Les mots/ Les images

Blog de la classe de 1L du lycée Rabelais de Meudon

Tag - Trois Petits Points

Fil des billets

Les pingouins ne volent pas.

Emma soupira et referma son livre avec une lenteur désespérée. Elle se traîna jusque dans la cuisine avec l'intention d'y dénicher quelque chose de comestible. Le seul aliment digne d'être ingurgité était un yaourt à l'abricot dont la date de péremption était maintenant dépassée depuis quelques jours. Quelques jours de trop, se dit-elle en l'ouvrant néanmoins. Elle s'assit avec peine sur ce qui lui faisait office de lit, un matelas installé à même le sol. Ses cheveux châtains lui tombaient sur les épaules et sa frange, maintenant trop longue, lui chatouillait les yeux. Elle colla alors sa tempe contre le carreau de sa fenêtre et consacra l'heure qui suivit à son passe-temps favori du moment. Elle regardait les flocons de neige tomber, si légers qu'elle avait l'impression qu'ils flottaient dans les airs, avant de venir compléter le tapis formé par leurs semblables. C'était dans ces moments là, et seulement ceux-là qu'Emma pouvait se vider l'esprit et enfin ne penser à rien. Non pas oublier, ni effacer de sa mémoires certaines choses qui mériteraient de l'être, mais les mettre de côté momentanément, les pousser dans un coin de sa tête, pour laisser place à une toute nouvelle pensée : le RIEN. C'était seulement dans ces moments de néant absolu qu'Emma pouvait prétendre se rapprocher du bonheur. Du moins de son bonheur à elle. Ce qu'elle avait vécu, du haut de ses vingt-trois ans avait été si sombre qu'elle ne pouvait maintenant plus prétendre à réintégrer quelques couleurs dans sa vie. Alors à défaut de couleurs, elle remplaçait le noir par le rien.

 

Elle eut une envie soudaine de sortir, et c'est sur ce désir impulsif qu'elle enfila rapidement une veste en cuir ainsi que des bottes en caoutchouc. Elle ne prit pas la peine d'attendre l'ascenseur et dévala les escaliers. C'est avec force et entrain qu'elle poussa la porte de son immeuble, qui claqua violemment sur le rebord du mur voisin. Elle marchait dans la rue, en plein milieu de celle-ci, elle n'avait peur de rien, l'air déterminé, longeant les lignes blanches, marchant d'un pas rapide, ignorant les voitures. Elle respirait de plus en plus vite, de plus en plus fort. Emma courait à présent, elle avait froid mais son corps brûlait de l'intérieur. Elle aurait voulu prendre tous ces flocons et les appliquer sur son cœur, en regardant la fumée que la différence de température provoquerait, en écoutant le grésillement de la fumée formée. Elle était essoufflée, avait mal. Les passants la regardaient tantôt avec inquiétude, tantôt avec mépris. Une once de pitié, mêlée d'amusement se dessinait sur leur visage lorsqu'ils voyaient la jeune femme passer. Mais elle ne les remarquait pas. Seule sa poitrine en feu la préoccupait. Elle se sentait de plus en plus oppressée, ne savait plus que faire. La peur se lisait à présent dans ses yeux. Il fallait qu'elle rentre, c'en était trop. Tout lui faisait penser à la seule chose à laquelle elle s'était interdit de songer. C'est en passant sa main sur son visage pour essuyer les gouttes d'eau formées sur ses lunettes qu'Emma s'aperçut qu'elle pleurait. Elle sentit soudain que la force lui manquait. La force de continuer sa course sans but. Quand elle sentit ses jambes se dérober et qu'elle manqua de s'écrouler, elle repéra un banc à quelques centaines de mètres et entreprit de s'y assoir. Mais elle s'écroula au sol à quelques pas du banc, et n'eut plus la force de se relever. Elle demeura donc assise par terre à côté de ce banc vide, en regardant la neige s'amasser sur ses frêles genoux et tentant d'essuyer ses larmes. Tout à coup, elle se sentit pitoyable. Elle prit soudain conscience du ridicule de la situation, et se mit à se mépriser elle-même. C'est ainsi qu'entre deux sanglots, Emma commença à rire. Un rire amer s'éleva alors dans les rues de Paris.

A suivre…

Gabuline.

 

Fiche de lecture sur les Liaisons Dangereuses de Laclos

Les liaisons dangereuses de Laclos, avant d'étudier l'œuvre et ses personnages, je vous propose de nous intéresser à l’auteur.

 

Laclos est né le 18 octobre 1741. Il appartient à la noblesse, et entreprend tout d’abord une carrière militaire. Il brillera au sein de cette carrière puisqu’entre 1760 et 1765, il passera d’élève au corps royal d’artillerie à lieutenant en premier. C’est en 1773 qu’il commence à écrire, avec A mademoiselle de Saint-S... et l’épître à Margot.

En 1779, il entame l’écriture des Liaisons Dangereuses et commence justement une aventure avec Marie-Soulange Duperré, avec qui il aura un fils en 1784, et une fille en 1788. Il meurt le 5 septembre 1803, juste avant la proclamation de l’empire de Napoléon III.

 

Pour mieux cerner l’œuvre, il me faut également vous expliquer le contexte politique de l’époque.

 

Louis XIV meurt, dès lors s’instaure « La Régence » qui est une période de débauche. Sous Louis XV, cette dernière (la débauche) s’organise et certains hommes se revendiquent «  petits maîtres » avec pour objectif de détruire la réputation des femmes, et de ne surtout pas tomber amoureux. Ils souhaitent avoir le plus de femmes possible car pour être libertin (quelqu’un qui renie la religion, un libre penseur mais qui ne le dit pas ouvertement) il faut avoir la meilleure réputation. Le libertin jouit d’une liberté de mœurs et de morale. Dans ce roman, les personnages libertins sont incarnés par la Marquise de Merteuil et  Valmont.

Sous Louis XVI, le bon roi vertueux, les libertins doivent se cacher car ils ne veulent pas s’arrêter. Ils se dissimulent, et apprennent l’art de la manipulation, telle la Marquise de Merteuil. Les libertins sont toujours des aristocrates qui n’ont aucun poids politique, ni de problème d’argent. Ils n’ont qu’un seul intérêt dans la vie : séduire le plus de femmes possible pour les dégrader. Ils ne croient plus en Dieu et sont athées ou indifférents. Dans les Liaisons Dangereuses, Mme de Merteuil est la plus grande libertine, la tête pensante.

 

Les Liaisons Dangereuses furent publiées en 1782 chez le libraire Durand Neveu, en quatre volumes. Le succès a alors été indissociable du scandale dû aux caractères immoraux du Vicomte de Valmont et de la marquise de Merteuil. Dès lors, les lecteurs cherchent les personnes vivantes pouvant représenter les héros. Une liste est alors publiée, ce qui entraînera l’intervention de la police pour interdire la mise en vitrine du roman dans les librairies. Malgré l’intention moraliste du sous-titre : Les liaisons  Dangereuses ou lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres ». Le roman reste considéré comme immoral et libertin, et provoque même des scandales puisque la libertine Mme de Merteuil terrifiait et choquait (Baudelaire ira même jusqu’à la qualifier d’ « Eve Satanique »), mais les lecteurs étaient également touchés par la sensible Mme de Tourvel.

 

 

Je vous propose maintenant un bref résumé de cette œuvre :

 

Le vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil, anciens amants libertins, élaborent deux projets. Le premier, de séduire la prude Madame de Tourvel. Le second, de se venger d’un amant en pervertissant sa future épouse Cécile, amoureuse de son maître de musique le Chevalier Danceny.

Cécile se laisse séduire par Valmont qui entretient la correspondance entre elle et Danceny. Valmont, après avoir conquis Mme de Tourvel, est contraint par Merteuil de l’abandonner. Mme de Tourvel en meurt de chagrin, Danceny tue Valmont quand Merteuil lui apprend sa trahison. Cécile retourne dans un couvent et Merteuil est exclue de la société qui a appris ses manœuvres.

 

Dans ce roman, j’ai choisi d’étudier le personnage de la Marquise de Merteuil :

 

La lettre 81 des Liaisons Dangereuses est en quelque sorte sa profession de foi qui permet d’obtenir des renseignements sur sa vie.

A quinze ans, la Marquise de Merteuil observe la société qui l’entoure, écoute tout ce qu’elle n’est pas censée écouter et réfléchit.

Par la suite, elle apprend à dissimuler ses sentiments, à avoir l’air joyeuse quand elle est triste et inversement. Elle veut maîtriser son visage pour que personne ne connaisse jamais ce qu’elle ressent réellement. La marquise entreprend donc un vrai travail de comédienne.

Puis, elle se marie, et pendant sa nuit de noce, elle étudie les sensations, que ce soit douleur ou plaisir. Elle reste donc extérieure à l’acte sexuel et ne montre jamais son ressenti à son mari pour rester fidèle à ses principes. Mais dès lors, qu’ils vont dans leur maison de campagne, elle « sort » avec d’autres hommes pour élargir ses expériences sexuelles. Le mari de la marquise meurt assez rapidement si bien que cette dernière possède désormais l’argent et la liberté. Elle refuse d’entrer au couvent, ou de retourner chez sa mère, pour lire des romans philosophiques et moralistes puis elle s’instruit des règles à suivre en société.

 

Mon opinion sur ce roman :

 

J’ai personnellement beaucoup aimé l’œuvre de Laclos pour plusieurs raisons.

Premièrement, j’ai adoré les personnages de la Marquise de Merteuil et du Vicomte de Valmont, je les ai trouvés, surtout Merteuil, encore à notre époque novateurs du fait que ce soit une femme à la tête du « complot » et que Valmont soit en quelque sorte encore un élève malgré lui. En effet, dans la lettre 81, Merteuil explique à Valmont combien les qualités nécessaires pour devenir une femme rouée sont supérieures à celles qui sont nécessaires pour être un roué. Lettre 81 : « Si, au milieu de ces révolutions fréquentes, ma réputation s’est pourtant conservée pure, n’avez-vous pas dû en conclure que née pour venger mon sexe et maîtriser le votre, j’avais su me créer des moyens inconnus jusqu’à moi ? » Mais également, dans la lettre 4, Valmont appelle la Marquise «  Patronne », et « Sainte ».

Egalement, j’ai trouvé les intrigues amoureuses intéressantes, dès les cinq premières lettres, le lecteur est prévenu du projet des deux libertins. Et il se demande très vite si Valmont va corrompre la jeune et douce Cécile qui appelle encore sa mère «  Maman », emploie le verbe enfantin « gronder » comme si elle craignait une punition, et qui précise toujours ce qu’une autorité lui a dit.

Valmont va réussir à se faire aimer de la « céleste » Mme de Tourvel qui est déjà mariée au président de Tourvel, un grand magistrat. Par la suite, j’ai aimé le fait qu’il y ait toujours de l’action, même quand par exemple entre Danceny et Cécile tout se passe bien, la Marquise va intervenir et faire séparer les deux amants en apprenant à la mère de Cécile la correspondance entre les deux.

Par contre, j’ai été très déçue de ne pouvoir lire la lettre de Mr de Valmont jointe à la lettre 154 où l’on aurait pu savoir si le vicomte aimait vraiment Mme de Tourvel ou pas.

 

Citation d’un passage :

 

«  J’ajoute que le moindre obstacle de votre part sera pris de la mienne pour une véritable déclaration de guerre, vous voyez que la réponse que je vous demande n’exige ni longues, ni belles phrases. Deux mots suffisent. »

« Hé bien la guerre »

J’ai apprécié ce passage que j’ai trouvé tragique. Cet extrait est situé dans la lettre 153 où Valmont pose un ultimatum à Merteuil, il sera soit « son amant, soit son ennemi ». Ce passage est la rupture définitive et mortelle des deux personnages libertins qui partagent de lourds secrets. La réponse de Merteuil est extrêmement désinvolte et je l’ai trouvée très violente, voire choquante en sachant par la suite que cette guerre entre anciens amants allait avoir une fin tragique.

 

A...

Après La princesse de Clèves, La belle personne...

Chers amis littéraires, nous venons, comme vous le savez tous, d’étudier l’œuvre de Mme de Lafayette, La princesse de Clèves.

Je vous propose d’aller un petit peu plus loin, avec un film que vous connaissez sans doute déjà : La Belle Personne de Christophe (Pas Bouquerel) Honoré.

 

Synopsis :

« Junie, seize ans, change de lycée en cours d'année suite à la mort de sa mère. Elle intègre une nouvelle classe dont fait partie son cousin Matthias. Il devient son ambassadeur auprès de sa bande d'amis. Junie est vite courtisée par les garçons du groupe, elle consent à devenir la fiancée du plus calme d'entre eux, Otto. Mais bientôt, elle sera confrontée au grand amour, celui de Nemours, son professeur d'italien. La passion qui naît entre eux sera vouée à l'échec. Ne voulant pas céder à ses sentiments, Junie s'obstine à refuser le bonheur, car il n'est à ses yeux qu'une illusion.  »

 

Personnellement, j’ai trouvé que c’est un très beau film, qui reste fidèle au livre et à ses personnages, même ci cela se déroule à une époque foncièrement différente.

Vous reconnaitrez aisément les personnages, et la cour, qui est représentée par le lycée.

[Cela sous-entend, que nous lycéens, sommes aussi machiavéliques et faux que la cour du XVIème siècle. Fichtre !]

L’aspect tragique du livre est conservé et est peut-être même plus mis en valeur dans le film, alors âmes sensibles s’abstenir, ou prévoyez des mouchoirs.

 

« Un ravissement » Ciné Live

« Fluide, élégant, poétique » Les échos

« Un film superbe » Les Inrockuptibles

 

 

Acteurs :

Léa Seydoux = Junie  =>

 

 

Louis Garrel = Nemours =>

 

Motivées les filles ?

 

Grégoire Leprince-Ringuet = Otto =>

 

Je vous encourage à le regarder pour vous faire une opinion plus actuelle de ce roman, qui vous touchera peut-être plus de ce fait.

 

Ps: C'est dur d'écrire un article sur un film, après celui de Kevin, soyez indulgents.

Merci à Léa, de m'avoir fait découvrir ce film.

 Troispetitspoints...

La deuxième répétition des "Autruches"

ô lecteurs,

Pour la seconde fois, nous avons eu le plaisir d’assister à une répétition du spectacle «  Les Autruches » dans la salle de théâtre du lycée, le mardi 1er Décembre a 13h30. [ Pour plus de précision, voir le billet concernant notre emploi du temps de ministre ]

Cécile Aziliz nous a accueilli en nous inventant une excuse farfelue pour justifier l’absence de la moitié de ses comédiens : «  Y en a deux qui se sont trompés de train, et deux qui les attendent en voiture à la gare » Ils ont vraiment besoin d’être deux pour attendre dans une voiture ?

Cécile, alors désarmée, a eu la brillante idée de faire appel au public et à elle-même pour sauver sa répétition, donc d’innocents lycéens ont pris la place de certaines Autruches.

Par la suite, cette répétition devint un exercice de théâtre pour nos jeunes courageux. Même eux, devaient suivre à la lettre les commentaires perfectionnistes de Cécile, sous le regard attendri de leur professeur.

Au bout d’une demi-heure, les comédiens ont daigné montrer le bout de leur nez, pour le plus grand bonheur des spectateurs, même si nos débutants se débrouillaient très bien.

La vraie répétition a alors commencé, Cécile à son habitude débordait d’énergie et la faisait passer à ses Autru-comédiens.

Passée une heure, la salle s’est vidée, seules certaines élèves n’ayant pas cours sont restées, soit pour faire les journalistes en herbe, soit pour assister à une répétition complète (avec comédiens)

Malheureusement, la représentation étant le 8 décembre, et puisque nous sommes tenus au secret professionnel, nous n’en dirons pas plus.

 

Nous vous proposons maintenant un petit avant-gout ( même si tout cela est déjà très alléchant ) avec cette exposition de photographies

1ère photographie

 

L'envers du décor, ou quand les pseudo-journalistes se faufilent sur scène...

A l'arrière, ils s'amusent beaucoup !

Sur ceci, chers lecteurs, nous vous remercions de nous avoir donné notre heure de gloire à travers cet article,

sans doute, nous nous retrouverons sur ce blog à travers un texte en anglais ou en espagnol.

...

 

 

 

 

 

Si Jean Jacques Rousseau assistait à sa représentation... par Trois Petits Points

Le monde est donc encore capable de me surprendre, moi, Jean Jacques Rousseau...

Nous sommes le jeudi 1er octobre et il est 20h30...

Je me glisse tel un ectoplasme au cœur d’un brouhaha juvénile...

J’assistai à la représentation théâtrale dont je suis censé être le personnage principal...

Lire la suite...