Nulle part terre promise
Il n’y a pas d’histoire à proprement parlé, on suit une étudiante en quête de réponses, un cadre qui délocalise une usine et des clandestins Kurdes qui tentent de gagner l’Angleterre. Nulle part terre promise est un voyage à travers l’Europe, un trajet qui se fait sans parole mais qui frappe par les images, la bande son et les symboles.
Ce que nous dit ce film, c’est :voilà la réalité, voilà le monde dans le lequel nous vivons. Il n’y a pas de réponses, seulement l’exposition des problèmes qui régissent nos quotidiens. Peut être est-ce à nous d’en trouver les réponses ? Peut-être ne faut t-il pas en chercher dans le film ?
Loin des films Hollywoodiens, des stars de cinéma, Nulle part terre promise expose. Mais n’y aurait t-il pas trop d’expositions pour toucher ? Aujourd’hui, alors qu’il faut s’élargir à un maximum de personnes, pour avoir un impact, n’est-il pas plus convaincant et judicieux de raconter une histoire ? Certains répondront qu’il ne faut pas nécessairement faire ce à quoi le public s’attend, mais qu’il faut rénover, et choquer pour convaincre. Je n’en pense pas moins, néanmoins, (répétition) il me semble important de souligner le fait que le jeune public n’est pas toujours sensible à ce genre d’innovations. Au contraire, il est souvent « repoussé » par l’absence d’histoire et par conséquent ni voit pas l’intérêt. Il s’avère alors important d’analyser certains extraits du film pour ne pas qu’une idée essentielle nous échappe. Cependant, je trouve dommage qu’il soit nécessaire d’avoir des explications pour comprendre un film et sa portée. Il n’est absolument pas question ici, de dénigrer le travail du réalisateur, la qualité des images, des musiques qui sont splendides lorsque l’on sait en plus que Finkiel n’avait que très peu de moyens à disposition…
Tous les autres s’appellent Ali
Impossible n’est pas Fassbinder.
Impossible qu’une vieille femme des années 1970 tombe amoureuse d’un jeune marocain ? N’en soufflez mot à Fassbinder si vous pensez ceci ! il vous prouvera par A + B que vous avez tort ; car c’est un tort de croire en l’impossible !
Une preuve dites-vous ?
Prenez « tous les autres s’appellent Ali », s’en est une preuve irrévocable ! C’est avec brio que Fassbinder s’approprie ici « tout ce que le ciel permet » de Douglas Sirk. Et pour cause, Fassbinder choque tant les spectateurs de 1970 que ceux de 2010. Ecoutez les murmures qui s’élèvent dans la salle, les jeunes sont dérangés par certaines scènes, déstabilisés par des attitudes inhumaines : ils sont confrontés à la dure réalité. Or, on aurait tendance, à tort, d’oublier qu’il existe des films encore et toujours d’actualité, réalisés il y a plus de quarante ans. Et c’est bien là que réside toute l’erreur ! L’art de Fassbinder n’est pas obsolète, il a encore de la valeur et peut encore faire entendre raison aux jeunes : leur montrer la nécessité d’être tolérant.
S’il n’est pas impossible d’oublier Fassbinder, il est impossible de définir ce chef d’œuvre. Essayez de le qualifier, de lui rattacher un seul et unique mot ; vous n’en trouverez aucun à la hauteur. A lors peut-être ne faut il pas en chercher, mais simplement se laisser transporter…