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Blog de la classe de 1L du lycée Rabelais de Meudon

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"Pour un oui pour un non" au coin boucherie !

31janvier

    Comme à son habitude, Léon alla à Auchan vers 9 heures du matin pour être prêt quand les portes du supermarché s'ouvriraient enfin. Il faut savoir que Léon y passait la majorité de son temps. Un moyen pour lui de décompresser après une journée en tant que cobaye pour la science. Oui, Léon était très célèbre dans ce milieu. Passant les portiques de sécurité, il ne manqua pas de remarquer les dispositifs de contrôle installés dans tous les recoins les plus sombres du plafond : soit environ 347 caméras et une salle de contrôle manuel. Ensuite dans un ordre bien précis, il traversa les nombreux rayons qui lui faisaient face, en passant d'abord à côté du kiosque et enfin le rayon fournitures pour arriver devant la boucherie ! Mais si tout s’était passé comme prévu, il se serait dirigé vers Marcel, le grand chef de la charcuterie et aurait acheté deux ou trois steaks pour son plus grand plaisir. Or, et c’est bien ça le problème, Marcel n’était plus là. Ne sachant pas trop quoi faire face à cette situation, il se décida à rester figé sous l’œil avisé des caméras de sécurité…

Alfred(regardant les écrans de contrôle)- Tue-le, Léon ! Mais tue-le ! Il ne mérite que ça ! Tu as vu comment il te regarde avec son couteau en hache ? Il est assoiffé de sang et pas n’importe lequel ! Oui, t’as tout compris, le tien !! Marcel n’aurait jamais voulu que quelqu’un le remplace et surtout pas un homme qui s’appelle Alberto ! Il faut que tu fasses quelque chose. Les conser…

Norbert (arrivant par la droite)- Franchement, Alfred !

Alfred- Quoi, t’es pas d’accord ? Tu ne l’es jamais de toute façon !

Norbert- Mais c’est toujours pareil avec toi ! Léon va dans le magasin. Il découvre que quelque chose ne va pas et il en vient à vouloir tuer de pauvres gens, rhô… T’en a pas marre ?

Alfred- Norbert, sa vie est entre nos mains à chaque fois qu’il rentre dans un magasin. Et quoi ? De « pauvres gens » ? Non mais tu rigoles, j’espère ? Cet Armeno ou Alrito enfin je sais plus quoi, bref…Ce gars est dangereux ! Non mais regarde-le, là. Il a tout un équipement de torture à côté de lui. Sa façon de découper... la chair... aah! Tiens, je te parie que c’est de la chair humaine ! On vérifie ?

Norbert- C’est un boucher, Alfred. Il découpe des saucisses de veau pas des humains et ah oui, cet instrument de torture comme tu le dis si bien s’appelle un poussoir à saucisses. Et puis il a l’air très sympathique avec son nœud pap' !

Alfred- Ah ça c’est ce que tu crois ! Mais le dos tourné, il devient un monstre abominable aux yeux injectés de sang ! Et qu'est-ce qui te dit que ce n’est pas lui qui a tué Marcel pour avoir le poste, hein ?

Norbert- Mais nan ! Tu sais très bien que depuis quelques temps, il courrait après une roumaine du nom de Sofia ou Anna, je ne sais plus. Tu sais comment il était. Il a dû enfin réaliser son rêve de partir faire le tour du monde avec une jolie femme et un paquet de tranches de jambon pour survivre !

Alfred- Tu as toujours réponse à tout ! Mais heureusement, je n'écouterai pas ton avis insensé !

Norbert- C’est la meilleure celle là ! Et pourquoi donc ?

Alfred- Eh bien parce que c’est moi le chef !

Norbert- Ah oui ? Et depuis quand, s'il te plaît?

Alfred- Depuis toujours ! Regarde, c’est moi qui suis devant le poste de contrôle, pas toi.

Norbert- Je pourrais très bien me mettre à ta place si je le voulais. Tu t’es octroyé le titre de chef tout seul. Qui te dit que je ne pourrais pas me le donner aussi ?

Alfred- Oh je ne sais pas… Ah si tiens ! Parce que tu sais que tu es incapable de diriger de simples situations comme aller acheter des boîtes de conserve à Auchan !

Norbert- Et c’est toi qui dit ça ? Vais-je te rappeler qu’à chaque fois qu’on va quelque part, Léon veut tuer quelqu’un par ta faute ?

Alfred- Il le fait de sa propre volonté ! Je ne l’oblige à rien. Tu ne te rends vraiment pas compte du stress qu’on subit quand on est à ma place, c’est bien pour ça que je suis le chef et pas toi !

Norbert- C’est parce que tu t’inventes des problèmes quand il n’y en a aucun que tu stresses !

Alfred- Quand te rendras-tu compte que le monde est froid et sinistre dehors ! Je m’en sortirai très bien sans toi !

Norbert- Arrête ! Si je n’étais pas là à chaque fois pour arranger le coup, on se retrouverait tout le temps avec un massacre sur le dos.

Alfred- Hum...C'est bien quand on laisse les problèmes filer qu'ils reviennent plus coriaces qu'auparavant.

Norbert- Je n'évite pas les problèmes, je suis simplement raisonnable. C'est d'ailleurs une de mes plus grandes qualités. Allez, avoue que sans moi tu ne serais rien !

Alfred- Vantard insipide !

Norbert- Oh j'ai bien des raisons de me vanter. Tu ne peux pas savoir à quel point je rêverais de t'étriper parfois.

Alfred- Je ne vois vraiment pas ce qu'on peut me reprocher ! Mais je t'en prie, lance toi ! Essaie de trouver une faille chez moi et peut-être qu'après tu auras le droit à une place dans le livre des records. Je vois déjà le titre : "Norbert, celui qui a réussi à trouver le SEUL et RIDICULE petit défaut chez Alfred, le Magnifique !" Peut-être un peu trop long...Alors ?

Norbert- Et bien justement, nous y sommes.

Alfred- Ça c'est ce que j'appelle une parole sans fondement !

Norbert- Tu ne vois donc rien, alors ?...Moi, je n'oublie jamais.

Alfred- C'est dingue ! T'as une espèce de tic dans la mâchoire quand tu prends un air sérieux. Regarde, t'as les lèvres toutes tendues. Il faut vraiment que tu prennes de l'aspirine. Je te jure, ça te détendrai...Mais euh, tu disais ?

Norbert- Non, rien. C'est "sans" importance...Et puis de toute façon, tu ne comprendrais pas.

Alfred- Mais si vas-y, exprime toi ! Je veux être l'épaule sur laquelle tu t'épanche. Je t'écoute, parles.

Norbert- C'est que...Tu te crois supérieur...Je nous sors toujours de la galère et jamais un merci de ta part, tu crois que je devrais le prendre comment ? Je passe mon temps à me vanter parce que je voudrais bien qu'un jour, j'arrive à avoir de l'importance à tes yeux. Mais bien sûr, tu continues à penser que c'est toi le meilleur et que tu trouves toujours la solution...Eh bien...Tu veux que je te dise ?! J'en ai marre !

Un silence.

Alfred- Je crois qu'on a un grave problème de synchro... Je ne vois mais alors pas du tout ce que tu essaies de me dire.

Norbert- Je te l’avais bien dit…. J’en avais déjà parlé à Colette d’ailleurs.

Alfred- Colette ? La fille de la tête de Roger ?

Norbert- Oui, celle qui est dans son hémisphère gauche. Et je lui ai dit que je voulais partir pour une autre tête mais elle pense que je prends ça trop à cœur.

Alfred- Peut-être qu’elle a raison…

Norbert- Ne me traite pas de cinglé. Tu vois, tu t’y prends toujours de la même manière. Tu me fais passer pour le nul en m'étranglant et en me secouant. Oui, puis tu ris, tu t’amuses avec moi et là au moment où j’essaie de me mettre à ton niveau…Oui là, d’un seul coup, tu me jette de ton estrade... Je ne demande rien pourtant, juste un regard. Mais non, Monsieur me laisse juste tomber...

Alfred- Tu crois vraiment que je le fais exprès ?

Norbert- Oh non. Tu ne t’en rends pas compte, c’est tout.

Alfred- Heureusement alors…

Norbert- Non, c’est pire. Tu passes au dessus de tout. Tu m’oublies comme si j’étais un raté pour continuer à être…dans ton monde, où tu es le héros et tu sauves Léon de la catastrophe.

Alfred- Ne tournes pas autour du pot !

Norbert- Tu es toujours heureux !

Alfred- Et alors ?

Norbert- « Et alors ? » Tu m’expose ton bonheur. Ce bonheur si parfait et inexistant à la fois.

Alfred- Ce n’est pas de ma faute si tu es jaloux de moi.

Norbert- Non ce n’est pas un bonheur qu’on rêverait d’avoir même si tu aimerais que les autres t’envient. C’est un bonheur incompréhensible où il vaut mieux rester à l’écart pour ne pas se faire ronger par le ver de la haine.

Alfred- Tu es fou !… J’avais pourtant l’impression que tout allait bien entre nous. Je ne pensais pas que partant d’une histoire de charcutier, enfin, de boucher, on en arriverait là...

Norbert- J’ai bien peur que si.

Alfred- Mais c'est de ta faute aussi ! Tu mets toujours des guillemets partout et ça prend une tournure démesurée.

Norbert- Parce que tout prend des proportions énormes avec toi. Tu es si incompréhensible.

Alfred- Et toi alors...Si tout est si clair chez moi, pourquoi pas chez toi ?

Norbert- C’est pareil pour moi, tu sais.

Un silence.

Norbert- Je crois qu’on ne peut plus continuer comme ça. Eh puis tu as peut-être raison… Je devrais partir d’ici.

Alfred- Où irais-tu ?!

Norbert- Je ne sais pas… Dans une autre tête avec un autre compagnon.

Alfred- Mais tu ne peux pas!

Norbert- Pourquoi pas ?

Alfred- Parce que… Parce que je suis ton frère. Et des jumeaux ne devraient pas à avoir se séparer... C’est contre nature ! Je le sais parce que j’avais cherché des informations à ce sujet dans l’encyclopédie 17 volumes que j’avais reçus par l’oreille. Nous sommes nés avec Léon et nous mourrons avec lui. Tu ne peux donc pas. Tu…Tu ne pourrais pas, n’est ce pas ?

Norbert- Non…

Alfred- Oui ?

Norbert- Non.

 

On a dû appeler les policiers pour faire partir Léon qui était resté dans le magasin sans bouger de sa place jusqu’à l’heure de fermeture.

                                                      

                                                                                

                                                       Mad Hatter, Lullaby & Lisa

Pour un oui, pour un non.

31janvier
Nous avons vu...

                                                  POUR UN OUI, POUR UN NON

                  de Nathalie Sarraute, mise en scène de Jean-Marie Russo.

Entrée théâtrale sur fond de trombone. 
Une scène en cube.
Du blanc, du rouge et deux hommes en noir.
Voilà le décor épuré que nous propose le metteur en scène pour cette représentation de la célèbre pièce de Nathalie Sarraute Pour un oui, pour un non.
Pour ceux qui seraient passé à côté de la lecture de ce livre voici un bref résumé par webthea:
 

"H1 rend visite à un vieil ami (H2) perdu de vue depuis longtemps dans l’intention de comprendre cet éloignement. De questions en réponses, on découvre comment le drame muet s’est noué mais on apprend aussi à qui on a affaire. H1 est un homme comblé, socialement, professionnellement, familialement, tout lui réussit ; H2 est un artiste raté, poète ou peintre, la sensibilité à fleur de peau. Quelques années plus tôt, un jour, à propos du travail de H2, H1 s’est exclamé « c’est bien ça ! ». Dans cette seule exclamation anodine, H2 a cru déceler, à tort ou à raison, l’expression d’une condescendance insupportable. Au fil de l’analyse de ces trois mots si banals et des échos intérieurs qu’ils ont suscités, les deux amis vont se révéler l’un à l’autre en pleine lumière mais sur un mode pointilliste, jamais linéaire, à l’image de la complexité de la pensée et de l’individu. La situation va s’inverser de manière symétrique et mettre H1 dans la situation de H2."


Un sujet vaste, complexe mais dont la représentation au théâtre simplifie totalement la compréhension.
Les deux acteurs on su montrer l'intimité d'une dispute entre amis et la complexité des relations de ces derniers (intéressant mais à développer à partir d'un moment précis du spectacle qui vous a marqués?).
Les quelques interludes musicaux rajoutent au ton vivant des acteurs une réalité sans pareil (que veux-tu dire?)
Du début à la fin de la pièce on n'a pas le temps de rêver (est-ce mal?), les comédiens ont su accrocher les spectateurs et redonner un ton actuel à cette pièce. 

À ALLER VOIR.

LolaGane.

Ecriture d'invention - Pour un oui pour un non

31janvier

F1 rend visite à son amie F2, qu'elle n'a pas vu depuis un sacré bout de temps.

F1 - Ecoute, je viens chez toi... parce qu'en ce moment, je ne comprends rien. Il faut que tu m'expliques. On est amies depuis longtemps ...
F2 - Oui...
F1 - On s'est toujours tout dit ?
F2 - Oui...
F1 - Donc on ne s'est jamais rien caché ?
F2 - Non...
F1 - Alors pourquoi cela fait une semaine que tu ne m'appelles pas ?
F2 - De quoi tu parles ?
F1 - Fais pas celle qui ne comprend pas...
F2 - Non, sérieux, je ne vois pas de quoi tu veux parler ni où tu veux en venir !
F1 - C'est très simple. Avant, on s'appelait presque tous les jours, et maintenant, plus rien, plus de nouvelles.
F2 - Et toi, tu as essayé d'appeler au lieu de m'attendre ?
F1 - Euh.. non !
F2 - Alors je peux dire la même chose. Plus rien, plus de nouvelles !
F1 - Non, excuse-moi c'est vrai que je n'ai pas essayé. Mais parce que j'attendais que ce soit toi.
F2 - (à part) Ah ! Justement, il est peut être là, le problème.
F1 - Bon, je viens pour savoir si tout va bien pour toi.
F2 - Tu te soucis de mon cas maintenant ?
F1 - Mais oui, comme je l'ai toujours fait, non ? (silence) J'aurais dû me douter qu'il y avait quelque chose... Dis- moi tout !
F2 - Tu te trompes, il n'y a rien, absolument rien.
F1 - Et bien super, je peux me servir du jus d'orange ? (silence) Ok, je t'écoute, et cette fois dis-moi ce qui ne va pas et ne ment pas !
F2 - Tu ne m'appelles pas, ça fait une semaine que j'attends ton coup de fil. Mais je suis habituée maintenant, j'aurai dû prévoir que jamais tu ne m'appelerais et que l'initiative viendrait encore une fois de moi !
F1 - Mais on a toujours fonctionné comme ça, tu m'appelles, je décroche. On n'a jamais fait l'inverse ...
F2 - Ca devient problématique, ma chère !
F1 - Bah non, c'est devenu habituel, c'est tout.
F2 - C'est  bien ce que je dis, c'est problématique, il faut la perdre, cette habitude. J'ai l'impression que je pense à toi tout le temps mais qu'en revanche, tu te fiches de moi
F1 - Hum.. tu serais mon "bouche-trou" et quand j'ai du temps à perdre je profiterai de ton appel, c'est ça ?
F2 - Oui, voilà, on devrait échanger un peu les rôles, tu vois ?
F1 - Je serais ton "bouche-trou" et tu profiterais de moi ?
F2 - Non... Tu m'appelles, je décroche, c'est tout !

..."Pour un Oui ou Pour un Non" revisité par Trois Petits Points...

31janvier

( Cet extrait met en scène H1, H2 Vador et H2 bisounours, et propose deux fins alternatives. Ici H1 s'adresse à deux aspects totalement opposés de la personnalité de H2)

 

 

H1 :                 Ce n'est pourtant pas la même chose

 

H2 Vador :           Non

 

H2 Bisounours :      Oui

 

H1 :                  On n'a peut-être pas tout raté. Pour preuve, je suis là.

 

H2 Vador :           Que tu sois là ou pas, cela ne change rien. Nous sommes beaucoup trop différents pour nous entendre.

 

H2 Bisounours :    Comment ? Tu daignes descendre de ta haute colline...

 

H2 Vador :           Que me vaut cet honneur ?

 

H1 :         Au nom de nos souvenirs communs... Souviens-toi, ce merveilleux séjour passé tous ensemble à Sagone ! Comme nous avons profité du soleil, de la plage, de la mer...

 

H2 Vador :         Ah, parlons-en de ce fameux séjour ! Te souviens-tu quand tu m'encourageais à aller me baigner avec vous ? Tu sais pourtant que j'ai une peur panique de l'eau ! C'était encore un piège que tu me tendais pour me rabaisser !

 

H1 :                  Je voulais simplement t'aider à surmonter ta  peur... Tu sais très bien que ce problème revient sans cesse... Pour une fois, tournons-nous vers l'avenir.

 

H2 Vador :          Ah, oui, je nous imagine déjà repartir au bord de la mer, où tu me pousseras à me ridiculiser ! J'attends cela avec impatience. Non mais je rêve, de quel avenir commun est-ce que tu parles ? Je ne veux plus subir tes mots, je ne veux plus subir tes rabaissements, je ne veux plus subir ton hypocrisie ! !

  ( H2 Vador sort de la scène )

H2 Bisounours :    Ecoute, j’apprécie que tu te soies déplacé…

 

H1 :               Alors c’est tout ce que tu apprécie chez moi ?

 

H2 Bisounours :   Tu sais très bien que j’aime autre chose chez toi, malgré nos différences.

 

H1 :             Et si nous passions outre nos différences ?

 

H2 Bisounours : Oui.

 

H1 :             Oui.                                                            

                                                                                       ... A J L ...

X et Y et Z?

29janvier

Lire la suite...

Pour un oui pour un non - Ecriture d'invention par &Voltaire.

26janvier

H1 : Qu’est-ce que tu as, dis moi…

F1 : Rien, pourquoi cette question?

H1 : Tu es froide en ce moment… Tu ne m’adresses presque plus la parole…Tu ne réponds même plus à mes messages…

F1 : Je n’ai rien, je t’assure.

H1 : Je te connais par cœur… Toi et moi on est comme les doigts de la main… Regarde moi.

F1 : C’est juste que… Je ne sais pas… Tu vas te moquer de moi, c’est… accessoire. Oui, c’est accessoire.

H1 : Tu sais comment je suis… Je me rends malade pour un rien. Aussi absurde que ce soit, je préfère tes sermons à ton silence…

F1 : Et bien… si tu insistes alors… Hier je t’ai vu regarder F2... et… je n’ai pas apprécié.

H1 : Tu dis que je l’ai regardée? Mais comment, de quelle manière? Ce n’était sûrement pas intentionnel…

F1 : Je ne sais pas… Nous étions en train de parler dans les couloirs et elle est passée, rapidement. Et là, tu l’as suivie du regard et tu n’as pas réussi à finir ta phrase, tu étais…troublé.

H1 : Voyons, c’est ridicule, tu sais qu’on ne s’adresse plus la parole, tout ça est fini.

F1 : Je savais que j’aurais dû me taire… Tu ne me prend jamais au sérieux. Pourtant je… j’ai vu ton regard et… j’ai eu mal, tu sais.

H1 : Je ne m’en souviens pas, ça ne doit pas avoir beaucoup d’importance à mes yeux.

F1 : J’ai vu, tout ça… Ton regard pour elle, ton trouble… J’ai vécu un retour en arrière, moi qui croyais avoir réussi à ne plus la haïr…

H1 : Tu accordes trop d’importance à des détails insignifiants… C’est la seule raison pour laquelle tu m’évites?

F1 : Ca fait quelques temps que tu es irréprochable, qu’aurais-je d’autre à te reprocher?

H1 : Ca me fait plaisir que tu remarques les efforts que je fais pour toi…

F1 : Pourtant, ce simple acte m’a remémoré beaucoup de souvenirs… Des mauvais souvenirs…

H1 : Non, on avait dit qu’on n’en reparleraitplus.

F1 : Je pense que nous n’avons pas assez… approfondi… tout ça. Sinon nous n’aurions pas encore ce genre de confrontations. Il faut y retourner, replonger, une bonne fois pour toutes.

H1 : Pourquoi me reparles-tu de « tout ça »? Il n’y a aucun problème, mis à part celui que tu es en train de créer…

F1 : Si, justement. C’est comme cette fois, il y a quelques mois, tu portais le bracelet d’une autre fille…Alors je me suis énervée et je l’ai jeté par la fenêtre. Tu t’en souviens?

H1 : Evidemment, alors que c’était juste une amie, ta réaction était exagérée. Tu m’avais frappé juste après.

F1 : En effet, je te détestais tellement… Et bien ce jour là, je t’ai dit de partir de chez moi… Au début, tu as refusé, tu es resté peut-être… deux heures. Ensuite je t’ai redemandé de partir, car… tu m’avais fait du mal. Je t’ai refrappé, violemment, et je t’ai demandé de partir. Et tu es parti. Je pleurais mais tu es parti, tu m’as abandonnée…

H1 : Quoi ! Mais que me reproches-tu au juste? De t’avoir écouté, d’avoir cédé à ta volonté?

F1 : Tu ne comprends rien. J’avais vraiment envie que tu partes…

H1 : Et c’est-ce que j’ai fait !

F1 : Oui mais…Sans toi je me suis sentie tellement… dépitée et vide… que tu aurais du rester… Juste essayer de comprendre à quel point je te haïssais… Ou plutôt à quel point je t’aimais…

H1 : Comment étais-je censé deviner ce que tu voulais réellement…? Tu te souviens des paroles blessantes que tu me disais, tu te souviens le nombre de fois en une heure où tu as déclaré ne plus m’aimer? Pourtant, je suis resté là, comme inerte, car mon coeur était bel et bien mort... à supporter la violence de tes coups et de tes insultes. Et ce n’était pas la première fois… Et encore, tu avais déjà rompu.

F1 : Par ta faute !

H1 : Non, pour des raisons fictives…

F1 : J’en avais assez de tes mensonges. Sur tout, sur toi, sur les autres. Tu te rappelles lorsque tu as prétendue avoir fait certaines choses avec d'autres filles… Juste pour me faire souffrir.

H1 : C’était par pure vengeance. Toi tu avais du concret pour me faire du mal, moi j’ai dû inventer.

F1 : C’est pire… Moi je ne voulais pas te blesser, au contraire. Juste... une légère douleur, une piqure, un affect... qui montrerait que tu tiens à moi. Ou peut-être était-ce le fruit de mon inconscient, qui cherchait une vengeance de... je ne sais quoi. Toutes mes erreurs … je ne pensais pas que ça t’affecterait autant.

H1 : Tu te cherches des excuses. Je m’en souviens comme si c’était hier, du jour où tu m’a annoncé le nombre de fois où tu m’a trompé. L’humiliation, la haine, le désespoirque j’ai ressenti… Et je suis, une fois de plus, resté, en espérant que tu changerais. Pourtant tu as recommencé. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois… Je n’arrive même plus à compter.

F1 : Je sais… Mais… c’est dans ma nature, ou plutôt… oui, l’alcool, c’est l’alcool, et…ça ne m’a jamais empêché de t’aimer. En effet, je m’en souviens de ce jour là. Tu as prétendu t’être ouvert les veines et être allé à l’hôpital…

H1 : Je voulais voir ta réaction, si tu tenais à moi.

F1 : Et tu as été déçu puisque j’ai plus été flattée qu’autre chose. Je t’en voulais encore, tu venais de m’annoncer ce que tu ressentais pour… F2... celle que j’aimais plus que tout, peut-être même plus que toi à cette époque… Tu avais tout gâché, notre si belle amitié, qui ne s’est d’ailleurs jamais réellement rétablie…

H1 : Tu sais à quel point je m’en veux…

F1 : Tais toi. C’est trop récent pour que j’ai envie d’en parler.

(silence)

H1 : Parle-moi, dis moi que tu m’aimes…

F1 : Je n’en vois pas l’utilité.

H1 : Si, c’est tellement rare que tu me le dises, pourtant ça me rend si heureux…

F1 : C’est mieux que de le dire à longueur de journée sans le penser…

H1 : De qui parles-tu?

F1 : De toi, car je résume bien la situation, n’est-ce pas?

H1 : Non…Comment peux-tu m’accuser de ne pas t’aimer… Avec tout ce que je fais pour te le prouver…

F1 : Il m’arrive d’y croire. Puis tu fais un geste, ou tu prononces ne serait-ce qu’un mot… qui me prouve le contraire, comme ce que je te reprochais tout à l’heure…

H1 : Tu es paranoïaque, tu vois le mal partout…

F1 : C’est par ta faute, c'est à cause de tout ce que tu m’a fait subir que je le suis devenue.

H1 : J’ai arrêté, j’ai changé et tu le sais. Il n’y a plus que toi, et il y aura toujours que toi…

F1 : Non, ton amour est éphémère. Tu m’a aimé presque le premier jour où tu m’a aperçue, et moi…je m’en étais rendue compte, tu n’essayais pas vraiment de me le cacher. Et je te détestais de m’aimer, sans te connaître, je détestais ce que tu étais. Moi…j’ai appris à te connaître, à te comprendre, à t’aimer et maintenant je t’aime pour ce que tu es. Alors que toi... tu m’aimes en dépit de ce que je suis… Tu m'aimes malgré mes crises, mes exigences et mon caractère indéchiffrable, pas pour mes qualités...

H1 : J’ai eu un coup de foudre pour toi mais mon amour n’en est pas pour autant diminué… J’ai tout fait pour t’avoir, tu te souviens de la veille où on s’est mis ensemble pour la première fois?

F1 : Oui, comment l’oublier…Le lendemain d’une soirée trop arrosée, tu étais venu en bas de chez moi. C’était un premier février, il faisait très froid. Tu es resté… plusieurs heures, en bas de chez moi, tel Roméo, à crier que tu voulais me parler, que tu m’aimais. Toute ma famille te disait de partir, tu nous embêtais à hurler et à sonner à la porte… Et moi je t’insultais, je te disais de partir car je ne voulais pas de toi et puis j’étais bien devant ma télé…

H1 : Tu avais été méchante… Et pourtant j’ai continuer d’insister, et j’ai bien fait puisque je t’ai eue.

F1 : Tu as presque toujours été parfait avec moi… Tu t’es toujours battu pour me garder, tu me faisais des compliments et des cadeaux, tu es resté près de moi lorsque tu n’étais pas le seul dans mon cœur, c’est toujours toi qui reviens, même lorsque je suis en tort. Pourtant, j’aurais aimé que tu te battes encore plus. Car tu sais que quand tu veux quelque chose, tu finis toujours par l’obtenir. Les deux premières fois où j’ai rompu, je me suis rendue compte à quel point tu ne tenais pas à moi. Tu n’as rien tenté pour me récupérer. Et tu n’as pas semblé plus triste que d’ordinaire…

H1 : Tu me connais tellement mal… J’essayais de sauver les apparences tant bien que mal, je ne compte même plus le nombre de nuits que j’ai passé à pleurer, cherchant en vain du réconfort… C’est sûrementpas toi et ta fierté qui vont me dire que c’est mal de cacher ce qu’on ressent.

F1 : Ma fierté? Quelle fierté?

H1 : Tu sais bien… Jamais tu ne veux me dire que tu m’aimes…

F1 : Je sais… Mais ce n’est pas seulement ça… Toi tu encaisses tout ce qu’on te fait, tu te laisses submerger par tes sentiments, tu restes passif... Moi je ne veux pas être perdue, alors… je réfléchis, à quels moyens je peux utiliser pour ne pas sombrer dans la destruction… parce que c’est ça dans le fond l’amour, c’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber…

H1 : Je ne suis pas d’accord, tu es bien trop pessimiste. L’amour ça peut faire souffrir mais l’amour c’est…l’avenir, un mariage, des enfants!

F1 : On y vient! Peut-être que c’est ça, le vrai problème. Notre vision du monde… Oui, c’est ça. Elle est tellement…différente. Tu m’avais fait croire à cet amour, tu m’avais élevéehaut, très haut… Puis tu avais tout gâché, me laissant lâchement retomber dans la dure réalité… Depuis, je n’y crois plus. Je sais que je ne fais pas d’efforts et que j’ai ma part de responsabilité, mais…tu as élevé la barre tellement haut depuis le début que je n’arrive plus à me contenter de ce que tu me donnes. Ca me rend malade, cette…attente… de je ne sais quoi. J’aurais besoin et envie de l’impossible, que tu sois sans cesse à mes côtés, que tu m’aimes plus, ou que tu m’aimes moins, je ne sais pas… Moi je souffre, toi tu ne souffres pas, ou peut-être suis-je trop aveugle pour m’en rendre compte, je ne pense pas…

H1 : Je ne comprend pas… Ce que tu veux, ce que tu essaies de me dire…

F1 : Je ne le sais pas moi-même. Je sais maintenant… que je ne me comprendrai jamais et que je ne te connais plus assez pour que ça reste possible.

H1 : Alors ça y est, après tous ces efforts faits pour nous préserver, tu mets fin à notre histoire?

F1 : Oui…

H1 : Non…

F1 : Oui.

 

&Voltaire.

Pour un oui, pour un non : séance d'écriture.

24janvier

Le lundi 18 février séance d'écriture dans la salle de théâtre, pour prolonger la représentation de "Pour un oui, pour un non".
Les élèves avaient le choix entre trois sujets. Ils sont allés vers l'écriture créative plutôt qu'argumentative et ont été inventifs. Mais pour l'instant, un seul texte a été posté sur le blog (une dispute amoureuse très "sarrautienne", en cours de correction, et que vous pourrez lire à partir de mardi). J'espère voir bientôt les autres!

Une disciple de Sarraute (Sarah) en pleine inspiration, perdue dans les fauteuils rouges de son théâtre intérieur. Ne la dérangeons pas!...


Voici les sujets :

Travail d’écriture qui peut être fait en groupe de blog ou seul. Montrer le brouillon à la fin de l’heure, à poster sur le blog pour lundi 25/01.

Deux sujets proposés + idées éventuelles venant des élèves.

 

Sujet 1 : écriture argumentative

Sujet : Ecrivez pour le blog culturel « Les mots/les images » un compte-rendu de l’activité organisée autour de la pièce Pour un oui, pour un nom, dans lequel vous réfléchirez sur le rapport entre le texte de théâtre et sa représentation.  

Consignes à élaborer ensemble :

L’article  s’articulera autour de la problématique « texte et représentation » (c’est à dire l’intitulé de l’objet d’étude du théâtre en 1ière) qui a déjà été expérimentée dans les trois activités précédentes sur « Rousseau », « We are l’Europe » et « the Pearl ».

--> se poser les questions suivantes : est-ce que représenter ce texte, jouer ce texte, apporte quelque chose de plus que simplement le lire, et si oui, quoi ? Est-ce que voir cette mise en scène de ce texte lui apporte quelque chose de plus ou non ? Si oui, quoi ?

Explorer cette problématique à travers les points suivants :

1)présentation de la pièce de Sarraute et de la compagnie Plakka

2)compte-rendu personnel du « mini-stage » de théâtre avec le metteur en scène

3)analyse de la représentation (interprétation, scénographie --> options de mise en scène)

4)bilan personnel à la fois sur l’intérêt de la pièce et sur ce que l’activité vous a permis (ou non) de comprendre du rapport entre texte et représentation au théâtre.

5)pensez à illustrer votre article.

 

Sujet 2 : écriture créative

Sujet : Ecrivez en vous inspirant des procédés de Sarraute une scène de dispute entre deux personnes de votre génération.

 

Consignes à élaborer ensemble

            1)la situation : qui sont les deux personnes (amis, couple, enfant-parent ?) + une relation déjà ancienne mais qui recèle des malentendus profonds, deux façons différentes de voir le monde.

2)quel type de langue choisir ?

3)les procédés de Sarraute : quels sont-ils ?

-un « microscope » qui révèle les tropismes, les mouvements minuscules et secrets que l’on perçoit sans toujours en être conscient ou être capable de les expliquer ;

-l’attention portée au langage quotidien : le point de départ non pas un geste mais une phrase anodine (= des mots et une façon de les prononcer qui est perçue comme révélatrice)

-les métaphores qui révèlent le rapport de force entre les personnages

 

Sujet 3 : proposition des élèves ?

Pour un oui, pour un non

17janvier

Après le mini-stage de deux heures, où Jean-Marie Russo, le metteur en scène,  nous a fait travailler sur quelques extraits de la pièce (mardi 5 janvier), les deux comédiens de Plakka Théâtre sont venus jouer dans la salle de théâtre du lycée "Pour un oui, pour un non" de Nathalie Sarraute (vendredi 15 janvier).

Voici une ou deux photos de ce moment :

Le début de la pièce et Paddy au trombone.

Un peu plus tard dans la pièce, H 1 et H 2 commencent à régler leurs comptes. Et l'alarme incendie du lycée ne s'est pas encore déclenchée...

Après la représentation, échange entre les artistes et le public :
de gauche à droite : Jean-Marie Russo : comédien et metteur en scène, Catherine Nadal, scénographe, Paddy Sherlock, comédien, musicien et Irlandais.
au premier rang du public, on reconnaît Célia (en train de dormir?), Mégane et Yara. 

Merci à Plakka Théâtre pour ce moment de théâtre et d'échange!  Et un grand m..... pour leur représentation au Centre d'Art de Meudon, qui doit avoir lieu le mardi 19 janvier!...