Les liaisons dangereuses de Laclos, avant d'étudier l'œuvre et ses personnages, je vous propose de nous intéresser à l’auteur.

 

Laclos est né le 18 octobre 1741. Il appartient à la noblesse, et entreprend tout d’abord une carrière militaire. Il brillera au sein de cette carrière puisqu’entre 1760 et 1765, il passera d’élève au corps royal d’artillerie à lieutenant en premier. C’est en 1773 qu’il commence à écrire, avec A mademoiselle de Saint-S... et l’épître à Margot.

En 1779, il entame l’écriture des Liaisons Dangereuses et commence justement une aventure avec Marie-Soulange Duperré, avec qui il aura un fils en 1784, et une fille en 1788. Il meurt le 5 septembre 1803, juste avant la proclamation de l’empire de Napoléon III.

 

Pour mieux cerner l’œuvre, il me faut également vous expliquer le contexte politique de l’époque.

 

Louis XIV meurt, dès lors s’instaure « La Régence » qui est une période de débauche. Sous Louis XV, cette dernière (la débauche) s’organise et certains hommes se revendiquent «  petits maîtres » avec pour objectif de détruire la réputation des femmes, et de ne surtout pas tomber amoureux. Ils souhaitent avoir le plus de femmes possible car pour être libertin (quelqu’un qui renie la religion, un libre penseur mais qui ne le dit pas ouvertement) il faut avoir la meilleure réputation. Le libertin jouit d’une liberté de mœurs et de morale. Dans ce roman, les personnages libertins sont incarnés par la Marquise de Merteuil et  Valmont.

Sous Louis XVI, le bon roi vertueux, les libertins doivent se cacher car ils ne veulent pas s’arrêter. Ils se dissimulent, et apprennent l’art de la manipulation, telle la Marquise de Merteuil. Les libertins sont toujours des aristocrates qui n’ont aucun poids politique, ni de problème d’argent. Ils n’ont qu’un seul intérêt dans la vie : séduire le plus de femmes possible pour les dégrader. Ils ne croient plus en Dieu et sont athées ou indifférents. Dans les Liaisons Dangereuses, Mme de Merteuil est la plus grande libertine, la tête pensante.

 

Les Liaisons Dangereuses furent publiées en 1782 chez le libraire Durand Neveu, en quatre volumes. Le succès a alors été indissociable du scandale dû aux caractères immoraux du Vicomte de Valmont et de la marquise de Merteuil. Dès lors, les lecteurs cherchent les personnes vivantes pouvant représenter les héros. Une liste est alors publiée, ce qui entraînera l’intervention de la police pour interdire la mise en vitrine du roman dans les librairies. Malgré l’intention moraliste du sous-titre : Les liaisons  Dangereuses ou lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres ». Le roman reste considéré comme immoral et libertin, et provoque même des scandales puisque la libertine Mme de Merteuil terrifiait et choquait (Baudelaire ira même jusqu’à la qualifier d’ « Eve Satanique »), mais les lecteurs étaient également touchés par la sensible Mme de Tourvel.

 

 

Je vous propose maintenant un bref résumé de cette œuvre :

 

Le vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil, anciens amants libertins, élaborent deux projets. Le premier, de séduire la prude Madame de Tourvel. Le second, de se venger d’un amant en pervertissant sa future épouse Cécile, amoureuse de son maître de musique le Chevalier Danceny.

Cécile se laisse séduire par Valmont qui entretient la correspondance entre elle et Danceny. Valmont, après avoir conquis Mme de Tourvel, est contraint par Merteuil de l’abandonner. Mme de Tourvel en meurt de chagrin, Danceny tue Valmont quand Merteuil lui apprend sa trahison. Cécile retourne dans un couvent et Merteuil est exclue de la société qui a appris ses manœuvres.

 

Dans ce roman, j’ai choisi d’étudier le personnage de la Marquise de Merteuil :

 

La lettre 81 des Liaisons Dangereuses est en quelque sorte sa profession de foi qui permet d’obtenir des renseignements sur sa vie.

A quinze ans, la Marquise de Merteuil observe la société qui l’entoure, écoute tout ce qu’elle n’est pas censée écouter et réfléchit.

Par la suite, elle apprend à dissimuler ses sentiments, à avoir l’air joyeuse quand elle est triste et inversement. Elle veut maîtriser son visage pour que personne ne connaisse jamais ce qu’elle ressent réellement. La marquise entreprend donc un vrai travail de comédienne.

Puis, elle se marie, et pendant sa nuit de noce, elle étudie les sensations, que ce soit douleur ou plaisir. Elle reste donc extérieure à l’acte sexuel et ne montre jamais son ressenti à son mari pour rester fidèle à ses principes. Mais dès lors, qu’ils vont dans leur maison de campagne, elle « sort » avec d’autres hommes pour élargir ses expériences sexuelles. Le mari de la marquise meurt assez rapidement si bien que cette dernière possède désormais l’argent et la liberté. Elle refuse d’entrer au couvent, ou de retourner chez sa mère, pour lire des romans philosophiques et moralistes puis elle s’instruit des règles à suivre en société.

 

Mon opinion sur ce roman :

 

J’ai personnellement beaucoup aimé l’œuvre de Laclos pour plusieurs raisons.

Premièrement, j’ai adoré les personnages de la Marquise de Merteuil et du Vicomte de Valmont, je les ai trouvés, surtout Merteuil, encore à notre époque novateurs du fait que ce soit une femme à la tête du « complot » et que Valmont soit en quelque sorte encore un élève malgré lui. En effet, dans la lettre 81, Merteuil explique à Valmont combien les qualités nécessaires pour devenir une femme rouée sont supérieures à celles qui sont nécessaires pour être un roué. Lettre 81 : « Si, au milieu de ces révolutions fréquentes, ma réputation s’est pourtant conservée pure, n’avez-vous pas dû en conclure que née pour venger mon sexe et maîtriser le votre, j’avais su me créer des moyens inconnus jusqu’à moi ? » Mais également, dans la lettre 4, Valmont appelle la Marquise «  Patronne », et « Sainte ».

Egalement, j’ai trouvé les intrigues amoureuses intéressantes, dès les cinq premières lettres, le lecteur est prévenu du projet des deux libertins. Et il se demande très vite si Valmont va corrompre la jeune et douce Cécile qui appelle encore sa mère «  Maman », emploie le verbe enfantin « gronder » comme si elle craignait une punition, et qui précise toujours ce qu’une autorité lui a dit.

Valmont va réussir à se faire aimer de la « céleste » Mme de Tourvel qui est déjà mariée au président de Tourvel, un grand magistrat. Par la suite, j’ai aimé le fait qu’il y ait toujours de l’action, même quand par exemple entre Danceny et Cécile tout se passe bien, la Marquise va intervenir et faire séparer les deux amants en apprenant à la mère de Cécile la correspondance entre les deux.

Par contre, j’ai été très déçue de ne pouvoir lire la lettre de Mr de Valmont jointe à la lettre 154 où l’on aurait pu savoir si le vicomte aimait vraiment Mme de Tourvel ou pas.

 

Citation d’un passage :

 

«  J’ajoute que le moindre obstacle de votre part sera pris de la mienne pour une véritable déclaration de guerre, vous voyez que la réponse que je vous demande n’exige ni longues, ni belles phrases. Deux mots suffisent. »

« Hé bien la guerre »

J’ai apprécié ce passage que j’ai trouvé tragique. Cet extrait est situé dans la lettre 153 où Valmont pose un ultimatum à Merteuil, il sera soit « son amant, soit son ennemi ». Ce passage est la rupture définitive et mortelle des deux personnages libertins qui partagent de lourds secrets. La réponse de Merteuil est extrêmement désinvolte et je l’ai trouvée très violente, voire choquante en sachant par la suite que cette guerre entre anciens amants allait avoir une fin tragique.

 

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