Les mots/ Les images

Blog de la classe de 1L du lycée Rabelais de Meudon

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Les enfants du siècle. Propositions d'écriture

Français 1L

« Les mots et les images »

 

 

Activité 5 Les enfants du siècle

(texte Musset, msc B. Lambert,Théâtre 71)

Propositions d’écriture


Sujet 1  écrire une critique du spectacle

Vous êtes le chroniqueur culturel du journal du lycée. Vous avez été voir les « Enfants du siècle » au Théâtre 71 et vous écrivez la critique du spectacle. Vous exprimez un point de vue très personnel mais argumenté. Vous vous efforcez de prendre en compte les différents aspects du spectacle (comme vous l’a recommandé votre tyran de rédac’chef), le travail sur le texte, l’interprétation, la scénographie, la « lecture » proposée par la mise en scène. N’oubliez pas de donner un titre un peu accrocheur à votre article.

 

Sujet 2 « Peut-on choisir sa vie ? Qu’est-ce qui nous en empêche, le monde ou nous-mêmes ? »

Ces questions sont celles qui ont guidé B. Lambert dans son travail de mise en scène. Après avoir vu le spectacle, vous vous efforcez d’y répondre en vous appuyant sur l’itinéraire de Fantasio, d’Elsbeth, de Camille, de Perdican.

 

Sujet 3 « Les classiques, à quoi peuvent-ils bien servir ? »

Une autre des questions que s’est posées Benoit Lambert (par exemple dans le dossier pédagogique que vous avez parcouru). Vous proposez votre réponse, en vous appuyant sur les spectacles que nous avons vues ensemble cet automne, Andromaque, Badine 2.5, Les enfants du siècle, voire Godot.

 

Sujet 4 Ecriture d’invention

Dans la fameuse « scène à la fontaine » (Badine 2.5 !), Camille déclare à son cousin = «Il y a dix ans que je ne vous ai vu et je pars demain. Dans dix autres années, si nous nous revoyons, nous en reparlerons. »

Imaginez cette scène de leur rencontre dix ans après le dénouement d’On ne badine pas avec l’amour.

 

Sujet 5

A vous de l’inventer…

Pour un oui pour un non - Ecriture d'invention par &Voltaire.

H1 : Qu’est-ce que tu as, dis moi…

F1 : Rien, pourquoi cette question?

H1 : Tu es froide en ce moment… Tu ne m’adresses presque plus la parole…Tu ne réponds même plus à mes messages…

F1 : Je n’ai rien, je t’assure.

H1 : Je te connais par cœur… Toi et moi on est comme les doigts de la main… Regarde moi.

F1 : C’est juste que… Je ne sais pas… Tu vas te moquer de moi, c’est… accessoire. Oui, c’est accessoire.

H1 : Tu sais comment je suis… Je me rends malade pour un rien. Aussi absurde que ce soit, je préfère tes sermons à ton silence…

F1 : Et bien… si tu insistes alors… Hier je t’ai vu regarder F2... et… je n’ai pas apprécié.

H1 : Tu dis que je l’ai regardée? Mais comment, de quelle manière? Ce n’était sûrement pas intentionnel…

F1 : Je ne sais pas… Nous étions en train de parler dans les couloirs et elle est passée, rapidement. Et là, tu l’as suivie du regard et tu n’as pas réussi à finir ta phrase, tu étais…troublé.

H1 : Voyons, c’est ridicule, tu sais qu’on ne s’adresse plus la parole, tout ça est fini.

F1 : Je savais que j’aurais dû me taire… Tu ne me prend jamais au sérieux. Pourtant je… j’ai vu ton regard et… j’ai eu mal, tu sais.

H1 : Je ne m’en souviens pas, ça ne doit pas avoir beaucoup d’importance à mes yeux.

F1 : J’ai vu, tout ça… Ton regard pour elle, ton trouble… J’ai vécu un retour en arrière, moi qui croyais avoir réussi à ne plus la haïr…

H1 : Tu accordes trop d’importance à des détails insignifiants… C’est la seule raison pour laquelle tu m’évites?

F1 : Ca fait quelques temps que tu es irréprochable, qu’aurais-je d’autre à te reprocher?

H1 : Ca me fait plaisir que tu remarques les efforts que je fais pour toi…

F1 : Pourtant, ce simple acte m’a remémoré beaucoup de souvenirs… Des mauvais souvenirs…

H1 : Non, on avait dit qu’on n’en reparleraitplus.

F1 : Je pense que nous n’avons pas assez… approfondi… tout ça. Sinon nous n’aurions pas encore ce genre de confrontations. Il faut y retourner, replonger, une bonne fois pour toutes.

H1 : Pourquoi me reparles-tu de « tout ça »? Il n’y a aucun problème, mis à part celui que tu es en train de créer…

F1 : Si, justement. C’est comme cette fois, il y a quelques mois, tu portais le bracelet d’une autre fille…Alors je me suis énervée et je l’ai jeté par la fenêtre. Tu t’en souviens?

H1 : Evidemment, alors que c’était juste une amie, ta réaction était exagérée. Tu m’avais frappé juste après.

F1 : En effet, je te détestais tellement… Et bien ce jour là, je t’ai dit de partir de chez moi… Au début, tu as refusé, tu es resté peut-être… deux heures. Ensuite je t’ai redemandé de partir, car… tu m’avais fait du mal. Je t’ai refrappé, violemment, et je t’ai demandé de partir. Et tu es parti. Je pleurais mais tu es parti, tu m’as abandonnée…

H1 : Quoi ! Mais que me reproches-tu au juste? De t’avoir écouté, d’avoir cédé à ta volonté?

F1 : Tu ne comprends rien. J’avais vraiment envie que tu partes…

H1 : Et c’est-ce que j’ai fait !

F1 : Oui mais…Sans toi je me suis sentie tellement… dépitée et vide… que tu aurais du rester… Juste essayer de comprendre à quel point je te haïssais… Ou plutôt à quel point je t’aimais…

H1 : Comment étais-je censé deviner ce que tu voulais réellement…? Tu te souviens des paroles blessantes que tu me disais, tu te souviens le nombre de fois en une heure où tu as déclaré ne plus m’aimer? Pourtant, je suis resté là, comme inerte, car mon coeur était bel et bien mort... à supporter la violence de tes coups et de tes insultes. Et ce n’était pas la première fois… Et encore, tu avais déjà rompu.

F1 : Par ta faute !

H1 : Non, pour des raisons fictives…

F1 : J’en avais assez de tes mensonges. Sur tout, sur toi, sur les autres. Tu te rappelles lorsque tu as prétendue avoir fait certaines choses avec d'autres filles… Juste pour me faire souffrir.

H1 : C’était par pure vengeance. Toi tu avais du concret pour me faire du mal, moi j’ai dû inventer.

F1 : C’est pire… Moi je ne voulais pas te blesser, au contraire. Juste... une légère douleur, une piqure, un affect... qui montrerait que tu tiens à moi. Ou peut-être était-ce le fruit de mon inconscient, qui cherchait une vengeance de... je ne sais quoi. Toutes mes erreurs … je ne pensais pas que ça t’affecterait autant.

H1 : Tu te cherches des excuses. Je m’en souviens comme si c’était hier, du jour où tu m’a annoncé le nombre de fois où tu m’a trompé. L’humiliation, la haine, le désespoirque j’ai ressenti… Et je suis, une fois de plus, resté, en espérant que tu changerais. Pourtant tu as recommencé. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois… Je n’arrive même plus à compter.

F1 : Je sais… Mais… c’est dans ma nature, ou plutôt… oui, l’alcool, c’est l’alcool, et…ça ne m’a jamais empêché de t’aimer. En effet, je m’en souviens de ce jour là. Tu as prétendu t’être ouvert les veines et être allé à l’hôpital…

H1 : Je voulais voir ta réaction, si tu tenais à moi.

F1 : Et tu as été déçu puisque j’ai plus été flattée qu’autre chose. Je t’en voulais encore, tu venais de m’annoncer ce que tu ressentais pour… F2... celle que j’aimais plus que tout, peut-être même plus que toi à cette époque… Tu avais tout gâché, notre si belle amitié, qui ne s’est d’ailleurs jamais réellement rétablie…

H1 : Tu sais à quel point je m’en veux…

F1 : Tais toi. C’est trop récent pour que j’ai envie d’en parler.

(silence)

H1 : Parle-moi, dis moi que tu m’aimes…

F1 : Je n’en vois pas l’utilité.

H1 : Si, c’est tellement rare que tu me le dises, pourtant ça me rend si heureux…

F1 : C’est mieux que de le dire à longueur de journée sans le penser…

H1 : De qui parles-tu?

F1 : De toi, car je résume bien la situation, n’est-ce pas?

H1 : Non…Comment peux-tu m’accuser de ne pas t’aimer… Avec tout ce que je fais pour te le prouver…

F1 : Il m’arrive d’y croire. Puis tu fais un geste, ou tu prononces ne serait-ce qu’un mot… qui me prouve le contraire, comme ce que je te reprochais tout à l’heure…

H1 : Tu es paranoïaque, tu vois le mal partout…

F1 : C’est par ta faute, c'est à cause de tout ce que tu m’a fait subir que je le suis devenue.

H1 : J’ai arrêté, j’ai changé et tu le sais. Il n’y a plus que toi, et il y aura toujours que toi…

F1 : Non, ton amour est éphémère. Tu m’a aimé presque le premier jour où tu m’a aperçue, et moi…je m’en étais rendue compte, tu n’essayais pas vraiment de me le cacher. Et je te détestais de m’aimer, sans te connaître, je détestais ce que tu étais. Moi…j’ai appris à te connaître, à te comprendre, à t’aimer et maintenant je t’aime pour ce que tu es. Alors que toi... tu m’aimes en dépit de ce que je suis… Tu m'aimes malgré mes crises, mes exigences et mon caractère indéchiffrable, pas pour mes qualités...

H1 : J’ai eu un coup de foudre pour toi mais mon amour n’en est pas pour autant diminué… J’ai tout fait pour t’avoir, tu te souviens de la veille où on s’est mis ensemble pour la première fois?

F1 : Oui, comment l’oublier…Le lendemain d’une soirée trop arrosée, tu étais venu en bas de chez moi. C’était un premier février, il faisait très froid. Tu es resté… plusieurs heures, en bas de chez moi, tel Roméo, à crier que tu voulais me parler, que tu m’aimais. Toute ma famille te disait de partir, tu nous embêtais à hurler et à sonner à la porte… Et moi je t’insultais, je te disais de partir car je ne voulais pas de toi et puis j’étais bien devant ma télé…

H1 : Tu avais été méchante… Et pourtant j’ai continuer d’insister, et j’ai bien fait puisque je t’ai eue.

F1 : Tu as presque toujours été parfait avec moi… Tu t’es toujours battu pour me garder, tu me faisais des compliments et des cadeaux, tu es resté près de moi lorsque tu n’étais pas le seul dans mon cœur, c’est toujours toi qui reviens, même lorsque je suis en tort. Pourtant, j’aurais aimé que tu te battes encore plus. Car tu sais que quand tu veux quelque chose, tu finis toujours par l’obtenir. Les deux premières fois où j’ai rompu, je me suis rendue compte à quel point tu ne tenais pas à moi. Tu n’as rien tenté pour me récupérer. Et tu n’as pas semblé plus triste que d’ordinaire…

H1 : Tu me connais tellement mal… J’essayais de sauver les apparences tant bien que mal, je ne compte même plus le nombre de nuits que j’ai passé à pleurer, cherchant en vain du réconfort… C’est sûrementpas toi et ta fierté qui vont me dire que c’est mal de cacher ce qu’on ressent.

F1 : Ma fierté? Quelle fierté?

H1 : Tu sais bien… Jamais tu ne veux me dire que tu m’aimes…

F1 : Je sais… Mais ce n’est pas seulement ça… Toi tu encaisses tout ce qu’on te fait, tu te laisses submerger par tes sentiments, tu restes passif... Moi je ne veux pas être perdue, alors… je réfléchis, à quels moyens je peux utiliser pour ne pas sombrer dans la destruction… parce que c’est ça dans le fond l’amour, c’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber…

H1 : Je ne suis pas d’accord, tu es bien trop pessimiste. L’amour ça peut faire souffrir mais l’amour c’est…l’avenir, un mariage, des enfants!

F1 : On y vient! Peut-être que c’est ça, le vrai problème. Notre vision du monde… Oui, c’est ça. Elle est tellement…différente. Tu m’avais fait croire à cet amour, tu m’avais élevéehaut, très haut… Puis tu avais tout gâché, me laissant lâchement retomber dans la dure réalité… Depuis, je n’y crois plus. Je sais que je ne fais pas d’efforts et que j’ai ma part de responsabilité, mais…tu as élevé la barre tellement haut depuis le début que je n’arrive plus à me contenter de ce que tu me donnes. Ca me rend malade, cette…attente… de je ne sais quoi. J’aurais besoin et envie de l’impossible, que tu sois sans cesse à mes côtés, que tu m’aimes plus, ou que tu m’aimes moins, je ne sais pas… Moi je souffre, toi tu ne souffres pas, ou peut-être suis-je trop aveugle pour m’en rendre compte, je ne pense pas…

H1 : Je ne comprend pas… Ce que tu veux, ce que tu essaies de me dire…

F1 : Je ne le sais pas moi-même. Je sais maintenant… que je ne me comprendrai jamais et que je ne te connais plus assez pour que ça reste possible.

H1 : Alors ça y est, après tous ces efforts faits pour nous préserver, tu mets fin à notre histoire?

F1 : Oui…

H1 : Non…

F1 : Oui.

 

&Voltaire.

Une pièce originale et surprenante... We Are L'Europe ! {MUTEEN, rubrique culturelle}

Interview d'Emma, étudiante au lycée Rabelais en 1ere Littéraire...

Quand Emma est allée voir la pièce le jeudi 26/11 elle ne s'imaginait pas qu'elle verrait des acteurs chanter sur scène en costumes de super héros. Voici ses premières impression.

J- Que penses tu du style peu commun de cette pièce en chansons?

E- Pour moi la musique anime le pièce, la rend vivante et ces pauses musicales entre les dialogues qui traitent des sujets plutôt sérieux donne un ton plus doux à la pièce. J'ai eu l'impression de revisité ces chansons connues. "Le mistral gagnant" de Renaud interprété par Guillaume (est-ce que ce n'est pas plutôt une des comédiennes qui la lui chante?) m'a vraiment donné des frissons. "Viva la vida" (ndrl Coldplay) termine la pièce sur un ton positif et ils avaient tous de très belles voix.

J- Quelle est ta "scène" préférée? Pourquoi?

E- La scène où il parle de L'I-phone {rires}. Enfin je trouve que son discours est plutôt juste. C'est même troublant la façon dont il expose la situation de la société de consommation en 15 minutes!

J- Pour toi la phrase "We Are l'Europe" signifie quoi?

E- Avant de voir la pièce je pensais plutôt à quelque chose de géographique, un ensemble de limites de territoire disons... Mais maintenant je pense plutôt à un tout qui englobe des choses comme la politique, l'économie et surtout la mondialisation...

J- À la place du metteur en scène aurez-tu changé certaines choses ?

E- J'aurais accentué le côté "on parle comme si on était des jeuns" {rires}. Et les références aux choses du quotidien qui nous rapproche des personnages {exemple: la scène où Manu parle de sa nouvelles cuisine tout équipée et très chère}

J- Merci beaucoup Emma.

 

Délibération : We are les jeunes !

"Après la représentation du projet WALE, j’ai décidé, moi, Antis Groover, le plus  grand, le plus magnifique, le plus merveilleux, le plus sublime...et j’en passe, journaliste de tout les temps, d’interviewer des jeunes ayant vu la pièce pour avoir leur point de vue sur les thèmes abordés." 

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Europe noire

C'est la crise ,

Je suis au chômage

Je ne touche plus les assedics

Je n'ai plus de fric

C'est ça We are l'Europe ?

 

Rien ne va plus à France Télécom

Plus personne ne décroche au téléphone

Il faut se connecter sur www.dépression.com

C'est ça We are l'Europe ?

 

On rentre dans un magasin

On nous regarde d'un air hautain

On ressort du magasin

On vérifie nos sacs à mains

C'est ça We are l'Europe ?

 

On entend plus le loup ,le renard et la belette

On entend plus le loup et le renard chanter

Les hommes détruisent la nature

Il nous faut absolument de la fourrure

C'est ça We are l'Europe ?

 

Disputes à Conforama et Ikéa

Pour deux malheureux draps

Papa et maman se séparent

Il n'y a plus d'espoir

C'est ça We are l'Europe ?

 

Peur d'être dépendante

D'avoir une vie chiante

De prendre de la cocaïne

Et de mourir anonyme

C'est ça We are l'Europe ?

 

Oui c'est ça !!!

 

Mégane et Nelly

 

We Are L'Europe

C'était le deuxième spectacle que nous allions voir au Théâtre 71.

Nous avons commencé par le préparer en classe (modules du 23/11) en étudiant des extraits du dossier de presse (merci, Solange).

Puis le jeudi 26, nous sommes allés voir la représentation, en même temps que l'option théâtre du lycée (à laquelle 5 d'entre nous appartiennent : Tess, Lorenzo, Camille, Raphaëlle et Gilly). Elle a été suivie d'une rencontre avec le metteur en scène, Benoit Lambert et ses sept comédiens, que nous remercions d'avoir discuté avec nous juste après une représentation sûrement épuisante, vue l'énergie déployée sur scène! Chacun d'entre nous était chargé de remplir une fiche de notes sur le spectacle pour préparer la séance d'écriture. 

Donc le lundi 30 séance d'écriture dans la salle de théâtre du lycée : nous avions le choix entre 4 sujets, l'un d'écriture argumentative (rédiger une critique), 2 sujets d'écriture d'invention, écrire à la manière de Masséra un dialogue entre deux spectateurs, ou bien écrire à la place de Masséra la dernière scène de "We Are L'Europe" : la discussion de gens de notre âge (15-20 ans) sur le projet WALE dans lequel se sont lancés leurs aînés de 30 ans; enfin un dernier sujet d'écriture libre. Tous les types de sujets ont été choisis. Nous pouvions écrire seul ou à plusieurs.

Pour lundi prochain, nous avons à finir de rédiger notre texte. Et il ne nous restera plus qu'à le poster sur le blog... avec peut-être une photo à la clé des différents groupes en pleine écriture! En voici une première pour patienter.

 

Lorenzo, Sandra, et Théodore, en pleine improvisation sur le sujet 3. On les a rarement vus aussi sérieux, n'est-ce pas?

"J'aurais voulu que cet instant dûrat toujours..." par Mordsmoi

         

C’était une de ces paisibles journées comme j’en passe tous les étés, dans le camping familial depuis plus de quarante ans, près des Alpes. L’air était doux; pour une fois il n’y avait pas de bise, celle qui soulève votre robe, vous dénudant devant les rares personnes présentes sur la plage de cailloux. Cette année là, le temps fut clément. Tous les matins, alors que je m’éveillais lentement après une soirée parfois trop arrosée, quelques rayons de soleil chauffaient agréablement ma peau hâlée et une belle journée commençait. J’enfilais ma robe de mousseline blanche et marchait pieds nus dans l’herbe arrosée par la fraîcheur de la nuit. J’étais accueillie par les sourires chaleureux de mon entourage et des baguettes de pain encore chaudes m’attendaient sur la table. Mes journées se ressemblaient : je me levais en fin de matinée pour aller sur le bateau de mon grand père où nous parcourions le lac en long et en large, une de mes sœurs ou moi-même dans l’eau, tirée à l’arrière par le puissant moteur. Puis je déjeunais tardivement, en famille pour mieux retrouver mes amis l’après-midi. Parfois je partais en voilier avec celui que j’aimais ou, quand le temps le permettait, nous faisions de la planche à voile. Lorsque la chaleur était étouffante, nous allions tous nous désaltérer dans l’eau fraîche du lac. Le soir, nous dansions sur de vieux tubes ou nous faisions des feux de camps sur la plage. Nous étions des Français, des Belges, des Suisses, des Hollandais à nous retrouver chaque année, et chaque nouvelle rencontre enrichissait notre quotidien. Le paysage était si varié qu’il offrait tout à portée de main  : un lac vert émeraude où il est possible d’exercer diverses activités, de grandes étendues d’herbe entrecoupées par des chemins terreux, idéaux pour les ballades matinales. Au loin, nous pouvions apercevoir des montagnes bleues à la cime blanche, ainsi que de grandes forêts vierges. Cet endroit est idyllique pour moi car il rassemble tout ce dont j’ai besoin : de la bonne nourriture (chaque après-midi, nous mangions de moelleuses madeleines accompagnées de crème chantilly), un beau paysage bien qu’il soit loin de l’image qu’on se fait de l’endroit paradisiaque en bord de mer, la famille qu’on ne voit que quelques fois par an, des amis d’enfance avec qui on partage de mémorables souvenirs et surtout, celui que je considérais comme l’amour de ma vie. C’est en ce jour que je me rendis compte que j’avais tout pour être heureuse; en ce moment présent. Nous étions lui et moi sur le ponton, allongés à regarder les étoiles et nous n’entendions qu’une vague musique au loin. J’étais si bien lovée auprès de lui que je ne désirais rien de plus que l’agréable journée que je venais de passer et cette soirée aux côtés de celui que j’aimais; jamais rien ne m’avait autant comblée. C’est dans la chaleur de cette nuit de pleine lune que je me dit « je voudrais que cet instant durât toujours. » Cependant, je devais rentrer à minuit et les vacances s’achevaient bientôt. J’avais mis six ans à conquérir son cœur et déjà il allait m’échapper, rattrapé par le temps. Et pourtant, même si l’année d’après il ne m’appartenait plus, je n’ai jamais regretté les plus beaux instants de ma vie dans la douceur de ces longues soirées d’été.

&Voltaire.

 

Mon père et ma belle mère se sont mariés cette année. Et pour fêter ça dignement, ils nous ont emmenés au Monténégro pour une semaine, pays d’origine de mon père. Beaucoup de nos amis avaient été conviés, ainsi que leurs enfants, ce qui m’assurait une semaine en bonne compagnie. Mais je ne pensais pas qu’elle serait si enviable : en effet, le fils d’un couple d’amis proches était aussi du voyage. Pour que vous compreniez quelle a été ma réaction quand je l’ai vu, il faudrait que je vous le décrive ; je me contenterai de dire qu’il correspond à mon idéal masculin aussi bien sur le plan physique qu’intellectuel. L’endroit aussi était paradisiaque : un tout petit village composé en grande partie de restaurants, presque sur la mer. En face de nous se trouvaient les grandes villes monténégrines, accessibles uniquement en bateau. De plus, mes amis et moi jouissions d’une liberté totale : les adultes avaient leurs occupations, nous les nôtres. Un endroit sublime, l’homme de mes rêves, mes amis, la liberté de mes faits et gestes : que demander de plus ? Je crois bien qu’à ce moment là, j’aurai pu m’écrier : « Je voudrai que cet instant durât toujours ! »

Pannonique

Un conte de l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano, pour le plaisir des mots (...et des images!)

LA CASA DE LAS PALABRAS

En EL LIBRO DE LOS ABRAZOS (1987)

                

A la casa de las palabras, soñó Helena Villagra, acudían los poetas. Las palabras, guardadas en viejos frascos de cristal, esperaban a los poetas y se les ofrecían, locas de ganas de ser elegidas: ellas rogaban a los poetas que las miraran, que las olieran, que las tocaran, que las lamieran.  Los poetas abrían los frascos, probaban palabras con el dedo y entonces se relamían o fruncían la nariz.  Los poetas andaban en busca de palabras que no conocían, y también buscaban palabras que conocían y habían perdido.

En la casa de las palabras había una mesa de los colores y cada poeta se servía del color que le hacía falta: amarillo limón o amarilo sol, azul de mar o de humo, rojo lacre, rojo sangre, rojo vino...

 

Eduardo GALEANO

(A. Privat)

1ière séance

1ère séance dans la salle multimédia le lundi 19 octobre

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le début de l'année en français : Rousseau et l'autobiographie

Voici un petit récapitulatif des activités du cours de français qui ont déjà été menées en lien avec le projet.

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