C'est la rencontre avec le personnage principal avant que l'on ai pu prendre place. Lorsque les lumières se tamisent, nous découvrons alors avec surprise que Rousseau est interprété par une femme  et la gouvernante par un homme. La représentation a débuté et l'on n'aaucun mal à se plonger dans le récit, malgré le niveau de langue employé. Marief Guittier, dans la peau de Rousseau, nous fait remonter jusqu'au XVIIIème siècle pour nous faire part de sa vie, en passant par ses joies, ses peines, sa colère, sa rage, ses rencontres surprenantes, ses aventures effrayantes. C'est un personnage dur, froid et satiryque qui réussit à nous faire sourire mais aussi à nous toucher. Il peut cependant nous effrayer quelque fois et nous interloquer: sautes d'humeur, chuchotements répétitifs peu compréhensifs... Rousseau y est mis à nu, laissant par étapes le spectateur entrer dans sa vie intime et toucher du doigt sa perception du monde. Il y a tant de sujets abordés, tels que le théâtre, la philosophie et l'approche de Molière, que le spectateur reste en éveil pour ne pas en perdre une miette.

Une mise en scène de Michel Raskine, pleine de vivacité et de réflexion, d'autant plus comique qu'il y a une confrontation entre le passé et le présent, mit en avant par la gouvernante ou Bernard Fayolle. Rousseau n'hésite pas à jouer avec les spectateur, ce qui rajoute une petite touche de fantaisie. Un montage exceptionnel de textes  par Bernard Chartreux et Jean Jourheuil; Le tour est joué. C'est un pur moment de plaissir. On en redemanderait encore. Quoi de plus?

Nelly