Les mots/ Les images

Blog de la classe de 1L du lycée Rabelais de Meudon

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Les pingouins ne volent pas.

Emma soupira et referma son livre avec une lenteur désespérée. Elle se traîna jusque dans la cuisine avec l'intention d'y dénicher quelque chose de comestible. Le seul aliment digne d'être ingurgité était un yaourt à l'abricot dont la date de péremption était maintenant dépassée depuis quelques jours. Quelques jours de trop, se dit-elle en l'ouvrant néanmoins. Elle s'assit avec peine sur ce qui lui faisait office de lit, un matelas installé à même le sol. Ses cheveux châtains lui tombaient sur les épaules et sa frange, maintenant trop longue, lui chatouillait les yeux. Elle colla alors sa tempe contre le carreau de sa fenêtre et consacra l'heure qui suivit à son passe-temps favori du moment. Elle regardait les flocons de neige tomber, si légers qu'elle avait l'impression qu'ils flottaient dans les airs, avant de venir compléter le tapis formé par leurs semblables. C'était dans ces moments là, et seulement ceux-là qu'Emma pouvait se vider l'esprit et enfin ne penser à rien. Non pas oublier, ni effacer de sa mémoires certaines choses qui mériteraient de l'être, mais les mettre de côté momentanément, les pousser dans un coin de sa tête, pour laisser place à une toute nouvelle pensée : le RIEN. C'était seulement dans ces moments de néant absolu qu'Emma pouvait prétendre se rapprocher du bonheur. Du moins de son bonheur à elle. Ce qu'elle avait vécu, du haut de ses vingt-trois ans avait été si sombre qu'elle ne pouvait maintenant plus prétendre à réintégrer quelques couleurs dans sa vie. Alors à défaut de couleurs, elle remplaçait le noir par le rien.

 

Elle eut une envie soudaine de sortir, et c'est sur ce désir impulsif qu'elle enfila rapidement une veste en cuir ainsi que des bottes en caoutchouc. Elle ne prit pas la peine d'attendre l'ascenseur et dévala les escaliers. C'est avec force et entrain qu'elle poussa la porte de son immeuble, qui claqua violemment sur le rebord du mur voisin. Elle marchait dans la rue, en plein milieu de celle-ci, elle n'avait peur de rien, l'air déterminé, longeant les lignes blanches, marchant d'un pas rapide, ignorant les voitures. Elle respirait de plus en plus vite, de plus en plus fort. Emma courait à présent, elle avait froid mais son corps brûlait de l'intérieur. Elle aurait voulu prendre tous ces flocons et les appliquer sur son cœur, en regardant la fumée que la différence de température provoquerait, en écoutant le grésillement de la fumée formée. Elle était essoufflée, avait mal. Les passants la regardaient tantôt avec inquiétude, tantôt avec mépris. Une once de pitié, mêlée d'amusement se dessinait sur leur visage lorsqu'ils voyaient la jeune femme passer. Mais elle ne les remarquait pas. Seule sa poitrine en feu la préoccupait. Elle se sentait de plus en plus oppressée, ne savait plus que faire. La peur se lisait à présent dans ses yeux. Il fallait qu'elle rentre, c'en était trop. Tout lui faisait penser à la seule chose à laquelle elle s'était interdit de songer. C'est en passant sa main sur son visage pour essuyer les gouttes d'eau formées sur ses lunettes qu'Emma s'aperçut qu'elle pleurait. Elle sentit soudain que la force lui manquait. La force de continuer sa course sans but. Quand elle sentit ses jambes se dérober et qu'elle manqua de s'écrouler, elle repéra un banc à quelques centaines de mètres et entreprit de s'y assoir. Mais elle s'écroula au sol à quelques pas du banc, et n'eut plus la force de se relever. Elle demeura donc assise par terre à côté de ce banc vide, en regardant la neige s'amasser sur ses frêles genoux et tentant d'essuyer ses larmes. Tout à coup, elle se sentit pitoyable. Elle prit soudain conscience du ridicule de la situation, et se mit à se mépriser elle-même. C'est ainsi qu'entre deux sanglots, Emma commença à rire. Un rire amer s'éleva alors dans les rues de Paris.

A suivre…

Gabuline.

 

Une "Illumination"

Jude ou le loup


  La Peur a cessé de parler. Je ne la regarde plus, mais je sais qu’elle m’observe, inquiète peut-être.

Je vis la seconde et la tâte. Les salles et les couloirs sont derrière moi, le bunker qui m’étouffait, je l’ai trompé. Et du fin fond de la chaleur tropicale, par delà l’espoir vomitif et le cauchemar de la nausée, loin derrière l’amour abusif de ma ceinture de sécurité ; moi je fixe les marches ; transportée par le désir incertain de ne plus vouloir les monter.

 Elles se relaient et bercent mon chagrin, cet infâme hypocrite, de leur roulement clair et blanc.

 A côté il y a les arbres. Et leur foule, improbable, saisit un angle douloureusement frontalier de mon œil.

 Ça griffe, ça geint, ça craque. Par-dessus et par-dessous. Tout contre ma course.

  L’excroissance merveilleuse du parfum de la liberté sur ma langue ; et la tendre douleur du froid s’amusant à séduire mes jambes. Toute la folie du monde applaudit à mon passage.

Et  même la colère de la bourrasque, prétentieuse prétendante, ne peut se lester de ma chute.

 Elle s’enlise, s’émousse et s’épuise, et je vole, au côté de mes camarades, cadavres et loups.

Mais la Peur, siège conducteur, a repris ses esprits, après tout : gérer, elle sait faire. On se met à discuter, de tout et de rien.

Littoral

Pourquoi ma famille le deteste ? Au fond, ils n'ont même pas chercher à connaitre la vérité... Ils pouvaient pas l'voir... c'est tout. Puis maintenant, c'est moi qui m'le trimballe... Il faut lui trouver une sépulture décente.. Roh puis qu'elle arrête de crier l'autre là, j'arrive pas à réfléchir !  Mon père à toujours aimé l'océan.. Il aimait y aller avec sa fiancée.. ma mère... C'est décidé ! Si je ne peux trouver un endroit digne de lui pour l'enterrer, j'ai une autre possibilitée qui s'offre à moi : l'emmerer !

-"Venez vous autres ! J'ai décidé d'emmerer mon père !

-".... Es tu sûr de ton choix ?(pas le même registre de langue que précédemment : est-ce voulu?)

-Je sais que mon père aurai voulu ça si tous les cimetières de la région étaient pleins... Enfin,je pense. Puis sinon on a pas beaucoup d'autres possibilitées hein ! Le corps commence sérieusement à pourrir... Urgh ! "

J'étais sûr de mon choix.. On marchait donc tous en direction de l'océan, le regard vague et le coeur triste... Surtout moi. Il est vrai qu'il m'avait abandonné, confié aux soeurs de ma mère.. Mais il restait mon père. Mon modèle, celui que je n'ai (temps à revoir) jamais oublié. Malgré mon amertume, je me suis juré (idem) de resté digne jusqu'au bout, de ne jamais le décevoir.

L'océan à perte de vue. Ca y est.. Nous sommes enfin arrivé.. Voici la fin, le dernier moment où je pourrais regarder mon père, voir son visage fatigué.. Il a l'air paisible. Comme si il dormait.. J'aurai aimé lui parler.. Rien qu'une dernière fois..
Des larmes coulaient sur mes joues. Je me cachais des autres, pour faire bonne figure... En vérité, j'avais piètre allure. Je finis par regarder l'horizon, et, faisant le vide dans ma tête, écartant toutes les pensées qui aurais pu me venir à l'esprit, je jeta(aïe) mon père dans cette mer, sans lui jeter un coup d'oeil, de peur de  pleurer à nouveau... Je m'éloignais, me remémorant les souvenirs passés avec lui... Non, mes yeux étaient intacts. Mais mon coeur lui, pleurait la mort d'un héros... Mon père.  

Gilly

J2, ou sa renaissance ##02

« La course et la photo sont une et même chose, la première vous apprend la constance et l’éphémère, la deuxième les saisit. »

 Jonas esquisse un geste du poignet pour effacer la phrase, laisse hésiter la mine à loisir au dessus du papier avant de finir par la poser doucement.

 Sur son bureau en bois sombre est posé un cliché le représentant en train de courir.

 Jonas se penche un peu, hume longuement l’odeur du papier photo et étire avec lenteur ses épaules crispées,  puis s’amuse, à esquisser du doigt, juste au dessus de l’image, le contour de la piste de terre, de ses bras et jambes nus, se jouant de la physique et de l’esthétique : un long débardeur qui lui arrive aux genoux découvre des jambes élancées et imberbes et le vêtement trempé de sueur étreint avec une logique implacable son torse nerveux, à son cou aux veines exacerbées, et son corps n’est alors qu’une forme qui se laisse âprement (et oui, âprement) deviner.

 Si Jonas feint l’hésitation, c’est parce que ses gestes sont soigneusement retardés, afin de laisser à son esprit le temps de se les approprier. C’est ainsi qu’il a toujours fonctionné, et il aime à se dire que c’est la course qui l’y a habitué, même s’il s’agit plus en réalité d’une défense, certes efficace, pour éviter tout imprévu, pour se préparer au n’importe quoi n’importe quand. Mais je vous le concède, après tout, courir revient au même.

 Alors Jonas -qui n’a pas peur de perdre son temps, le temps étant l’unique chose qu’il prétend posséder- plie ses genoux avec déférence, pousse sur ses jambes d’un air absorbé, tire sur les muscles de son dos, les forçant à redresser l’ensemble son corps, et recule sa chaise, saisissant la photo et la feuille où est écrite cette phrase qu’il a presque effacée, ouvre de son pouce le bord supérieur et de son index le bord inférieur d’une large enveloppe de papier kraft avant d’y glisser le tout ; et ça ; deux fois plus lentement que n’importe lequel d’entre nous, épuisant sa fragile énergie et déstabilisant son équilibre, avec la concentration et la maîtrise peu assurée d’un infirme.

 Que la patience du garçon soit ou non consciente et volontaire, sa sœur Debra n’en possède l’ombre d’une moitié :

-          Mais qu’est-ce que tu fous nom de Dieu ? qu’elle gueule en surgissant dans la pièce.

Elle semble sur le point de rajouter quelque chose mais se ravise, après un coup d’œil circulaire autour d’elle, et un regard plus long à l’allure gauche de son frère. Elle fait un geste vague en direction de l’enveloppe qui semble encombrer celui-ci, mais Jonas réagit avec une rapidité inattendue et la met hors de portée en marmonnant :

-Ecoute, t’en fais pas, je m’en charge.

-Ouais…

 Un court silence embarrassé s’installe, jusqu’à ce que Debra finisse par dire,  comme si ce silence n’avait cessé d’être un dialogue secret entre eux :

-Et Papa nous attend.

 

toujours à suivre

Littoral

Arrivés au littoral les enfants oubliés trouvèrent une sépulture idéale ; ils allaient "enmerer" le père de Wilfrid. Le garçon déshabilla le corps de son défunt père et s'attacha à le nettoyer pour lui enlever toutes les souillures du passé. La tâche terminée, ils gagnèrent ensemble un peu plus le rivage ; les vagues, cruelles, embrassaient le corps nu du père et à chacune de leurs étreintes mortelles, elles enlevaient dans le va et vient incessants des eaux, clarté et humanité à la figure paternelle. Ces mouvements effaçaient un visage, un sourire, un souvenir inconnu. Plus que de quitter le monde des vivants meurtris par la guerre, la rage et l'horreur, le père du garçon craignait que sa dépouille puisse échouer sur la pointe d'un rocher lointain et puisse servir de festin à de quelconques rapaces. Tandis que les jeunes lièrent aux faibles membres du vieil homme toutes les besaces qui contenaient les annuaires, des cris de désespoir étonnants sortaient de ses tripes. Le poids des noms était lourd à porter, bien plus encore que la masse accablante des registres. Et il fut suffisamment grand puisqu'il s'enfonça au fond de la mer, le cadavre appuyé à celui-ci (pas bien saisi le sens de cette dernière phrase).

Je pense cependant le réecrire en m'attardant plus sur les réactions du père et en liant les registres pathétique et "comique".
Célia

La fin de Littoral (version japonaise)

Ecrit d'invention - La fin de Littoral version japonaise.

  Ils étaient debout dans l'eau, le silence régnait. Il tenait son père dans ses bras et l'embrassa une dernière fois et déposa un ultime baisé sur son front. Il finit par le coucher soigneusement sur l'eau, il prononça ses dernière prière puis le lâcha dans l'eau obscure qui reflétait le ciel.

  Il partait. Pour ne plus jamais revenir. Mort mais encore emprisonné dans son enveloppe, il voyait. Il voyait le ciel étoilé qui lui échappait, il sentait son corps être attiré par les profondeurs obscures de la mer, après tout il partait. Il voyait de moins en moins le ciel, de moins en moins la surface, son ciel était trouble, car après tout il partait. La mer caressait sa peau froide, comme pour le recouvrir d'un doux voile frais, qui le libérerait de ses maux, après il était temps, il partait. Ce voyage dans cette mer glacé était son dernier voyage, je sais, c'est triste de le dire mais... Il faut bien qu'il parte n'est-ce pas?

Il s'avança sur la plage et se retourna. Il voulait contempler la libération d'un homme. Au loin, le soleil montrait ses premiers faisceaux. Sa couleurs était sublime, elle teintait le bout du ciel avec une toute petite touche de rose et une tout petite touche de vermillon. Ce spectacle souleva le cœur du jeune homme. Cette nuit était celle de son père, et cette matinée lui était dédiée. Le vent était doux et frais, il le reposait. Il l'inspira. Il cria un haiku qu'il avait attendu plus jeune puis parti.

" je soutiens l'homme
qui autrefois
me portait dans ses bras"*

*Auteur Inconnu

冬月花火

"Pour un oui pour un non" au coin boucherie !

    Comme à son habitude, Léon alla à Auchan vers 9 heures du matin pour être prêt quand les portes du supermarché s'ouvriraient enfin. Il faut savoir que Léon y passait la majorité de son temps. Un moyen pour lui de décompresser après une journée en tant que cobaye pour la science. Oui, Léon était très célèbre dans ce milieu. Passant les portiques de sécurité, il ne manqua pas de remarquer les dispositifs de contrôle installés dans tous les recoins les plus sombres du plafond : soit environ 347 caméras et une salle de contrôle manuel. Ensuite dans un ordre bien précis, il traversa les nombreux rayons qui lui faisaient face, en passant d'abord à côté du kiosque et enfin le rayon fournitures pour arriver devant la boucherie ! Mais si tout s’était passé comme prévu, il se serait dirigé vers Marcel, le grand chef de la charcuterie et aurait acheté deux ou trois steaks pour son plus grand plaisir. Or, et c’est bien ça le problème, Marcel n’était plus là. Ne sachant pas trop quoi faire face à cette situation, il se décida à rester figé sous l’œil avisé des caméras de sécurité…

Alfred(regardant les écrans de contrôle)- Tue-le, Léon ! Mais tue-le ! Il ne mérite que ça ! Tu as vu comment il te regarde avec son couteau en hache ? Il est assoiffé de sang et pas n’importe lequel ! Oui, t’as tout compris, le tien !! Marcel n’aurait jamais voulu que quelqu’un le remplace et surtout pas un homme qui s’appelle Alberto ! Il faut que tu fasses quelque chose. Les conser…

Norbert (arrivant par la droite)- Franchement, Alfred !

Alfred- Quoi, t’es pas d’accord ? Tu ne l’es jamais de toute façon !

Norbert- Mais c’est toujours pareil avec toi ! Léon va dans le magasin. Il découvre que quelque chose ne va pas et il en vient à vouloir tuer de pauvres gens, rhô… T’en a pas marre ?

Alfred- Norbert, sa vie est entre nos mains à chaque fois qu’il rentre dans un magasin. Et quoi ? De « pauvres gens » ? Non mais tu rigoles, j’espère ? Cet Armeno ou Alrito enfin je sais plus quoi, bref…Ce gars est dangereux ! Non mais regarde-le, là. Il a tout un équipement de torture à côté de lui. Sa façon de découper... la chair... aah! Tiens, je te parie que c’est de la chair humaine ! On vérifie ?

Norbert- C’est un boucher, Alfred. Il découpe des saucisses de veau pas des humains et ah oui, cet instrument de torture comme tu le dis si bien s’appelle un poussoir à saucisses. Et puis il a l’air très sympathique avec son nœud pap' !

Alfred- Ah ça c’est ce que tu crois ! Mais le dos tourné, il devient un monstre abominable aux yeux injectés de sang ! Et qu'est-ce qui te dit que ce n’est pas lui qui a tué Marcel pour avoir le poste, hein ?

Norbert- Mais nan ! Tu sais très bien que depuis quelques temps, il courrait après une roumaine du nom de Sofia ou Anna, je ne sais plus. Tu sais comment il était. Il a dû enfin réaliser son rêve de partir faire le tour du monde avec une jolie femme et un paquet de tranches de jambon pour survivre !

Alfred- Tu as toujours réponse à tout ! Mais heureusement, je n'écouterai pas ton avis insensé !

Norbert- C’est la meilleure celle là ! Et pourquoi donc ?

Alfred- Eh bien parce que c’est moi le chef !

Norbert- Ah oui ? Et depuis quand, s'il te plaît?

Alfred- Depuis toujours ! Regarde, c’est moi qui suis devant le poste de contrôle, pas toi.

Norbert- Je pourrais très bien me mettre à ta place si je le voulais. Tu t’es octroyé le titre de chef tout seul. Qui te dit que je ne pourrais pas me le donner aussi ?

Alfred- Oh je ne sais pas… Ah si tiens ! Parce que tu sais que tu es incapable de diriger de simples situations comme aller acheter des boîtes de conserve à Auchan !

Norbert- Et c’est toi qui dit ça ? Vais-je te rappeler qu’à chaque fois qu’on va quelque part, Léon veut tuer quelqu’un par ta faute ?

Alfred- Il le fait de sa propre volonté ! Je ne l’oblige à rien. Tu ne te rends vraiment pas compte du stress qu’on subit quand on est à ma place, c’est bien pour ça que je suis le chef et pas toi !

Norbert- C’est parce que tu t’inventes des problèmes quand il n’y en a aucun que tu stresses !

Alfred- Quand te rendras-tu compte que le monde est froid et sinistre dehors ! Je m’en sortirai très bien sans toi !

Norbert- Arrête ! Si je n’étais pas là à chaque fois pour arranger le coup, on se retrouverait tout le temps avec un massacre sur le dos.

Alfred- Hum...C'est bien quand on laisse les problèmes filer qu'ils reviennent plus coriaces qu'auparavant.

Norbert- Je n'évite pas les problèmes, je suis simplement raisonnable. C'est d'ailleurs une de mes plus grandes qualités. Allez, avoue que sans moi tu ne serais rien !

Alfred- Vantard insipide !

Norbert- Oh j'ai bien des raisons de me vanter. Tu ne peux pas savoir à quel point je rêverais de t'étriper parfois.

Alfred- Je ne vois vraiment pas ce qu'on peut me reprocher ! Mais je t'en prie, lance toi ! Essaie de trouver une faille chez moi et peut-être qu'après tu auras le droit à une place dans le livre des records. Je vois déjà le titre : "Norbert, celui qui a réussi à trouver le SEUL et RIDICULE petit défaut chez Alfred, le Magnifique !" Peut-être un peu trop long...Alors ?

Norbert- Et bien justement, nous y sommes.

Alfred- Ça c'est ce que j'appelle une parole sans fondement !

Norbert- Tu ne vois donc rien, alors ?...Moi, je n'oublie jamais.

Alfred- C'est dingue ! T'as une espèce de tic dans la mâchoire quand tu prends un air sérieux. Regarde, t'as les lèvres toutes tendues. Il faut vraiment que tu prennes de l'aspirine. Je te jure, ça te détendrai...Mais euh, tu disais ?

Norbert- Non, rien. C'est "sans" importance...Et puis de toute façon, tu ne comprendrais pas.

Alfred- Mais si vas-y, exprime toi ! Je veux être l'épaule sur laquelle tu t'épanche. Je t'écoute, parles.

Norbert- C'est que...Tu te crois supérieur...Je nous sors toujours de la galère et jamais un merci de ta part, tu crois que je devrais le prendre comment ? Je passe mon temps à me vanter parce que je voudrais bien qu'un jour, j'arrive à avoir de l'importance à tes yeux. Mais bien sûr, tu continues à penser que c'est toi le meilleur et que tu trouves toujours la solution...Eh bien...Tu veux que je te dise ?! J'en ai marre !

Un silence.

Alfred- Je crois qu'on a un grave problème de synchro... Je ne vois mais alors pas du tout ce que tu essaies de me dire.

Norbert- Je te l’avais bien dit…. J’en avais déjà parlé à Colette d’ailleurs.

Alfred- Colette ? La fille de la tête de Roger ?

Norbert- Oui, celle qui est dans son hémisphère gauche. Et je lui ai dit que je voulais partir pour une autre tête mais elle pense que je prends ça trop à cœur.

Alfred- Peut-être qu’elle a raison…

Norbert- Ne me traite pas de cinglé. Tu vois, tu t’y prends toujours de la même manière. Tu me fais passer pour le nul en m'étranglant et en me secouant. Oui, puis tu ris, tu t’amuses avec moi et là au moment où j’essaie de me mettre à ton niveau…Oui là, d’un seul coup, tu me jette de ton estrade... Je ne demande rien pourtant, juste un regard. Mais non, Monsieur me laisse juste tomber...

Alfred- Tu crois vraiment que je le fais exprès ?

Norbert- Oh non. Tu ne t’en rends pas compte, c’est tout.

Alfred- Heureusement alors…

Norbert- Non, c’est pire. Tu passes au dessus de tout. Tu m’oublies comme si j’étais un raté pour continuer à être…dans ton monde, où tu es le héros et tu sauves Léon de la catastrophe.

Alfred- Ne tournes pas autour du pot !

Norbert- Tu es toujours heureux !

Alfred- Et alors ?

Norbert- « Et alors ? » Tu m’expose ton bonheur. Ce bonheur si parfait et inexistant à la fois.

Alfred- Ce n’est pas de ma faute si tu es jaloux de moi.

Norbert- Non ce n’est pas un bonheur qu’on rêverait d’avoir même si tu aimerais que les autres t’envient. C’est un bonheur incompréhensible où il vaut mieux rester à l’écart pour ne pas se faire ronger par le ver de la haine.

Alfred- Tu es fou !… J’avais pourtant l’impression que tout allait bien entre nous. Je ne pensais pas que partant d’une histoire de charcutier, enfin, de boucher, on en arriverait là...

Norbert- J’ai bien peur que si.

Alfred- Mais c'est de ta faute aussi ! Tu mets toujours des guillemets partout et ça prend une tournure démesurée.

Norbert- Parce que tout prend des proportions énormes avec toi. Tu es si incompréhensible.

Alfred- Et toi alors...Si tout est si clair chez moi, pourquoi pas chez toi ?

Norbert- C’est pareil pour moi, tu sais.

Un silence.

Norbert- Je crois qu’on ne peut plus continuer comme ça. Eh puis tu as peut-être raison… Je devrais partir d’ici.

Alfred- Où irais-tu ?!

Norbert- Je ne sais pas… Dans une autre tête avec un autre compagnon.

Alfred- Mais tu ne peux pas!

Norbert- Pourquoi pas ?

Alfred- Parce que… Parce que je suis ton frère. Et des jumeaux ne devraient pas à avoir se séparer... C’est contre nature ! Je le sais parce que j’avais cherché des informations à ce sujet dans l’encyclopédie 17 volumes que j’avais reçus par l’oreille. Nous sommes nés avec Léon et nous mourrons avec lui. Tu ne peux donc pas. Tu…Tu ne pourrais pas, n’est ce pas ?

Norbert- Non…

Alfred- Oui ?

Norbert- Non.

 

On a dû appeler les policiers pour faire partir Léon qui était resté dans le magasin sans bouger de sa place jusqu’à l’heure de fermeture.

                                                      

                                                                                

                                                       Mad Hatter, Lullaby & Lisa

Ecriture d'invention - Pour un oui pour un non

F1 rend visite à son amie F2, qu'elle n'a pas vu depuis un sacré bout de temps.

F1 - Ecoute, je viens chez toi... parce qu'en ce moment, je ne comprends rien. Il faut que tu m'expliques. On est amies depuis longtemps ...
F2 - Oui...
F1 - On s'est toujours tout dit ?
F2 - Oui...
F1 - Donc on ne s'est jamais rien caché ?
F2 - Non...
F1 - Alors pourquoi cela fait une semaine que tu ne m'appelles pas ?
F2 - De quoi tu parles ?
F1 - Fais pas celle qui ne comprend pas...
F2 - Non, sérieux, je ne vois pas de quoi tu veux parler ni où tu veux en venir !
F1 - C'est très simple. Avant, on s'appelait presque tous les jours, et maintenant, plus rien, plus de nouvelles.
F2 - Et toi, tu as essayé d'appeler au lieu de m'attendre ?
F1 - Euh.. non !
F2 - Alors je peux dire la même chose. Plus rien, plus de nouvelles !
F1 - Non, excuse-moi c'est vrai que je n'ai pas essayé. Mais parce que j'attendais que ce soit toi.
F2 - (à part) Ah ! Justement, il est peut être là, le problème.
F1 - Bon, je viens pour savoir si tout va bien pour toi.
F2 - Tu te soucis de mon cas maintenant ?
F1 - Mais oui, comme je l'ai toujours fait, non ? (silence) J'aurais dû me douter qu'il y avait quelque chose... Dis- moi tout !
F2 - Tu te trompes, il n'y a rien, absolument rien.
F1 - Et bien super, je peux me servir du jus d'orange ? (silence) Ok, je t'écoute, et cette fois dis-moi ce qui ne va pas et ne ment pas !
F2 - Tu ne m'appelles pas, ça fait une semaine que j'attends ton coup de fil. Mais je suis habituée maintenant, j'aurai dû prévoir que jamais tu ne m'appelerais et que l'initiative viendrait encore une fois de moi !
F1 - Mais on a toujours fonctionné comme ça, tu m'appelles, je décroche. On n'a jamais fait l'inverse ...
F2 - Ca devient problématique, ma chère !
F1 - Bah non, c'est devenu habituel, c'est tout.
F2 - C'est  bien ce que je dis, c'est problématique, il faut la perdre, cette habitude. J'ai l'impression que je pense à toi tout le temps mais qu'en revanche, tu te fiches de moi
F1 - Hum.. tu serais mon "bouche-trou" et quand j'ai du temps à perdre je profiterai de ton appel, c'est ça ?
F2 - Oui, voilà, on devrait échanger un peu les rôles, tu vois ?
F1 - Je serais ton "bouche-trou" et tu profiterais de moi ?
F2 - Non... Tu m'appelles, je décroche, c'est tout !

X et Y et Z?

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