"Ecrire en poésie"

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La mort

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Préface sur le thème de la mort

18avril

Lecteur, lectrice,

     Voici une anthologie de cinq poèmes dédiés au thèmes de la mort et de tout ce qui entoure la mort d'un homme. Je vais donc te présenter, à toi lecteur, un poème d'un auteur célèbre ainsi que quatre poèmes sortis de ma propre imagination et inspiré du premier poème.

     "La maison des Morts" d’Apollinaire est le premier poème. Il est à l'origine des autres poèmes ainsi que du thème de cette anthologie. Il raconte le retour à la vie de mort, leurs aventures avec des vivants et leurs retour au sommeil éternel.

      Le premier de ma suite de quatre poèmes s'intitule "Après la mort"  et représente le milieu de la vie d'un homme et les questions existentielles, sur la mort, qu'il peut se poser.

      Le poème suivant s'appelle "A cet instant", il représente la fin de la vie d'un homme et ce qui peut se passer dans ses derniers instants. C'est ici que pour nous ce termine la première partie de l'aventure au poème suivant nous rentrerons dans le monde des morts.

      Le troisième poème te fait pénétrer lecteur dans l'univers de la mort une vision d'un paradis, d'un enfer et d'un purgatoire que les hommes ont du avoir il y a des siècles est représenté dans le poème "Paradis grec". Tu y rencontreras des dieux et des animaux mythologiques, tout droits sortis de l'époque grecque.

     Le dernier poème est le poème du retour à la vie, d'un seconde chance donnée à un mort, "le retour à un nouvel âge d'or" que représente la fin possible de l'être que nous étions au cours de notre vie.

J'espère que vous lecteurs et lectrices, prendront plaisir à lire cette anthologie et découvrir ce qui pourrait nous arriver à la fin de notre vie.

Benjamin

vivre à nouveau?

4avril

Mort. Jugé. je l'étais depuis longtemps.

Errant dans l’Élysée, le Paradis

Un ange vint alors puis me dit:

"Tu es là depuis tant de temps"

Ici s'offrit à moi deux choix.

Le premier choix fut de naitre,

Renaitre et effacer le poids

de ma conscience pesant sur tout mon être.

Le deuxième choix fut de rester,

Rester ici jusqu'à la fin

Pour demeurer et même perdurer.

Ceci ne me convenait pas car j'avais faim

D'oublier ce qui m'étais arrivé.

Quelque mot de l'ange suffirent alors,

Pour m'emmener dans un nouvel âge d'or.

Paradis grec

2avril

J'arrive sur les rivages du Styx sombres

Où le passeur demande son obole à l'Ombre

Je croise ici le grand Cerbère

Je croise là le grand gardien des Enfers

Je passe où le poète Orphée,

Est allé chercher sa belle

Le dieu mineur Thanatos

Me conduit devant son roi

Me condamnera-t-il pour le poids

De mes pêchés, de n'avoir vénéré

Les dieux qui finalement ont perduré

Benjamin

A cet instant

26mars

Au moment où tu expireras

Au moment où des images

Défileront devant tes yeux

Au moment où viendra 

Le  moment de faire nos adieux

Au moment de la fin de nos âges

A cet instant-là on se souviendra

De tous nos jeux d'enfant de toutes nos erreurs

De tout ce temps de toutes ces nombreuses heures

Passées à vivre

Au moment où la mort nous prendra

 benjamin

Après la mort...

19mars

Que se passera-t-il après la mort?

Que verrons-nous dans notre sommeil éternel?

Entendrons-nous une ritournelle,

Lorsque nous retournerons à bon port?

Partirons-nous vers d'autres univers? 

Irons-nous rejoindre nos pères?

Ainsi la vie se terminera bien un jour,

Ainsi où nos âmes dormiront-elles pour toujours?

LA MAISON DES MORTS

12mars

À Maurice Raynal

S'étendant sur les côtés du cimetière
La maison des morts l'encadrait comme un cloître
À l'intérieur de ses vitrines
Pareilles à celles des boutiques de modes
Au lieu de sourire debout
Les mannequins grimaçaient pour l'éternité

Arrivé à Munich depuis quinze ou vingt jours
J'étais entré pour la première fois et par hasard
Dans ce cimetière presque désert
Et je claquais des dents
Devant toute cette bourgeoisie
Exposée et vêtue le mieux possible
En attendant la sépulture

Soudain
Rapide comme ma mémoire
Les yeux se rallumèrent
De cellule vitrée en cellule vitrée
Le ciel se peupla d'une apocalypse
Vivace
Et la terre plate à l'infini
Comme avant Galilée
Se couvrit de mille mythologies immobiles
Un ange en diamant brisa toutes les vitrines
Et les morts m'accostèrent
Avec des mines de l'autre monde
Mais leur visage et leurs attitudes
Devinrent bientôt moins funèbres
Le ciel et la terre perdirent
Leur aspect fantasmagorique

Les morts se réjouissaient
De voir leurs corps trépassés entre eux et la lumière
Ils riaient de leur ombre et l'observaient
Comme si véritablement
C'eût été leur vie passée
Alors je les dénombrai
Ils étaient quarante-neuf hommes
Femmes et enfants
Qui embellissaient à vue d'œil
Et me regardaient maintenant
Avec tant de cordialité
Tant de tendresse même
Que les prenant en amitié
Tout à coup
Je les invitai à une promenade
Loin des arcades de leur maison

Et nous bras dessus bras dessous
Fredonnant des airs militaires
Oui tous vos péchés sont absous
Nous quittâmes le cimetière

Nous traversâmes la ville
Et rencontrions souvent
Des parents des amis qui se joignaient
À la petite troupe des morts récents
Tous étaient si gais
Si charmants si bien portants
Que bien malin qui aurait pu
Distinguer les morts des vivants

Puis dans la campagne
On s'éparpilla
Deux chevaux-légers nous joignirent
On leur fit fête
Ils coupèrent du bois de viorne
Et du sureau
Dont ils firent des sifflets
Qu'ils distribuèrent aux enfants

Plus tard dans un bal champêtre
Les couples mains sur les épaules
Dansèrent au son aigre des cithares

Ils n'avaient pas oublié la danse
Ces morts et ces mortes
On buvait aussi
Et de temps à autre une cloche
Annonçait qu'un nouveau tonneau
Allait être mis en perce

Une morte assise sur un banc
Près d'un buisson d'épine-vinette
Laissait un étudiant
Agenouillé à ses pieds
Lui parler de fiançailles

Je vous attendrai
Dix ans vingt ans s'il le faut
Votre volonté sera la mienne

Je vous attendrai
Toute votre vie
Répondait la morte

Des enfants
De ce monde ou bien de l'autre
Chantaient de ces rondes
Aux paroles absurdes et Lyriques
Qui sans doute sont les restes
Des plus anciens monuments poétiques
De l'humanité

L'étudiant passa une bague
À l'annulaire de la jeune morte
Voici le gage de mon amour
De nos fiançailles
Ni le temps ni l'absence
Ne nous feront oublier nos promesses
Et un jour nous aurons une belle noce
Des touffes de myrte
À nos vêtements et dans vos cheveux
Un beau sermon à l'église
De longs discours après le banquet
Et de la musique
De la musique

Nos enfants
Dit la fiancée
Seront plus beaux plus beaux encore
Hélas ! la bague était brisée
Que s'ils étaient d'argent ou d'or
D'émeraude ou de diamant
Seront plus clairs plus clairs encore
Que les astres du firmament
Que la lumière de l'aurore
Que vos regards mon fiancé
Auront meilleure odeur encore
Hélas ! la bague était brisée
Que le lilas qui vient d'éclore
Que le thym la rose ou qu'un brin
De lavande ou de romarin

Les musiciens s'en étant allés
Nous continuâmes la promenade
Au bord d'un lac
On s'amusa à faire des ricochets
Avec des cailloux plats
Sur l'eau qui dansait à peine

Des barques étaient amarrées
Dans un havre
On les détacha
Après que toute la troupe se fut embarquée
Et quelques morts ramaient
Avec autant de vigueur que les vivants

À l'avant du bateau que je gouvernais
Un mort parlait avec une jeune femme
Vêtue d'une robe jaune
D'un corsage noir
Avec des rubans bleus et d'un chapeau gris
Orné d'une seule petite plume défrisée

Je vous aime
Disait-il
Comme le pigeon aime la colombe
Comme l'insecte nocturne
Aime la lumière
Trop tard
Répondait la vivante
Repoussez repoussez cet amour défendu
Je suis mariée
Voyez l'anneau qui brille
Mes mains tremblent
Je pleure et je voudrais mourir

Les barques étaient arrivées
À un endroit où les chevau-légers
Savaient qu'un écho répondait de la rive
On ne se lassait point de l'interroger
Il y eut des questions si extravagantes
Et des réponses tellement pleines d'à-propos
Que c'était à mourir de rire
Et le mort disait à la vivante

Nous serions si heureux ensemble
Sur nous l'eau se refermera
Mais vous pleurez et vos mains tremblent
Aucun de nous ne reviendra

On reprit terre et ce fut le retour
Les amoureux s'entr'aimaient
Et par couples aux belles bouches
Marchaient à distances inégales

Les morts avaient choisi les vivantes
Et les vivants
Des mortes
Un genévrier parfois
Faisait l'effet d'un fantôme
Les enfants déchiraient l'air
En soufflant les joues creuses
Dans leurs sifflets de viorne
Ou de sureau
Tandis que les militaires
Chantaient des tyroliennes
En se répondant comme on le fait
Dans la montagne

Dans la ville
Notre troupe diminua peu à peu
On se disait
Au revoir
À demain
À bientôt
Beaucoup entraient dans les brasseries
Quelques-uns nous quittèrent
Devant une boucherie canine
Pour y acheter leur repas du soir

Bientôt je restai seul avec ces morts
Qui s'en allaient tout droit
Au cimetière
Où Sous les Arcades
Je les reconnus
Couchés Immobiles
Et bien vêtus
Attendant la sépulture derrière les vitrines

Ils ne se doutaient pas
De ce qui s'était passé
Mais les vivants en gardaient le souvenir
C'était un bonheur inespéré
Et si certain
Qu'ils ne craignaient point de le perdre

Ils vivaient si noblement
Que ceux qui la veille encore
Les regardaient comme leurs égaux
Ou même quelque chose de moins
Admiraient maintenant
Leur puissance leur richesse et leur génie
Car y a-t-il rien qui vous élève
Comme d'avoir aimé un mort ou une morte

On devient si pur qu'on en arrive
Dans les glaciers de la mémoire
À se confondre avec le souvenir
On est fortifié pour la vie
Et l'on n'a plus besoin de personne

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)