Bonjour
Voici le corrigé de l'exercice proposé Mardi. Il s'agissait de réfléchir à partir d'un échange de lettres entre Boxel et le philosophe Spinoza sur la nature de l'opinion et sur celle du travail philosophique, lequel prend appui sur la raison.
Boxel prétend interroger Spinoza sur l'existence et la nature des spectres. En réalité, il présuppose l'existence des spectres, et cherche moins à connaître la vérité sur leur nature qu'à connaître l'avis de Spinoza sur la question. S'il hésite, c'est parce qu'il n'a pas d'avis propre et réfléchi, qu'il veut se ranger à un avis particulier, et que la multiplicité des discours qu'il rencontre le désoriente. Il cherche en fait auprès de Spinoza la confirmation de ses croyances.
Ainsi, le discours de Boxel est représentatif de l'opinion: il se contente de ce qui est vraisemblable, il se détourne d'un travail rationnel pour préférer une réponse immédiate, il se range sans examen du côté du plus grand nombre ou de l'avis de ceux qui sont considérés comme étant savants.
Le philosophe Spinoza refuse d'emblée l'alternative que lui propose Boxel- soit les fantômes existent, soit ils n'existent pas( c'est là le sens de sa première phrase:"j'userai d'un moyen terme...") ainsi que la position de celui qui a réponse à tout. Par ailleurs, Spinoza refuse catégoriquement de s'en remettre au "on dit", et renvoie son interlocuteur à un travail de recherche personnel et rationnel.
Du début du texte jusqu'à "existent", Spinoza fait appel à la réflexion de Boxel, alors même que celui-ci attendait une affirmation.
De" je dois vous avouer..." jusqu'à" ce qu'elle est": Spinoza montre qu'il n'y a aucune preuve de l'existence des fantômes et que l'on ne peut donc rien en dire.
De " Avant de finir..." jusqu'à la fin du texte, il souligne que la croyance aux spectres n'est qu'un cas particulier d'un phénomène général: les hommes voient les choses non telles qu'elles sont mais telles qu' ils voudraient qu'elles soient.
Alors que l'opinion s'arrête aux apparences, la philosophie cherche à découvrir la vérité et à apporter du sens, comme le fait Spinoza dans cet extrait de lettre.
Le texte de Spinoza extrait du "Traité théologico-politique" permet de mieux comprendre cette thèse. Je vous demande de rédiger pour Mardi l'exercice dirigé que je vous ai proposé sur ce texte.
Afin de compléter votre réflexion sur l'opinion , je vous demande de lire 3 textes qui se trouvent dans votre manuel: le texte de Platon p.303, celui d'Aristote p.305, et celui de Descartes p.302.L'opinion n'est pas rejetée absolument par les philosophes, ils lui reconnaissent même un certaine valeur dans le domaine de l'action. C'est dans l'ordre de la connaissance que l'opinion fait problème.
Bon travail, bonne lecture et à mardi!