tu ne veux me dire que tu m’aimes…
F1 : Je sais… Mais ce n’est pas seulement ça… Toi tu encaisses tout ce qu’on te fait, tu te laisses submerger par tes sentiments, tu restes passif... Moi je ne veux pas être perdue, alors… je réfléchis, à quels moyens je peux utiliser pour ne pas sombrer dans la destruction… parce que c’est ça dans le fond l’amour, c’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber…
H1 : Je ne suis pas d’accord, tu es bien trop pessimiste. L’amour ça peut faire souffrir mais l’amour c’est…l’avenir, un mariage, des enfants!
F1 : On y vient! Peut-être que c’est ça, le vrai problème. Notre vision du monde… Oui, c’est ça. Elle est tellement…différente. Tu m’avais fait croire à cet amour, tu m’avais élevéehaut, très haut… Puis tu avais tout gâché, me laissant lâchement retomber dans la dure réalité… Depuis, je n’y crois plus. Je sais que je ne fais pas d’efforts et que j’ai ma part de responsabilité, mais…tu as élevé la barre tellement haut depuis le début que je n’arrive plus à me contenter de ce que tu me donnes. Ca me rend malade, cette…attente… de je ne sais quoi. J’aurais besoin et envie de l’impossible, que tu sois sans cesse à mes côtés, que tu m’aimes plus, ou que tu m’aimes moins, je ne sais pas… Moi je souffre, toi tu ne souffres pas, ou peut-être suis-je trop aveugle pour m’en rendre compte, je ne pense pas…
H1 : Je ne comprend pas… Ce que tu veux, ce que tu essaies de me dire…
F1 : Je ne le sais pas moi-même. Je sais maintenant… que je ne me comprendrai jamais et que je ne te connais plus assez pour que ça reste possible.
H1 : Alors ça y est, après tous ces efforts faits pour nous préserver, tu mets fin à notre histoire?
F1 : Oui…
H1 : Non…
F1 : Oui.
&Voltaire.