Par Delphine Regnard (Lycée Saint-Exupéry, Mantes-la-Jolie (78)) le 01 janvier 2010, 13:17 - Projet rhétorique
Troisième Philippique (traduction du site remacle) :
Quel homme assez ignorant des affaires, assez peu soucieux du bien public, pour ne pas comprendre que M. Antoine, avec les forces qu'il pensait trouver à Brindes, marchant sur Rome, comme il nous en menaçait, ne se serait refusé aucun acte d'atrocité, lui qui a donné l'ordre de massacrer, dans la maison même de son hôte, à Brindes, les plus courageux et les meilleurs citoyens? et. comme ils expiraient à ses pieds, leur sang, le fait est notoire, alla rejaillir jusqu'au visage de son épouse. Lorsque, l'âme encore imbue de tant de cruautés, il revenait avec une haine encore plus implacable contre tous les gens de bien qu'elle ne l'avait été envers ses dernières victimes, qui de nous, Pères conscrits, ou quel homme de bien eût-il donc épargné? Et ce fléau, César en a délivré la république, sans prendre conseil que de lui-même, car cela n'était pas possible autrement. Oui, si la république n'eût eu César pour fils, par le crime d'Antoine, nous n'aurions plus de république. Oui, j'aime à le reconnaître et à le déclarer : si un adolescent n'eût, seul, arrêté les violentes et barbares tentatives de ce forcené, la république eût été totalement anéantie. Ainsi donc, Pères conscrits, puisqu'aujourd' hui, pour la première fois, nous avons pu nous réunir, et, grâce à César, librement émettre nos opinions, nous devons lui déléguer une autorité légale, afin qu'il puisse défendre la chose publique, non plus seulement par sa protection spontanée, mais en vertu de pouvoirs que nous lui aurons confiés.
Questions :
1. Quelle image d'Antoine est présentée par Cicéron ? grâce à quels procédés ? pour quels effets ?
2. Comment l'extrait est-il construit ?
3. Quelles tournures de phrases choisissez-vous de relever pour les exploiter dans vos débats ? Pourquoi ?