lettres et carnets des soldats de la Première Guerre mondiale ( sous la direction de Jean-Pierre Guéno et Yves Laplume)
Collection : Librio
Type de livre : témoignages écrits des soldats
Paroles de Poilus est un livre paru en 1998, chez Librio. Il est constitué de lettres et de carnets écrits par les soldats français et allemands sur le front lors de la Première Guerre mondiale. Les documents publiés ont été rassemblés par Jean-Pierre Guéno et Yves Laplume, suite à un appel lancé par Radio France pour demander aux familles des soldats de l'époque de faire parvenir lettres, carnets et journaux envoyés depuis les zones de combat. Ce recueil révèle la souffrance quotidienne vécue par ces « Poilus », ainsi que le courage et l'amour de la patrie dont ils ont fait preuve, mais aussi l'horreur dans laquelle ils baignaient et le chagrin qu'ils éprouvaient en pensant à leurs familles, que beaucoup d'entre eux n'ont jamais revues...
Mon avis :
Quoique ce livre soit triste et dur (parce qu’on s'identifie aux soldats, revit les moments terribles et affreux qu'ils ont passé sur le front...) je l'ai beaucoup aimé. À travers ce texte, écrit majoritairement au présent, on ressent (même si on a un peu du mal) tout ce qu'ont vécu les soldats pendant la Première Guerre mondiale : « huit jours sans boire et presque sans manger, huit jours à vivre au milieu d'un charnier humain, couchant au milieu des cadavres, marchant sur nos camarades tombés la veille ; ah ! » p. 102 « Notre artillerie commence à les (les Allemands) exterminer dans leurs tranchées, c'était horrible, les bras, les jambes, tout volait en l'air, et les cris affreux […], les camarades tombent tout autour de moi, je ne vois plus rien [...] »p. 106
Les soldats qui ont la plupart entre 17 et 25 ans prennent petit à petit « goût » à la guerre : « j'ai retrouvé mon bataillon sans trop de difficulté. Je vais probablement t'étonner en te disant que c'est presque sans regret que j'ai quitté Paris, mais c'est la vérité »p.104, lettre écrite par Gaston.
Ces jeunes soldats étaient soumis à la contrainte de mort et ils en souffrent physiquement et moralement : « portant j'aurais dû être tué cent fois, et à chaque minute, pendant ces huit longs jours, j'ai cru ma dernière heure arrivée[...] À la souffrance morale de croire à chaque instant que la mort va nous surprendre viennent s'ajouter les souffrances physiques de longues nuits sans dormir[...] Ce fut ma plus grande souffrances que l'idée de ne jamais vous revoir »p.102, lettre écrite par Gaston.
Ce livre est en quelque sorte une mise en garde adressée à la population future qui dit : « regarde ce qu'a fait la guerre des hommes, alors prends garde à toi ».
Pour moi, le livre se définit très bien par cette petite phrase de son résumé : « Des mots déchirants, qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire, au devoir de vigilance, comme au devoir d'humanité... ».
Saleh
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