"Ecrire en poésie"

Vive les poètes ! Vive le printemps ! Vive le printemps des poètes !

Bestiaire

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Préface

11mai
  Bienvenue chers lecteurs!

  Si vous voulez éviter d'avoir le cafard, lisez quelques uns de nos poèmes. Même si vous pensez avoir d'autres chats à fouetter votre temps ne sera jamais mieux dépensé.
  Notre thème est le meilleur de tous les thèmes en quelques exemples je vais vous le prouver : tout d'abord quoi de plus mignon qu'un bébé chaton ? Ensuite qui  peut mieux chanter qu'un canari ?  L'Hirondelle n'est-elle pas celle qui annonce les belles choses tel que le printemps ? Et bien ici elle annonce une belle anthologie.

  Jean de La Fontaine lui même avait choisi pour personnages de ses fables des animaux pour traiter des sujets d'actualité. Par exemple pour Le Corbeau et le Renard qui ce grand auteur a-t-il choisi pour illustrer ces idées ? Et bien nos chers amis à plumes et à poils. il se sert du masque animalier pour se protéger de la censure. Merci a nos animaux chéris!

  Je viens une fois encore de prouver que notre thème associe tel un renard espièglerie et grâce! 
 

                                                            J&J

Colombe

6avril

Celle que tout le monde désire

Ô colombe tu nous fais réver

La liberté que tu nous inspires

Ô combien recherchée.

Malgré cela c'est toujours pire

Bientôt ça va changer

Et surtout hâtes toi de partir.

Sans aucun regrets.

    J&J

Courte vie d'un poulet

30mars

Ô que tu est bien dans ton petit nid douillet

Avec la chaleur qui te réchauffe l'esprit

Tu te rends compte que c'est la fin de ta vie

Maintenant je peux ouvrir le four pour te manger

Petit poulet bien doré !

J & J

Le corbeau et le renard

30mars

Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.

Maître renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :

" Hé ! bonjour, monsieur du Corbeau !
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois."

A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie :
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le renard s'en saisit, et dit : "Mon bon monsieur,
Apprenez que tout flatteur,
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :

Cette leçon vaut bien un fromage sans doute."
Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Jean de la Fontaine

Rêve d'un canari

23mars

Seul dans sa cage fermée

Le canari prend son pied.

Une cage rien que pour lui

C'est ça la belle vie !

Ses étincelantes plumes dorées

Nous rappellent les couleurs de l'été.

Puis, un petit cri retentit

Annonce d'une journée bien jolie.

Sa cage ouverte, il décida de partir

pour voyager et découvrir..

Mais les fenêtres étant fermées,

Son périple fut stopé.

C'était la fin d'un rêve,

fin d'une vie éphémère.

J & J

 

le bestiaire

1janvier



Orphée
Admirez le pouvoir insigne
Et la noblesse de la ligne:
Elle est la voix que la lumière fit entendre
Et dont parle Hermès Trismégiste en son Pimandre.

La tortue
Du Thrace magique, ô délire!
Mes doigts sûrs font sonner la lyre.
Les animaux passent aux sons
De ma tortue, de mes chansons.


Le cheval
Mes durs rêves formels sauront te chevaucher,
Mon destin au char d'or sera ton beau cocher
Qui pour rênes tiendra tendus à frénésie,
Mes vers, les parangons de toute poésie.


La chèvre du Thibet
Les poils de cette chèvre et même
Ceux d'or pour qui prit tant de peine
Jason, ne valent rien au prix
Des cheveux dont je suis épris.


Le serpent
Tu t'acharnes sur la beauté.
Et quelles femmes ont été
Victimes de ta cruauté!
Ève, Eurydice, Cléopâtre;
J'en connais encor trois ou quatre.


Le chat
Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.


Le lion
O lion, malheureuse image
Des rois chus lamentablement,
Tu ne sais maintenant qu'en cage
A Hambourg, chez les Allemands.



Le lièvre
Ne soit pas lascif et peureux
Comme le lièvre et l'amoureux.
Mais que toujours ton cerveau soit
La hase pleine qui conçoit.


Le lapin
Je connais un autre connin
Que tout vivant je voudrais prendre.
Sa garenne est parmi le thym
Des vallons du pays de Tendre.


Le dromadaire
Avec ses quatre dromadaires
Don Pedro d'Alfaroubeira
Courut le monde et l'admira.
Il fit ce que je voudrais faire
Si j'avais quatre dromadaires.

 

La souris
Belles journées, souris du temps,
Vous rongez peu à peu ma vie.
Dieu! Je vais avoir vingt-huit ans,
Et mal vécus, à mon envie.


L'éléphant
Comme un éléphant son ivoire,
J'ai en bouche un bien précieux.
Pourpre mort!… J'achète ma gloire
Au prix des mots mélodieux.


Orphée
Regardez cette troupe infecte
Aux mille pattes, au cent yeux:
Rotifères, cirons, insectes
Et microbes plus merveilleux
Que les sept merveilles du monde
Et le palais de Rosemonde!


La chenille
Le travail mène à la richesse.
Pauvres poètes, travaillons!
La chenille en peinant sans cesse
Devient le riche papillon.


La mouche
Nos mouches savent des chansons
Que leur apprirent en Norvège
Les mouches ganiques qui sont
Les divinités de la neige.


La puce
Puces, amis, amantes même,
Qu'ils sont cruels ceux qui nous aiment!
Tout notre sang coule pour eux.
Les bien-aimés sont malheureux.

 

La sauterelle
Voici la fine sauterelle,
La nourriture de saint Jean.
Puissent mes vers être comme elle,
Le régal des meilleures gens.


Orphée
Que ton cœur soit l'appât et le ciel, la piscine !
Car, pêcheur, quel poisson d'eau douce ou bien marine
Egale-t-il, et par la forme et la saveur,
Ce beau poisson divin qu'est JÉSUS, Mon sauveur ?


Le dauphin
Dauphins, vous jouez dans la mer,
Mais le flot est toujours amer.
Parfois, ma joie éclate-t-elle?
La vie est encore cruelle.


Le poulpe
Jetant son encre vers les cieux,
Suçant le sang de ce qu'il aime
Et le trouvant délicieux,
Ce monstre inhumain, c'est moi-même.


La méduse
Méduses, malheureuses têtes
Aux chevelures violettes
Vous vous plaisez dans les tempêtes,
Et je m'y plais comme vous faites.


L'écrevisse
Incertitude, ô mes délices
Vous et moi nous nous en allons
Comme s'en vont les écrevisses,
À reculons, à reculons.


La carpe
Dans vos viviers, dans vos étangs,
Carpes, que vous vivez longtemps!
Est-ce que la mort vous oublie,
Poissons de la mélancolie.


Orphée
La femelle de l'alcyon,
L'Amour, les volantes Sirènes,
Savent de mortelles chansons
Dangereuses et inhumaines.
N'oyez pas ces oiseaux maudits,
Mais les Anges du paradis.


Les sirènes
Saché-je d'où provient, Sirènes, votre ennui
Quand vous vous lamentez, au large, dans la nuit ?
Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
Et mes vaisseaux chantants se nomment les années.


La colombe
Colombe, l'amour et l'esprit
Qui engendrâtes Jésus-Christ,
Comme vous j'aime une Marie.
Qu'avec elle je me marie.


Le paon
En faisant la roue, cet oiseau,
Dont le pennage traîne à terre,
Apparaît encore plus beau,
Mais se découvre le derrière.


Le hibou
Mon pauvre coeur est un hibou
Qu'on cloue, qu'on décloue, qu'on recloue.
De sang, d'ardeur, il est à bout.
Tous ceux qui m'aiment, je les loue.

 

Ibis
Oui, j'irai dans l'ombre terreuse
Ô mort certaine, ainsi soit-il!
Latin mortel, parole affreuse,
Ibis, oiseau des bords du Nil.


Le boeuf

Ce chérubin dit la louange
Du paradis, où, près des anges,
Nous revivrons, mes chers amis,
Quand le bon Dieu l'aura permis.

Guillaume Apollinaire

Hirondelle

1janvier

Etanché de sa soif, évidé de racines,
Escortant le soleil et son arc rougissant,
L’oiseau palpe le temps d’une palme de vent
Puis griffonne sa chair aux fusains des marines.

Son plumage émargé d’un regard sans rétine,
Glisse sa peau de miel et son teint de réglisse
Entre les plis fardés d’un ciel crû où blanchissent
La mousse des marais et les pins à résines.

Il fige le plaisir au bout de ses deux ailes,
Brise le roc des flots, et d’un stylet de glace,
Tranche la soie du jour d’une ganse rebelle.

Lors, son vol passe le Nil, les lacs et les terres
Où déjà meurt l’orient sur les hautes terrasses,
Pour suivre un lourd radeau dont les voiles s’enferrent.

Francis Etienne Sicard, Odalisques, 1995