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Blog de la classe de 1L du lycée Rabelais de Meudon

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Le Bal du Comte d'Orgel de Raymond Radiguet

19mars

Le roman de Radiguet a paru en 1924 et à comme toile de fond les année folles. Ces années de fêtes d'après guerre où l'on danse le Charleston toute la nuit dans les dancings, comme celui de Robinson. Ces années sont faites de diners, de déjeuner sous la tonnelle des bords de la Marne, de bals, de voyages.... C'est cette ambiance très festive qui est omniprésente tout au long du livre et qui sert de musique au trio dansant.

En 1920, comme toutes les années précédentes, le Comte d’Orgel et sa jeune femme Mahaut Grimoard (passionnément amoureuse de son mari) donnent un bal costumé au début de l’hiver. Au cours de cette même année le couple fait la rencontre d’une nouvelle personne François de Séryeux. Ce jeune homme est très vite apprécié par le Comte et devient un ami du couple.

François de Séryeux ne quitte plus M.Orgel et commence à s’interroger sur l’intérêt qu'il porte à ses nouveaux amis. Est-il amoureux de Mme. D’Orgel ? Si oui, l’aime t-elle ? Quand aux mouvements du cœur de la Comtesse,ils rappellent ceux de notre Princesse préférée (La Princesse de Clèves) mais sont-ils surannés pour autant ?

Un livre court et fulgurant qui en dit autant sur la fine analyse psychologique des personnages et la complexité de l'amour que La Princesse de Clèves. D'ailleurs les références à ce livre sont nombreuse comme des petits clins d'œil au lecteur.

Qu'ajouter à la description de cette étonnante œuvre d'une grande richesse ?

Peut être que Raymond Radiguet fut un génie, qui en fréquenta de nombreux autres, tel que Picasso ou encore Modigliani dans les cafés de Monmartre et de Montparnasse.

Peut être aussi que Le bal du Comte d'Orguel est considéré aujourd'hui comme un des chefs d'oeuvres classique du XXème siècle et que son auteur est mort à l'âge de vingt ans en 1923.

Qu'il a eu à peine le temps de publier deux romans (en comprenant le Bal du Comte d'Orguel) et Le Diable au corps  et que tout deux furent encensés de tout temps par les critiques qui s'étonnent de son écriture très maitrisé et de la maturité qui émane de ces œuvres.

A cela il avait répondu : « Tous les grands poètes ont écrit à dix-sept ans; les plus grands sont ceux qui parvinrent à le faire oublier »

Pesanteur ou légèreté, telle est la question. L'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera.

16mai

Légèreté ou pesanteur, telle est la question.

L'insoutenable légèreté de l'être,

Milan Kundera.

 

 

Légèreté.                                                             Pesanteur.

 

Deux termes que tout oppose. Dans l'antiquité grecque, Parménide a établi une polarité des mots. Lui, définissait la pesanteur comme étant une notion négative, et la légèreté comme étant positive. Mais avait-il raison ? La légèreté vaut-elle réellement mieux que son contraire ? Ce sont sur ces interrogations que Milan Kundera s'est penché dans L'insoutenable légèreté de l'être. Le titre effraie. Mais l'intérieur régale.

 

Milan Kundera naît en Tchécoslovaquie en 1929. Il fait des études de littérature, qu'il abandonne pour des études de cinéma. A la fin des années 1950, dans la Tchécoslovaquie communiste, Kundera est très connu et apprécié. Il donne un souffle libérateur à la littérature tchèque sous le réalisme socialiste. En 1968, l'invasion soviétique met fin à la liberté d'expression des médias. Cette atmosphère restera inchangée jusqu'en 1989, chute du mur de Berlin. Le militantisme de Kundera en faveur de l'indépendance et de la liberté lui coûte son poste d'enseignant à l'institut cinématographique de Prague. Puis, la censure frappe : ses livres sont retirés de la vente et il lui est interdit de publier. En 1975, il quitte la Tchécoslovaquie pour la France. Une fois le français maîtrisé, il publie en 1984 L'insoutenable légèreté de l'être. C'est ce roman qui établira sa renommée mondiale. Actuellement, Kundera continue d'écrire. Sa dernière oeuvre est un essai, Une rencontre, parue en 2009.

 

 

 

Ecrit en 1982 et publié deux ans plus tard en France, L'insoutenable légèreté de l'être est le cinquième roman de Milan Kundera. Cette oeuvre se situe entre le roman et l'essai, comportant des passages de narration, de récit mêlés à des passages de réflexion philosophique, sur la psychologie des personnages principalement. Le roman met en scène quatre personnages principaux : Tomas, un homme qui recherche le plaisir et la satisfaction immédiats, tout comme Sabina, sa maîtresse favorite ; ainsi que Teresa et Franz, qui constituent les personnages moraux de l'histoire.

 

 

 

Ce roman aborde trois thèmes principaux :

 

Premièrement, le fil conducteur du récit est de déterminer la polarité de la notion de pesanteur, ainsi que de la légèreté. Au VI° siècle av. J-C, Parménide pense que l'univers est divisé en couples de contraires. Ainsi, la lumière était opposée à l'obscurité, l'épais au fin, ou encore le chaud au froid. Ce grec considérait qu'il existe une polarité pour chacun de ces couples. Par exemple, dans le couple être-non être, l'être serait la notion positive, et le non-être la notion négative. Parménide disait que le léger est positif, et définissait le lourd comme négatif. Avait-il raison ? C'est la question à laquelle Kundera tente de répondre au fil du roman. Dans le second chapitre, Kundera pose la question-clé de son oeuvre, celle qui va le structurer : légèreté et pesanteur, lequel de ces deux termes est le négatif ? Au long de son roman, Kundera opposera légèreté et pesanteur à travers les personnages de Teresa, Franz, Sabina et Tomas. Il est dit dès les premières pages que Teresa incarne la pesanteur : "un jour, Teresa était venue chez lui sans prévenir. Un jour, elle était repartie de la même manière. Elle était arrivée avec une lourde valise. Avec une lourde valise elle était repartie." La répétition de "lourde valise" mis en fin de phrase et en début de phrase suivante insiste sur la pesanteur. Teresa incarne donc la pesanteur. Quant à Tomas, "l'absence totale de fardeau fait que l'homme s'éloigne de l'être terrestre, qu'il n'est plus qu'à demi réel et que ses mouvements sont aussi libres qu'insignifiants." Il incarne par conséquent la légèreté. Mais le bon choix est-il la pesanteur, comme Teresa, ou bien la légèreté, à l'image de Tomas ? Quel est donc le terme positif ? Le négatif ? Par la suite, Kundera voit les choses sous un angle différent : il fait référence à Beethoven, qui, au contraire de Parménide, considérait la pesanteur comme étant un terme positif. "La pesanteur, la nécessité et la valeur sont trois notions intrasèquement liées : n'est grave que ce qui est nécessaire, n'a de valeur que ce qui pèse." Kundera valorise la pesanteur, tout comme dans la phrase "ce qui fait la grandeur de l'homme, c'est qu'il porte son destin comme Atlas portait sur ses épaules la voûte du ciel." Plus loin, Kundera définit de manière péjorative ces mêmes termes : "Le drame d'une vie peut toujours être exprimé par la métaphore de la pesanteur (...) son drame n'était pas celui de la pesanteur, mais celui de la légèreté. Ce qui s'était abattu sur elle, ce n'était pas un fardeau, mais l'insoutenable légèreté de l’être." Voici, selon Kundera, la définition d'une personne qui incarnerait la pesanteur : "Elle prend tout au tragique, elle ne parvient pas à comprendre la légèreté et la joyeuse futilité de l'amour physique".

Plus loin dans l'œuvre, Kundera présente de nouveau la légèreté comme négative, avec l'exemple de l'Histoire : "L'Histoire est tout aussi légère que la vie de l'individu, insoutenablement légère (...) comme une chose qui va disparaître demain". Vers le milieu du roman, Kundera énonce la différence entre pesanteur et légèreté, entre Teresa et Tomas : Tomas trompe ouvertement Teresa, presque avec plaisir. Mais quand Teresa fait de même, elle ne s'en remet pas. Lorsque la mort de Tomas et Teresa est annoncée, il est dit que le couple est mort sous le signe de la pesanteur. Peut-être cela signifie-t-il que Teresa, la pesanteur, l'a finalement emportée sur Tomas, la légèreté ? Mais habilement, dès que Kundera donne raison, plus ou moins explicitement, à l'un des termes, il fait basculer la balance : "[Sabina] veut mourir sous le signe de la légèreté", en dispersant ses cendres. A choisir, elle préfère donc la légèreté.

 

Un autre thème abordé est celui de l'éternel retour, avec la référence à Nietzsche. Avec la phrase "Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est ne pas vivre du tout", Kundera avance une théorie selon laquelle le vie serait une ébauche de rien, une esquisse de tableau sans toile ensuite. Dans cette métaphore, l'esquisse représenterait la vie, qui est présentée comme un brouillon, et le tableau en représenterait une seconde où l'on aurait tiré des leçons de nos erreurs faites dans notre première vie, pour enfin commencer réellement à vivre. Cette phrase est dans le même esprit : "L'homme ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir car il n'a qu'une vie et qu'il ne peut ni la comparer à des vies antérieures, ni la rectifier dans des vies ultérieures". Un parallélisme entre la légèreté, la pesanteur et l'éternel retour est établi grâce à Nietzsche : "Dans le monde de l'éternel retour, chaque geste porte le poids d'une insoutenable responsabilité. C'est ce qui faisait dire à Nietzsche que l'idée de l'éternel retour est le plus lourd fardeau. Nos vies, sur cette toile de fond, peuvent apparaître dans toute leur splendide légèreté. Mais la pesanteur est-elle vraiment atroce et belle la légèreté ?". A la page 56, Kundera établit un autre rapport : "Mais l'homme, parce qu'il n'a qu'une seule vie, n'a aucune possibilité de vérifier l'hypothèse par l'expérience, de sorte qu'il ne saura jamais s'il a eu tort ou raison d'obéir à son sentiment". Le fait que nous n'ayons qu'une seule et unique vie signifie que les choix que nous faisons sont lourds. Mais puisque la vie est unique, ne serait-il pas plus logique de vivre dans la légèreté, dans une absence de toute responsabilité ?

 

Le troisième thème abordé est le kitch. Kundera définit cette notion comme étant " la station de correspondance ente l'être et l'oubli", ou encore "la négation absolue de la merde (...) le kitch exclut de son champ de vision tout ce que l'existence humaine a d'inacceptable". C'est encore "un paravent qui dissimule la mort". D'après l'auteur, "le kitch fait partie de la condition humaine".

Le kitch est à priori une notion péjorative : les agonisants du Cambodge ne se résument pas à "une grande photo de la star Américaine tenant dans ses bras un enfant jaune". Pourtant, c'est ce qui vient spontanément à l'esprit lorsqu'on l'évoque, c'est ce qui reste, ce qui a marqué. Mais ce n'est pas exact, les agonisants du Cambodge étaient plus que cela. Mais à part cette description, il ne reste rien d'autre dans les mémoires. Une question se pose donc : l'oubli vaut-il mieux que l'inexactitude ? Sans cette star américaine, il ne resterait rien des agonisants du Cambodge, pour la bonne et simple raison que l'homme nie la laideur des choses et lui privilégie la beauté. Le kitch permet donc de garder la beauté des choses, quitte à en dissimuler la laideur. Mais cette beauté a un prix : l'ignorance partielle des faits. En découle une phrase de Kundera particulièrement frappante : "le véritable adversaire du kitch totalitaire, c'est l'homme qui interroge". Cette phrase signifie que si nous nous penchons un peu plus sur la question, si nous grattons cette couche de beau, cette couche de kitch, nous découvrirons la vérité, la laideur. Nous découvrirons les vrais agonisants du Cambodge, nous découvrirons que Beethoven était bien plus qu'un "homme morose à l'invraisemblable crinière" ; nous découvrirons enfin que l'épitaphe de la tombe de Franz, "Après un long égarement, le retour", est un mensonge de sa femme.

 

 

 

L'insoutenable légèreté de l'être me semblait être un roman assez complexe, peut-être trop, mais j'avoue avoir été intriguée par son titre. Je l'ai donc choisi par curiosité, celle de découvrir ce qui se cachait derrière cette insoutenable légèreté de l'être. Je n'ai pas été déçue. Le monde de Milan Kundera est un univers glauque, macabre, mis à nu, irréel mais pourtant si vrai. Je me suis identifiée à tous les personnages, je les comprenais tous (peut-être tous sauf Sabina), et en même temps, ils me semblaient loin et hors de portée.

Ce livre m'a beaucoup fait réfléchir sur les thèmes abordés, principalement sur la question de la pesanteur et de la légèreté. Je me demande toutefois encore une chose : pourquoi le titre est-il l'insoutenable légèreté de l'être et non pas l'insoutenable pesanteur de l'être ? Kundera pense-t-il finalement que la pesanteur vaut mieux que la légèreté ?

Le style d'écriture de l'auteur est assez cru, et par conséquent choquant et provocateur : c'est ce genre d'écriture qui me touche le plus, qui me parle. La beauté des descriptions laisse place ici à la finesse de l'analyse psychologique des personnages et à toutes sortes de réflexions, avec peu de mots certes, mais brûlantes de vérité. La laideur intérieure des personnages est mise à nu.

Un autre détail que j'ai beaucoup apprécie a été l'agilité du narrateur à se déplacer de Tomas à Teresa, ou de Franz à Sabina. Chaque ellipse trouve sa place, et j'ai particulièrement aimé celle où la mort de Teresa et de Tomas est annoncée par Sabina qui reçoit une lettre. Ce décès est annoncé avant que ceux-ci ne meurent.

J'ai réellement aimé ce roman, tant dans le style de Kundera que dans sa manière de penser. J'ai donc essayé de lire La vie est ailleurs, mais il ne m'a vraiment pas plu, du fait du personnage principal que je détestais, et de la réflexion que j'ai trouvé inutile.

 

Dans le roman, Teresa, qui incarne la pesanteur, et Tomas, qui représente la légèreté, vont se détruire tous les deux. Qu’a donc essayé de nous dire Kundera ? Que la légèreté et la pesanteur ne font pas bon ménage ? Ou bien tout simplement qu’il n’y a pas de bonne réponse ? En effet, au bout de quelques centaines de pages de réflexion philosophique déguisée en roman, Kundera n’a pas l’air d’avoir réellement répondu aux questions énoncées en début d’œuvre. Un des personnages aurait dû subsister. Au lieu de cela, ils meurent ensembles. Aucun ne survit plus longtemps que l’autre. La légèreté s'éteint exactement au même moment que la pesanteur. Peut-être que, face à ces questions sans réponses, le lecteur sera plus à même de se poser à lui-même ces questions. Ou bien Kundera lui-même n’a peut-être pas les réponses. 

 

 

 

Passages choisis :

 

" Mais un évènement n'est-il pas au contraire d'autant plus important et chargé de signification qu'il dépend d'un plus grand nombre de hasards ? Seul le hasard peut nous apparaître comme un message. Ce qui arrive par nécessité n'est qu'une chose muette. Seul le hasard est parlant."

 

" [Sabine] dit : - Et pourquoi ne te sers-tu pas de ta force contre moi de temps en temps ?

                      - Parce qu'aimer, c'est renoncer à la force, dit Franz doucement.

Sabina comprit deux choses : premièrement, que cette phrase était belle et vraie ; deuxièmement, qu'avec cette phrase Franz venait de se disqualifier dans sa vie érotique".

Ce passage illustre bien l'incompatibilité entre la passion et la raison. De plus, la dernière phrase est bien tournée et je la trouve drôle.

 

Kundera définit la compassion comme étant la " malédiction de la télépathie sentimentale". J'aurai tendance à dire que la compassion est un sentiment positif, Kundera est assez original dans sa définition.

 

Gabuline.

 

Fiche de lecture sur les Liaisons Dangereuses de Laclos

6mai

Les liaisons dangereuses de Laclos, avant d'étudier l'œuvre et ses personnages, je vous propose de nous intéresser à l’auteur.

 

Laclos est né le 18 octobre 1741. Il appartient à la noblesse, et entreprend tout d’abord une carrière militaire. Il brillera au sein de cette carrière puisqu’entre 1760 et 1765, il passera d’élève au corps royal d’artillerie à lieutenant en premier. C’est en 1773 qu’il commence à écrire, avec A mademoiselle de Saint-S... et l’épître à Margot.

En 1779, il entame l’écriture des Liaisons Dangereuses et commence justement une aventure avec Marie-Soulange Duperré, avec qui il aura un fils en 1784, et une fille en 1788. Il meurt le 5 septembre 1803, juste avant la proclamation de l’empire de Napoléon III.

 

Pour mieux cerner l’œuvre, il me faut également vous expliquer le contexte politique de l’époque.

 

Louis XIV meurt, dès lors s’instaure « La Régence » qui est une période de débauche. Sous Louis XV, cette dernière (la débauche) s’organise et certains hommes se revendiquent «  petits maîtres » avec pour objectif de détruire la réputation des femmes, et de ne surtout pas tomber amoureux. Ils souhaitent avoir le plus de femmes possible car pour être libertin (quelqu’un qui renie la religion, un libre penseur mais qui ne le dit pas ouvertement) il faut avoir la meilleure réputation. Le libertin jouit d’une liberté de mœurs et de morale. Dans ce roman, les personnages libertins sont incarnés par la Marquise de Merteuil et  Valmont.

Sous Louis XVI, le bon roi vertueux, les libertins doivent se cacher car ils ne veulent pas s’arrêter. Ils se dissimulent, et apprennent l’art de la manipulation, telle la Marquise de Merteuil. Les libertins sont toujours des aristocrates qui n’ont aucun poids politique, ni de problème d’argent. Ils n’ont qu’un seul intérêt dans la vie : séduire le plus de femmes possible pour les dégrader. Ils ne croient plus en Dieu et sont athées ou indifférents. Dans les Liaisons Dangereuses, Mme de Merteuil est la plus grande libertine, la tête pensante.

 

Les Liaisons Dangereuses furent publiées en 1782 chez le libraire Durand Neveu, en quatre volumes. Le succès a alors été indissociable du scandale dû aux caractères immoraux du Vicomte de Valmont et de la marquise de Merteuil. Dès lors, les lecteurs cherchent les personnes vivantes pouvant représenter les héros. Une liste est alors publiée, ce qui entraînera l’intervention de la police pour interdire la mise en vitrine du roman dans les librairies. Malgré l’intention moraliste du sous-titre : Les liaisons  Dangereuses ou lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres ». Le roman reste considéré comme immoral et libertin, et provoque même des scandales puisque la libertine Mme de Merteuil terrifiait et choquait (Baudelaire ira même jusqu’à la qualifier d’ « Eve Satanique »), mais les lecteurs étaient également touchés par la sensible Mme de Tourvel.

 

 

Je vous propose maintenant un bref résumé de cette œuvre :

 

Le vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil, anciens amants libertins, élaborent deux projets. Le premier, de séduire la prude Madame de Tourvel. Le second, de se venger d’un amant en pervertissant sa future épouse Cécile, amoureuse de son maître de musique le Chevalier Danceny.

Cécile se laisse séduire par Valmont qui entretient la correspondance entre elle et Danceny. Valmont, après avoir conquis Mme de Tourvel, est contraint par Merteuil de l’abandonner. Mme de Tourvel en meurt de chagrin, Danceny tue Valmont quand Merteuil lui apprend sa trahison. Cécile retourne dans un couvent et Merteuil est exclue de la société qui a appris ses manœuvres.

 

Dans ce roman, j’ai choisi d’étudier le personnage de la Marquise de Merteuil :

 

La lettre 81 des Liaisons Dangereuses est en quelque sorte sa profession de foi qui permet d’obtenir des renseignements sur sa vie.

A quinze ans, la Marquise de Merteuil observe la société qui l’entoure, écoute tout ce qu’elle n’est pas censée écouter et réfléchit.

Par la suite, elle apprend à dissimuler ses sentiments, à avoir l’air joyeuse quand elle est triste et inversement. Elle veut maîtriser son visage pour que personne ne connaisse jamais ce qu’elle ressent réellement. La marquise entreprend donc un vrai travail de comédienne.

Puis, elle se marie, et pendant sa nuit de noce, elle étudie les sensations, que ce soit douleur ou plaisir. Elle reste donc extérieure à l’acte sexuel et ne montre jamais son ressenti à son mari pour rester fidèle à ses principes. Mais dès lors, qu’ils vont dans leur maison de campagne, elle « sort » avec d’autres hommes pour élargir ses expériences sexuelles. Le mari de la marquise meurt assez rapidement si bien que cette dernière possède désormais l’argent et la liberté. Elle refuse d’entrer au couvent, ou de retourner chez sa mère, pour lire des romans philosophiques et moralistes puis elle s’instruit des règles à suivre en société.

 

Mon opinion sur ce roman :

 

J’ai personnellement beaucoup aimé l’œuvre de Laclos pour plusieurs raisons.

Premièrement, j’ai adoré les personnages de la Marquise de Merteuil et du Vicomte de Valmont, je les ai trouvés, surtout Merteuil, encore à notre époque novateurs du fait que ce soit une femme à la tête du « complot » et que Valmont soit en quelque sorte encore un élève malgré lui. En effet, dans la lettre 81, Merteuil explique à Valmont combien les qualités nécessaires pour devenir une femme rouée sont supérieures à celles qui sont nécessaires pour être un roué. Lettre 81 : « Si, au milieu de ces révolutions fréquentes, ma réputation s’est pourtant conservée pure, n’avez-vous pas dû en conclure que née pour venger mon sexe et maîtriser le votre, j’avais su me créer des moyens inconnus jusqu’à moi ? » Mais également, dans la lettre 4, Valmont appelle la Marquise «  Patronne », et « Sainte ».

Egalement, j’ai trouvé les intrigues amoureuses intéressantes, dès les cinq premières lettres, le lecteur est prévenu du projet des deux libertins. Et il se demande très vite si Valmont va corrompre la jeune et douce Cécile qui appelle encore sa mère «  Maman », emploie le verbe enfantin « gronder » comme si elle craignait une punition, et qui précise toujours ce qu’une autorité lui a dit.

Valmont va réussir à se faire aimer de la « céleste » Mme de Tourvel qui est déjà mariée au président de Tourvel, un grand magistrat. Par la suite, j’ai aimé le fait qu’il y ait toujours de l’action, même quand par exemple entre Danceny et Cécile tout se passe bien, la Marquise va intervenir et faire séparer les deux amants en apprenant à la mère de Cécile la correspondance entre les deux.

Par contre, j’ai été très déçue de ne pouvoir lire la lettre de Mr de Valmont jointe à la lettre 154 où l’on aurait pu savoir si le vicomte aimait vraiment Mme de Tourvel ou pas.

 

Citation d’un passage :

 

«  J’ajoute que le moindre obstacle de votre part sera pris de la mienne pour une véritable déclaration de guerre, vous voyez que la réponse que je vous demande n’exige ni longues, ni belles phrases. Deux mots suffisent. »

« Hé bien la guerre »

J’ai apprécié ce passage que j’ai trouvé tragique. Cet extrait est situé dans la lettre 153 où Valmont pose un ultimatum à Merteuil, il sera soit « son amant, soit son ennemi ». Ce passage est la rupture définitive et mortelle des deux personnages libertins qui partagent de lourds secrets. La réponse de Merteuil est extrêmement désinvolte et je l’ai trouvée très violente, voire choquante en sachant par la suite que cette guerre entre anciens amants allait avoir une fin tragique.

 

A...

Le bal du comte d'orgel

22mars

Le bal du comte d’Orgel

.Recherches documentaires

1. Le bal du comte d’Orgel à été écrit en 1924 (en juillet) par Raymond Radiguet.

2. Biographie :

Raymond Radiguet est né le 18 juin 1903 à Saint Maur. C’est un écrivain et poète français, fils du dessinateur Maurice Radiguet. Lors de son adolescence, il passe un examen et est reçue au lycée Charlemagne à Paris. Considéré comme un élève médiocre, il se consacre à la lecture : il lit les œuvres du XVIIème et XVIIIème siècle (comme la princesse de Clèves, les livres de Stendhal, Proust ainsi que les poèmes de Verlaine, Rimbaud…).

Il abandonne ses études et se consacre au journalisme à l’âge de 15 ans. Il fait la connaissance à Montmartre d’artistes comme Picasso et Modigliani  qui l’influenceront dans son désir d’originalité.

En 1918 il rencontre Jean Cocteau, qui exercera sur lui une influence prépondérante. Il l’aide à écrire et publier ses œuvres dans les journaux. Les deux amis deviennent vite inséparables, certains leur prétendant (remplacer par "prêter une liaison") même une liaison amoureuse. Grace à son aide, il termine Le diable au corps, qui raconte sa liaison avec Alice, lorsqu’il a 14 ans, alors que son mari est dans les tranchées. Il écrit également Le bal du comte d’Orgel, son deuxième et dernier roman.

Raymond Radiguet meurt à 23 ans, le 12 décembre 1923, emporté par la fièvre typhoïde.

Événements : La publication de l’œuvre est liée aux « Années folles » : c’est la période recouvrant 1920 jusqu'à 1929, comprise entre la fin de la première guerre mondiale et la crise économique de 1929. La population fait la fête pour se moquer de l’ennemi(quel ennemi?) et se donner du courage. Ils veulent(qui?)  faire oublier l’affaire Dreyfus (en 1920? L'affaire Dreyfus date d'avant la guerre!...) Après la fin du conflit, une génération nouvelle rêve d’un monde nouveau. Le jazz fait son apparition et les appareils électriques se développent (la radio, les voitures etc…). L’humeur devient gai, joyeuse. Mais la crise de 1929 met un terme à tout cela.

3. Le bal du comte d’Orgel est considéré comme un chef d’œuvre du roman moraliste (qui se rapporte au concept de l’action humaine, le bien ou le mal). Son écriture est fortement orientée sur une analyse de la psychologie des personnages.

4. Il y a peu de commentaires concernant le succès du roman à sa parution : néanmoins, Cocteau ayant été très présent au coté de l’auteur, l’aida dans la rédaction de ce livre : lors de la sortie de l’ouvrage les critiques annoncèrent « C’est du très bon Cocteau » ce qui laissent supposer que ce livre a plu et plait encore (c'était plutôt une remarque perfide pour suggérer que Cocteau avait écrit le livre de Radiguet...).

5. Ce roman se déroule au XVIIème siècle, dans le Paris des années folles (???? revoir les repères historiques).

. L’œuvre

1. Ce livre est classé comme un roman moraliste : il analyse le bien et le mal, il se rapporte au concept de l’action humaine (déjà dit). Mais on retrouve des traces d’autobiographie : l’auteur a puisé son inspiration dans la vie réelle, dans les événements qu’il a vécus pour écrire l’histoire, comme avec le diable au corps.

2. La focalisation adoptée dans ce récit est une focalisation omnisciente : l’auteur connait les sentiments des personnages, leurs passés etc.… Il passe habilement d’un personnage à l’autre, ou nous exprime les sentiments de plusieurs à la fois : « Mme d'Orgel se recula. Ni elle ni Séryeuse n'avaient plus envie de s'embrasser que d'entrer vifs dans le feu, mais chacun pensa qu'il fallait n'en rien révéler à l'autre. ». L’histoire nous est racontée à la 3eme personne du singulier : « Vous sculptez ? demanda distraitement François ».Raymond Radiguet fait office de narrateur.

3. L’histoire se déroule en 1920 à Paris. Là, François de Seryeuse, jeune étudiant de 20 ans, fait la rencontre du comte d’Orgel, Anne, et de sa femme Mahaut durant l’entracte d’un spectacle chez Medrano (un clown). Les trois compères veulent faire une farce à Paul Robin, un ami commun, et font comme si ils se connaissent depuis plusieurs années. Le courant passe bien, et François tombe aussitôt amoureux de Mme d’Orgel. Ne voulant pas s’avouer ses sentiments, et voulant garder le couple comme ami, il ne dévoile rien mais devient de plus en plus intimes avec eux.

Il les présente un jour à sa mère. Là, Anne découvre un lointain cousinage entre François et Mahaut (qui est la descendante des Grimoard de la Verberie), qui, grâce à cette découverte surprenante, rapproche les deux êtres de plus en plus. Celle-ci pourtant très amoureuse de son mari, à du mal à faire face aux sentiments nouveaux qu’elle éprouve pour François. Elle l’annonce donc à la Madame de Seryeuse, qui ne tient pas sa langue et révèle le secret à son fils. Néanmoins, il décide de poursuivre sa relation amicale avec Anne, ce que Mahaut redoutait…

. Reflexion personnelle

J'ai aimé ce livre. Raymond Radiguet s'est beaucoup inspiré « de la princesse de Clèves » pour l'écrire. On retrouve des similitudes entre ces deux romans (un couple voué à un avenir paisible, la femme tombe amoureuse d'un beau jeune homme mais n'ose pas se l'avouer, alors que celui ci tombe instantanément amoureux d'elle, leur relation sera compliqué parce que la femme est mariée...) et aussi des différences (le personnage principal est un homme etc...). La façon d'écrire est très belle, l'histoire en elle même aussi. Je conseille ce livre à ceux qui ont aimé « la princesse de Clèves » car il reste néanmoins plus moderne et moins «gnan gnan » (d'accord à condition que tu justifies en expliquant ce qui t'a paru "gnan-gnan" dans "La princesse de Clèves").

Voici quelques extraits du livre :

"Mme d'Orgel se recula. Ni elle ni Seryeuse n'avaient plus envie de s'embrasser que d'entrer vifs dans le feu, mais chacun pensa qu'il fallait n'en rien révéler à l'autre."

"On s'etonnera de voir Mme d'Orgel si fine, incapable de démêler des fils si gros. Mais à force de cajoler certaines illusions de son coeur, elle en avait fait ses esclaves : elles ne l'en servirent que mieux."


 

"Le Rouge et le Noir" de Stendhal

21mars

Ici vous trouverez une sorte de fiche de lecture arrangée en article pour présenter l'oeuvre de Stendhal, j'ai nommé "Le Rouge et le Noir" !

Lire la suite...

Fiche de lecture : Le Rouge et le noir

20mars

Le Rouge et le noir est un roman d'analyse écrit par Stendhal en 1830, publié à Paris. Pour écrire ce récit Stendhal s'est inspiré des faits divers de son époque.
Il est né le 23 janvier 1783 à Grenoble et mort le 23 mars 1842 à Paris ,c'est un écrivain français, réputé pour son sens d'analyse des sentiments de ses personnages .Il a participé aux guerres de la Révolution et de l'Empire comme officier de dragons et comme intendant militaire. Il est aujourd'hui enterré au cimetière de Montmartre à Paris.Pourtant très critiqué à sa parution, le roman Le Rouge et le noir est devenu un des grands chefs d'oeuvre de la littérature française. Il fut influencé par la révolution de juillet 1830 ce qui fait de lui un roman historique car Stendhal tente d'en dévoiler les coulisses avec comme trame de fond les oppositions entre Paris et la province, entre la noblesse et la bourgeoisie, entre les jansénistes et les jésuites. C'est aussi un roman psychologique de par son objet d'étude approfondie sur le personnage principal Julien Sorel . Ambition, amour , passé tout est analysé . Le lecteur connaît vraiment chaque détails  , peut-être est-ce pour cela que le le récit se prolonge sur 660 pages .


Dans ce roman le narrateur adopte principalement le point de vue omniscient : par exemple alternance des 2 points de vue:
- Pour Mme de Rénal (verbes de perception et sentiments)
- Pour Julien ("il voyait"… connaissance de ses pensées )
Le narrateur fait bénéficier de la focalisation interne aux personnages qui l’intéressent .Il peut aussi avoir un jugement sur ses personnages " notre héros était, je dois dire, très peu héros ce jour là") Il peut prendre la parole pour critiquer ses personnages .



 Le Rouge et le noir est composé de 45 chapitres :

Résumé :

L'action se passe dans la petite ville de Verrières . Julien Sorel a dix-neuf ans. C'est un jeune homme d'origine modeste. Il est le fils d'un charpentier : Mr Sorel qui s'avère brutal envers lui. Mais Julien , ambitieux , rêve de gloire et s'évade dans la littérature . Il puise son imagination dans les Confessions de Rousseau, Les Bulletins de la Grande Armée, et Le mémorial de Sainte Hélène. Grâce à l'abbé Chélan, qui éprouve de la sympathie pour lui et qui lui a enseigné le latin, Julien est engagé par Mr de Rénal, le maire de la ville en tant que précepteur pour ses enfants . Il se fait dès lors très apprécier de Mme de Rénal et devient son amant . La maladie de son jeune fils engendre les remords de Mme de Rênal, qui se croit punie par Dieu. Le soir même , une lettre anonyme adressée à Mr de Rénal dénonce cet adultère. Sous la colère il oblige Julien à quitter Verrières. Ce départ ne change en rien l'amour profond que lui porte Mme de Rénal . Après son apprentissage au sein de la bourgeoisie de Verrières, Julien se retrouve au séminaire. Il est reçu par l'abbé Pirard qui prend Julien  sous sa protection. Il y passe des moments pénibles jusqu'à ce que l'abbé Pirard lui propose de devenir le secrétaire du Marquis de la Mole. Julien quitte le séminaire, puis rend une dernière visite durant la nuit à Mme de Rénal. Il doit abandonner à l'aube cette femme plus passionnée que jamais et s'enfuir sous les coups de fusil de Mr de Rénal. Il part pour Paris afin de prendre ses fonctions auprès du Marquis de la Mole. Il fait la connaissance d'une jeune femme , Mathilde de la Mole, la fille du marquis. C'est lors d'un bal que Julien scandalise de jeunes aristocrates et s'attire l'admiration de Mathilde. Elle en tombe amoureuse . Mathilde lui donne un rendez vous nocturne dans sa chambre et se livre à lui. Puis quelques jours après, elle le chasse comme un domestique , lui avouant qu'elle ne l'aime plus et qu'elle s'était trompée . Julien rencontre le prince Korasoff, dont il s'était fait un ami . Le prince le devine amoureux. Sur ses conseils, il entreprend de séduire la Maréchale, Madame de Fervacques. Rendue jalouse , Mathilde de la Mole se rend compte qu'elle est amoureuse de Julien. Elle lui avoue qu'elle est enceinte et prévient son père de son souhait d'épouser Julien . Il est immédiatement convoqué par le Marquis.
Julien s'apprête à épouser Mathilde de la Mole, lorsqu'une lettre de madame de Rénal adressée au Marquis de la Mole dénonce l'ambition et l'immoralité de son ancien amant. Julien , ivre de colère, se rend de Paris à Verrières , entre dans l'église et tire, en pleine messe, sur son ancienne maîtresse , sans  la tuer.
Emprisonné, seul, Julien se rend compte qu'il n'a jamais cessé d'aimer Mme de Rénal.Jugé, il est condamné à mort. Malgré les interventions pressantes de ses deux maîtresses, il renonce à faire appel. Son exécution capitale précède de quelques jours la mort de Mme de Rénal.


Un livre génial qui peut tout d'abord faire peur parce que c'est Stendhal et parce qu'il fait 700 pages mais l'histoire prend rapidement le dessus et nous voila entraînés dans l'histoire du jeune Julien Sorel. C'est un livre surprenant de par le caractère complexe du héros qui cherche à s'élever socialement par n'importe quel moyen mais qui se rendra compte au moment de mourir qu'il n'était vraiment heureux que dans sa campagne auprès de sa maîtresse, Mme de Rénal.
J'ai vraiment été touchée par la passion, le déchirement dû à la raison, le contexte politique de l'époque, les mentalités relatées dans ce livre.

La signification du titre a plusieurs interprétations le rouge représenterait l'armée, où Julien aurait pu réaliser ses espérances, mais qui, depuis la chute de l'Empereur, lui était fermée ; le noir représenterait le clergé, où Julien devait se résigner à entrer s'il voulait jouer un rôle que la modestie de ses origines lui aurait interdit dans tout autre position. Pour d'autres, le roman tire son titre du jeu de la roulette... Moi je penserais juste que le rouge représenterait la vie amoureuse de Julien qui est beaucoup évoqué dans ce livre et que le noir relèverait de son côté obscur ,de la haine qu'il éprouve envers les gens . C'est un personnage à la psychologie vraiment complexe et le choix de deux couleurs à l'aspect contradictoires en est la raison .

Mégane pionnier

Le Bal du Comte d'Orgel

18mars

 

Le bal du Comte d'Orgel est l'histoire d'un jeune homme, François de Séryeuse, issu de la vieille noblesse féodale, qui rencontre le comte d'Orgel, Anne de son prénom, pour jouer le rôle de Paul Robin, ami diplomate commun, le soir d'un spectacle chez Medrano. Chaque année,la saison d'hiver à Paris s' ouvre par le bal costumé que donnent le Comte d'Orgel et sa jeune femme Mahaut dans leur hôtel particulier de la rue de l'Université. Cependant cette année 1920 est particulière pour le couple car un nouvel ami, François de Séryeuse arrive. Ce soir-là, François rencontre l'épouse du comte, Mahaut, dont il tomba éperdumment amoureux ; mais il refoula ce sentiment afin de garantir son amitié avec Anne et rester dans les bonnes grâces de la famille. Ils forment désormais le trio classique du mari âgé, de la femme sage et sérieuse et du jeune amoureux. Au fil du temps, les Orgel rencontrèrent la mère de François, jeune veuve, avec qui, pourtant, il a bien du mal à communiquer. En regardant les objets de la maison, Anne trouva un lointain lien de parenté entre Mahaut et François, ce qui bouleversa ces deux derniers. Le mélange entre l'amitié d'Anne d'un côté et la gentillesse de Mme de Séryeuse de l'autre firent rapprocher de plus en plus les deux personnages. Mais ce n'est qu'à la veille du bal que Mahaut ose enfin s'avouer à elle-même qu'elle aime François. Désespérée, elle veut alors l'éloigner d'elle et , comme il refuse, elle utilise les grands moyens et avoue son amour coupable aux deux seules personnes qui pourraient lui servir de remparts: la mère du jeune homme d'abord et son mari ensuite. Mahaut, au fur et à mesure de son rapprochement vers notre héros, se demande comment peut-elle aimer un être comme François tout en étant encore amoureuse d'Anne. Peu diplomate et peu habile, Mme de Séryeuse l'annonça à son fils qui, malgré cela et au détriment de Mahaut, continua son amitié avec Anne. Ce dernier se ridiculisa devant son ami, par l'intermédiaire du prince Naroumof, ce qui poussa la comtesse d'Orgel à avouer ce qu'elle éprouve pour François à son mari. Mais celui-ci, pensant à une erreur, n'en tint pas compte.


Ce roman, publié en juillet 1924, écrit par Raymond Radiguet, jeune auteur mort à l'âge de 20 ans, et publié juste après sa mort. Il parle d'un triangle amoureux occupant occupe une place importante dans la littérature moraliste des années folles, (~1920).

Une version un peu plus moderne de La Princesse de Clèves, c'est ce que l'on peut dire une fois que l'on a lu les deux oeuvres.

Critique d'Orgueil et Préjugés

17mars

Parallèle entre le roman et ses adaptations cinématographiques.

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Lecture Cursive-Un amour de Swann

17mars

Marcel PROUST

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

« UN AMOUR DE SWANN »

 

Elevé dans un milieu bourgeois, cultivé et marqué par un entourage féminin, Proust se lance d'abord dans des études de droit, puis de lettres, pour finir par intégrer le milieu artistique et mondain de Paris. Là, il entame une carrière de journaliste chroniqueur, voyageant en Europe, travaillant à ses heures à un roman qui semble ne jamais pouvoir s'achever : A la recherche du temps perdu, écrit entre 1908 et 1922 soit sept tomes, dont les trois derniers paraitront après la mort de leur auteur.

 « Un amour de Swann », court et indépendant du reste de l'œuvre, deuxième partie de « Du côté de chez Swann », est souvent publié séparément. Proust y délaisse la première personne, le personnage principal étant Charles Swann (bien qu’on ne puisse douter qu’il soit un alter ego de l’auteur).

  Ce sont les hauts et les bas sentimentaux, les méandres de la psychologie, l’intensité des émotions de ce personnage, que Proust tente de saisir et de décrypter en plus de 250 pages.

     Swann rencontre Odette, qu’il ne connaît pas ou peu et qui l’introduit chez les  Verdurin, bourgeois parvenus, véritables entremetteurs qui forment autour d’eux « un clan » dont les réunions seront le socle de la relation naissante de Swann et Odette.

 Cette fille, qu’il décrit lui-même comme « banale », « pas son genre » et intellectuellement et culturellement bien faible par rapport par lui, semble l’admirer, l’idolâtrer. Et Swann prend plaisir à se faire son Pygmalion, à la plaindre mièvreusement. On ne sait alors s'il l’apprécie pour sa simplicité, ce qu’elle pourrait devenir grâce à lui ou encore parce qu’il sait justement qu’elle ne sera jamais telle qui le désire. Mais cet homme, détaché et presque méprisant parfois, se trompe alors s'il croit être totalement maître de ses sentiments, car cette banalité, devient une nouveauté, le centre de ses attentions. Tout semble se cristalliser autour d’elle, et c’est un beau jour qu’en étant pris par sa ressemblance avec un Botticelli, lui qui ne cesse de comparer tableaux et visages, Swann est frappé, comme dans tout nouvel amour, par la monotonie qu’il se rappelle de son ancienne vie, maintenant qu’il découvre Odette.

 Mais c’est un amour obsessionnel, frustrant des deux côtés, qui distille lentement son poison dans son cœur.

 Tout se rapporte alors à Odette, c’est sa présence, son souvenir, le moindre mot pouvant le faire penser à elle qui font son bonheur : Il recherche les autres uniquement dans le cadre où ils auraient pu avoir échanger un mot avec elle, il frémit au nom des lieux où elle est allée sans lui. Car la jalousie est une souffrance constante pour Swann. Il met un point d’honneur à se lancer tous les jours et à chaque seconde dans une recherche frénétique de l’emploi du temps de sa maîtresse. Il tremble à l’idée qu’il sait si peu de choses sur elle, sur son passé, sur ses occupations en dehors de lui. Mais, par crainte, de la décevoir, de l’agacer, il ne pose pas de questions, rampe, se reproche tout haut de lui avoir posé la question alors qu’il découvre qu’elle l’a trompé et la laisse alors l’accuser de ne vouloir que l’embarrasser, l’attrister.

 Il passe par des périodes de sentiments antagonistes qui font place à une grande ambiguïté : la haine, le reproche, le regret, la passion puis l’espoir se succèdent sans répit dans son coeur. Sa vie sociale se réduit peu à peu. Proust nous apporte d’ailleurs ponctuellement l’avis navré des autres sur le pauvre Swann, sans que jamais personne ne semble vouloir lui venir en aide.

 Ce combat acharné que le personnage mène contre lui-même ne semblant jamais vouloir s’arrêter, le lecteur se voit souvent poussé à bout, tiraillé entre la pitié et la colère, mal à l’aise et se demande alors s'il doit prendre parti. Pour Swann, qui se laisse couler et en est conscient, pour Odette, qui, on le sait, lui ment, le trompe ? Lequel des deux est le plus à plaindre et lequel des deux a le plus à se reprocher ?

 La syntaxe de Proust est à la hauteur du contenu du texte : des phrases tout aussi « obsessionnelles », au rythme frénétique, évoquant pour certains une respiration hachée, d’asthmatique comme il l’était lui-même. Mais ce ne sont pas pour autant des « phrases bâclées », non, le rythme effréné tient plutôt dans le fait que ces assemblages complexes et pratiquement invraisemblables de mots passent pour une recherche acharnée de l’exactitude, de la perfection de l’analyse, de traduction de la réalité, et bien souvent celle du sentiment –chose que l’on ne saurait jamais décrire tel qu’elle est véritablement, Proust y parvenant peut-être encore moins que d’autres en se le figurant comme, justement, à expliquer (on peut également concevoir qu’en agissant ainsi, il sert encore moins la compréhension voire qu’il l’empêche). C’est en s’essoufflant à déchiffrer et à intégrer un sens à cette investigation implacable de l’auteur, que l’on finit par s’interroger : au sommet de son art Proust cherche-t-il toujours la communication avec le lecteur et à lui apporter la réponse (la question ?) ou la réflexion ?

 Le temps est au travers de l’œuvre un concept difficile, bien que comparable à l’idée que s’en faisait l’impressionnisme. Je l’ai principalement perçu comme un outil servant l’analyse du sentiment plus que comme un élément de repérage, dans l’époque par exemple. Il est l’ennemi de Swann, et les deux se jouent l’un de l’autre. C’est le futur que n’envisage pas le personnage qui le fera tant souffrir et regretter le passé, maudissant son présent. L’amour est d’ailleurs périodes dans le livre, correspondant aux étapes psychologiques du personnage. Son goût pour le détail (étrangement semblable à celui de Proust) le fait se souvenir de ce qu’il aimerait tant oublier mais qui conserve en même temps la force de sa passion et donc l’en empêchant inconsciemment et consciemment : qu’il s’agisse d’éléments heureux ou de jalousie, de nostalgie. 

 Autre point complexe à analyser : la sexualité. Les corps et les visages de Proust sont très ambivalents : les postures sont souvent des dissimulations, une recherche de tromperie ou de dissimulation (le thème de l’hypocrisie et, ou du mensonge dans les différentes sphères sociales est constant), les visages sont souvent reliés à des œuvres picturales, que l’on devine fantasmes représentatifs, à signification ambiguë pour Swann. Le rapport sexuel lui-même n’étant pas énoncé clairement mais désigné par les personnages et l’auteur comme un rituel : « faire catleya » et le désir du corps est directement lié et souvent dissimulé par le désir de la présence ou même de l’évocation de l’autre. De même que si la tension érotique et sensuelle est très forte tout au long du texte, elle le fut essentiellement pour moi dans les mots et les phrases, leur contenu implicite habilement voilé.

 Le dernier élément que je souhaitais aborder est celui de la musique, qui joue un rôle étonnamment important dans le roman. Comme Odette, elle est pour Swann, une chose nouvelle, délicate et fragile, supérieure, qui prolonge un certain élan d’arrogance et de suffisance qu’il se complaît souvent à avoir. Mais cette musique à la différence des mots, saisit intégralement et parfaitement l’émotion, le soubresaut exact d’une turbulence psychologique ou sentimentale. Elle apporte un apaisement, une satisfaction en contraste, avec, en parallèle, le trouble de Swann et l’acharnement de Proust : la « perfection » de la musique est-elle alors à atteindre avec les mots ? Et surtout Proust a-t-il compris qu’une telle chose était impossible ou son œuvre démontre-t-elle au contraire qu’il ne l’a toujours pas accepté ?

       Un amour de Swann nous plonge à la fois dans la richesse esthétique d’un XIX ème et dans une certaine technicité de l’analyse et son auteur nous apparaît alors en décalage radical avec son temps, époque de révolutions plurielles.  Cette « recherche » de toute une vie semble échappatoire, intemporelle, brillante mais douloureuse et, si elle a plongé Proust dans une solitude certaine, elle était sans doute aussi le sens de cette vie.

L.L.