Aujourd'hui, nous sommes allés à nouveau à la bibliothèque.

On nous a lu une histoire vraie celle du manège de Petit Pierre, ce personnage ayant réellement existé!
« Il était une fois … » ainsi pourrait commencer l’histoire de ce personnage hors du commun, Pierre AVEZARD, dit « Petit Pierre », ancien garçon-vacher à la ferme de la Coinche (entre Fay aux loges et Saint Denis de l’Hôtel), atteint d’une infirmité congénitale, au visage disgracié et partiellement sourd-muet.
Cet être innocent et solitaire a su, malgré son handicap, séduire et émouvoir, tant par sa gentillesse exceptionnelle que par son génie poétique, des milliers de visiteurs conquis par le chef d’œuvre de sa vie : le manège de Petit Pierre.
En effet, pendant une vingtaine d’années, Petit Pierre travailla de 1937 à 1957 à la construction de cette étonnante machine au mécanisme complexe, qui anime de nombreux personnages, animaux, trains, avions, tracteurs, engins divers, recréant ainsi un merveilleux condensé de petites scènes villageoises. Avec patience et obstination, cet « artiste » récupéra des bouts de tôle, des lanières de cuir, des clous, des engrenages, beaucoup de ces déchets dont se débarrasse notre société, et se mit à confectionner de petites figurines articulées, à l’image des machines ou des êtres dont son univers était constitué.
Le dimanche après-midi, à la belle saison, ce carrousel enchanteur et divertissant devenait une véritable attraction locale, attirant à chaque fois une foule de spectateurs.
De la ferme, on apercevait le manège, avec sa grande tour Eiffel de vingt trois mètres de hauteur ; puis il fallait traverser un pont dont la tôle ondulée faisait un bruit d’enfer, franchir un petit portail et pénétrer dans un espace étroit où des silhouettes, des véhicules étranges étaient suspendus à une grande roue au-dessus des têtes ainsi que des avions accrochés aux rayons d’une immense étoile.
Tout à coup, un moteur se mettait en marche ; Petit Pierre, juché au sommet d’une échelle dans une sorte de cabine de pilotage, actionnait des manettes pour enclencher les mécanismes extraordinaires de sa fabuleuse machine enchantée.
La magie commençait alors à envahir l’âme de chaque visiteur : le petit monde en fer blanc s’animait en un tourbillon fantastique dans lequel l’imaginaire et la réalité se confondaient à merveille. Des vélos, des camions, des charrettes circulaient dans tous les sens, des avions tournaient dans le ciel, le garde-champêtre se mettait à table, quelques couples tournoyaient dans un bal de campagne, un aérotrain et un téléphérique passaient au-dessus des têtes, des pêcheurs sortaient de gros poissons d’avril, un cycliste tentait de rattraper sans fin un autorail, des animaux de la ferme bougeaient ici et là.
Parfois, on s’arrêtait pour lire une pancarte avec des inscriptions écrites d’une calligraphie d’écolier appliqué : « vois le temps comme il passe », « regarde bien les hommes manger.
Ingénieux, poétique mais aussi malicieux était notre Petit Pierre, lorsqu’on se penchait, par exemple, sur la « vache électrique », cette dernière levait la queue pour vous asperger copieusement ! Le maître de ces lieux avait inventé toute une série de gags hydrauliques qui surprenaient et amusaient le public.
A la fin de la visite, notre hôte sortait une espèce de cithare de sa fabrication et grattait d’un seul doigt « Un air de musique avant la sortie. »
Beaucoup de Fayciens se souviennent encore de ces instants incroyables et insolites, gravés dans leur mémoire, grâce à cet être émouvant, observateur de génie, roi de la transmission du mouvement, qui a su puiser en son for intérieur une richesse fantastique pour communiquer sa joie de vivre et partager sa sensibilité poétique.

On peut aller voir ce manège au musée de la Fabuloserie près de Joigny dans l'Yonne...
Nous avons emprunté des livres


rangé!
lu!
Puis nous avons été voir l'exposition de Mr Marret papa de Lucas!




Nous retournerons à la bibliothèque le 16 mars...